Un des six nomades

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Un des six nomades
Assis pour la parade
Observe l’horizon.
De fenaisons, il colore
La rousseur de l’aurore
Dont la douceur de vivre
À ce souvenir l’enivre.
Il profite de leur balade
Pour offrir une oeillade
À cet instant de répit
Sur ce verdoyant tapis.
« Nomade ! pas plus que vous 
Qui venez si souvent parmi nous !
Je vous connais si bien et si peu …
Si vaste est l’étendue du ciel bleu.
Aujourd’hui, je suis là, que sera demain ?
J’ai borné d’une photo notre chemin.
Pourquoi moi et pas un autre …
Dites moi mes bons apôtres …
Je viendrai ici me reposer après ma mort.
Vous me reconnaîtrez à ma toison d’or.»
Un des six nomades, pensif, sans mascarade,
Attend la fin de la balade
Pour retrouver les siens.

« Tiens, encore vous, magiciens Meltingpotiens ! »

 

6 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Bri Duyols sur Facebook

 

 

 

Seul au monde

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Seul au monde
Patinoire féconde
Pour un bécasseau
Sans berceau.

De givre et de glace
Frileuse bécasse
Qui rêvait de compagnie
Sur ces rives bannies.
Une perle se recroqueville
Au chaud sous sa coquille. 

Prisonnier d’une banquise
Emmurée de bises,
D’heures exquises.
Cette belle friandise
Échappe à son regard,
Seul avec son cafard,
Alors que tout autour
Tout lui parle d’amour.

Il découvre, seul au monde, 
Le paradis blanc de sa résurrection
Alors que sommeille sous les ondes
Le nouveau monde de la Création.

 

18 Février 2018 – Jeannine Castel
photo : KLIBI Sabri sur Facebook

 

 

Dites Ah !!!

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Une jeune hyène rieuse,
Moqueuse, montre joyeuse
Sa dentition de croquemitaine
Pour sa jolie bedaine.
Un nez tout plissé, complice
De cet éclat de rire factice,
Des mâchoires envieuses,
Témoignent une hargne dévoreuse.
On dit qu’elle ricane
De ses nombreuses chicanes.
Là, elle pète de rire
Sur tout ce que l’on peut dire.
Ses oreilles de chauve-souris,
Sourdes à ses proies aigries,
Dressées de cruels défis,
Fol est celui qui s’y fie.
Sous la blonde lumière,
D’un accueillant sourire
Aux fines dents hospitalières,
Cette hyène est en délire …
Furie ou maternelle, dites Ah !!!
Elle s’éclate en tout cas !

 

18 février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Michel Carrel

 

 

C’est un caméléon

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C’est un caméléon
Rescapé d’un chaudron
Cuivré par la cuisson
Brûlé d’émotions.

Ses pattes calcinées,
D’huile chaude bassinée,
Sont comme du bois mort
Sur ce tronc en décors.

Une courte appendice
Montre encore le supplice
D’une  curiosité globuleuse
Pour sa plongée en friteuse.

Ratatiné par les hivers froids,
Moisi par les humides sous-bois,
Sec comme un hareng sans huile
Convalescent, il digère cette tuile.

C’est un caméléon
Aux chaudes couleurs marron,
Marqué par les saisons,
Desséché comme un crouton.

D’une préhistoire surmontée
C’est un caméléon entêté
Une étrange bête des sous-bois
Qui survit comme toi et moi.

 

18 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philippe Garguil

 

 

La conteuse d’aube

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La Barge rousse,
Une conteuse d’aube,
De lettres éclabousse
Les plumes de sa robe.

Le bout de son bec
Est sa plume d’écrivain,
Une source jamais à sec
D’encre noire sur son bec fin.

L’eau est sa mire
L’aube est sa muse
Les fonds admirent
Sa prose diffuse.

Perchée sur son reflet,
Un nid en flottaison,
Pour écrire et non siffler
Elle patauge, confuse.

De soleils tant volés,
Ce matin la barge rousse,
Après les safaris de brousse,
Suit au fil du courant,
La boue à ses mollets,
Un imaginaire débordant.

L’eau frissonne de plaisir.
Pouvoir lire et relire
Pour agrémenter les loisirs
Ses nombreux délires.

De contes, de poèmes, de contines,
Cette barge, parente de Bécassine,
  À la boue fantasque
Pique ses frasques.

Entourée de brume matinale,
Toute ébouriffée d’idées originales,
Notre conteuse d’aube
À l’ennui se dérobe.

Chaque aube danse
Sur les confidences
De remous secrets conspirateurs
Habillant sa rousseur.

16 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : KLIBI Sabri sur Facebook

 

 

 

La lionne et les mouches

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Un froid polaire
Paralyse la Terre
D’une planète bleue
Au teint neigeux.
Tandis que des mouches
Autour de ma bouche
Grouillent et dépouillent,
Barbouillent et débarbouillent
Mon museau encore souillé
De victimes dépouillées.
Ces sangsues collantes,
D’une musique bruyante,
Sous la chaleur ardente
M’exaspèrent, agaçantes.
Coquetterie d’autrefois,
Ces mouches par ma foi
Trouvent une table de choix
Sur mon joli minois.
Ces dévergondées parasites
Excitées, visitent
Le moindre poil illicite
Qu’une fringale incite.
À des lieues de là,
Des mouches et de leurs encas,
De froideur et verglas
Font mouche en tout cas.

 

1 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo de Jacques Montanari sur Facebook

 

Encombrement

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Les pluies, les diluviennes pluies
Ont charrié, déposé tous leurs tracas
Dans les nombreux et sinueux lits
De la rivière Mara, navrée des dégâts
Occasionnés par leurs capricieuses chutes.
Elles avaient décidé d’aider les passagers,
Malgré les sauts pour éviter les culbutes
Dans les dents de la Mara enragées,
De mettre plein de repose-pieds rassurants
Pour les aventuriers des grands espaces.
Cette Mara, secrète, aux imprévisibles courants,
Pour la franchir il faut beaucoup d’audace.
Mais voilà que les hippopotames mécontents
N’apprécient pas cette soudaine invasion
En trompe-oeil pour les crédules du Continent,
Ces illustres migrateurs remplis d’illusions.
Quant à eux, les crocodiles, ces soupe-au-lait,
Devront s’en contenter par prudence,
Car se casser les dents sur d’appétissants galets,
Mieux vaut profiter des rives aux cornes d’abondance.
Les pluies dans leurs averses irréfléchies,
N’avaient pas, dans leur précipitation, assez réfléchi
Sur tous les problèmes de ces panpan-chichis …
Un pont aérien aurait pu pour ces affranchis
Offrir une traversée sans risque, chacun à son aise.
Les pluies diluviennes avaient cru bien faire
Pour ces cours d’eau aux rives de terre glaise.
Dépitées, à court d’idées, elles convoquèrent
Sur le champ, tous les pachydermes en danger.
Ceux-ci protestèrent, ne voulurent pas les lits vidanger
De cet encombrement qu’elles provoquèrent.
Abou, témoin appelé en renfort par ces petits fripons,
Vit certains d’entre-eux franchir au jeu de saute-mouton
Ce lit infesté d’imaginaires et vrais gloutons
D’apparence paisible sans personne à l’horizon.

 

15 février 2018 – Jeannine Castel
photo : Kilambo Abou Maringa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hypnose

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Envoutée, séduite,
Je me mets à rêver …

Rêver sous hypnose,
Qu’une belle rose
Était retenue prisonnière
D’une araignée tortionnaire
Qui rêvait d’autre chose
Sur un pétale de la rose.
De ses fils de soie meurtriers,
Jalouse comme un vulgaire pou,
D’un regard sur son poudrier
Son look point n’avait attiré d’époux.
Aucun soupirant pour la Saint Chose
Ne lui avait offert si jolie fleur.
De fines perles de nacre rose
Elle serre le cou de cette douceur
Provocante, insultante pour son coeur
Qui souffrait tant de solitude,
À tisser, tisser des toiles d’araignée
Pour combler cette vilaine habitude
D’afficher ses toiles sur les hasards renfrognés.
Les rares prétendants sur la place
Séduits, hypnotisés par ses tissages,
Se retrouvaient dévorés par cette vorace
Arachnide réputée pour son piratage.
Quand, soudain, une main rêveuse,
Attirée par la beauté de la rose,
La cueille pour l’offrir à son amoureuse,
D’un billet doux, d’ardente prose.
Le rêve sous hypnose brusquement,
Chatouillé par la course de l’éconduite,
Avant que n’éclose ce bouton de rose,
Le rêve se met à la poursuite
De cette légendaire aranea qui déjà d’eau de rose
Perle, perle, une nouvelle toile, morose …

15 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Henrion sur Facebook

Et dire …

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Tant de choses entr’aperçues ne pourront jamais être vues.
(Victor Segalen)

L’obscurité n’a pas encore regagné la nuit.
Le ciel d’un jaune orangé est ébloui
Par tout ce traffic qui circule sur la savane
Alors que la nuit finit sa course, plane,
S’attarde, retardant cet astre solaire.
Sa luminosité va dévoiler son parterre.
Un éléphant surveille deux éléphanteaux
Éloignés, momentanément, du troupeau.
Un réveil-matin à la barbe noire ameute
Les insouciants qui n’ont pas rejoint leur meute,
Endormis par l’apparence d’un ciel de rêve
Leur faisant oublier l’existante vie brève.
Un horizon à vous déclencher de folles envies
D’arrêter là, sur cette beauté, une fin de vie.
Mais le ciel a d’autres nuages en tête,
D’autres courses pour célébrer sa quête.
Ce n’est qu’un échantillon de ses levers d’aurore
D’aubes offertes encore et encore … Et dire …
Rendre grâce devant un si beau sourire …

 

13 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Laurent Allio sur Facebook

Jolie rascasse

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Jolie rascasse
Te souviens-tu
De la Batterie-Basse
De la flèche pointue
De cet hurluberlu ?

Jolie rascasse
Te souviens-tu
De Manatee
Des invités
En cale-basse ?

Jolie rascasse
Je me souviens
De tes fonds de mer
De cet Écume de mer
Au parfum de mélasse.

Jolie rascasse
Tu me reviens
Sans les chiens
De bronze, immortelle,
Pour tant de gamelles !

Jolie rascasse
Le bronze est parti …
Un clin d »oeil du Paradis
Transcende ta place.
Un amour de rascasse.

 

26 Novembre 2015 – 10 Février 2018
Jeannine Castel
Photographe : Frédéric Hennion sur Facebook

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