KILA …

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Après sa nuit passée dans cet ergastule,
C’est à tâtons, dans le noir, comme une somnambule,
Que GRISETTE sort de ce trou froid et humide.
Ses membres raidis, le ventre creux, la tête vide,
Elle apprécie la chaleur amicale du soleil
Et se prépare à cette première journée d’éveil.
D’une humeur maussade elle prend connaissance
De l’emploi du temps prévu sous assistance.
KILA, une marraine va l’assister pour son adaptation,
Combler par sa présence les peines de la séparation.
Tout en restant dans l’ombre, elle doit faire en sorte
Que sa protégée s’habitue à vivre avec une escorte.
RISETTE très attentive écoute, obéissante, Prof KUKU.
Elle décide alors de laisser PANPAN aux faux-culs.
Rien de tel pour lui rendre sa bonne humeur …
Faire trempette pour chasser les odeurs !
Ce matin elle doit se contenter d’une piscine en collectivité
Ce qui n’est pas pour déplaire à ses invités.
Poursuites, gambades, GRISETTE patauge ivre de joie.
Elle en oublie la rigueur de l’horaire, ce rabat-joie.
Quand elle se présente pour réclamer son petit déjeuner
Elle doit se satisfaire, si elle ne veut pas jeûner,
D’une corne dont elle s’empare comme un instrument
Sous le regard mécontent de KILA sa pseudo-maman.
«L’heure n’est plus à l’amusement, ni à la musique !
Si tu veux bien te dépêcher avant que KUKU rapplique.
Hâte-toi de croquer cette corne d’abondance misérable.
Tu ne dois pas rater le départ du Jeu de la table. »
« C’est quoi ce jeu ? » « Tu verras bien, dépêche-toi …
Tu veux retourner au cachot encore une fois ? …»
À ce mot de cachot RISETTE la croque à toute vitesse.
Jouer … bye-bye la tristesse …

 

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17 Septembre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo :  Kilambo Abou
Photo : Virginie Liardat ( RISETTE après sa nuit au cachot)

Quand le silence

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Quand le silence respire profondément
Après le tumulte, les bruits assourdissants …
Inquiet, le calme si apaisant ne dure pas
Chassé par la vie qui craint le trépas.

Quand le silence bourdonne à mes oreilles
Du bruit il fait la sourde oreille.
Casqué à d’autres musiques il s’isole
Loin des démences bruyantes qui l’affolent.

Quand je ne retrouve plus son visage romantique
Fatiguée par la présence d’assoiffées tiques,
Noyée par la houle d’une foule infernale
La tempête m’emporte dans le fracas de ses râles.

Quand le silence m’enferme avec des mots
Des mots qui crissent sous leurs échos,
Le silence est rompu, attiré par le vide
D’une page qui se mourrait d’un mutisme morbide.

Quand le silence ne badine plus avec le vacarme,
Les battements de mon coeur ne baissent pas les armes.
Saturée de cet irrespectueux, envahissant tintamarre,
Détachée de tout, comme lui, je largue mes amarres.

Quand le silence respire profondément …
Loin des distractions du monde environnant
Le ciel m’aspire dans son immensité
Plus rien n’existe en cette céleste volupté.

7 Septembre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

Errances

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Mon âme aventureuse
De ma misère
S’approprie comme une voleuse
Les quatre coins de la terre.

Tantôt sur des déserts
Volant dans les airs
Ou sur l’immensité des mers,
Mon âme est un globe-trotter.

Jamais rassasiée de mots,
Elle va par monts et par vaux
Au trop et au galop
Sur des rires et des sanglots.

Parfois mon âme se pose
Sur des nuages roses, moroses…
D’overdoses se nécrose
Sur des pétales de roses.

Fidèle ou infidèle, mon âme
De vos âmes s’enflamment.
Enrichie ou appauvrie elle déclame
Un amalgame de programmes.

Mon âme solitaire, à l’abandon,
Avec son seul ami, son crayon,
Parfois de nausées de dégoût
Vomirait sur de vampires atouts.

Mon âme désargentée
D’une fin de vie patentée
Ne peut que parlementer
Avec le rêve d’une âme hantée.

 

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12 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

 

RISETTE, poète ?

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RISETTE rêve à ces hautes herbes blondes.
Nostalgique, elle revoit son ancien monde
Qui l’entourait depuis le jour de sa naissance.
Elle regrette amèrement ses désobéissances …
Mais le vent, d’une amicale caresse la rassure …
De studieuses études sont aussi une aventure 
Qu’une reine doit accomplir pour son règne,
Sans s’apitoyer sur son sort qui saigne.
Cajoleur, il chatouille de plumes complices
Le museau de cette inconsolable actrice
Qui trouve ce pensionnat austère à son goût
Et provoque à chaque oeillade une envie de dégoût.
D’un doux oreiller elle voudrait dans ce cachot …
Punie pour avoir chapardé de succulents chiens-chauds
Destinés aux membres bienfaiteurs de la pension  » Les Hyénides « 
Invités pour accueillir les nouveaux pensionnaires intrépides.
Grâce à ses plumes, les hyènes si souvent détestées
Avec RISETTE ont remplumé un royaume dévasté.
En guise d’agent correcteur ni bâton, ni raclée, ni martinet
Mais des plumes pour changer des coeurs contaminés.
RISETTE attend du ciel une aide providentielle.
L’oiseau sur la branche par ses deux plumes d’ailes
Réveille son instinct de chasseresse en déprime
Vite découragée quand elle perd ses rimes.
Attentive elle guette le moindre petit bruit
Qui fera craquer ses quenottes de poétiques cris
Car demain RISETTE devra d’un poème
Face à tous prouver qu’elle les aime …

Est-ce le ciel qui se mire
Dans le bleu de ses yeux qu’on admire ? …

 

15 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

Kukupanpan

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Après une nuit de repos sans histoire
STORY attendit que RISETTE finisse de boire
Pour lui annoncer qu’à son âge il était temps
D’aller suivre les cours de la hyène KUKUPANPAN.
Spécialisé dans l’enseignement des enfants rois
Dont le  » moi je suis seul » domine, met à l’étroit
Un entourage qui doit vivre en communauté.
Du principe du plaisir et du principe de la réalité
Le Prof KUKUPANPAN excelle dans les cas d’impunité.
Construire, rétablir un cadre pour les hyènes qui ont la bougeotte
Demande du cas par cas exténuant pour la parlotte.
Ces indisciplinés fugueurs souvent d’une maturité précoce
Préfèrent individuellement gérer, rouler leur bosse.
Avant que RISETTE devienne un vrai tyran,
STORY, à contrecoeur a pris les devants.
Elle ne veut plus vivre avec sa fille dans l’isolement
Provoqué par les comportements de son enfant.
La meute réunie a voté et approuvé sa démarche.
Il faut remettre RISETTE à ce compétent patriarche.
Elle ira donc en pension le temps nécéssaire
Pour apprendre les limites de la dominance autoritaire.
RISETTE abasourdie larmoie à l’annonce de la nouvelle.
Anéantie, elle regrette déjà les généreuses mamelles
De sa tendre maman, si bonne, la voir ainsi malheureuse …
« Voilà ce que tu récoltes d’être une hyène fugueuse …
Avoue que ta conduite n’est pas exemplaire …
 Tu ne seras pas seule … tu vas te faire des amis
C’est pour ton bien, il te faut accepter ce compromis.»
«C’est ta faute, si tu avais été plus sévère …»
« Pardonne-moi RISETTE, j’ai cru bien faire …»
«Et mon père hein ? … Jamais là … démissionnaire …
J’ai pas demandé à naître pour aller en pension …»
STORY sent monter le stress et la tension …
« Mon bébé d’amour, ce n’est que pour quelques mois …»
«C’est pas juste, c’est pas ma faute … tant pis pour toi !»
Blessée, STORY pour ne pas envenimer la situation
Ne fléchit pas sous les tentatives de manipulation
De sa RISETTE, gâtée, intolérante à la frustration.
« En tout cas elle sait déjà ce qu’est l’opposition !
KUKUPANPAN et sa pédagogie de garçon de café …
Il va avoir besoin d’une sacrée baguette de fée ! »
RISETTE passa la soirée à bouder dans un coin.
 STORY prépara son baluchon sans entrain.
Le lendemain ce fut une rentrée peu enthousiaste
Pour ces condamnées qui quittaient leurs pénates,
Sous l’oeil attentif et interrogateur du Prof KUKUPANPAN
Qui étudie furtivement le comportement de ces chenapans …

 

11 Septembre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
photos : Bri Lions sur Facebook

Cocorico !

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Un coq perché prétentieux,
Réveil-matin peu révérencieux,
Sur sa basse-cour veille, ambitieux,
À la bonne ponte en son milieu.
Il voudrait moins de rondeur
Pour cet oeuf, plus de vives couleurs.
Un oeuf carré ou triangulaire
Pour révolutionner la routine alimentaire.
Voir figurer son génie du tonnerre
Sur les emballages, sa crête de coq
Pour ensoleiller la misère des bicoques.
Hissé au faîte de ses pouvoirs
Ce coq du matin au soir encaquait,
Pressait, mettait ses poulettes au taquet
Les traitant de bonnes à rien, d’incapables,
Se désintéressant des plaisirs de la table.
Labels, Bio, pontes en plein air
Rien ne fit changer ces poules gonflées d’air !
Le coq, tenace, hargneux, harcelait sa poulaille
Soumise aux algorithmes de leurs épousailles.
Les jours, les mois défilaient, l’oeuf de son ovale
D’une vague rondeur restait aussi pâle
Que la rage de cet exigeant maître chanteur
Pris de cubisme et de folie des grandeurs.
Les poules excédées par ce cocorico hystérique
Décidèrent de le faire tourner en bourrique.
Tant et si bien que l’entourage d’une pétition
Mit fin à ce tapage par une condamnation.
D’un bon coq au vin les convives se régalèrent
Tandis que les poules soulagées acclamèrent
Un nouveau coq d’étrange allure …

 

13 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Wong Lam sur Facebook

 

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie, Photographe Wong Lam | le 17 septembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Vers la plénitude

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Partir en beauté
Au milieu des étoiles
Sur ces ailes bleutées
Soulever le voile.
Quitter la laideur
D’un monde en fureur.
Sauvée de la noirceur
Par un divin sauveur.

Sur les ailes de la victoire
L’oiseau de sa trajectoire
M’emporte vers la gloire
Loin d’un monde illusoire
Noyé dans ses déboires.
D’une création et d’un ciboire,
Vases communicants notoires,
Je vole vers leur réfectoire.

Partir en beauté
Pour la voie lactée.
De nébuleuses être escortée
Sur les ailes en sécurité.
Sous une pluie d’étoiles
Nue, sans une toile,
Dormir à la belle étoile
D’un cosmos à moelle.

 
9 Septembre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
photo : Wong Lam sur Facebook

Dis-moi …

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Dis-moi, la fleur,
Jamais le monde
Me parut aussi immonde.
Souffre mon coeur.

L’oiseau, dis-moi …
Si le monde était beau
Le bec dans l’eau
Nous serions toi et moi.

Dis-moi, la fleur,
Veux-tu de mes pleurs
Consoler leurs douleurs ?
Trinquons à nos malheurs !

Dis-moi, l’image,
Ce Dieu à ton image
Ne pouvait qu’être sage,
Beau et bien davantage !

Mon beau miroir dis-moi
Que tout autour de moi
Ce cauchemar n’est qu’un songe
Sur ces ères de mensonges.

Dis-moi, martin-chasseur …
Ta cigogne de son bec
Va-t-elle, en fin, d’un linge sec
Éponger tous ces pète-secs ?

Dis-moi, dis-moi, la fleur, 
Que sont morts sacrebleu
Froids et horreurs.

De nacre et de ciel bleu …
Jolie fleur je te veux
Claire et désaltérée
De tous ces sombres voeux.

 

5 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
photo : Wong Lam sur Facebook

 

Publié dans : Littérature et Poésie, oiseaux, Photographe Wong Lam | le 15 septembre, 2018 |3 Commentaires »

Le Messager de la lumière

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Ce Messager de la lumière,
L’âtre de nos chaumières,
Mon coeur de pierre
Étouffé sous le lierre,
D’une humble prière
Désaltère mon âme
Encerclée de flammes.

Les proies de l’ombre
Sous les serres en nombre
Ne sont que décombres
De reflets sombres
Noyés de lumières
Par les plumes guerrières
De ce Messager de lumière.

D’un casque victorieux
Il m’emporte vers les cieux,
En cette fin de jour radieux,
Dans les mains de Dieu.
L’ange d’un bonheur radieux,
Sur cet envol silencieux,
M’a rapprochée de Dieu.

L’ambre de ses ailes
À tire d’ailes,
De précieuses nouvelles
Éclairées, me renouvelle
Les joies éternelles
De l’aube nouvelle
De ma vie éternelle.

 

5 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
photo : Wong Lam sur Facebook

Le prince des ténèbres

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Ce Prince des ténèbres majestueux
Au plumage blanc, noir et bleu
Patine sur le miroir de l’onde lisse.
Sans éclaboussures, en silence, il glisse.
Il effleure de ses doigts l’onde, la caresse.
Ses ailes déployées d’une vertigineuse noblesse
Agitent les palpitants rayons de lune.
L’astre de sa nuit complice et opportune
Lui offre son reflet alors qu’il fait si noir.
Ce patineur, d’un vol gracieux d’oiseau,
De milliers de frissons survole les eaux
Qui veulent lui ravir cet instant magique
Enfouir dans ses abysses ce souvenir féérique.
Beauté suprême d’un éphémère frôlement
Sous le regard d’un invisible firmament.
L’oiseau sur l’onde d’un battement d’ailes
M’a parlé de beauté et de vie éternelle.

 

1 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
photo : Wong Lam sur Facebook

 

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