Le favori

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« Un peu lourde ! »
« Ouais, même coucourde !
Elle ne doit pas être au courant … »
« Ouais, elle perd son temps ! »
« Ça fait des plombes qu’elle le renifle,
Suis étonnée que pas encore une gifle
Ce lion mysogine lui a administrée … »
« Chacun rêve d’un désir attristé … »
« Elle est vraiment lourde ! »
« Ouais ! une vraie gourde !
Et que je te frotte, te câline »
« Cet air d’une madone … la praline
Qui va lui rester en travers
Quand elle s’apercevra du jeu de ce pervers
Qui se moque bien des lionnes en chaleur … »
« On dirait un Saint ! Quel bateleur !
Ça va durer longtemps ce cinéma ? »
« Jusqu’à ce que ce comédien à mamas,
D’un coup de mâchoire l’envoie valser
En lui rétorquant qu’il préfère les fiancés. »
« Ouais, nous aussi on s’est fait avoir …
Tu crois qu’il va pleuvoir d’ici ce soir ? »
« Bienvenue ma belle, cesse ce jeu ridicule,
Laisse le à ses amours en particules.
Il y a des tas de crinières sur la prairie … »
« Ouais … mais ce lion doit être son favori ! »
« Si ça lui plait de lui lécher la poire, après tout …
Moi, ça ne me dérange pas du tout !
Sauf que nous n’allons pas rester des jours
À attendre que ce bellâtre, doux comme un petit four,
Veuille bien mettre un moteur à son radeau
Pour ronronner sans couler une bielle … »
« Ouais .. j’avoue que … est-elle encore demoiselle ? …»

 

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28 Mai 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
Photos : Farid Radjouh sur Facebook

NAMIB

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Sur cette houle sableuse
Mon âme s’évade, aventureuse,
Se perd sur ces dunes sinueuses
Sans la moindre nébuleuse.
Cratères d’un désert aride,
Erg du Namib sans rides.
Juste quelques froissures assoiffées,
D’un livre autrefois feuilleté par les fées.
Des dunes mobiles, vagabondes,
Où l’aventure, parfois le monde,
Troublent les crêtes de leurs ondes,
De leurs solitudes fécondes.
Espace dunaire de mes inspirations
Dénudé d’une rare végétation.
Cette mer de sable ondulée, chaude,
Où la mort en cette fournaise rode,
Masquée par des brouillards fréquents
Incités par des courants marins délinquants.
Oueds, rivières asséchées, dunes mythiques,
Splendeur de ces côtes désertiques
Au sable rouge d’horizons infinis
D’une impossible vie en ces lieux bénis.
Désert et courants froids du bout du monde,
D’une Afrique secrète où la vie abonde
Dans un désert riche par son vide sidéral
Hanté d’un immense mirage colossal
Qui m’entraîne dans son vertigineux songe,
M’attire, telle une insatiable éponge,
Vers ces dunes où je pourrais enfouir
Ces années dont je n’ai pu jouir
Du bonheur d’un paradis perdu,
Ici retrouvé, d’amours éperdus.

 

7 Juin 2018 – Jeannine Castel
Photos :  Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

Bavardages

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« Vous êtes peu bavard, Rosenstar … »
«Estormino Rosado, no Rosenstar … »
« Étourneau Roselin, vous parle davantage ? »
« Oui ! nous pouvons émettre en français nos bavardages ! … »
« Ouf ! Il est bon de faire une pause !
À voler toujours vers d’autres choses,
Notre rose, grisé, devient pâle.
Vivement l’été et ses couleurs estivales ! 
J’arrive des Balkans ! Il y faisait frisquet …
J’ai migré avec un convoi de criquets ! »
« Vous n’avez pas dû mourir de faim ! »
« Certes … mais toujours du criquet … à la fin …
Les fruits m’ont manqué dans cette colonie. »
« Moi, après avoir quitté sur des falaises le nid,
J’ai obtenu un CDD en Chine pour participer
À l’élimination de sauterelles dissipées …
Ces parasites qui détruisent toutes les cultures !
À présent me voilà chômeur, faute de nourriture.
Nous étions si nombreux que les sauteuses
Ont été exterminées par nos becquées tapageuses.
Depuis, j’ai squaté des dortoirs communautaires,
Passé des nuits, blotti dans des roselières.
Jeunes et adultes nous avons nos réseaux de communications.
Les saisons animent notre passion pour la migration.»
« Je suis sur le point de voler vers la Côte d’Azur !
Me délecter de cerises, de nèfles, de beaux fruits mûrs.
Une petite halte migratoire de mon groupe d’adoption …
Vous pouvez vous joindre à notre bataillon !
Partout où nous passons, notre vie en rose
Met du baume au coeur sur les jours moroses. » …

 

4 Juin 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philippe Frey / nomades du monde sur Facebook
Safaris de plumes

 

Ce ciel d’Abou

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Ce ciel d’Abou
De multiples rendez-vous
Posés pour nous
Est d’un talent fou,
D’un tomber à genoux.

Est-ce le ciel ?
Est-ce la Terre ?
Un mirage providentiel ?
Une apocalypse crépusculaire ?
Une vision incendiaire ?

L’arbre n’est plus vert
Pour des unijambistes nocturnes
Dans cette descente aux enfers.
L’Âge d’Or de Saturne
Est enfumé par Jupiter.

Les cieux d’Abou
N’ont pas de verrou.
De liberté, de flammes,
Brûlants de mots doux
Les cieux d’Abou
Nous enflamment.

5 Juin 2018 – Jeannine Castel
Photo : Abou Kilambo sur Facebook

Mademoiselle CRANE

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OUI ! Je suis une migratrice
Sur les steppes et déserts d’Asie.
Je suis aussi animatrice
Sur radio-fantaisie.
De la Turquie à la Mongolie, je voyage
Pour vous offrir de beaux reportages.
Aussi appelée Demoiselle de Numidie,
La mythologie sur notre espèce dit :
Qu’aux sources du Nil, nous allions
Combattre les pygmées, ces demi-portions …
Puis traversant le redoutable Mont Taurus,
Nous devions le franchir sans dire motus.
Un caillou dans le bec nous obligeait
Au mutisme pour éviter des aigles tout danger.
Grâce à nos vols, Palamède a imaginé
Les lettres V et Y … que vous paginez !
Je pars en Inde portée par le vent,
Mon voile de mariée au plumage blanc
Atteste la pureté de mes sentiments.
Lors d’une émission du Courrier du coeur
J’ai eu un coup de foudre pour O’Parleur.
Il m’a enflammé le sommet du crâne !!
Avant que ma jeunesse ne se fane
Je vais convoler et vous couper le sifflet.
Nous allons discrètement nous camoufler,
Vivre notre voyage de noces intimement.
Peut-être irons nous au Pakistan …
Ou rendre visite à la grue du Paradis Crazy,
Une amie vivant dans le Centre de l’Eurasie.
De parades nuptiales en parades rituelles
Nous chercherons un sol vide de demoiselles.
Et dans notre nid, en dépit des graviers,
Nos poussins duveteux aggrandiront notre lignée.
Parasites des cultures, mon métier d’animatrice
Consiste à protéger des chasses dévastatrices
Notre espèce et habitat de tous ces scélérats.
J’écoute … ici Damigella di Numidia … 

 

30 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philippe Frey sur Facebook
Histoires insolites

 

Les petits déjeuners

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Au petit matin
L’hypo gueule avec entrain
Le réveil matin
Pour le lever des baladins
Qui sommeillent encore
Bien après l’aurore.

J’ai les crocs de bon matin !
De l’herbe … pouah ! c’est malsain !
Moi je n’ai que du crottin !
Nous ne sommes pas gatés ce matin !

Pour moi y a pas de souci !
De la grenouille, c’est par ici !
L’étang en est farci !
La faim ne connait pas le rassis.

Moi face à toute cette boue 
Sur les parois de ce phacochère,
Je n’arrive pas à bout
De ses parasites en milliers d’exemplaires.

Chez les bonobos
Le lait n’est pas bio !
Mais des beaux lolos
Du lait coule à tire-larigot.

Non, ce n’est pas du pain !
On dirait du champignon …
Je dois m’en contenter ce matin.
Cool, personne pour me crêper le chignon !

Ainsi les petits déjeuners
Des plus vieux aux  plus jeunets
À la carte ou au menu
Sont toujours les bienvenus.

 

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26 Mai 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Farid Radjouh sur Facebook 

Défilé Africain

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Deux vautours oricou sont mécontents
Des moqueries de quelques passants
Qui à leur vue évoquent le French-cancan.
Quelle déception pour ces représentants
D’une haute maison de couture de renommée
Si fièrement représentée par ces deux paumés.
Ces deux top models Accipitriformes de Charognes
Babillent de cris contenus tant la rogne
Les laisse sans voix, serrés dans leur collerette
Aux breloques couleur de fraise gariguette.
Ce couple d’allure altière et rectiligne
N’a pas opté pour la feuille de vigne
Mais pour une culotte de femme en cloque
Assortie d’un gilet cintré au col loufoque.
Leurs mi-bas empruntés à Jojo les bas bleus,
Sous des cuissardes au toucher duveteux,
Donnent l’illusion de deux manchons panés,
Deux cuisses  d’une volaille prête à enfourner.
Ce couple, ventriloques de choix, engagés pour cela,
Solitaire par nature, ce couple est dans l’embarras.
La louloute de l’une aboie sans cesse, rien n’y fait.
Elle ne supporte pas la tête toute ébouriffée
De ce hérisson caché sous des lunettes noires
Aggrippé comme une sangsue à son narrateur d’histoires.
Impossible en ces conditions de présenter un duo …
Ils ont pourtant enlever leurs talons hauts !
« Le fond de sonorisation du défilé est compromis …
Que faire ? Déjà la foule s’impatiente que c’est pas permis …
       Déjà que nous rognons sur nos misérables cachets,
Qu’il faut défiler dans cet acoutrement empanaché …
Nos deux marmots bavards nous en rajoute,
Mon Dieu, mon Dieu, que faisons nous chouchoute ? »
« Nous ne pouvons décevoir la nombreuse clientèle
Venue tout spécialement pour voir leurs top models
L’amphithéatre est plein à craquer, la presse est là …
Ce sol me donne envie d’un cadavre au paprika … »

 

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25 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photos : Philippe Frey / nomades du monde sur Facebook

Safaris de plumes

 

 

 

 

 

 

Une envolée de mots

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Une envolée de mots
Qui sonnent juste
Qui sonnent faux
Parfois injustes.
Des mots qui carillonnent,
Postillonnent
Pour nos pensées gloutonnes.

Des mots qui s’envolent
Vêtus de nos camisoles,
D’anciennes paraboles,
Chargés de symboles.
De l’Acropole à la nécropole
Ils nous auréolent
De leurs muettes paroles.

Des mots échappés
D’un monde jamais en paix,
De rimes et d’onomatopées.
Des mots censurés, stoppés,
Emprisonnés, jusqu’à cette photo
D’un ciel pommelé d’indigo
À cette envolée de mots.

Si le silence est d’or
Les mots ont leur sponsor.
Ils ont besoin d’images
Dans leur désertique langage.
L’Esprit de ses voyages
Les met dans ses bagages
Pour sublimer leurs bavardages.

Une envolée de mots
Dissipés dans l’indigo
D’un ciel et d’un désert
Pour un silencieux concert
De notes sur une portée
Ensablée, à la clé escortée,
Vers les pistes de l’Éternité.

 

24 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philippe Frey / nomades du monde sur Facebook

 

SILENTLY

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Ce n’est pas toujours sur le moment.
Il faut laisser à l’âme le temps
De dire, d’écrire, de peindre, de transnmettre,
Par l’ouverture d’une nouvelle fenêtre,
Ce qu’elle continue dans sa vie d’Esprit,
Après que la mort dans un dernier cri,
Lui a ravi l’infini dont elle a hérité,
Seule gardienne de toute Éternité.

Ce n’est pas toujours sur l’instant.
Il faut à cette compagne du temps,
Voire des siècles, pour se manifester
Sur les ondes d’un monde infesté,
Fermé, aveugle, à côté de la plaque,
Ignorant tout dans des têtes à claques,
Qui ne croit plus à grand chose
Sauf en ses propos à l’eau de rose.

Un monde qui se veut rajeunir, sans cesse allonger
Sa vie d’ici-bas fortement endommagée.
La faucheuse, elle, se moque bien, indifférente,
Qu’il soit celui, ce rien, une telle rente …
Elle laboure son champ de bataille d’agonies
Où chacun espère être oublié par cette félonie
Incomprise, souhaitée, haïe, diablesse,
Que l’on rencontre souvent en serrant les fesses.

Un dialogue de sourd entre le corps et l’âme
Cache d’un paravent l’épilogue du drame.
Des ondes revêtues de corps entourés de mystères
Comme ces rameurs d’anciennes galères
Sous le fouet d’un bourreau qui forçait l’avancée
Jusqu’à ce quai en grève par nos pensées.

Ce matin dès mon réveil, je n’ai soupçonné
D’écrire ces lignes désormais poinçonnées
Pour divulguer ou pas ce qu’une âme de passage
Avait à coucher sur cette blanche page.
Les mots m’arrivent quand la pressante INSPIRATION
Déverse sa coulée de mots en éruption.

Ce n’est pas toujours dans le présent
Que je reçois le cadeau des absents.
Tant d’appels anonymes masqués s’infiltrent.
Seigneur, donne moi de bons filtres ! …

 

23 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photo : Namata photographies sur Facebook

 

Publié dans : Littérature et Poésie, Photographe Namata | le 20 juin, 2018 |2 Commentaires »

LIPSTICK

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Il est là, d’humeur badine, foulant le Masaï Mara …
« Regardez-moi ces faces de rat !
À peine mort, déjà les mouches, les hyènes,
La gente cavalière encore indemne ! »
Il fut, il est, il sera
Ce lion triomphant du Masaï Mara,
Mort de faim à son heure dernière,
Endormi sur l’herbe de la douce clairière.
Seul, le tout en chacun face à la mort.
Il est ce LIPSTICK vivant encor
Dans des scènes de vie dévoilées.
Il est dans son firmament étoilé
Dont vos lèvres gourmandes d’un baiser
N’ont pu qu’effleurer sans apprivoiser
Ce héros de vos longues jumelles
Irisées de feux et de mille étincelles
Enfouies dans sa crinière brune
De soleils éclatants, de nuits sans lune.
Il fut ce champion de vos combats.
Il est dans l’empreinte de vos pas.
Il est dans vos yeux à jamais éteints
Ce lion fidèle Roi et Souverain.
Demain, vous le verrez encore
À chacune de vos aurores
Hanter cet amour qui vous unit
Au plus profond de vos nuits.
Il est cet inconnu qui n’a fait que passer
À jamais perdu, retrouvé, enlacé
D’une nostalgie débordante de pensées.
Il vous a tout simplement devancé.
Ce n’est que ce matin que je l’ai rencontré
Vivant ensemble dans une lointaine contrée.
Il habite peut-être chez un de mes chats …
Mais LIPSTICK, que fais-tu là ? …
J’étais un grand poète …
Vous ne le saviez pas ? ….

 

23 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photo : Bri Duyols sur Facebook

 

 

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