Joli coeur

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Trois petits garnements,
Donnent bien du tourment
À cette lionne au coeur aimant
Qui ne sait plus comment
Calmer ses turbulents enfants.
Sitôt le dos tourné, pour une virée,
Malgré les promesses, les conseils administrés,
Ils quittent leur abri dare-dare
Pour contempler, renifler, sans crier gare,
Cette prairie interdite pour l’aventure.
Bouillants de désirs, sans couverture,
Chacun leur tour, ces insouciants
S’entraînent au parcours du combattant
Sur des troncs foudroyés, ils vont complotant.
En secret ils chuchotent quelques manigances
Pour affronter ces premières difficultés d’enfance.
Ils ont laissé au moins dégourdi le soin
De faire le guet pour un indésirable témoin.
La truffe de ce dernier trahit sa désobéissance
Et lui promet, de maman, une future sentence
Qui ne tarde pas d’ailleurs à se manifester …
Maman, cette coquine avisée, les a pistés.
Punis, ils resteront au cachot ces drôles !
C’est papa qui chassera, maman pot-de-colle
Restera tant qu’il faudra pour ces testards,
Proies irrésistibles pour les vils charognards.
C’est ainsi, en conseil de famille sur le pré
Que Peter a pu voir ces joyeux drilles de près …
Toujours surveillé par le filou guetteur
Nommé par la prairie Joli Coeur.

 

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20 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photos : Peter Chebon sur Facebook

 

 

Bénédiction

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Bénédiction …
Quel étrange goupillon
En forme d’ampoule
Qui bénirait la foule
Sans dévotion …

Le bénitier assoiffé
En ce conte de fées,
D’une lumière naturelle
D’eau bénite artificielle
Est rassasié.

Etrange ressemblance
Etouffant l’importance
Afin que la différence
Révèle une existence.
Semences …

Bénédiction …
De sa crosse ce lampion
Me ramène à la religion
D’une liberté d’opinions.
Paix et munitions.

De la nature et de ses âmes
Cette fleur parée d’amalgames
A béni pour toi, pour moi
D’un Je crois en toi,
Ces bois sans croix.

 

19 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Sébastien Majerowicz sur facebook

 

 

 

Décrépitude

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Décrépitude …
Cette salle d’études
Désertée par le jeunisme
N’attire pas le voyeurisme …

Décrépitude …
Son mal d’altitude
D’une chair de poule
A besoin d’ampoules !!

Le temps cet ennemi,
Ce croulant bon ami,
A craquelé son vernis.
Ô  jeunesse ternie.

  Ce puzzle effrité
De lambeaux irrités
N’a pas célébrité
Chez Botox & diversités.

Jusqu’à la mort repoussée,
Les cendres ont détroussé
Cette décrépitude innommable,
Ce scandale intolérable.

De plâtras rafistolée,
De cataplasmes bariolée,
Artificiellement violée,
La décrépitude s’est envolée …

Pour un monde d’extases
Sur des visages en phases
D’une beauté pourchassée
En ces temps de fuites enchâssées.

Des rides étrangères
Victorieuses de guerres
Nous arrivent de naguère
Sur de curieuses galères …

 

19 Mars 2018 – Jeannine Castel
photo : Gil Strec sur Facebook

Les otocyons

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Les otocyons, toute ouïe, toute oreille,
N’ont pas de sympathie touristique
Pour s’exhiber comme la huitième merveille
Devant des clic-clac en grande clique.
Ces renards à oreilles de chauve-souris
Préfèrent l’ambiance des arides prairies
À celle des chiens oreillards aux étranges cris.
Ils squattent des terriers inoccupés en galeries,
Adulent la compagnie de leur famille
À celle de badauds plantés sur leurs quilles.
Leur soutien, sans égal au sein du clan,
N’a rien à envier à celui des éléphants.
Fuyant tout prédateur, ludiques sont leur fuites.
Très informés, ils savent de la familiarité les suites.
Leurs radars détectent larves, insectes, petits rongeurs,
Au cours de nuits chasseresses pour randonneurs.
Il arrive, par surprise, qu’un curieux plus chanceux
Tombe sur des sans-logis plus aventureux.
Ne vous fiez pas à leur masque de raton-laveur,
La vie communautaire va éduquer leurs erreurs.
Être ensemble serait leur devise fructueuse
Pour chasser les envahisseurs aux armes dangereuses
Qui font de leur fourrure beaux étalages.
Parents du Renard, ils connaissent leurs outrages.
Hélas en dépit des abris et galeries, les furies
Du mal ne cèdent en rien leurs avides tueries.
Toute ouïe, toute oreille, les otocyons 
Se planquent, se méfient de toute compassion.
Traqués eux aussi pour leurs rares apparitions
Pour des scoops, du sensas, des amours, des passions
Pour de jouissives évolutions en perdition
Ils subissent, eux aussi leur extinction.

 

15 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Evelyne Fosse sur Facebook

 

Vous m’en direz tant

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Follement gaies, deux grues cendrées,
Sur le pré encore vert, font le pied de grue.
Arrivées on ne sait d’où, de quelle contrée,
Ces deux folasses battant de l’aile ont cru
Pouvoir faire affaire à la saison des crues …

L’une, de son aile, incite à la débauche, harangue
La clientèle discrète se mordant la langue,
Étant peu habituée à ce genre de démonstration
Pour prendre un plaisir comme une attraction.
Vivre avec son temps, certes, mais une telle fraction …

L’autre de ses grandes ailes déploie
Toute la panoplie innocente des filles de joie.
« Que voulez-vous cette perverse déviation
A mis une houppette sur notre réputation.
Alors ne soyez pas choqué de notre évolution. »

Aussitôt quelques clients de première heure,
Amateurs du beurre et de l’argent du beurre,
Après réflexion et conciliabule, s’aventurent,
Hésitant toutefois sur ces cas de figure
D’un choix, deux poids, deux mesures.

Mais, voilà qu’au premier client, ces furies
Se battent, s’arrachent ce précieux épris
Qui se barre de ses folles furieuses en bataille
Chassant ainsi tout espoir de fiançailles …
Sous l’oeil amusé d’un buffle venant de Cornouailles.

Depuis, commérages et ragots vont bon train.
Abou, toujours Abou, ce fidèle témoin,
N’en croit pas ses oreilles et vers l’otocyon,
Qu’il cherche en vain, pour une radio-station …
Ne sait comment arrêter ces rumeurs de plumes en chaleur …

 

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14 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photographies : Abou Kilambo sur Facebook

 

 

Ma Reine

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Dans les profondeurs de la forêt
Où quelques poussins picoraient,
J’ai découvert ma Reine.
Elle m’attendait en priant, sereine,
Si candide, je n’osais vers cette jouvencelle,
Coiffée d’un bonnet de dentelles,
D’une main caresser son frêle corps.
D’un tendre regard, j’embrassais ce trésor
Si pur, si fragile, si recueilli,
Que sa fleur je n’ai point cueillie.
Mon trouble si fort fut happé par la nature.
J’ai gardé dans mon coeur cette gravure
De ma Reine des bois séchant ses pleurs,
Entourée d’anges sur cet éphémère bonheur.
Dans la profondeur de la forêt, souvent,
Je vais à la recherche, pauvre errant,
De ma Reine laissée sans abandon.
Fidèle, elle revient fleurir mes saisons.
Quand j’ai besoin d’air pur, de profondeur,
C’est vers elle que vont les élans de mon coeur.

 

13 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photographie : Olivier Henrion sur Facebook

GUÉPA

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Maman guépard est en colère
Contre Guépa et son petit frère
Intimidé qui se fait tout petit
Face à sa maman et ses cris.
Son frère Guépa, ce culotté, effronté,
Soutient le regard de maman-bonté.
Il essaie de lui donner un coup de patte
Certes timide, mais sa patience il tâte.
Il n’en fait quà sa tête ce polisson !
Depuis sa naissance de leçons, sans façon,
Malgré les fessées, il n’aime pas recevoir, 
Des ordres … c’est une maman en désespoir …
Il lui tient tête, arrogant, s’est mis debout
Pour être à la hauteur de maman-courroux.
Celle-ci, excédée, grogne,  montre les dents
À son enfant, cet insolent qui se prend pour un grand.
Habitué à ces querelles fréquentes, P’titgué
Attend sagement que s’adoucisse maman-fatiguée
Qu’il bade des yeux, au bord des larmes,
Triste de voir ainsi sa maman-gendarme. 
Il en veut à ce frère rebelle, désobéissant,
Mais qu’il admire. Il se sent impuissant
Pour affronter tout seul les affrontements
De sa vie de guépard … mais pour l’instant,
Il est témoin, observe en silence
Ce que lui promet la sortie de l’enfance.
Il s’appuie contre ce frère bien-aimé
Qu’il espère ne quitter jamais.
Guépa pour calmer le jeu, soudain,
Joue de son charme, mime un chagrin …
D’un geste, il demande une fois de plus
Pardon à cette mère qui lui postillonne dessus.

6 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Iris Braun sur Facebook

D’un

Au sommet

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En habit de deuil,
Un valeureux pic noir
Va de seuil en seuil,
Cherche dans les trous noirs,
Sur cet immense cercueil,
L’histoire de ses ancêtres.

Cramé par les incendies, l’hêtre
Git sur un lit de feuilles mortes.
Il a gardé ce privilège du bien-être,
Même mort, d’abriter des cloportes.
Ce sédentaire aux moeurs diurnes
Tambourine en grimpant, averti.
De ses ongles pointus il ouvre les urnes
D’une généalogique famille décatie.

Par petits sauts, il s’agrippe à l’écorce
Qu’il perfore de son long bec acéré.
Sa langue effilée, visqueuse, avec force
Se projète loin devant sur l’espace arboré.
Sous la calotte rouge d’un soldat du feu,
Dans cette ascension de souches gisantes
Calcinées par les brûlures de ses aïeux,
Vers le sommet de ses griffes puissantes
Il grimpe, s’appuie sur les plumes de sa queue.

Sur ces cendres, seul son bec de couleur vive
Tient la chandelle à ce mortuaire sommet
Percé de toute part, d’un tronc à la dérive
Qu’il martèle de mouvements dignes d’un dessin animé. 
Sans relâche, d’un arbre à l’autre, il passe
De son vol régulier et ondulant, puissant,
Commémorant le souvenir des Black Woodpecker
Dans ce triller pour Jokers.

 

12 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photographie : Klibi Sabri sur Facebook

 

Memories

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Franchir le dernier mur
Connectée à l’Univers.
Contempler encore l’azur
Sur ces quelques vers
Faits de souvenirs évanouis
D’une mémoire inouïe
Loin du monde enfoui.

Passer la dernière porte,
S’éloigner de la cohorte
D’une histoire qui transporte
La mémoire des cloportes.
Être définitivement morte.
Histoire d’une feuille morte
Que chaque saison exporte.

Accoudée au parapet
De ce monde oublié, en paix,
Elle contemple son histoire
Qui tient lieu de mémoire
Restée sur les vieux grimoires
Recouverts de poussière noire.
Vestiges séculaires de victoires.

In memories, d’hier à demain,
La mémoire encombrée de destins
Laisse à l’histoire son chemin
Où vivent d’articulés pantins.
Ils vont à la rencontre sans fin
D’un vie qui ne jamais s’éteint.
Ces ruines ont fleuri mon matin.

 

13 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Namata photos sur Facebook

 

Café gourmand

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Chocolat au lait, chocolat noir,
Une houle de crème glacée
Attire en ces sucrés couloirs
De gros gourmands engraissés.

Perché sur les Torres del Paine,
Un oiseau, tel une rêveuse sirène,
Sur un rocher de glace pralinée
Dont la paroi d’un hibou est animée,
Scrute ce coin du ciel de Patagonie
Aux lumières cuivrées, caramélisées, bénies.

Des explorateurs pétrifiés sur cette banquise
Échoués là pour leur péché de gourmandise,
Sont venus jusqu’en ce Cuernos del Paine
Déguster ce café gourmand du domaine.

Leur crise de foi en un tel charroi
A mis l’ours brun en plein désarroi.
Une avalanche de miel ridée l’effraie,
Un puma menaçant garde son entrée.
Un crocodile repu, digère, s’aplatit
Sur le corps soumis d’un barbu yéti.

Seule, la vache après un café liégeois
Dort paisiblement sans manifeste de joies.
Des dizaines de marmottes s’émerveillent
De ces mousses aux saveurs sans pareilles.

Un temple d’une déesse inconnue pilote
Ce radeau dégluti par tant de glottes.
Les dents de la Sagesse ont refoulé
Cette démoniaque embarcation sans chapelet
Qui dérive, emportant dans ce fondant avec elle
Les âmes de ces défunts coupés de leurs ailes.

 

12 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Joël Delmas sur Facebook

 

 

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