Les bouquets de bruyère

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Tous ces pauvres à la main tendue
Vieillesse édentée, déchéance des rues,
Leur maigre bouquet offert aux touristes
Symbolise le prix de leurs jeux de piste.
Passer avec indifférence dans un inconfort
Laisse quelques scrupules aux remords.
Est-ce rendre service à la facilité ?
Ne nous voleront-ils pas avec agilité ?
Le ciel, ce soir, rouge du sang versé,
A transporté à l’horizon ces paniers-percés.
Demain l’hiver sera moins généreux.
Ils attendront les gueux des jours heureux
Qui, à Ouglitch, achètent aux riches moscovites
Le vide de leurs guérites.

 

Ouglitch, 7 Septembre 2000
Jeannine Castel

 

 

Publié dans : voyage | le 13 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Les verrues

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Je grignote sur la mort
Quelques miettes qui grelottent.
Je savoure l’instant de répit
Que m’offre sa bravoure.
Il me colle, ce mal permanent,
Firmament sans auréole.
Il viendra le Seigneur de mes faims,
Sans fin, il reviendra.

Toulon, 28 Avril 1998
Composé pour Rosalia, chatte Persane
Jeannine Castel.

Publié dans : Littérature et Poésie | le 12 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Dernière traversée

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Mort programmée en mains criminelles,
Victimes d’attentats, de mort accidentelle,
Flottille innocente de débris calcinés,
Funérailles d’un rendez-vous inanimé.
Explosive rencontre d’un vol aérien,
La vie et la mort ne sont plus rien.
Même destin réuni en un voyage
Où chacun a droit de passage.

Corps dispersés par le feu ennemi,
Macabre recherche d’êtres enfouis.
Contempler ses frères en ces circonstances,
En visiteurs de la dernière chance …
Je vous offre mes faibles secours
Louanges à vos actes d’amour.

18 Juillet 1996
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 12 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Ivresse poétique

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Poésie d’un instant, visions de passage,
La page étonnée ne prend pas ombrage
Du poète amoureux, bavard en la matière,
Qui s’éprend d’une pensée familière,
Traversée de sa trajectoire où murit
Le fruit, chaos personnel, qu’il embellit,
Qu’il projette, qu’il déguise, sur autrui.
Amateur de muses, d’images en folies,
Il s’évade en ces eaux fantasmées,
Western vitaminé d’une croix perchée.
Oiseau de proie, il survole l’insconcient.
Aux portes de l’horizon, il est le vent,
Caresses, griffes. D’une rime il crée
L’ivresse poétique qu’il va ancrer.

Sierra Madre – 3 Avril 1996

Jeannine Castel.

Publié dans : Poésie | le 10 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

SAN CACTUS

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Si le ciel déversait le sang des guerres
Aveugles aveuglés, nous irions, plasmatiques,
Déverser notre histoire loin de la terre
Abreuvée de vengeances, de morts tyraniques.
Les armes ont saisi le pouvoir des mains,
Conquêtes nécessaires à l’esprit qui se meurt,
Sitôt libéré, sitôt Empereur, sitôt éteint,
Hidalgos, Olmèques, aux grands coeurs,
Le scénario n’est qu’un banal refrain.
La terre est ensanglantée, violée par ces outrages,
La paix a démissionné et Dieu voyage.
Si le ciel déversait l’amour de ces rebellions
Aveugles aveuglés, nous serions en mission.
Hélas, le sens perturbé a subi l’inflation,
L’amour n’est-il qu’alliénation ?

Sierra Madre – 29 Mars 1996
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 10 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Déclinaisons

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Un temps pluvieux et froid comme la maladie
M’enferme et m’emmitoufle à la poésie
Délaissée quelque peu à l’infini du monde
Où Freud et Lacan vagabondent.
Un découvert me coûte intérêts,
Gratte, à pleins pouvoirs, sur d’intrépides valets.
Au Nom-du-Père, la croix s’est instaurée
L’inconscient d’un conscient veut s’explorer !
Epoque trouée de jouissances fécondes,
Fleurs du mal nauséabondes.
L’oeil du pirate flotte sur les eaux
A la recherche de la célèbre libido.
Le rêve a mis un voile sur ma nuit.
L’âme soeur ? Quel ennui !
Le sommeil a regagné ses berges endormies.
Petit a est prisonnier des fourmis,
L’Autre a la nostalgie de l’un,
A n’a plus d’ami commun.
Image Phi d’un poème symbolique,
Oedipe et Moïse n’y cassent plus des briques.
L’objet s’informe de sa relation,
Le sujet digère ses interrogations.

 

Janvier 2000
Castel Jeannine

Publié dans : Littérature et Poésie | le 9 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Qué sa quêou ?

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C’est un serpent à plumes
Qui ondule sur le bitume
A côté des agaves, des poivriers,
Il chemine vers la terre des templiers
Qui, faute de plumes,
Forgèrent sur l’enclume
La lumière posthume
De ce serpent à plumes …
Légende dorée qui fume
Sur le tourbillon poussiéreux …
D’un esprit s’allume,
Convertie des brumes,
L’histoire du serpent à plumes
QUETZALCOALT.

30 Mars 1996
Jeannine Castel

Publié dans : voyage | le 8 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

J’entre dans la vie

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Chambre ardente d’une espérance indéfinie,
L’attente soupire sur d’inconnus finis
Morts pour elle à la vie qui attend,
Insatisfaite d’un mors aux dents.
Mât de cocagne d’un idéal en fuite,
Relai d’un but, d’une folle poursuite,
D’un désir soumis, d’une sainte patience,
D’un bonheur insoluble épris d’impatience.
Citoyenne d’un royaume où tu m’as répondu,
Attendre ce que Dieu a vu …
Non je ne meurs  pas, l’attente psalmodie,
Ne m’as-tu pas rejoint en cette poésie ?
Tu as dépassé, immuable désinvolture,
D’un dissemblable regard, cet arrêt en mesure !
Attendre c’est murir avant l’âge,
Attendre et dissoudre davantage.
J’attends dans les méandres de l’entente
Ce sûr soleil de Dieu, joyeux de cette attente.

 

2 Novembre 1997
Jeannine Castel

Publié dans : religion | le 8 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Intimes amitiés

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à Stéphane Mallarmé 

Mes mots endeuillés de vos bonnes paroles
Se sont calfeutrés en un prudent silence.
Ils se sont tus à l’ombre d’un saule,
Connaisseurs qu’ils étaient des gens d’importance.

Sans être déçus de ces limites expressives,
Ils vivent désormais, en de plus sûrs regards,
Bien que la croix me soit, en définitive,
La seule issue que je croise avec l’art.

S’approchant d’une fosse, ma jeunesse s’éloigne
Suffisamment repue d’un héritage lourd.
Fidèle à l’évangile, Dieu me soigne.

Agonie d’un siècle qui aime les discours,
Tout reflète ici-bas les illusions perdues.
Au monde, cette épitaphe, qui m’a reconnue.

14 Août 1996
Jeannine Castel

 

Publié dans : biographie, Poèmes dédicacés | le 8 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Sans oublier les oiseaux …

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La vague alanguie, meurtrie d’orages,
S’échoue sur la grève qui absorbe ses eaux,
Redonne au ressac l’écume de sa rage,
Caresse d’un chant sa chute en rouleaux.
Le ciel est gris des humeurs quotidiennes
Laissant entrevoir du bleu à l’horizon.
Le soleil ouvre ses flegmatiques persiennes
D’où renait la beauté sous ses rayons.
Un voilier, poussé par la brise dominicale,
Berce ses occupants de remous vagabonds.
Il rejoint, en saluant le phare, le port,
Dernière escale d’une croisière aux îles d’Or.
Une Baie des Anges polyphone et joyeuse,
Où je contemple d’un regard
Cette journée de Mai frileuse
Avant de rejoindre le car.

 

Nice le 14 mai 1995 - Jeannine castel

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 7 mai, 2015 |Pas de Commentaires »
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