Midi et Midinette

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Il était mon amour,
J’étais sa ressemblance.
Ensemble pour toujours
Rengaine d’une romance.

Il resta mon amour
D’une aussi longue absence.
En vain, j’attends toujours
Ce mythe en vacances.

Il sera mon amour,
Différend de l’indifférence,
La fin des mauvais jours,
Faveurs de mon indépendance.

Il était mon amour.
L’autre l’a su d’avance.
Ensemble depuis toujours
Nous étions son amour.

14 Août 1995
Jeannine Castel

Publié dans : Etat | le 29 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Pour avoir

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Pour avoir tant marché à l’ombre des pas,
Pour avoir écouté ce qu’il ne s’y disait pas,
Pour avoir patienté sur le meilleur de vous même,
Je m’aime.

Pour avoir tant cru vos fausses vérités,
Pour avoir espéré de la charité,
Pour avoir enduré la douce nonchalance,
Je m’en balance.

Pour avoir ignoré ce que j’ai toujours su,
Pour avoir faussé le fidèle Tu,
Pour avoir menti au pire que moi,
Je m’apitoie.

Pour avoir retrouvé l’ami dans l’ombre,
Pour avoir douté dans la pénombre,
Pour avoir jugé la parole sévère,
Je de misère.

Pour avoir du désir envahi l’insatisfait,
Pour avoir envié le superficiel reflet,
Pour avoir donné en échange du tout,
Je et Vous.

Pour avoir sans arrière pensée voulu,
Pour avoir refusé le plus petit écu,
Pour avoir, par bonté et sagesse, aimé,
Je vous aime à la sincérité.

Pour avoir de l’indifférence à la curiosité,
Pour avoir tout et rien de l’Eternité,
Pour avoir eu le mérite de vous connaître,
Gens du chemin, je veux naître.

 

21 Août 1988  -  Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 29 mai, 2015 |2 Commentaires »

Peines

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Dirigées vers la terre, n’espérant plus rien,
Peines journalières, mangeuses de biens,
Elles préférèrent se recroqueviller
Sur ce qu’il restait en elles de charité.
Ayant revêtu le mauve mystique,
Elles n’attendaient que la mort angélique
Qui les délivrerait des misères du monde.
Attristées, sous le soleil, fécondes,
Nulle envie de produire un éclat,
Tant de fausse chaleur on leur manifesta.
L’ambition, pour elles désormais repliées,
Etait qu’on les oublia pour la postérité.
Clématites, fermons la serrure
A ces échos malsains, ces ratures …

16 Septembre 1986
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 29 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Moisi

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A la pluie, j’ai demandé soleil,
Au soleil, j’ai demandé le ciel,
Au ciel j’ai demandé la lune,
A la lune, la fortune.

A la mer, j’ai demandé la brise,
A la brise, plein de bises !
Aux bises j’ai demandé l’amour,
A l’amour, de beaux jours.

A la montagne, j’ai demandé les cimes,
Aux cimes, étourdie, j’ai vu l’abîme …
Le subconscient à cette hauteur …
J’ai réclamé un ascenseur.

A la campagne, j’ai demandé le pré,
Au pré, je my suis allongée,
Allongée pour mieux contempler
Cette compagne esseulée.

Aux amis, j’ai demandé …
Mmmm …
Aux amis j’ai demandé …
Mmm … restons amis !

Pour mes enfants j’ai réclamé bonheur,
Pour mon bonheur, un peu de chaleur.
J’ai demandé pour un salut,
C’est si dur la vie d’un plus.

A la mémoire, j’ai demandé service,
Au service, j’ai réclamé délices,
Aux délices, un parapluie …
Par peur du moisi.

19 Juin 1987
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 28 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Un mercredi de Mai

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Une après midi sereine de Mai guilleret
Aux lointaines senteurs de muguet.
Le ciel apaisé de l’ondée de la veille
D’un voile s’isole, il a sommeil.
L’araignée, pressée, tisse sa toile,
Son réseau fonctionne avec les étoiles.
Les roses, en beauté, exposent leurs pétales,
L’écureuil de glands nouveaux se régale.
Des oiseaux, heureux, sifflent à l’entourage,
Troublent le silence de leurs bavardages.
La grande bleue ensorcèle le diamantaire,
Elle a la nostalgie de quelques corsaires.
Même un âne s’extasie bruyamment, radieux,
Insolite bruit peu couru en ces lieux.
Je dois refermer la porte à regret.
Le charroi des carrefours parait si loin et si près.
Déjà un hélicoptère envahit le ciel en transes,
Les sirènes répondent à ses urgences,
Le camion benne me vient en renfort,
Je referme la porte sur ces trésors.
Une après midi sereine de Mai bourdonne
A mes oreilles qui redoutent l’automne.
Une lucarne sur les douceurs de l’infini,
Un tunnel propice aux oublis …
J’en oublierais ma mortelle vie …
 
27 Mai 2015
Jeannine Castel
 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 28 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Faveurs

                                                                                                                                                                                                                            A ces chers disparus

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Quand le corps ne vibre plus à la vie
Pendant que l’âme libérée ainsi
Peut enfin souffler au renouveau,
Se referme le tombeau.

Quand le corps froid, raide aux douleurs,
Des autres n’a plus de rancoeur,
Libre envolée d’un espoir souhaité,
S’ouvre l’éternité.

Quand le corps frigide à la chaleur ambiante
N’a que la torpeur d’une ironie absente,
L’âme muette et sans odeurs se libère,
S’enfuit de ces cerbères.

Quand le corps inerte à la peur prochaine,
Provocateur de notre mort proche ou lointaine
Est là, dernier présent offert,
Arrivée de l’hiver.

Quand le corps refroidi, écoute
Derrière le pan de hautes voutes
Le bruit de tant de larmes et de douleurs,
Parlote sur nos malheurs.

Nous ne nous savions pas tant aimés …
Quelle dure réalité !
Que de temps égaré, de rendez-vous manqués,
Pour une mort tronquée !

Quand le corps isolé de la vie restante
Fait l’objet de scènes reconnaissantes,
Il  n’a plus qu’en héritage,
Discours et beaux hommages.

Quand le corps devient proie
Victime d’actes criminels,
Il n’a plus de secret pour un monde aux abois.
Il parle encore sous le scalpel.

Quand le corps n’est plus qu’une absence
La mémoire invoque le souvenir.
Se dissipent les apparences
De ces chers disparus qui nous verront mourir.

Nous ne pourrons, faute d’y remédier,
Que dire ayez pitié.
 
 
4 Mars 1988
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 28 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Zazizou

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Les cigales de leur concert unicorde
Me parlent de la chaleur de leurs cordes
Qui vibrent ainsi à l’été
Rosalia veut les voir de plus près …

Elles chantent seules sans respirer
Le temps de réajuster d’un degré,
La symphonie pour une compagnie
Qui les écoute ou les maudit.

Grin-grin qui accompagne la sieste,
Animation par ces temps funestes,
Mélodie pour un monde sans scrupules
Qui préfère coincer la bulle.

Chantez cigales de mon midi !
Chantez, chantez notre harmonie !
Chantez, chantez à l’unisson
Au moins le temps d’une chanson.

Secrètes à l’oeil du musicien,
Discrètes quand le soleil s’éteint,
Animées dès la joie retrouvée,
Fidèles à tout un passé.

16 Juillet 1988
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 27 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Grelots

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Il faut, il faudrait,
Donne moi,
La chance pour une foi.

Nous voulions, nous eûmes,
Il fallait,
Bitume.

Nous aurions dû, nous eurent,
Le faux, le phallus,
En cure.

Ce fut, c’était, c’est,
Il faut, il faudrait,
Penser …

Il faut à tout prix …
Coûte que coûte …
L’esprit.

Il faut, il faudrait,
Paroliers aux médailles,
Le vrai.

Je fus, tu fumes,
Il fait, il fit …
Hein … ma plume …

Il faut, il faudrait,
Quand l’ordre et le temps
Recycleront la durée.

6 Juillet 1988
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 27 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Sauvegarde

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Une vie de tout et de rien
Une vie pour tout, sans rien,
Une vie à remplir de vides
Une vie remplie de rapides.
Une vie lasse à mourir
Une vie longue à venir.
Une vie de chants et de gestes
Une vie d’amours sages, de restes.
Une vie d’eux, d’envies, de bruits,
Une vie frivole, froufroutante de nuits.
Une vie d’attentes, d’angoisses à saisir,
Une vie de solitude habitée d’avenir.
Une vie de goinfre, tu pinces, 
Mange la vie tu seras mince.
La vie, vit la,
Pendant qu’elle est encore là.

26 Décembre 1986.
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 27 mai, 2015 |1 Commentaire »

Hémorroïdes

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D’un potager en fleurs hémorroïdaires
Où la cote d’amour est incendiaire,
Le feu et la douleur font fi de ménager
Ce trou d’évacuation qui nous est donné.
D’une constipation avancée par quelques uns,
D’une mauvaise circulation de Melun,
D’une station debout, assise,
L’idéal serait l’allongée sans bises.
L’anus, congestionné, subitement enfle …
Hépatiquement…  se voudrait je penfle …
Nerveusement… le flux se réfugie où ? …

Vers cette voie de secours, cagadiou !
De la glace à la crème, au suppositoire,
Du cul dans le bénitier à la bassinoire,
Tout y passerait tant la douleur insupportable
Nous rend, à veines, irritables.
Maîtriser, c’est bien, mais la varice
Est là, omniprésente au supplice …
Intervention chirurgicale à envisager …
Mais où ira le mal se loger ?
Chez le Roi des Maures à l’heure H !
Avec ou sans préparation Ph ?

18 Mai 1987
Jeannine Castel

 

Publié dans : humour | le 26 mai, 2015 |Pas de Commentaires »
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