Lendemains de fêtes

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à Francis Cabrel

In extremis, Cabrel chante au monde.
Il swingue sur les vapeurs nauséabondes
D’une béguine sensuelle, il nous berce.
De ses étreintes défigurées, il raconte
Les cris de la brousse redoutant l’averse,
Le sol assoiffé, les nausées de la honte.
Sur les pays d’à côté il papillonne,
Survole les agonies d’un Eldorado en folie.
Ses saisons lourdes d’espoirs encore carillonnent
Au charabia des échos qui s’oublie
Au pied d’une croix dressée sur une colline.
Le poète rejoint le prophète, s’approche,
En catimini, vise de loin l’issue, s’illumine,
Comme si, en retournant ses poches,
La vie serait sans fin, sans déclinaison,
Un manège qui ne connaîtrait pas de pause,
Oeillades à la vie et ses fenaisons.
Sur sa guitare, Cabrel confesse sa nostalgie
D’un crooner qui le hante.
In extremis Cabrel soigne les névralgies
Des battements de son coeur qu’au monde il chante.

1 Juin 2015
Jeannine Castel

 

Publié dans : Musique | le 1 octobre, 2015 |Pas de Commentaires »

Bourrasques

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C’est un ballet fou
De papiers et de plastique
Soulevés par le courroux
D’un vent énigmatique.

C’est le grand frisson
De feuillages qui dansent
Au rythme du vent fripon
Qui partage ses transes.

C’est un vent d’automne
Peu amical et désordonné
Expirant des furies amazones
Jusque dans les maisonnées.

C’est un vent amoureux
D’ouragans et cyclones meurtriers
D’une mise en scène créée par Dieu
Ce créateur si hospitalier.

C’est un ballet fou
Sur un tapis de feuilles mortes
Un tourbillon Andalou
De jupes sous escorte.

 

 

30 Septembre 2015
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 1 octobre, 2015 |2 Commentaires »

Dans un même lieu

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Midi, face à la Grande Rousse, je m’émerveille,
Une fois encore, de la nature et de ses merveilles.
Le soleil réchauffe mes membres engourdis.
Devant ces glaciers, j’écoute les dégourdis…
Au lieu de contempler ce site silencieux
Ils cancanent, emboucanent ma prairie en ce lieu.
Auprès d’un névé j’ai retrouvé le calme,
Une randonnée qui mérite les palmes !
Les marmottes folâtrent dans les prés
A quelques sauts de l’Isère aux nombreux guês.
Les bouquetins attendent la saison du rut
Broutent et montrent leurs cornes aux zut …
Les deux dents de la Grande Casse dominent
L’horizon de cette vallée où l’hermine
Est restée cachée aux regards curieux.
Hardes de chamois sur les massifs rocailleux,
Traces de lièvre sur la dernière neige,
Je savoure pleinement ce sortilège.
Premier Octobre ensoleillé  sur ce massif alpin,
Ce moment enchanté boude demain.

1 Octobre 1991
Jeannine Castel

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 29 septembre, 2015 |1 Commentaire »

Super lune

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Ce soir la lune n’a pas mon moral,
Passagèrement
Elle est venue dans mon canal,
Du firmament
Elle se camoufle dans la grisaille,
Avertie
Je la nargue de mon esprit canaille,
Réjouie.
Elle a peur de cette noirceur
Qui surgit.
Cléo, intriguée, regagne l’intérieur,
C’est fini.

Ce soir La lune de sang dans un halo
M’a souri,
D’une éclipse elle se voile aussitôt,
Embellie.

Ce soir la lune m’a confié, pathétique, 
En catimini
« Je n’inviterai plus de lunatiques
Juré, promis ! »

 
27 Septembre 2015
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 28 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Noces

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Sur des notes en mineur,
La rue retentit de clameurs.
Les invités rassemblés se réjouissent
Des futures parties de cuisses
De deux êtres qui ont décidé
D’unir, malgré les exemples acidulés,
Leur vie pour le meilleur et pour le pire.
Le pire qui souvent expire.
Pour un oui pour un non
On change de caleçon.
En attendant l’heure, les crécelles
Encouragent la prétendue pucelle,
Promise depuis ce hasard étrange
Envoyé par le diable ou les anges.
Klaxons à tous vents, le cortège de batteries
Défile et roule vers la mairie.
Ramdam d’une jeunesse attractive,
Un samedi de noces explosives.
Sans visages, le silence est revenu.
L’Esprit a rodé en bas de ma rue.

 

26 Septembre 2015 - Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 27 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Toi aussi

Pour qu’un leurre fonctionne, il faut qu’il corresponde
à un besoin profond. Sinon comment pourrait-on expliquer son pouvoir ?  (Boris Cyrulnik)

 

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Jai sangloté sur ses mots de passe
Cris lancés, je brise la glace.
Ecran distant qui nous rapproche
Cabrel qui me revient, caboche.
Divin, la ligne change de canal,
Nous sommes sur quelque plan spatial.
Tant de vies partagées, de rêves bercés,
Je remercie la muse de cet illustre fiancé.
Les guerres n’ont plus lieu d’exister…
Insister ou résister ?
Les réservations sont épuisées
Rendez-vous au Zénith, éternisés. 

 

26 Septembre 2015
Jeannine Castel

 

Publié dans : Musique | le 26 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

La haine et sa peine

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Pour toi j’aurais laissé une partie de mon âme.
Chemin faisant, se dénouait le drame…
A chaque pas l’amour qui me portait vers toi
Augmentait la puissance de ma foi.
Au premier cours d’eau rencontré se tarit
La source de ce duo d’où je te chéris.
La distance forma un nouveau chemin,
C’est ainsi que naquit le premier chagrin.
Mon coeur déçu battit la retraite.
Pour le nouveau venu, changea la fête.
Lichen foulé, le charme se dégrada
Jusqu’à toi qui le dispersa,
Etre de chair, le souffle me manqua.
Mais la foi, fidèle, mûrissait mes pas.
Je découvris au fil de cette survie singulière
La connaissance de Soi qui me porta, altière.
Portant plus loin cette résurrection qui me reprit
Ne fût-ce que pour votre plaisir, amour et poésie.
Comme cette forêt qui écoute mes naïfs espoirs
Parvenue à ce sommet, l’eau lava mon désespoir.
Savoir symbolique de forces existentielles, j’ai bu
Tout comme vous à la cascade de mon salut.
La réalité m’a réveillée de cette mort
Demain, être infidèle, t’aimerai-je encor ?

 

4 Mai 1993
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 25 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Au clair de ma lune

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La lune ronde et lumineuse se cache
Au mamelon qui la veut, égoïste attache.
Elle va apparaître au prochain détour,
Elle flirte avec la fin du jour.
La nuit s’installe, englobe les contours,
Rabaisse le toit céleste tout autour
Des monts où nous roulons jusqu’à Moïta.
Daube et feu de bois vont réjouir notre repas.
Rentrée nocturne, la lune boude, désabusée,
 Une vache sur la route la contemplait, amusée.
Elle observait cette esseulée instable
Qui éclairait, au loin son étable,
Chagrine d’avoir perdu son ombre face au soleil,
Cet artificier cajoleur qui réjouit nos réveils !
Guirlandes suspendues, illuminées, la nuit se pare,
Astre éclairé, la lune aime un phare !
La forêt écoute les nocturnes de cet astre épris.
Ce soir cette mélodie va bercer ma rêverie.
Un clair de lune sans l’ami Pierrot …
Pour une lune, Pierrot viendra bientôt !

 

5 Mai 1993 - Jeannine Castel.

Publié dans : Littérature et Poésie | le 24 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Premier jour d’automne

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L’automne et ses douces lumières,
Le temps change de cavalière.
Après les frénésies de l’été
La chaleur s’est déconnectée.
Certes, le soleil fidèle au ciel
Recevra les visites de l’arc-en-ciel.
La nuit sur le jour avancera
Pour inviter la lune à quelques galas.
Bois et forêts deviennent inquiets
Du changement de bains de pieds.
Le vent, pressé, décoiffe les platanes,
Des premiers frissons sur ma peau se pavanent.
L’ombre devient l’ennemie peu charitable,
Les troupeaux vont regagner les étables.
L’âtre va pétiller d’étincelles musicales,
Réchauffer les veillées d’histoires pastorales.
Calfeutrés aux sévices des premiers froids,
Qu’il fera bon vivre au chaud chez soi.
L’automne et ses douces lumières
Nous prépare à l’hiver, à ses journées austères.

 

23 Septembre 2015 - Jeannine Castel

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 24 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

En piste

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Vars, douce est la pente aux souvenirs,
Forge qui embrasa mon devenir.
Solitude dans une nature aux nombreux passages
Ma technique est mauvaise, un ski de ménage,
Je brûle quelques énergies sur ces pistes risquées
Ma peur se réfugie dans mon courage frisquet.
Qu’importe la vitesse qui éclipse mes records,
Aujourd’hui le soleil réchauffe mon corps.
N’y a-t-il pas un passager de la nuit
Qui surveille ma discrète étourderie ?
Vaillante d’une modération belliqueuse,
Souriez sur vos exploits, critiquez la gueuse
Qui persiste dans l’effort quotidien en solitaire
Et affronte les tourments de la Terre.
Viendra le temps de plaider,
Devant cette céleste cour, mon parcours.
L’homme artificiel mit bigourelles à mes faims,
Traces de mes piétinements sur mon destin.
En dévalant ces pistes enneigées j’engouffre
Toutes ces avaries aux odeurs de soufre.
Vars apparaît tout en bas
Je me hâte vers un délicieux chocolat.

 

 

Vars 8 février 1992
Jeannine Castel

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 22 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »
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