La mort en chandelle

images

                                                                                                                                                                                                                                                                 à Jeanne, ma mère

Toute une vie se consume
Vacille lentement, faible lueur,
Après une enfance sortie des brumes,
La voilà qui scintille au souffle du Seigneur.
De quelques remous d’âme, elle s’agite
Cette flamme qu’éclairent ses quatre-vingt-seize ans,
Ce départ qu’elle sait pour ce dernier gite,
D’une vie donnée que Dieu nous reprend.
Une mort douce qui vous prive d’ici-bas,
Une mort à petit feu où mijote le trépas.
La flamme s’éteint pour une montée en chandelle,
La cire a fondu à cette éminente intensité.
Ma mère je vous dois fière chandelle,
C’est de nouveau l’obscurité …
Comme votre amour en trente-six chandelles !
Pardonnez-moi ce retour de flamme,
Tant d’économies de bouts de chandelles.
Il reste la mèche noircie de nos flammes.
Paix à votre âme.

9 Août 2011
Jeannine Castel

Publié dans : biographie | le 28 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Départs

images

Ils sont partis ces êtres que j’aimais
Certains pour quelque temps
D’autres à tout jamais.
Mes souvenirs animent ces absents
Eparpillés par le tourbillon de la vie.
Certes, ils ne sont pas bien loin,
Juste à quelques pas d’ici.
Ils partent vers d’autres horizons lointains,
Laissent un grand vide autour de moi.
Ma tristesse s’accroche à ma foi,
Commémore tous ces il était une fois.
Demain ne sera plus autrefois.
Il me reste mes chats, d’autres aventures.
L’espoir de se revoir en villégiature
Adoucit mon monde dépeuplé.
Un seul être nous manque, tout est repeuplé …
Jusqu’à ce grand départ d’une terre promise,
Dans ce monde qui se voudrait éternel
Mon âme vagabonde, s’éternise,
Sur votre intemporel.
Ils sont partis ces êtres que j’aimais.
Rien n’est ici-bas, à tout jamais.

26 Juillet 2012
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 27 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

L’inattendu

images

D’où me viennent ces visages inconnus,
Ces paysages oubliés par mes souvenirs,
Ces personnages que je n’ai jamais vus ?
Ils animent pourtant mes rêves d’un nadir.
Le réveil m’interroge et me renvoie
De l’absurde au réel de mon existence.
Je prolonge ou j’efface avec lui, avec toi,
Ces parcelles de vies en errance.
La nuit, d’un flux, agite mes pensées,
L’aurore furtivement, d’un ressac, les éteint
Ne laissant au jour que l’insensé
Qui se voudrait présage du lendemain.
Viennent-ils ces étrangers nocturnes
Entretenir mes espoirs vacillants
Ou simplement guérir ce passé taciturne
Que vous avez terni, vous les braves gens.
Ce matin, encore, j’affiche sur l’espace
Ma dédicace.
Ce matin d’avril au printemps capricieux
J’écris aux cieux.
Ce matin chantonne à mes oreilles
La douce amertume de l’oseille.
Ce matin les rafales du temps survolent
Venise et ses barcarolles.
Je rêve d’un mystère, de mondes lointains …
L’heure tourne, mon bon samaritain.

28 Avril 2012
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 26 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Une journée de désert

images

Une journée de silence …
Les potins sont en vacances.
Langage familier des morts,
Le silence libère l’âme de la mort.
Les yeux sont toujours dans la brume,
Les oreilles bourdonnent encore du bitume.
Ce bruit silencieux rempli de la nature
Met Dieu face à sa créature.
L’esprit resté ouvert doit s’efforcer
De n’écouter de Dieu ses seules pensées.
Efforts des amoureux du silence,
Les cloches réclament mon absence.
Leur musique céleste m’envahit.
Les oiseaux, silencieux, de leurs nids
Ecoutent ce divin calme avec moi,
Je rejoints mon chemin de foi.
En cette respiration, les mouches suffoquent,
L’éternité enterre le suc de cette époque.
Coupée du choeur du monde, je jouis
Des bienfaits d’une éternelle vie.
Tous mes progrès pour la compagnie
Vont être là et moi ici.
Etre et avoir, Salva me, Marie,
Sanglots du tourbillon de la vie.

 

2 Août 2004 - Jeannine Castel

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 25 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Pessimisme ?

images

La France tambourine, scande dans les rues,
Du côté des éleveurs, rien ne va plus.
Du côté d’ailleurs, il n’y a qu’un pas,
Chaque chose en son temps, j’ai peur déjà.
La moutarde leur monte au nez depuis Dijon,
Barrages, chassés-croisés sur tous les fronts.
Feraient mieux d’économiser leurs voix
Pour essayer de mieux voter une autre fois.
Voter … Toujours les mêmes guignols…
Pensez-vous qu’ils extrapolent ?
Qu’ils essaient de sauvegarder ce restant d’insécurité ?
Moulinex, pourtant, c’était la sécurité …
Elements d’appareils, de pareilles gens.
Mon Dieu préserve-nous de la guerre, des dents,
Que va montrer le peuple qui croule
Sous l’immense envoûtement, la démente houle,
Le prestige grandiose si haut placé va
Nous tomber sur les nougats.
Sur une création qui leur était acquise,
Une conservation, même promise,
A oublié de transformer ces spots.
Quand direz-vous STOP ?
Stop à l’ambition de besoins superflus
Stop à l’addition qui n’en peut plus.
La justice mène au combat,
Combat …

 

 

 24 Juillet 2015
Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 24 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Les colporteurs

images

Ils sont ce genre humain
Bon chic, bon genre,
Le coeur souvent sur la main
Bon genre, bon chic.

Ils colportent la rumeur
Cahin-caha
Ils alimentent les causeurs
Beaux parleurs, agitateurs.

Carrousel de potins
Bon train, bon train,
Du salon au chemin
Baratin, baratin.

L’aventure en devanture
Nourriture, morsure,
Un propagateur en caricatures
Censure, bavure.

De l’auteur au diffuseur
Ebruiteur, haut-parleur
Du créateur au chroniqueur
Colporteur, colporteur.

 

21 Juillet 2015
Jeannine Castel
 

 
 
 
 
 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 23 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Vers Kostroma

images

Les coupoles pleines de sang versé
En bulbes se sont renversées.
Le feu parti dans les écumes
Se perçoit dans les brumes.

Les icônes d’un grand rassemblement
Attendaient depuis des ans
La repentance de vaines batailles,
Fruits murs de vieilles semailles.

La misère, moisissure tenace,
Laisse  entrevoir le dégel des glaces.
Sanctifications d’une pluie de grâces,
Où vous avez, amis, tous place.

 

 

8 Septembre 2000

Jeannine Castel

 

Publié dans : voyage | le 23 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Vers Ouglich

images

La flamme éternelle de la Russie
Brille au fond des yeux de ce pays
Saint d’une icône offerte par grâce
Gloire d’une disgrâce.
La foi lumineuse des générations
Fleurit sous la neige, Adoration
De voix célestes qui pleurent leurs morts
Dormition d’espoirs qui vibrent encore.
Saints martyrs de pouvoirs complices,
Innocents de nombreux supplices,
La horde de loups affamés d’histoire
A sorti ces souffrants du Purgatoire.
Yaroslav par l’écho d’un choeur
Murmure aux touristes ces  horreurs.
Lave volcanique de champs d’honneurs,
Résurrection, Christ Sauveur.
 

7 Septembre 2000
Jeannine Castel

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 22 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

A bord du Fourmanov

images

Je quitte donc Moscou et son trafic paralysant,
Ses kilomètres de câbles électriques surplombant
Les rues de cette ville en restauration,
Sa pub virale, ses anarchiques constructions.
Contraste brutal des rives d’eau,
La volga donne un coup de chapeau
A ce magique enchantement après la cohue.
Le soleil à travers les bouleaux clignote bienvenue.
Le Monastère Novodievitchi, déçue de ne pas l’avoir visité
Pour quelques roubles parasités.
Au moins loin de la source monétaire
Je calme ma panthère.
Une tornade a soufflé dans les environs …
Les isbas sont des cabanons.
La jetset est sur son 31, la croisière s’amuse,
D’un ciel coopérant, nous passons l’écluse.

 

6 Septembre 2000

Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 20 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

L’accordéoniste

images

L’accordéoniste fugue avec le soleil couchant,
Tandis que les mouettes alignées sur les rembardes
Se moquent sous le vent
De ce musicien sans barde.

Gala à ses côtés observe en écoutant
Ces visages au dialogue interrompu,
Mais les doigts toujours mouvants
Vont jusqu’en Andalousie courir les rues.

Frôlement d’un éventail audacieux,
Corps à corps sur d’autres yeux,
Folle sarabande d’une gaieté de Dieu
Autour d’un prie-Dieu.

La neige promise à l’hiver
Déclare sa froideur à ce sordide saisonnier.
Furie, elle s’insurge sur les déserts,
S’offre aux braises des tisonniers.

L’accordéoniste, solitaire, étranger à l’histoire
Précipite les lendemains de gloire.
Avec Vivaldi continue d’un trémolo
Le dégel de la dame au blanc manteau.

 

 

Yaroslav – 8 Septembre 2000 -  Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 19 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »
1...132133134135136...151

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus