Archive pour la catégorie 'Poèmes dédicacés'

Au mur de nos retrouvailles

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à Christian JEQUEL, peintre

Toi qui joue des lumières, de leurs sublimes beautés,
Toi qui donne vie aux lueurs estompées,
Respires-tu le suave parfum de tes rêveries
Qui nous grise, accrochées en galeries ?

Toi qui donne la lumière à l’obscurité,
Toi qui pénètre l’ombre de fraîches gaietés,
Ressens-tu de cette pluie d’étoiles
L’ivresse de tes toiles ?

De ces morts, de ces vies aux couleurs pastels
En mon castle de muses tu es venu
Apporter quelques touches à ma poésie émue.
Depuis si longtemps elle admirait Jequel.

Le poète peint des mots.
Il peut donner la vie au noir,
Blanchir le gris de cieux assombris et sots
Aux discrets murmures d’étroits couloirs.

Toi qui dessine nos scènes intimes
Où mon midi a tes faveurs,
Je t’offre ces pensées en rime
  A la tombée du jour, d’une nuit de mon coeur.

Toi qui donne des formes à la morosité,
Toi qui fixe quelques regards amoureux,
As-tu déjà connu cette impulsivité
Qui me prit au dépourvu et malgré eux ?

1996
Jeannine Castel

Publié dans:Art, Poèmes dédicacés |on 4 mai, 2016 |Pas de commentaires »

L’océan des moutons

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à Jorgio D’magny

 

Turbines de la chance
Explosives indépendances.
L’oiseau d’acier ronronne fortement
Ce bruit peut être inquiétant.
Camouflés dans la carlingue
Vis et boulons ont la dingue,
Vibrent, assurance d’un bon transport,
Nous rejoignons le Nord.
Vol pour Roissy Charles de Gaulle
Prochaine escale pour la chignole !

 

9 Septembre 1997
Jeannine Castel

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 2 mai, 2016 |Pas de commentaires »

Il a suffi

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à Nathalie Drieu

 

Il suffit d’un mot, d’une émotion,
D’un regard, d’une complice admiration
Pour que ma muse s’agite au bout
D’un crayon silencieux devenu fou.
Fou, le mot convient peu.
Crissent, freinent ses pneus …

Il suffit d’un compliment encourageant
Pour qu’aussitôt cette amoureuse du géant,
Même quand je fais mon ménage,
Me bouscule, m’envahit de ses bavardages
Plus fortement que le temps si précieux.
Elle stoppe mon quotidien laborieux.

Il suffit d’un morceau de papier ordinaire
Qui traîne ici et là, débonnaire,
Pour que cette créatrice le remplisse
D’un jet rapide, tel un feu d’artifice,
De lettres, de blancs, de signes en questions
Qui mettent mon esprit en ébullition.

Seule ma main guidée réfléchit
Sur l’état de ces écrits,
Interroge l’ardeur de cette inconnue
Qui surgit, sans prévenir, méconnue,
Me ramène quelque joli compliment
Comme le votre à mon savoir ignorant.

Il suffit d’un mot, de trois fois rien,
Pour déloger d’un monde qui me revient
Des esprits qui demeurent désormais
Sur un réseau de voix éteintes, mais …
Présentes pour occuper ce vide qui me soutient.
Il a suffi, entre vous et moi, de Ô combien ?

 

 

30 Avril 2016
Jeannine Castel

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 30 avril, 2016 |Pas de commentaires »

En poussant la porte

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à Touria, ces quelques mots.

On reconnaît les mots quand ils viennent du coeur,
On se laisse bercer dans leur douce torpeur.
Ces mots au débit si prolifique
Qui me bousculent comme la colique.
Ils ne me rapportent aucun euro.
Ils m’enrichissent de leurs mots
Emus quand une délicate dédicace
Vient, de sa chaleur, briser la glace.
Mes chats, jaloux de leurs fréquences,
Manifestent, perturbent, leurs essences.
Ils agacent le fluide de mon inspiratrice
Qu’en Touria, mes mots, ont trouvé calice.
Avec ses mots si joliment dits
Ses mots qui n’ont pas de prix.
Ses mots qui vont réjouir à mon insu,
Les mots cachés à ma connaissance, inaperçus.
Des mots qui ne sont que des mots
Qui circulent entre un coeur et un cerveau.
En poussant la porte des mots
De quels émaux allons nous embellir nos maux ?

 

28 Avril 2016
Jeannine Castel.

 

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 28 avril, 2016 |3 Commentaires »

Jocelyne

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Perchée sur ses talons aiguilles,
bien des années après la quille,
elle est restée jeune fille
en dépit de quelques quadrilles.

Son trousseau n’a connu que le froid.
Aucun anneau, aucune bague au doigt,
ni mari du plus petit qui soit
n’a logé et couché sous son toit.

Je l’ai revue ce matin
du même sourire enfantin
que lorsque je la croisais de loin
tapant  du courrier avec entrain.

Le caddie a remplacé la machine.
Si petite, si menue, rousse Jocelyne,
aux jambes si frêles à la Dubout
épousant les rafales de ce vent fou.

Perchée sur ses talons aiguilles,
de bon matin, sans joyeux drille,
j’ai revu l’insolite jeune fille
sautillant, telle une anguille, sur ses quilles.

 

25 Avril 2016 - Jeannine Castel

 

 

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 25 avril, 2016 |Pas de commentaires »

Funérailles

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à Raymonde

C’est encore la grisaille malgré le printemps.
La pluie ruisselle sur les bâtiments blancs.
GPS vient près de moi se blottir en léchant
Un bout de sa queue entre ses pattes dépassant.
On se tient chaud, sans envie de bouger,
Chacun dans son univers, deux étrangers
Qui cherchent une présence dans un sommeil confiant,
A l’abri des dangers, du dehors si méfiant.
La mort ce jour est au rendez-vous …
L’un dans son cercueil, cadavre au garde-à-vous,
L’autre dans ses toiles exposées en galerie
Qui nous parle d’étés meurtris, fleuris.
Mort d’une vie pour une vie sans fin,
Pour un Dieu inconnu du début à la fin
Qui permet à la mort cette déchéance du corps.
Quel créateur amoureux de son trésor,
Tel un collectionneur bichonnant ses enfants,
Accepterait que laideur vienne tout fauchant ?
Près du Pont du Gard, dernière demeure de Jean,
Une famille endeuillé près d’un familier gisant
Enterre ce mourant méconnaissable au souvenir
Que la mort, peu charitable, va ensevelir.
GPS passe sa patte derrière son oreille, distrait
Ce temps d’écriture d’un jour aigrelet,
D’un premier Avril, de farces et attrapes,
Comme la vie qui nous échappe.

 

 

1 Avril 2016
Jeannine Castel

 

 

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 1 avril, 2016 |Pas de commentaires »

Nébuleuses

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à Serge Gainsbourg

« Comment je vais crever ? »
La mort cette nuit a achevé
Ce poète musicien, drogué, alcoolique,
Parti avec Dame Musique.
Même avec du génie, Dieu va-t-il recevoir
Ce compositeur de refrains noirs ?
Hey man fumeur de vies délabrées,
Amen, je pense à toi Gainsbray.
Avec ta défroque, le poing sonneur
A arrêté les battements de ton coeur.
Ton coeur malade de fortes passions
A cicatrisé sur une fin de représentation.
Les dessous chics à un choc déçu
Te remercient d’avoir tant attendu.
Arrête de ricaner … tu leur as plu …
« Je m’emmerde déjà ici … »
Tu reviendras ici …
« Morphine pour morphine
Mon âme a l’angine … »

 

 

3 Mars 1991 - Jeannine Castel

 

 

 

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 31 mars, 2016 |Pas de commentaires »

Today

Unknown

à Sébastien Majerowicz pour son soutien et son sens du partage.

Un ciel en bataille
Orages dévastateurs
Une Terre en semailles
Assoiffée de bonheurs.

Un ciel qui s’attarde
Sur les horizons gris
Une pluie qui farde
Les nombreux parapluies.

Un ciel aux urgences
Accalmies furtives
Une Terre à manigances
Où vivent d’avides vives.

Today wednesday
Soufflera l’Esprit
Tu me retrouveras
On the way.

 

 

30 Mars 2016 - Jeannine Castel

 

 

 

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 30 mars, 2016 |Pas de commentaires »

Whoosh !

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à Jean B.

Un coeur cesse de battre
Une vie fragile d’albâtre
Une présence disparaît
Dieu apparaît.

Un chagrin en continu
Souvenirs qui s’en vont nus
Chaleur de l’âme désormais
Un esprit maintenant calmé.

 Tourments en ce passage
Tourmente de bien de sages
Ô mort ressuscitée
Contemplatrice d’Eternité.

Une vie parle de mort
Une mort parle de vie
Mont Thabor, une mort éblouit
Celle que nous pleurons ici.

 

1 Août 1995 – 28 Mars 2016
Jeannine Castel

Publié dans:Poèmes dédicacés |on 28 mars, 2016 |Pas de commentaires »

Marcel

Numériser

L’heure est venue de rendre hommage
A ce père qui n’a plus d’âge
Niché plus haut que les nuages
Mon père de mon premier babillage.

Il est temps de lui demander pardon
Quand de sa ligne à l’horizon
Il attendait au bout de son hameçon
Que lui reviennent mes abandons.

Il est tard de lui avouer
Les mots que nos gorges nouées
N’ont pu dire, idiote pudeur,
Gardés au fin fond de nos coeurs.

Il est toujours mon père, ce flic du mitard,
Ce père peu bavard, épongeant d’un buvard
Les larmes que d’affreux requins amorcèrent
A nos lignes, nos misères.

L’heure est venue par votre témoignage
De le voir réjoui de vos nombreux passages
Sur la prose qu’une de ses  » filles chéries « 
Ecrit, dernière parole à son dernier cri.

A ce père Gardien de la paix
Dont le corps repose en paix,
Son esprit est venu, ce dimanche matin,
D’âme à âme, me faire de gros câlins.

13 mars 2016 - Jeannine Castel

 

Publié dans:biographie, Poèmes dédicacés |on 13 mars, 2016 |Pas de commentaires »
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