Archive pour la catégorie 'Photographe Peter Chebon'

La Juge SWEET (10)

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Retransmis en direct par un barde aquatique, voici la complainte de la Juge SWEET, suite à son chagrin amoureux … :

« Djobi, Djoba,
Sur un air de samba,
En boîte je m’éclate,
Je slow avec des patates
Sur un hit parade
D’une mielleuse sérénade.
Au creux de mes rêves,
Sur cette aventure si brève,
Madame chante le blues
Pour oublier la bouse
De ce bel indifférent
Qui a brisé ses serments.
Désormais sous les chrysanthèmes
Est enterré ce banal « Je t’aime « .
Together n’a plus de sens !
Évaporé avec l’encens
D’un ignoble chat puant,
Une purge en guise de remontant !
Comme un voleur, d’une bafouille
Il a soulagé ses rimes en ouilles,
Le temps d’une croisière
De nuits passées en montgolfière.
Bonsoir, mes amours, mes amis !
Envoyez la boisson et le salami !
Ce soir je fête la dragée haute
L’arnaque du siècle par ma faute.
L’euphorique Juge SWEET transgresse
L’austérité de sa toque de noblesse.
La tôle voilà ce qu’ils méritent
Tous ces profiteurs d’eau bénite !
Ces Don Juan ambitieux, immoraux !
Croyez-moi, bande de berlingots
Je suis la Juge SWEET dont le héros
D’un virus m’a refilé sur ce boléro
Une fureur de vivre inouïe
En dépit de leurs patins évanouis.
Djobi, Djoba, je m’en balance ! …
Dégouttée d’avoir fait confiance
Le temps d’une chanson,
De poétiques frissons,
Pour finir dans l’abandon
D’un désert fleuri de chardons.
Quand les amants entendront
Ce barde, la belle, de tendrons,
Désormais sous l’édredon
Plumera tous ces cupidons ! »

Attirés par cette nouvelle stupéfiante
Les strigidés, paniqués, de grosses fientes
Tapissèrent leurs nombreux abris
Redoutant le retour de cette égérie …

 

27 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

La juge SWEET (suite 3)

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Informée par les deux dondons, la juge SWEET
Envoya par un jet de la Cie African Darter
Une fine équipe de huit profilers
Spécialisés pour des enquêtes de hauteur.
Du Northem Red Bishop au Beautiful Sunbird,
Elle ne lésina pas sur les moyens pour pister cette girl.
Équipés de feux rouges, de nombreux espions
Butinèrent des infos, déguisés sous d’élégants papilllons,
Ainsi s’installa, incognito sur le place, tout un bataillon.
Arrivé en douce, Maître DUNOYER, sous le nom patronymique
De Striated Heron, vit en effet cette silhouette amphigourique
Hagarde, stationnée, sur un étang de verdure.
« Tiens, se dit-il, cela ne mérite pas une aventure !
À supposer que ce soit le spectre de Mata-Hari
Je ne vais pas m’éterniser ici …
Cette SWEET, à se méfier de tout le monde,
Bientôt à ce train là, elle verra la Joconde ! …»
Un télégraphiste flaira le scoop à la seconde …
Qu’un certain Striated Heron, sur des vertes ondes
Parlait d’y avoir aperçu la belle Joconde …
À cet instant Le Grand Cormoran déboucha une bonde,
En sortit une longue-vue pour mieux voir de plus près
Cette énigme nouvelle de procès en excès.
Toute la prairie les heures qui suivirent, haletantes,
Informée par la presse La Bien Pensante,
Fut encombrée de badauds intrigués,
Tandis que Madame la Juge SWEET voguait
Installée sur le pont d’un cargo, libre pour juger
Ces affaires qui poussaient à voyager …

 

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8 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photos : Peter Chebon sur Facebook
Mes safaris de plumes

REMBO

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« Maman déteste les machos 
Qui se la pètent avec leurs berlingots !
Ceux de la March Pride en particulier
Qui roulent leurs mécaniques viciées.
Le monstre ! C’est qu’il nous aurait dévorés ! »
« Quelle peur bleue ! … Ces deux malheureux … »
« Ah ?! Tu étais là Choucador ? » « Heuh … »
« Tu aurais pu venir à notre secours,
Appeler de l’aide pour notre maman d’amour. »
« Excuse-moi, mais votre père à quoi sert-il ?
Et votre Grand Esprit … d’ailleurs où est-il ? »
« Tais-toi, tu n’es plus mon copain ! »
« Oui enchère Fifi, oust ! dégage ! tu n’es qu’un vilain ! »
« Ils ont eu si peur commente Rosine
Tais-toi, va-t-en ! tu nous bassines !»
« Oh, Rosine nous avons eu grande frayeur,
On a cru que c’était notre dernière heure. »
« Vous avez une mère courageuse face à cette faune
Siffle avec ardeur l’euplecte à croupion jaune. »
« Moi, je ne risque rien de la sorte !
S’écrie le tisserin gendarme devant sa porte. »
« Pfff ! et si ton nid tombe à terre ! »
« À part la foudre … Allez-vous vous taire !
Mon nid en plus est une oeuvre d’art,
Et mes oisillons y sont bien peinards ! »
« Merci les amis mais je vous rappelle,
Désolé, nous étions seuls face à la querelle
Que ce bad-boy à grande gueule pour ménage …
Grâce à notre mère et à son beau courage
Nous sommes encore là à écouter vos papotages.
Une pensée pour Chatnine et ses pleurs …
Pour nous c’est vraiment un honneur.
Il y a tant de vies plus importantes … 
De clics en clacs elle est devenue parente … »
« Quelle tente ? où ça, du parapente ? »
« Tê le Martin huppé … sourd comme un pot ! »
« Meltingpot ? On dit que chez eux ça ronfle plein pot ?! »
« Allez, assez de roucoulades, viens Joli coeur
Allons serrer maman sur nos petits coeurs. »

 

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14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tisserin gendarme et Choucador de Peter Chebon  sur Facebook
Contes de la prairie

 

Fumées noires

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Le ciel est en feu.
Un maître de Forges heureux
retrouve toutes les valeurs
Incinérées par les voleurs.
Il souffle avec puissance,
Enflamme avec prestance
Les folies du monde
Pour une résurrection féconde.
L’horizon laisse entrevoir
la jaunisse du désespoir.
Une lionne défend son territoire,
Son lionceau est en pleurs
En cette brûlante chandeleur.
Fumées noires d’un crématoire
Du purgatoire de la mémoire.
Dans ce gigantesque chaudron,
Tous les malheurs fondront
Pour de nouveaux horizons
Apercevoir leurs guérisons.

 

9 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

Au jardin d’enfants

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Le tisserin à lunettes est mécontent.
Il peste après ce vent turbulent
Qui agite les tiges des grands épis.
Malgré son mal au coeur, il épie
Le gardien du parc Jabiru au bec tricolore
Qui va et vient, sans cesse picore
Tout en surveillant les jeux des enfants
Venus avec leur nounou ou leurs parents.
Inauguré récemment, ce grand jardin d’enfants
Est fréquenté rarement par les éléphants
Trop fidèles à leurs traditions familiales.
Un puissant Kob, intrigué par cette géniale
Idée, surveille sa femelle de loin.
Son dernier né criait comme un babouin,
Prétextant un manque de copain pour jouer.
En dépit de sa voix fortement enrouée
Il aperçoit Fifi qui les espionne …
« Tu vois … elle est déjà en affut cette lionne
Tandis que son frère allongé de tout son corps
Veut nous faire croire qu’il dort …
Non, ce n’est pas possible mon petit chéri
De rester en ce jardin … Nous y risquons nos vies.
D’ailleurs leur mère les a rejoint …
Non, ça sent trop ici le tocsin.
Filons vite d’ici, papa avait raison.
Ce jardin d’enfants c’est l’antre des lions. »
« Je l’avais bien dit ! » jubile le tisserin
S’accrochant de plus belle à son brin.
Le garde n’ayant pas envie d’une prise de bec,
Reste muet et s’en va aussi sec …
Fifi et Joli coeur attristés par leur départ,
À l’oreille de ce vieux figuier du hasard
Chuchotent et confient leurs petits secrets.
Ils narguent ces collants badauds indiscrets
Qui ne sauront jamais ce qu’ils ont dit
À cette vieille souche du Grand Esprit.
Blottis tendrement dans ce vieux patriarche
Ils s’interrogent en observant ce monde en marche.

 

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8 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Peter Chebon sur Facebook

 

 

Saute-patates

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Non, maman ne me laisse pas ! …
Ne t’accroche pas comme ça !
Mais maman que vais-je devenir ?!…
Tais-toi veux-tu ! Fais moi plaisir
Au lieu de te lamenter sur ton sort !
Regarde ton frère, ce cher trésor …
Il apprend à courir la prétentaine
Sans déclencher toutes les sirènes !
C’est sûr ne compter que sur soi-même
Ça vous met le courage en carême !
Allez ma fille, arrête tes caprices de léo gâtée !
Ce n’est pas le moment … faut se hâter
Si nous voulons remplir le garde-manger.
Ton comportement nous met en danger.
Alors tu vas pas me quitter maman ?
Non … jusqu’à mon prochain amant.
Bouhhh … vilaine tu ne m’aimeras plus …
Rassure-toi, passer la chose, lui non plus !
Bouhhhh … je veux pas grandir …
Arrête ! tu fais de la prairie notre champ de tir !
Puis tu me fais mal, enlève tes pattes !
Maman, tu veux pas jouer à saute-patates ?
Quoi ? … c’est quoi ce jeu ?
C’est le jeu de mon petit amoureux …
Voyez-vous ça … déjà ! … comédienne !
Saute-patates … quelle couillotte !  pfff à l’ancienne …
Qu’est-ce que tu marmonnes maman ?
Tais-toi ! Avance et serre le rang !

 

21 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook
Contes de la prairie

Joli coeur (suite 2)

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Allez maman, bouge toi un peu …
Nous sommes encore tous les deux !
Tu donnes la frousse
À notre amie l’alouette rousse !
Elle accuse la sentinelle à gorge jaune
D’avoir été trop poltronne.
Non, joli coeur, elle y est pour rien.
Face à cette attaque de vauriens,
Plutôt que de vous perdre tous les trois …
L’obscurité … ce réveil aux abois …
Lourde est ma peine, Joli coeur.
Va, va rejoindre et consoler ta soeur.
La perte que nous subissons,
Nous aussi quand nous chassons
Nous mettons le coeur en peine
De nombreuses mères … bonjour Jabiru !
Merci de vos condoléances, ce deuil qui l’eut cru …
Moi, avant qu’on m’attrape, perché si haut,
Dit le Martin pêcheur huppé de son échafaud.
Le couperet est tombé ! … veux-tu te taire !
De ta tête grise Martin, chasse ce commentaire.
Les Léo de loin assistent par sympathie
À ces condoléances qui virent à la cacophonie,
Heureux d’être encore tous les trois …
C’était un vrai cheval de Troyes …
Quel piège ! … les guépards compatissants
Surveillent l’horizon, bondissant
L’un d’eux en guise de représailles
Saute sur tout ce qui bouge … bande de canailles !
Rosine de tristesse n’a plus ouvert son bec.
La grue cendrée en a le gosier sec.
Il me manque tant ce petit chenapan …
Pas plus tard qu’hier il était là, sur ce tronc, grimpant
Avec mes deux autres, insouciants, heureux …
Joli coeur, je t’aimerai pour deux
Nous voilà enchaînés maintenant, malheureux.
Blottissons nous là dans ce petit creux
Et pensons à notre cher disparu. Est-il heureux
Dans cette autre vie tant annoncée ?
Dans cette histoire, il nous a devancés…
Ces deux commères n’en perdent pas une !
Des lions espèrent le voir marcher sur la lune …

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28 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photos : Peter Chebon sur Facebook
Contes de la prairie

Joli coeur

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Trois petits garnements,
Donnent bien du tourment
À cette lionne au coeur aimant
Qui ne sait plus comment
Calmer ses turbulents enfants.
Sitôt le dos tourné, pour une virée,
Malgré les promesses, les conseils administrés,
Ils quittent leur abri dare-dare
Pour contempler, renifler, sans crier gare,
Cette prairie interdite pour l’aventure.
Bouillants de désirs, sans couverture,
Chacun leur tour, ces insouciants
S’entraînent au parcours du combattant
Sur des troncs foudroyés, ils vont complotant.
En secret ils chuchotent quelques manigances
Pour affronter ces premières difficultés d’enfance.
Ils ont laissé au moins dégourdi le soin
De faire le guet pour un indésirable témoin.
La truffe de ce dernier trahit sa désobéissance
Et lui promet, de maman, une future sentence
Qui ne tarde pas d’ailleurs à se manifester …
Maman, cette coquine avisée, les a pistés.
Punis, ils resteront au cachot ces drôles !
C’est papa qui chassera, maman pot-de-colle
Restera tant qu’il faudra pour ces testards,
Proies irrésistibles pour les vils charognards.
C’est ainsi, en conseil de famille sur le pré
Que Peter a pu voir ces joyeux drilles de près …
Toujours surveillé par le filou guetteur
Nommé par la prairie Joli Coeur.

 

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20 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photos : Peter Chebon sur Facebook

 

 

Voici le temps

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Voici le temps des papouilles, des mamours,
Des cabrioles, des bisous d’amour,
Où l’on oublie les envieux vautours
Qui louchent, vous pendraient haut et court.

Voici le temps des jeux, enfance heureuse
Cajolée par la tendresse chérie, savoureuse,
D’une mère qui connaît les nébuleuses
Cachées par une vie stupide, monstrueuse.

Voici le temps du lâcher prise,
Des chatouilles sous les bises
Où plus rien n’a d’emprise,
Loin des humeurs, des mines grises.

Voici le temps des liens, des préférences,
Des bienaimés qui ont eu la chance
De connaître ces souvenirs d’enfance
D’une mère débordant d’amours immenses.

Voici le temps de l’abandon maternel,
Des corps enlacés, de plaisirs charnels,
D’étreintes vouées à l’Éternel,
Ce temps des premiers baisers du ciel.

 

12 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

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