Archive pour la catégorie 'Photographe : Patrice Decharleville'

Au fil de l’eau

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Une nymphe aux yeux de biche,
Échappée d’un temple, d’une potiche,
A échoué dans ce coin de la nature
Bercée par la brise et son doux murmure.
Parmi les feuillages qui lui offrent un abri,
Son masque de chasseresse de silencieux cris
Ni ne trouble, ni ne démasque sa présence
Sur les reflets de l’eau incitant à l’errance.
C’est l’heure la plus chaude du jour invité
Par la lumière qui vient sur l’étang inciter
Le rêveur et son âme éperdue de solitude.
En osmose, loin du monde et de ses inquiétudes,
Les battements d’ailes mélodieux de quelques libellules
Le distrait de romantiques conciliabules.
Un peintre inspiré du bout de son pinceau
Reproduit des étoiles endormies sur les eaux.
L’herbe haute accueillante aux ébats amoureux,
D’anciennes guinguettes aux froufrous vaporeux,
N’est ici que la couche d’un souvenir du passé
Qu’une rame effleurant l’eau vient d’effacer.
La nymphe observe cette girafe assoiffée elle aussi
De lointains rivages qui l’ont menée jusqu’ici.
Un rivage qui semble paisible et endormi,
Juste chatouillé par l’incessant labeur des fourmis
Qui récoltent les miettes de poèmes enfouis,
Endormis, ressuscités pour une plume éblouie.
Sur la barque, allongée, les courants m’entraînent
Vers les dérives du temps et des routinières rengaines.
Juste un clapotis, quelques gouttes d’eau dissipées
Viennent troubler ma rêverie en ce havre de paix.

 

27 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Patrice DeCharleville sur Facebook

Balade ardennaise

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D’une balade, d’une fin d’hiver,
En ce chemin sinueux et désert
Je fis cette rencontre visionnaire
Dans ce coin des Ardennes austères …
Entourée de gaulois, dans cette forêt des Ardennes,
Égarée, dans cette immense forêt de chênes …
M’apparut la déesse Arduinna, dans un halo,
Chevauchant un sanglier lancé au galop.
Divinité des bois et de la chasse, Arduinna,
Cette Artémis des Grecs, se métamorphosa
Près d’une source, sous la lune, en Diana …
Court-vêtue, le carquois à l’épaule, l’air hautain,
Elle se mit à courir, l’arc à la main,
Suivie d’une multitude de nymphes des bois …
Était-ce un rêve, un mirage des bois ? …
Dans ses cheveux un croissant de lune inversé
En guise de diadème, je la vis traverser
Ce chemin encore enneigé, frissonnante de froid,
Pour aller prendre un bain, le bain de Diane !
Au ruisseau des Pierres blanches diaphanes.
Restée sur les hauteurs, intriguée, je contemplais
Son corps harmonieux zébré de rais lumineux
Qui éclairaient ce fond de ravin ombrageux.
Quand tout à coup, surgirent je ne sais d’où
Actéon, un chasseur, accompagné de ses chiens fous.
La déesse, surprise, outrée, chaste, nue,
Le transforma aussitôt en cerf tout cornu.
Les chiens hurlant face à ce nouvel inconnu
Se jetèrent sur lui, le dévorèrent sans bienvenue.
Un souffle léger me réveilla, douce caresse …
De mes yeux je cherchais en vain cette déesse …
Était-ce encore Arduinna dans ce bois Ardennais
Qui venait à la vesprée me faire emprisonner ? …
Pour l’avoir vue dans son simple appareil ?
Soulagée, je bénis mon sommeil …

 

23 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Patrice DeCharleville sur Facebook

En ce monde flou …

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Dans cet amphithéâtre de verdure,
Bercée par le goût de l’aventure,
Une barque attend pour la traversée onirique
Dans les flous d’un passé nostalgique.
Disparus, kidnappés par des rêves nouveaux,
Ils émergent de cette étendue d’eau
Que nous fréquentions discrètement
Enflammés, heureux en ce décor verdoyant.
À la recherche de ce bonheur fugace,
Nous avons noyé nos noces de glace
Pour d’autres lacs, sources miroitantes,
Victimes de nos illusions fulgurantes.
D’une toile du hasard, il a suffi
Pour revivre ce désertique selfie
En dépression depuis notre départ,
Déserté par le moindre petit canard.
Seule, la barque attend pour l’éternité
Un dernier voyage de nos complicités
Retrouvées après les méandres nécessaires
Qu’il nous a fallu pour gagner ce salutaire
Paradis que nous cherchions vivants …
À cet appel historique, loin de ce décevant
Monde dont la beauté existe pourtant …
Le temps d’un coup de foudre éclatant,
Dans cet amphithéâtre de verdure,
Notre amour est resté en gravure
Pour immortaliser nos rendez-vous
Cachés, isolés de ce monde flou.

 

19 Juillet 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine

Photo : Patrice DeCharleville sur Facebook

 

 

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