Archive pour la catégorie 'Photographe Olivier Gonnet'

La brigade des quenottes

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« … À cet instant précis, venues d’où je ne sais,
Surgissent de toutes parts des hyènes défoncées.
Dans un tourbillon de poussière, une mâchoire d’enfer
Me saisit et m’emporte loin de cet antre de Lucifer.
Mère, tu aurais vu ce tableau ! …  digne d’un Delacroix !
Pas moyen de stationner en ce chemin de croix !
En quelques secondes elles firent place nette.
La lionne aussitôt prit la poudre d’escampette.
Les geais carillonnaient l’hallali à qui mieux mieux,
Quelle providence ! Quelle mâchoire mes aïeux !
Quand je m’y vois encore, tout est allé si vite,
En ce premier champ de bataille, j’ai été quitte
D’avoir eu grande peur et une chance inouïe.
Alertée, toutes ouïes, la célèbre brigade des Quenottes,
Renommée parait-il pour en avoir dans la culotte,
Patrouillait à ma recherche depuis la veille …
Les geais, ces honorables concierges, firent merveille.
C’est ainsi que je me suis retrouvée aux arrêts …
Parquée avec d’autres hyènes comme moi égarées.
Des nourrices nous ont restaurés à leurs mamelles.
Nous épiant les uns les autres, jouvenceaux, jouvancelles,
Nous avons attendu sagement la suite des évènements …
Allions-nous être volés ou rendus à nos parents ?
Dans cette crèche de secours, orphelins en cavale,
Nous attendions comme l’enfant roi dans son étable
La venue, l’appel, l’apparition d’un visage familier…
 Misère de moi ! Me voilà dans ce camp de prisonniers,
Enfermée, cadenassée par de l’émail dont la blancheur
Ne mettait aucun doute sur l’efficacité de ces écorcheurs.
Au bout d’un temps qui me parut long comme l’éternité
Je me suis endormie avec un soupçon de vanité …
Avoir été sauvée par la brigade des Quenottes ! …
De ma vie je n’oublierai ces fermes menottes
Qui m’arachèrent à la mort, dent pour dent,
Oeil pour oeil d’un sauvetage sans précédent.
Secouée gentiment, tirée de mon sommeil, un garde
Me fit placer en rand d’oignons, un peu hagarde,
Ne sachant ce qui allait advenir de ma personne,
Accompagnée, triste, seule avec ces personnes..
J’appris que nous allions regagner nos pénates.
J’explosais de joie à m’en faire péter la rate
Ma maman adorée à l’idée de te revoir …
Toi dont le chagrin de ne plus me revoir …
Je n’avais qu’une hâte, que finisse ce cauchemar.
Chaque pas me reprochait le vilain petit canard
Qui une fois de plus avait mis en lambeaux
Le coeur d’une maman souffrant de mes bobos …»
STORY émue, n’y tenant plus, vers RISETTE s’élance
« Ma RISETTE nous ne remercierons jamais assez
Ces anges de la dernière chance … »
RISETTE avec amour se blottit contre sa mère
Qui ne perdait pas de vue sa décision austère …

 

8 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
photos : Olivier Gonnet – Wildlife Photographer Of Marseille sur Facebook

 

 

Un dinosaure dans la ville !

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Un rhino blanc chargé d’alibis,
Devant les fortifications de Nairobi,
Profite de la douce lumière de la nuit
Dans un décors réaliste, cause d’ennuis,
Pour plaider, bien qu’il soit déjà bien tard,
De leur avenir par de dangereux vantards
Qui croient, tels des dieux, posséder,
Dominer le monde avec leurs dés.
Cette faune urbaine, ambitieuse, dévoreuse,
De game drive, encore en barboteuse,
A du dinosaure la force du pouvoir
Qui nous plonge dans cet avenir noir.
Des lumières, pourtant évocatrices,
Aveuglent, boudent, les anciennes cicatrices.
Ce rhino blanc, blanchi à l’argent,
Aux cornes d’abondances pour indigents,
N’est autre que notre portrait, braves gens,
D’une débâcle d’un peuple désobligeant,
Vieillissant, entraînant avec lui, avec eux,
De pauvres innocents, braves et courageux
Qui luttent contre cette marée merdique
Parfumée d’illusions féériques.
Il faudra bien qu’un jour le monde,
Dans ce marasme d’idées immondes,
S’éteigne pour d’autres civilisations fécondes.
À ces sourdingues aux vies nauséabondes
Un rhino blanc devant les remparts
Médite … mais ce n’est qu’un canular !!!
Les dinosaures n’existent plus !
À ce train là, nous aussi, nous n’existerons plus.

 

3 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gonnet sur Facebook

 

 

Photo internationale

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Trois grues royales
D’une beauté impériale
Posent pour la finale
D’une photo internationale
D’un défilé de mode.
Sur un plancher peu commode,
Pour leurs fines et longues pattes,
Elles posent dans cette boue scélérate.
Chaque tête arbore un cimier
De plumes jaune paille associé
Que l’une d’entre elles ne partage pas,
Trop frileuse, elle a remis ses bas,
Sa cape noire sur son chemisier polaire,
Fatiguée de planter pour ces tortionnaires.
Les deux autres, une pour chaque oeil,
Dans leur sac gulaire rempli d’orgueil,
Se tirent la bourre en s’ignorant,
Montrent leur joue d’un blanc dévorant
Cette tache rouge de passions. D’une oeillade,
Elles allument le jury, assis devant, en parade.
De leur bec long et pointu, charbonneux,
Elles s’épient, fières de de leur décolleté généreux,
D’un cou à rendre fou ces gros manitous,
Ces créateurs de mode tatoués, un peu zazous.
Finalement, éliminée par la taille
De son embonpoint marqué de ripailles,
De plumes grasses d’un gris dépressif,
D’échasses aux déhanchement excessif …
C’est la belle intrigue number one
Qui remporta le premier prix de la Faune.
Sous les applaudissements des invités d’honneur,
Cette grégaire migra pas son bonheur
Amplifié de danses, de saluts, de sauts,
Elle ne finit pas sa vie dans le ruisseau.
Quant aux deux autres, la petite histoire dit
Que sur le Masaï Mara du lundi au samedi
On les voit se nourrir de graines sauvages,
De tendres herbes au bord des rivages.
Le Dimanche étant réservé à priori
 À décrotter leur toilette des intempéries.
Si vous les rencontrez, surtout ne criez pas :
« Ah ! mais je les reconnais ces nanas »
Vous vexeriez leur étiquette numérotée
Qu’elles ont gardée, mais où l’ont-elles cachée ?

 

28 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gonnet sur Facebook

 

 

 

 

ÇA, la hyène

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La hyène ÇA
Après cris et débats,
D’un gnou malchanceux
Dont la carcasse en ce lieu,
Après différentes enchères
Adjugées par un phacochère …
N’a pu acquérir sur les lots
Que cette misérable patte d’os !

Le tibia de cet infortuné gnou,
Semblable à une partie d’un biniou,
Lui vaut un repas certain …
Si des resquilleurs malins,
En pique-assiette de dernière heure,
Sans argent, viennent voler son beurre. 
C’est la raison pour laquelle, observatrice,
Elle tient dans sa gueule cet appendice
Qu’elle n’ose point lâcher.
Des vaches et de son plancher !

Devinez la suite qu’il vous plaira …
Aura t-elle trouvé un trou à rat
Pour déguster en paix cet extra ?

 

27 Juillet 2017 – Jeannine Castel
photo : Olivier Gonnet sur Facebook

 

 

 

 

 

 

 

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