Archive pour la catégorie 'Photographe Noelle Fontaine'

Retour au bercail

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Bien que soulagée et heureuse, STORY
Afficha un faux semblant mépris
Quand elle aperçut sa fifille chérie.
« Dans quel état elle est ! Epargnons lui mes cris.
Ne suis-je pas responsable dans mon affolement
D’avoir provoqué cette accro à l’égarement ?
Cette enfant épuise mes espoirs d’un serein avenir.
Dans la savane, les liens sont si difficiles à entretenir.
Ma seule et unique rescapée de cette malchanceuse portée
Me donne du fil à retordre sans être escortée.
Il me faudra prendre une décision draconiènne
Si je veux voir le couronnement de mon infante hyène … »
RISETTE, les poils collés de boue, prête à la sentence,
Plia l’échine avant que pleuvent les remontrances.
Elle voit bien que sa maman est fâchée pour de bon.
Dépitée, baissant la tête, elle quémande son pardon
En sanglotant après cette nuit de frayeurs, d’affolements,
Quand elle perdit de vue la présence de sa maman.
« Je t’ai cherchée en vain, fatiguée, morte de faim,
Seule, terrorisée par les cris de sautillants babouins.
J’ai eu la chance de trouver un vieux terrier abandonné
Avec la trouille qu’il soit mon dernier sommier. Sonnée,
Dans une torpeur qui m’engourdit de rêves cauchemardesques
Je me suis faite toute petite dans cette ambiance faunesque.
À mon réveil, j’étais si affamée, la larme à l’oeil …
J’ai quité ce que je crus être mon cercueil.
Je suis partie aux premières lueurs du jour, enfin
Parmi ces assassins qui digéraient leurs nocturnes butins.
J’ai pris un petit déjeuner que m’offraient les souches,
Je n’avais pas le droit, bien contente, de faire la fine bouche.
Comme une voleuse prise en vilain défaut je l’ai vite avalé,
Assoiffée, le gosier sec sans la moindre goutte de lait,
À part les goutelletes d’eau de mon museau humide
Inondé de mes pleurs en cette errance sans guide.
J’ai déambulé, erré comme une âme en peine
Sur des chemins boueux, ignorés de toutes aubaines.
Brusquement une panique s’empara sans crier gare
Des troupeaux qui broutaient ici et là. Dare dare.
Les bêtes paniquées, dégentées, se sont mises à fuir
Un invisible danger, que je ne pouvais, de ma hauteur, voir venir.
Surgit alors une énorme lionne qui me dévisageait …
Accompagnée des cris d’alerte émis par les geais.
Prête à bondir, d’une seule bouchée gloutonne
Je me vis engloutie seule et sans personne… »
STORY à ces mots se remémora la chèvre de Seguin …
Apaisée sa RISETTE, vivante, lui raconterait la fin …
« Cette enfant a le portrait d’une héroïne d’aventures.
J’ai pas finir d’en voir avec elle… faudra blinder mes armatures …»
STORY, sans trop le montrer, se surprit de connaître, impatiente,
La suite de l’histoire de ce bout de chou si attachante …

 

7 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Bri Lions sur Facebook

Les faux pas de RISETTE

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Après des heures de recherches et d’appels …
RISETTE est introuvable sur tout le cheptel.
La nuit avec ses drames, ses ombres angoissantes,
Oblige la meute à cesser leur battue harassante.
D’autant plus que ces courses effrénées ont réveillé
Un appétit qui va les empêcher de sommeiller.
Il faut bien à la meute reprendre des énergies
Pour au petit matin retourner le moindre logis.
STORY, restée seule près de leur dernière demeure
Dans la boue, d’un inconsolable chagrin, pleure.
D’un bain de siège, elle apaise ses tourments.
Le coeur vide, tout le désespoir de cette maman
Écroulée, impuissante face aux forces du destin
Qui s’abattent sur elle en ces cruels chemins.
Elle a perdu tout espoir de revoir sa RISETTE.
STORY, épuisée, n’a plus envie de rien … pauvrette.
Se laisser mourir pour l’heure elle envisage.
Survivre, c’est trop demander à cette mère courage.
Elle ferme ses yeux, prête à s’abandonner à la mort.
Soudain, elle dresse l’oreille d’un ultime et pesant effort …
« Encore des gémissements d’une victime qui agonise !
Je n’ai aucune envie que ces cris s’éternisent …
J’ai assez de mon calvaire béni par ces ruisseaux
Pour aller achever l’agonie d’un quelconque lionceau.»
Reposant sa tête STORY d’une dernière supplication
Regarde vers le ciel. « Pourquoi tant d’abominations ?
Qu’ai-je fait pour mériter une enfant de la sorte,
Toujours prête à s’enfuir par le trou d’une porte … »
À cet instantt apparaît, gémissante, qui l’aurait cru ….
Toute crottée, penaude, rescapée d’un horrible Lustucru,
La larme à l’oeil de crocodiles ou pas
RISETTE et ses faux pas …

 

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4 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Noelle Fontaine sur Facebook

Le chef de file

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« Allez hop ! C’est moi le chef de file aujourd’hui !
Je dois apprendre sans copier sur lui
À marcher en file indienne comme les caravanes !
Ah ! ces ainés enclins à la promenade sans bousculade ! …
Il leur faut un coach, une mascotte et non une chochotte
Pour les déloger de leurs monotones marottes.
Il n’y a qu’un éléphanteau comme bibi … parole !
Pour faire bouger ce troupeau de gentils drôles !
Cela m’amuse, me donne de l’importance, tout fier
De n’être plus ce baby, ce minus assisté d’hier.
Un coup premier, un coup dernier, un défi !
Je mets au pli cette troupe qui se confie
Au plus jeune et dernier nouveau-né en date.
Le problème c’est que souvent ma conduite dérape …
J’ai le chic pour me mettre dans des situations
Dont il m’est impossible de sortir sans leurs interventions !
Je veux toujours faire comme les grands, c’est fou !
Mes extravagances leur redore le titre de Grand Manitou !
Même que parfois je les mets en danger, en mission impossible …
Possible avec l’intervention des humains, ces êtres nuisibles …
Oui … quand parfois leur raison perd la boule …
C’est si traumatisant de voir ses parents qui s’écroulent.
Moi, j’ai la chance de ne pas connaître la nursery.
Rien qu’à cette idée … c’est foutu … je broie du gris …
Plus de chef … Je cherche des yeux les familières gambettes …
Je me faufile, me frotte, caresse ma maminette.
Nous avons faim et soif, il nous faut du repos.
Maminette est fière de son éléphanteau !
 Placée à l’arrière, elle ne m’a pas quitté des yeux !
La prochaine fois j’essaierai de faire mieux …
Ouvrir la marche face à tout cet espace
Sans le moindre popotin qui devant vous trace …
Il me faut acquérir de l’audace …
Mais pour l’heure savourons ce présent …
Qui sait  .. je serai peut-être un jour leur Président ? »

 

 

10 Août 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Noelle Fontaine sur Facebook

 

 

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