Archive pour la catégorie 'Photographe KLIBI Sabri'

Gare des Ramières

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à nous …

Gare des Ramières,
Sur le fil d’un quai,
Mes poèmes suffoquaient,
Recouverts de poussière,
Entassés dans une boîte en carton.
Ils dormaient sur du papier brouillon,
À part quelques chanceux échantlilllons
Distribués comme des bonbons.

Jusqu’à ce jour, sur ce quai,
Ranimée d’un tour de tourniquet,
Martine, voyageuse de première,
Avec sabri, en cette Gare des Ramières,
Comblèrent sur un arrêt providentiel
Mon attente dans tout ce vaste ciel,
Découragée de n’y voir que du fiel.

Gare des Ramières
Nous étions trois,
Sur cette ligne animalière
De joies et d’effrois,
Sous la houlette de Sylvie
Qui poussait à l’envie
En bon Chef de gare de la vie.

Gare des Ramières,
Trois guêpiers patiamment
Attendaient, l’allure altière,
Sous la voute du firmament,
Un passager venu de la pluie
Qui voulait de ses ennuis
S’oublier dans quelques récits.

Gare des Ramières,
Nous étions trois
Pièces de choix,
Aux plumes familières,
De départs et d’arrivées
En ce val de Drôme,
Sans cesse ravivés.

Gare des Ramières
Nous sommes trois
À l’école buissonnière,
Suprématie des Rois,
Qui trônent en pleine nature
Sous les aléas des créatures
Mais aimés par Dame Nature.
Par trois guêpiers ! Longtemps nous dure !

 

19 Juillet 2018 – Jeannine castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : KLIBI Sabri Photographies  » Artiste Photographe Compositeur sur Facebook

 

Les cris des hirondelles

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Les cris des hirondelles
Cette année m’interpellent,
Me renvoient à ma jeunesse
Dans mon humble forteresse.

Baroudant le ciel d’été,
D’été en été infestés,
Elles ont comme moi résisté
Sur tant de vols manifestés.

Qu’ont-elles à me dire
Sur leurs ballets en délire ?
Mon coeur elles déchirent.
J’ai mal, j’ai mal du pire.

Ah ! voler avec elles ce matin !
Les cris des hirondelles enfantins,
Quelque part du lointain,
N’ont pas quitté mon chemin.

Ces vagabondes de mon être
Nichées au-dessus de ma fenêtre
Ne peuvent plus y naître …
Tout est parti avec peut-être.

Encore un été avec vous,
Hirondelles et hibous,
Amis de mes mots, de mes rêves fous,
Passagers de nos rendez-vous.

Les cris des hirondelles
Ce matin de ma nacelle
 M’ont présenté leurs hommages …
À l’an prochain ! … pour de nouveaux bavardages.

 

1 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : KLIBI Sabri Photographies  » Artiste Photographe Compositeur sur Facebook

La Dolce Vita

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La Dolce Vita …
C’était quoi ma Lolita ?
Se demande l’échasse blanche
Ce matin d’un calme dimanche.
En prenant un bain de pattes,
Elle cherche, sur cette eau plate,
En vain quelques souvenirs
Absorbés par le nadir
De cette voûte céleste floue
De nacre rose, entre chien et loup.
Juste un petit filet d’écume
Dissipe les ondes de la brume
D’une vie qui se voulait rose
Quand l’important, cette chose,
Se contentait de trois fois rien
Qui vous colle comme un vaurien.
Faute d’accorder ses violons,
Dans un monde éternellement long,
Secouée de quelques frissons,
Noyée ! dans cette mer de glaçons
La Dolce Vita ! …
Juste un reflet ma Pépita
De ce passé effacé par la morosité
D’un horizon jamais atteint, toujours parasité,
Comme si le bonheur d’une vie douce
N’était que superficielle mousse.
De peur que n’éclabousse son oubli,
L’échasse sans le mondre repli
Délicatement gratte dans les fonds,
Jusqu’au moindre pouce,
Sur les cordes du souvenir profond
Quand se la coulait douce 
La Dolce Vita.

4 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : KLIBI Sabri Photographies  » Artiste Photographe Compositeur «  sur facebook

 

 

Au sommet

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En habit de deuil,
Un valeureux pic noir
Va de seuil en seuil,
Cherche dans les trous noirs,
Sur cet immense cercueil,
L’histoire de ses ancêtres.

Cramé par les incendies, l’hêtre
Git sur un lit de feuilles mortes.
Il a gardé ce privilège du bien-être,
Même mort, d’abriter des cloportes.
Ce sédentaire aux moeurs diurnes
Tambourine en grimpant, averti.
De ses ongles pointus il ouvre les urnes
D’une généalogique famille décatie.

Par petits sauts, il s’agrippe à l’écorce
Qu’il perfore de son long bec acéré.
Sa langue effilée, visqueuse, avec force
Se projète loin devant sur l’espace arboré.
Sous la calotte rouge d’un soldat du feu,
Dans cette ascension de souches gisantes
Calcinées par les brûlures de ses aïeux,
Vers le sommet de ses griffes puissantes
Il grimpe, s’appuie sur les plumes de sa queue.

Sur ces cendres, seul son bec de couleur vive
Tient la chandelle à ce mortuaire sommet
Percé de toute part, d’un tronc à la dérive
Qu’il martèle de mouvements dignes d’un dessin animé. 
Sans relâche, d’un arbre à l’autre, il passe
De son vol régulier et ondulant, puissant,
Commémorant le souvenir des Black Woodpecker
Dans ce triller pour Jokers.

 

12 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photographie : Klibi Sabri sur Facebook

 

The surfcasters

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The surfcasters,
Bécasseaux intrépides,
Disciples de Water,
De mouvements rapides
Sondent la profondeur.
Un ciel admirateur
Contemple ces noceurs
Se régaler de saveurs.

Ce quatuor de plumes
Soignent le léger rhume,
D’éternuements singuliers
Échoués à leurs pieds,
Par des vagues écumeuses
De la Costa de Lavos neigeuse.
Ces surfcasters inséparables
Ont un appétit redoutable. 

Alignés en rang d’oignon,
Ces surfcasters sont des champions !
Ils se servent de leur croupion
Pour surfer sans affabulation
Tandis que leur bec de munitions
Recharge leur batterie en perdition.
Des surfcasters en pleine action
Sur des flots en hibernation.

 

22 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Sabri Klibi sur Facebook

 

Speed way

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Dix heures sonnent.
Speed way,
Ouais, ouais,
Est en retard
Pour personne …

Il arpente,
De légers sauts,
La grève accueillante
Aux sages flots.

Sanderling, attaché
À un bécasseau pressé,
S’offre un panaché,
Empressé, stressé.

Pris par la vitesse,
Le bec en liesse,
Le jour paresse.
Rien ne presse …

Dix heures ont sonné.
Standerling s’assoupit.
Un bécasseau abandonné
S’offre un répit.

Speed way
Ouais, ouais,
Flâne away
On his way.

 

21 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : KLIBI Sabri sur Facebook

 

 

Le marais des songes

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Sur le marais des songes,
Ses fines pattes en croix,
L’avocette élégante plonge
Son bec dans le courant froid.

Elle cherche sa nourriture,
Son postérieur en bombe,
Présente sa blanche encolure
Muette comme une tombe.

Le marais, immense, éponge,
Assoiffé d’eau permanent,
Boit tous les songes
De l’avocette vêtue de blanc.

Le marais de ces rêveries,
Troublé, ses eaux chavirées,
Est sensible aux flatteries
De ce long bec en virée.

Ce bec n’arrête pas ses plongées,
Dans ce lit fait de songes,
Bulbe d’une fleur rongé,
Dévasté par les mensonges.

De pensées ferventes
Le marais alimente
Sa soif permanente
Des songes de l’avocette élégante.

 

18 Février 2018 – Jeannine Castel
photo : KLIBI Sabri sur Facebook

 

 

Seul au monde

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Seul au monde
Patinoire féconde
Pour un bécasseau
Sans berceau.

De givre et de glace
Frileuse bécasse
Qui rêvait de compagnie
Sur ces rives bannies.
Une perle se recroqueville
Au chaud sous sa coquille. 

Prisonnier d’une banquise
Emmurée de bises,
D’heures exquises.
Cette belle friandise
Échappe à son regard,
Seul avec son cafard,
Alors que tout autour
Tout lui parle d’amour.

Il découvre, seul au monde, 
Le paradis blanc de sa résurrection
Alors que sommeille sous les ondes
Le nouveau monde de la Création.

 

18 Février 2018 – Jeannine Castel
photo : KLIBI Sabri sur Facebook

 

 

La conteuse d’aube

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La Barge rousse,
Une conteuse d’aube,
De lettres éclabousse
Les plumes de sa robe.

Le bout de son bec
Est sa plume d’écrivain,
Une source jamais à sec
D’encre noire sur son bec fin.

L’eau est sa mire
L’aube est sa muse
Les fonds admirent
Sa prose diffuse.

Perchée sur son reflet,
Un nid en flottaison,
Pour écrire et non siffler
Elle patauge, confuse.

De soleils tant volés,
Ce matin la barge rousse,
Après les safaris de brousse,
Suit au fil du courant,
La boue à ses mollets,
Un imaginaire débordant.

L’eau frissonne de plaisir.
Pouvoir lire et relire
Pour agrémenter les loisirs
Ses nombreux délires.

De contes, de poèmes, de contines,
Cette barge, parente de Bécassine,
  À la boue fantasque
Pique ses frasques.

Entourée de brume matinale,
Toute ébouriffée d’idées originales,
Notre conteuse d’aube
À l’ennui se dérobe.

Chaque aube danse
Sur les confidences
De remous secrets conspirateurs
Habillant sa rousseur.

16 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : KLIBI Sabri sur Facebook

 

 

 

Galets

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De gros galets entassés
Des morses déversés
Congelés par la banquise
Pierres tombales grises.

De gros galets moussus
D’algues vertes déçues
Rejetées par l’océan
De flots mécontents.

De gros galets de pierre
Frappés par la colère.
La rage blanche des eaux
Un chaos du bord de l’eau.

Un silencieux troupeau
De roches mises en entrepôt
Exposées par tous les temps.
Des bosses sur un tapis glissant.

 

27 janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : KLIBI Sabri sur Facebook  (vers Basonas)

 

 

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