Archive pour la catégorie 'Photographe Jo Begood'

L’offre et la demande

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YO et HIHAH sont fascinés par cette couronne
D’un patchwork reluisant incrusté d’émail…
Épatés par la beauté de cette généreuse gorgone,
Ils sursautent par l’arrivée d’un imprévisible e mail
Venant d’un Grand Duc qui leur signe un arrêt de mort
S’ils acceptent l’offrande de ce vil sorcier retors.
Dégrisés, ils fuient vite, échappent de justesse
À ce monstre déguisé, caché par des eaux traitresses.
Ils remercient au passage ce Grand Duc, fier et satisfait,
Comme s’il détenait avec complicité une baguette de fée.
Et les voilà de nouveau en quête d’une couronne
Sous l’oeil amusé et attentif des lionnes …
Installées sur un tapis de mousse d’un vert gourmand.
Ces dernières trop occupées par leurs petits garnements,
N’ont pas vu ni flairé l’arrivée d’une célèbre espionne
Qui enquête et recherche le voleur de sa couronne.
N’ayant jamais vu de ses yeux le portrait de cet Arsène,
RISETTE se retire discrètement de cette ambiance malsaine.
Mais les deux lascars de loin l’ont aperçue !
«Vite ! Planquons-nous avant qu’elle nous tombe dessus !
Tant que nous n’avons aucun diadème à lui offrir
D’une bonne et sage distance il nous faut tenir.»
Ce qui amuse beaucoup ROSETTE, la belle léoparde,
Maquillée à l’extrême par de moustachus bardes.
«Ils n’ont vraiment rien à faire ces croquants !
Fort heureux ce n’étaient que rubis ! … du clinquant !
MOI la mienne est sertie de belles étoiles dorées …
Rien à voir avec la couronne de cette goret.»
« L’ÉCHO de la savane » ayant dispatché ce fait divers
Tout un peuple cherche dans le moindre courant d’air
Une couronne susceptible de contenter une Reine
Que l’on ne connaît ni du Père Noël ni de ses rennes.
MEDEE tourmentée par la peine, implore sa mère
D’aider cette malchanceuse RISETTE déçue, amère.
«Votre coeur de maman ne peut rester indifférent.
S’il vous plait mère, à la vente aux enchères des Os Errants
Vous pourriez acquérir pour trois fois rien du tout
Une couronne détrônée, volée par ce petit loup.
En échange je vous promets de ne plus approcher
Cette RISETTE au parcours semé de ricochets.»
Cédant à la demande pour avoir la paix, pressée,
Elle ramène une couronne de peau et poils tapissée.
«Bonne mère, que voulez-vous qu’elle fasse de cette relique !
Vraiment votre trouvaille ne casse pas des briques !
Les hyènes ont un dégoût pour le poil ! Non vraiment,
Votre couronne ne lui attirera aucun amant.»
Un délinquant du bataillon « Au Besoin », zélé,
Aperçoit RISETTE, l’interpelle un peu affolé :
«Vite, votre Majesté j’ai la couronne qu’il vous faut !»
RISETTE rapplique, inspecte les petits défauts …
«Encore des rubis ! j’aurais préféré des pierres de lune …»
«Mais votre majesté ! je n’ai pas assez de fortune !
La Lune est bien trop loin ! De jour je ne peux
Savoir où se cache cet astre aux rayons lumineux.
Faute de grive on mange du merle … de Bertrand
Apparamment mon cadeau ne satisfait pas vos ortolans !»
«Bertrand ? Ortolans ? … À quel zigoto, quelle pie-grièche
Avez-vous emprunté cette pièce revêche ?»
Vexé, le délinquant laisse cette reine et son déplaisir.
«Je ne sais si c’est de Bertrand, mais elle a de qui tenir !» …
 

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31 octobre 2018 – Jeannine Castel
D’autres photos sur la page : Les poèmes de Chatnine sur Facebook
Photos : Jo Begood   Bri Lions Jacques Montanari sur Facebook

 

 

 

 

 

Le manneken-pis

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Le pensionnat « les Hyénides » est entièrement détruit.
Les quelques pensionnaires, choqués, n’ont plus d’abri.
Regroupés autour de KUKUPANPAN ils attendent avec inquiétude
La décision de la Direction au sujet de leurs études.
Elles semblent bien compromises pour les jours suivants…
À moins d’un miracle, d’un providentiel et inoccupé couvent
Éloigné des pistes pour éviter d’être surpris sans préavis
Par des troupeaux, des hordes de migrants malappris.
Dans toutes ces échauffourées on ne sait plus
Qui était présent ce week-end là au bahut.
C’est le marasme total au sein de l’encadrement
Après ces représailles de rixes, d’antagonisme dément.
RISETTE, loin de tout ce baroud spectaculaire
Rencontre deux camarades perchées sur un lopin de terre,
Tristes, malheureuses, l’air égaré, curieuses de la voir :
«Que faites-vous toutes deux sur cet isoloir ? »
«Nous nous sommes échappées pendant la fuite !»
Et nos deux pensionnaires de raconter la suite …
«Dites donc je constate que le vol de ma couronne
A déchaîné tout le mal du diable en personne !»
«Si encore nous l’avions trouvée … mais non …
Partie, parait-il dans la gueule d’une guenon !»
«Une guenon ? … c’est YO le lionceau qui l’a dérobée !»
Les deux initiées, stupéfaites, en restent bouche bê.
«Mais alors qu’est-elle devenue ? … saperlipopette !
Aussi, si tu l’avais gardée sur ta tête … »
«Avec tes si, tu m’embêtes ! Tenez, je vais à la plage !»
«Nous venons avec toi … à trois on effraie davantage.»
Profitant de la distraction de ses deux colles
RISETTE s’esquive en pensant « Bye, bye fini l’école ! »
Il fait très chaud, le soleil à cette heure est brûlant.
RISETTE aperçoit des arbres, s’en approche à pas lents …
Stoppe … des éclats de rire la font sursauter …
«Ma parole ! On ne dirait pas les rires de ma communauté.»
Curieuse, le cou tendu, elle avance avec hésitation …
À quelques mètres, elle aperçoit un lion
Qui arrose généreusement un tam-tam à roulettes
Tandis que mouches et moucherons en goguette
Bourdonnent aux oreilles des clac-clac en rafale :
«Pipi du matin, le lion a la fringale !
Pipi du midi, c’est son salut colonial !
Pipi du soir annonce un lit nuptial.»
Ce sont les heures où notre Manneken-pis honore
D’un jet d’urine les visiteurs et les décore.
Une curiosité ignorée de bien des safaristes
Trop occupés à photographier les jeux de pistes.
On dit que c’est une grande faveur de voir
Ce Manneken-pis aux nombreux urinoirs.»
«L’insolent ! Quelle indécente gaillardise hardie,
Pour amuser, distraire ces Laurel & Hardy !
Mais trève de plaisanterie, j’ai mieux à faire
Que voir pisser un lion devenu légendaire !
J’ai une faim de loup, allons voir par là
Si je ne trouve pas un beau cuissot d’impala.»
Mais en guise de cuissot ce fut tout autre chose
Qui affligea RISETTE et la rendit morose …

 

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26 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Photo :

Mon petit frère, mon ami

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Voici mon petit frère, mon ami,
Mon appui sûr face à l’ennemi.
Mon pote à moi que j’aime bien.
J’ai pas envie de voir couper ce lien
Déjà coupé quand j’ai vu le jour
Entouré de badauds venus me dire bonjour.
Aussitôt nés les dangers de toutes sortes
Nous imposent d’avoir une escorte.
Là, nous revenons d’une course d’apprentissage,
Dorlotés encore par notre mère, notre héritage.
Des tantes, des oncles, tout un clan familial
Qui nous apprennent l’amour filial.
Mon frère, mon petit coeur, cet instant de cajoleries
Nous rassure au milieu de cette jungle de cris,
D’un monde qui se révèle, se dévoile
Sous nos yeux encore remplis de belles étoiles.
Nos voeux pour l’année 2018 les meilleurs
Vous accompagnent en ce monde de Seigneurs.
Puisse l’année nouvelle sur le Mara étinceler
Sur notre faune menacée d’une paix ficelée.
S’il suffisait de voeux pour être heureux …
Ah ! Pouvoir rester ainsi éternellement deux !
Mon ami, mon frère que 2018 nous soit prospère.
Chassons de nos regards ces violentes colères
Qui viennent en conquérantes squater nos terres.
Mon ami, mon frère, je t’aime si fort !
Dis mon frère … pourquoi la mort ?
Serre moi, serre toi contre mon corps …
À deux, nous serons plus forts…
Mon petit trésor c’est la nouvelle année …
À tous nos soutiens, BONNE ANNÉE !
Vos tee-shirts … nous avons hâte de les voir
Dis tu crois qu’il va pleuvoir ? …

 

1 janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Jo Begood sur Facebook

 

Publié dans:animaux, Photographe Jo Begood |on 8 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Méli-Mélo (4)

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« Dis maman, délivre-nous de la bêtise des hommes »
Mon enfant, s’il suffisait d’une gomme
Pour effacer et recommencer l’histoire
D’une Création qu’un mystérieux Dieu notoire,
Notaire de successions dont les héritages lourds
Nous laissent un monde en grand secours,
Serions nous là toi et moi philosophant
Sur ces terres en compagnie des éléphants ?

La bêtise d’un homme pour avoir croqué la pomme
Qu’une Ève tentée par une ondulante guimauve
A mis dans le pétrin tant de figues enfarinées
Pour un Sauveur qui chaque année renaît,
Revit sa passion jusqu’à la croix dressée
Sur le crâne de sourdes oreilles d’ânes.
Un grand méli-mélo sur nos origines
Qui nous trouve aujourd’hui arrosé d’urines …

La bêtise des hommes délivrés du mal
Ne peut recommencer ce cycle infernal
D’un Big Bang dont les cordes tombées du ciel
Ont servi à la pendaison de cet artificiel
Félon, quelqu’en soit l’appellation.
La bêtise n’était-elle pas déjà dans cette Création ?
Mon enfant, qu’il soit bête ou homme nous voilà
Confrontés aux misères de notre indéniable trépas.

Les anges et les démons sans communs accords
N’ont pour la paix les mêmes ressors.
Les uns voient l’or qui nous a offert la mort,
Les autres voient la mort les délivrer de leur triste sort.
L’enfant se serre contre les flancs de sa mère
De quelle sottise suis-je condamné ma douce mère ?
Saurai-je un jour de la bêtise des hommes
Comprendre ce grand pourquoi inconnu en somme ?…

Délivre-nous de la bêtise des hommes …
Maman, prête moi ta gomme …
Je l’ai toute usée, mon petit homme …

 

27 Décembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Jo Begood sur Facebook

 

Publié dans:animaux, Photographe Jo Begood |on 29 décembre, 2017 |2 Commentaires »

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