Archive pour la catégorie 'Photographe J Philippe Borg'

CORVUS et VULPES

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Maître Corbeau, transi de froid,
Affamé, coasse tout son désarroi
À compère Renard qui écoute
D’une oreille attentive et redoute
Que ce comédien de première
Veuille se venger d’une fable familière …

«Bonjour compère Renard !
Que vous voilà bien veinard !
Après mon fromage depuis digéré,
Du fromage de tête ! Vous exagérez !
Une fois je veux bien être honteux
Mais deux fois me rend malheureux.
La flatterie n’est plus de mise
Elle est avec le Phénix dans la mouise.
Mon plumage est toujours aussi noir
Que de picorer votre menu d’un espoir.
La proie est déjà à terre …
Bonheur avant que l’on m’enterre
Qu’un Phénix des hôtes de ces bois
Vienne vous dérober votre proie.
À ces mots compère Renard
Inquiet, cherche du regard
Ce voleur de grand chemin
Capable de lui voler son festin.
Profitant de son manque d’attention
Maître Corbeau se régala d’une portion,
Tout heureux, tout éhonté
De cette revanche sans bonté.
Compère renard amusé de cette duperie
S’écria : « Ah ! toujours les forces de l’Esprit ! »
Et il médita sur cet imbécile d’autrefois
Picorant sur une branche sa bonne foi.

Des mots la sagesse rayonne
Aus dépens de l’Esprit qui fanfaronne.

18 Avril 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

TOUTANKICE

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Avec sa bosse,
Son pesant carrosse,
Toutankice trace
Sur la neige, la glace,
Sa voie.

Sa toison alourdie
De glaçons engourdis
Aux stalactites tenaces
De leurs essuie-glaces
L’embarrassent.

Où va ce gros pépère
Vieux garçon solitaire,
Ce gros nounours bossu
Charpenté, cossu,
Juste aperçu.

Juste croisé
En ce décors déboisé.
Juste entrevu
D’une revue
Pour longue-vue.

Juste un regard
Gravé dans le hasard.
Juste une œillade
D’une balade
Sans aubade.

 

11 Avril 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

Le corbeau, le coyote et le bison

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Un noir corbeau
Bison, bison, bison
Perché sur une corne
Bison, bison, bison
Fait le beau
Se prend pour une licorne.

Un timide coyote
Corbeau, corbeau, corps beau
Salive sur l’escalope
Corbeau, corbeau, corbeau
Juchée sur une tête
D’un bison de conquête.

Quelle tête de linotte
Bison, bison, bison
Que celle de l’oiseau
Corbeau, corps beau, corbeau
Car ce malicieux coyote
Convoite double calottes.

Le corbeau pris de court
Bison, bison, bison
Vise plus grande tour
Coyote, coyote, coyote
Laisse la garnison
Et quelques crottes.

D’avoir les yeux plus gros que le ventre
On perd l’équilibre et son centre.
Un tien vaut mieux que deux tu l’auras
Des trois un seul la neige enterra.
Ventre affamé n’a pas d’oreilles
Le bison baye aux corneilles.

 

19 Mars 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

 

 

BISON, bison, bison

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Sur un fond de banquise
Fouetté par la rude bise
Sous sa toque de fourrure
Il affronde la froidure.

Ses paupières gelées
Ont bloqué leur volet.
Ses lèvres tapissées
De gerçures sont crevassées.

Sa barbe hisurte
En stalactites chute.
Surement ce molosse
A roulé sa bosse.

De la neige et du blizzard,
Jusqu’à ce court regard,
A jailli du hasard
Cet emblématique gaillard.

Ce freerider en sabots noirs,
Venu depuis la préhistoire,
Se déplace dans la poudreuse
Et trace sa vie aventureuse.

Des premières pouces vertes
Ce brouteur des prairies, certes,
Au souvenir de brulages dirigés
Réchauffe cet instant figé.

 

18 Mars 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

 

Le guetteur

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Ce guetteur, roi des planeurs
Guette de curieux randonneurs.
Sur son aire, un piton de pierre,
Il se cramponne de ses serres.
Coiffé d’un mouvant duvet, sa tête
Est bordée d’une légère collerette.
Il attend les courants ascendants
Pour faire un show à ces mendiants.

Ce tireur-fouilleur de chairs molles
A mis ce jour sa plus belle corolle
En plumetis de blanche hermine
Sur sa cape enveloppant sa poitrine.
Discrète, sa langue en forme de gouttière
De quenottes n’est pas fière.
Conquérant, il repère de sa vue perçante
La bonne fortune d’une proie pourrissante.

Ce charognard de mauvaise réputation,
Associé à la mort et ses condamnations,
Gourmand, morbide, pilleur de carcasses,
D’un envol vers l’immensité du ciel part en chasse.
Ce guerrier revêtu de sa cuirasse d’acier
Aux fines dentelles et galons d’officier
À bord de son cuirassé massif et lourd
Épie le moindre appel au secours.

Cet acrobate de haute voltige
Jouisseur, dompteur d’impressionnants vertiges,
A perdu quelques plumes dans ses batailles,
Conquistador de colonies aux victuailles.
Trop occupé à sonder la vallée de l’Eygues,
Ce frère des bois ignore ses autres collègues.
 De ce rocher familier du Caire jusqu’aux Baronnies
Il sillonne ce cirque naturel où ses cris résonnent vers l’infini.

Au petit matin il prendra son essor
Pour remplir sa mission de croque-mort
Semant quelques plumes aux courants d’air
Après une toilette en coquette hôtesse de l’air.
Près des falaises, les ailes déployées, il tournera,
Porté par l’air chaud, de spirales dessinera
Le cap d’un horizon des grands rapaces,
Enthousiaste, amoureux des vertigineux espaces.

 

6 Février 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

Faire le beau à Pont de Gau

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Faire le beau
À Pont de Gau
Devant ces dames
Dont les flammes
Imbibées d’eau
Ignorent ces gigolos.

À Pont de Gau
Ces cinq beaux,
Cinq Narcisse
Aux roses cuisses
Sont décontenancés
Par ces fiancées.

À Pont de Gau
Le bec dans l’eau,
Ces belles n’ont cure
De ces hautes figures
Aux cous démesurés
D’envies murées.

À Pont de Gau
De roucoulades à gogo
Cinq périscopes
N’ont que l’escorte
Pour ces belles ingénues
D’indésirables bienvenues.

 

2 Février 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

Les trois soeurs

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Tout n’est pas gagné pour RISETTE.
L’anoxie, la dystocie la guette.
RISETTE, mère phallique, connaît le combat
De ses jumeaux en cette mise bas.
À peine sortis du sac amniotique,
La loi du plus fort problématique
D’un remake de Caïn et Abel va assouvir
Leur hargne en attendant de grandir.
Dans ce terrier où règne déjà la haine
Arrivera-t-elle à sauver sans peine
Ses deux jumeaux jusqu’aux présentations ?
Le premier né ne va-t-il pas planter sa dentition
Dans l’échine de son jumeau qui répliquera …
Sitôt nés, ils sèment déjà la panique ces scélérats !
C’est ainsi dans cette atmosphère incertaine
Qui peut entraîner aussi la mort de cette Reine
Que le clan de RISETTE voit arriver Les Trois Sœurs
Surnommées « Les terreurs », trois pestes, trois horreurs,
Chassées pour leur férocité par d’autres clans.
Errantes, elles cherchent à s’intégrer dans un clan.
Face à cet évènement inattendu à l’étrange sérénade
C’est le sauve qui peut dans une débandade !
Toute la Cour de RISETTE prend la poudre d’escampette
Profitant de l’occase pour faire leurs emplettes.
Les trois sœurs après un rapide tour du propriétaire,
Déçues, ne font que traverser leurs terres
En pestant, grognant d’une mauvaise haleine.
Elles ignorent qu’au fond d’une galerie, une Reine
Mène un combat pour sa première mise bas
Dans une mise à mort pour un éphémère célibat …

 

25 Janvier 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

Pont de Gau

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Une goutte d’eau
D’un bec à Pont de Gau
Attend indécise
Une bise.

Une bise
Fort compromise
De ce bec crochu
De tendresse déchue.

Une perle d’eau
Au bout d’un chapeau
D’un gendarme
Ne désarme.

Tant de froideur
A gelé son cœur
D’un boomerang
Elle attend …

Elle attend
Vibre, tremblotant,
Un retour de flammes
De ce bec digramme.

Pont de Gau
Une goutte d’eau
A mis les scellés
Sur ce bec ailé.

Le flamand surpris
Sans mots, ni cris,
La goutte au bec
Garda cet échec …

En preuve d’amour,
Sans issue de secours,
Il resta muet
Et ne put avouer …

À la moindre bise
La goutte était compromise.

Juste une chorégraphie
Pour une photographie.

 

11 Janvier 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg

Vol de nuit

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Vol de nuit
Pas un bruit
Sur un silence
Planer avec élégance
Dans l’obscurité
Sans la lune abritée
Par de complices étoiles
Qui ont tiré un voile
Jusqu’aux nébuleuses
D’une voie lactée envieuse.

Un Rémuzat audacieux
Perce le mystère des cieux
Plongés dans la nuit noire
D’un vol sans histoire.
Ailes déployées, d’un souffle
De l’espace s’emmitoufle
D’un présent. L’instant
Renaît à cet inconstant
Temps qui brouille et vole
L’être et son jeu de rôles.

Entrer dans un trou noir.
D’un vol passer dans l’entonnoir
De filtres à répétitions
D’une routine en perdition.
Un vol et rien d’autre,
Pas le moindre apôtre
Sans tunnel ni lumière
D’une fin ou d’une première
Vie qu’une vie a dérobée
Et nous laisse bouche bée.

 

9 Janvier 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg

Trois soeurs

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Trois sœurs
Belles comme un coeur
Sous les ombrages
Avec nous voyagent …

Voyagent …
Vers l’inconnu
De nos mirages
Tombés des nues.

Des nues…
Ébauhies de nos venues
Trois starlettes
Sur la sellette.

Sur la sellette …
Dans nos mirettes
Chacune à son tour
Cherche un peu d’amour.

Trois sœurs
Trois jolis cœurs
D’un pur bonheur
Cherchent un cœur.

9 Décembre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg

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