Archive pour la catégorie 'Photographe Gil STREC'

Rêveries

22860045_1657448327635199_4445487129935093814_o

Ces marches de Palais
Qui font rêver les filles
Ces marches de Palais
De voiles et de mantilles.

Ces marches étrennées
De tant de séguedilles,
De danses éffrénées
Sous les jupons des filles.

Ces marches escaladées
À votre bras escortée,
De cordes en cordées
De violons accordés.

Aux marches de ce Palais
Plus aucun rendez-vous.
Les sorcières de leurs balais
Ont chassé nos désirs fous.

Ces marches de Palais
Me font pourtant rêver.
D’amours jamais comblés
Il n’en reste que l’ivraie.

 

22 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook

 

Noces de brume

IMG_2215

Noces brumeuses pour le Ciel et la Terre.
Les berges s’inquiètent, s’interrogent sur les austères
Représailles de l’accouplement de ces deux frivoles amants
Enlacés dans un brouillard sans firmament.
L’étang, envahi d’une brumaille envoutante,
Frissonne de quelques rides légères, dansantes,
Émerge de ces tumultueux débordements,
Suffoque sous la couette de cet enfer blanc.
Ciel et Terre, nus comme un simple vermisseau,
Ont pris du plaisir dans les ténèbres de ce berceau.
Derrière ce rideau ils ont joui quelques instants,
Heureux d’oublier tous leurs vilains tourments.
Une éclaircie blafarde après leurs ébats,
Teintée de tendresse au rose délicat,
Dévoile peu à peu le bleu ensommeillé
Qui rêve encore sur un coin d’oreiller.
Une grande paresse s’est soudain abattue
Retardant un retour aux sentiers battus,
Chassant tout le noir d’une nacre de perle
Dérobée, envolée avec le dernier merle.
Confuses, les muses à tâtons recherchent,
En cette obscure splendeur cachée aux perches,
Quelque esprit maussade et grisailleux
Qui s’attarderait sur ces coloris camaïeux.
La mélancolie a regagné les nuages,
Les nébuleuses vers la voie lactée voyagent,
Sur les ombres l’incertitude plane
Les gouttelettes de buée sont des aéroplanes.
Viens, mon coeur, dans cette brumasse,
Vite, vite, que je t’embrasse.

 

1 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

à mon ombre

393572_441085812604796_608409158_n

Je mis tout mon coeur et toute ma flamme
Afin que d’amour vive son âme
Mais l’ampleur infinie de cette fortunée
Voulait toujours au loin s’installer.
Elle quitta, pour une vie précaire, les brumes brunes
D’horizons ennuyeux où l’Autre fit fortune.
Elle trouva sous d’autres aménagements
La vie qui l’ennuyait tant.
Au bout de l’espoir sans fin, elle s’aperçut,
A bout de souffle, que rien ne l’habillait plus.
Découragée, son âme rencontra l’amour
Qui lui offrit un voyage retour.
Elle avait dépassé de quelques langueurs
Le fond sonore du pauvre pécheur.
En ce nouveau mystère, elle ne chercha plus
Son pauvre martyre qui lui tapait dessus.
La sagesse mesura ce courageux geste,
La raison devint plus modeste.
Le rêve s’appesantit d’une purification.
Toi qui m’assiste, devient mon intention
Toi qui insiste soit mon interrogation
Toi qui voyage dans les ténèbres invisibles
Devient mon prévisible.

 

28 Octobre 1992 - Jeannine Castel

Photo : Gil Strec sur Facebook

Le Castel des corbeaux noirs

12747279_1060284840684887_6094989119299090875_o

On raconte qu’un certain garde-barrière
Hante ce manoir pour la Saint Pierre …
Ce garde était l’amant de l’unique héritière,
Laide comme un pou, grosse comme une montgolfière.
Ce pauvre homme avait perdu une jambe à la guerre,
Un oeil lors d’une rixe sous une porte cochère.
Leurs handicaps ne craignaient pas les adultères …
Chargé de surveiller le domaine aux immenses terres,
Sur son cheval à trois pattes nommé Mystère,
Sa jambe de bois suppléait le membre déficitaire
De ce vaillant animal qui trottait en claudiquant
Les sous-bois et prairies par tous les temps.
À l’affut, il évitait les pièges de ces braconniers,
Cruel souvenir pour ce Mystère sous les marronniers.
La maîtresse de ce bancroche, en plus de sa pesanteur,
Était possessive, capricieuse, sujette aux bouffées de fureur.
Tous les courageux prétendants fuyaient cette terreur.
Ni les fastes des bals organisés par cette toupie,
Ni la bonne chaire des tables bien garnies,
Avaient eu déclaration, bans d’un projet de mariage.
Ces chasseurs de dot repartaient avec leurs bagages.
Ce fut l’utile et la nécessité qui réunirent
Ces deux êtres pour assouvir leur syndrome du menhir.
Ils avaient eu écho d’une ancienne et légendaire rumeur
Qu’une pierre d’angle avait été posée par un Seigneur,
Propriétaire d’un Paradis Céleste sur une Terre Promise
Dans un livre détenu par une défunte marquise.
Notre homme, tout comme Ali Baba décela pierre sur pierre,
Chercha en vain ce trésor caché sous les racines du lierre
Disparu depuis de tous les pans de murs.
Dégoutté, il ne trouva même pas un os de fémur.
De colère il jeta dans le lac une de ces pierres.
Etrangement, ceci se passa le jour de la Saint Pierre….
Arrivé au Paradis on raconte encore que ce cagneux
Se vit refuser par Saint Pierre l’accès aux Cieux.
C’est ainsi trainant comme un condamné son boulet rocailleux 
Qu’il pourchasse dans ce manoir les esprits curieux
Qui s’aventurent sur des montées d’adrénaline
Infestées de sorcières vomissant des pralines.
On ne sut jamais ce qu’il advint de sa maîtresse…
Il paraîtrait que son âme sonne les cloches pour les messes …
Depuis ce Castel pour les gens du terroir
Anime et hante les commentaires des lavoirs.
Chauves souris, corneilles et corbeaux dans le noir
Attendent patiemment la Saint Pierre pour l’apercevoir.

 

23 Septembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook 

 

 

 

La cascade du salut

21740779_1618054421574590_3289624908213784073_o

Pour toi j’aurais laissé une partie de mon âme.
Chemin faisant, se dénouait le drame…
À chaque pas l’amour qui me portait vers toi
Augmentait la puissance de ma foi.
Au premier cours d’eau rencontré se tarit
La source de ce duo que j’avais chérie.
La distance forma un nouveau chemin,
C’est ainsi que naquit le premier chagrin.
Mon coeur déçu battit la retraite.
Pour le nouveau venu, changea la fête.
Lichen foulé, le charme s’effrita.
Être de chair, le souffle m’évita.
Jusqu’à vous qui me tendiez les bras.
La foi toujours fidèle, mûrissait mes pas.
Je découvris au fil de cette survie singulière
La connaissance de Soi qui me porta, altière.
Portant plus loin cette résurrection qui m’apprit,
Ne fût-ce que pour votre plaisir, l’amour en poésie.
Dans cette forêt qui écoute mes naïfs espoirs
Parvenue au sommet, l’eau lave mon désespoir.
Savoir symbolique de forces existentielles, j’ai bu
Tout comme vous à la cascade de mon salut.
La réalité m’a réveillée de cette mort.
Demain, vous aimerai-je encor ?

 

4 Mai 1993 - Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

La bassinoire

21741343_1618958554817510_2683978510551471793_o

Deux chaises
Aux vives braises,
En cette fournaise,
Se complaisent.

Témoins de noces,
D’assauts féroces,
Blason d’une négoce
Cloutée de bosses.

Menstrues refroidies,
Deux âmes enlaidies
De passions, de parodies,
D’un ancien paradis.

Des draps de velours
D’un si beau jour
Promu à l’amour
Muré dans une tour.

La bassinoire attendait
Ce lit de virginités inondées
Pour réchauffer leurs âmes fardées
D’un au-delà qui les attendait.

Deux chaises vides
D’un ciel limpide
Attendent avides
Ces âmes intrépides.

17 Septembre 2017 – Jeannine castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

Une fleur au chapeau

19399828_1530540710325962_2491348620041199663_n

Laissons gronder l’orage
Ma douce amie
L’amour est si volage
Aimons cette accalmie.

Un papillon s’est posé délicatement
Sur la fleur de l’âge,
Il est venu sécher, en butinant,
Ses ailes meurtries d’orages.

Le temps d’un halo lumineux,
Il a surgi un soir de canicule,
Pour ne laisser qu’un venimeux
Désir privé de ses tentacules.

Voici venir la pluie,
Le papillon a déjà fui ! …
Il ne reste, enfoui,
Que ce cliché d’une beauté inouïe.

Le temps des orages,
À la fleur de l’âge,
Se garde des ombrages
Des ailes qui voyagent.

Une fleur au chapeau
À la bouche une chanson …
Ce joli papillon, d’une photo,
A mis mon coeur en ébullition !

24 Juin 2017 – Jeannine Castel
photo : Gil Strec sur Facebook

Semences

17505350_1687246138242719_4560609773049005258_o

à Gil Strec, pour toutes ses belles photos qui m’ont tant inspirée.

 

J’ai semé sur mon chemin
les blessures de mon arbre.
Je traverse la voie de mon destin,
vers cette porte étroite de marbre.

Toute la boue de mon passé
tapisse ce pont qui m’a conduite
jusqu’à vous, jusqu’à toi, enlacés
vers ce ciel, cette éternité écrite.

Petit Poucet j’étais remplie d’amours
 semés, dispersés comme ces pétales
tombés sur le fumier des beaux jours
que je voulais, loin des ogres, à ma table.

Hélas, la forêt, les tornades, les sables mouvants,
ont englouti mes plus belles années.
Me voilà, vers ce nouveau printemps
sauvée de cet enfer de damnés.

« La vie est un pont, n’y fixe pas ta demeure »
Heureux celui qui ne connut pas le leurre.
Bienheureux celui qui ce de pas demeure.
La vie serait si belle à demeure.

J’ai semé sur mon chemin
tous mes espoirs déçus,
enfouis sous le crottin
d’un solitaire parchemin.

 

 

29 Mars 2017 – Jeannine Castel
photo de Gil Strec sur Facebook

 

 

 

Insensé, le garde forestier

17436098_1685049598462373_6446684215760579796_o

Conte oublié pour le monde oublié de Gil

C’est une maisonnette d’un conte oublié,
Une histoire imaginaire, folle à lier,
L’abri d’un ancien garde forestier,
Un garde venu de la forêt des Peupliers.
Gardien des bois, les cerfs l’aimaient,
Du froid les oiseaux y trouvaient nids.
Un cabanon abritait sa jument Aimée,
Fidèle compagne de ses courses à l’ennemi.
Ainsi vivait là ce garde et ses amis.
Avec Aimée il parcourait ce domaine forestier,
Protégeant faune et flore des braconniers.
On dit que les loups venaient aux veillées
Sur le pas de sa porte sommeiller.
Quand la neige avait tout recouvert
Aux animaux frileux il offrait des pull-overs.
Logeaient même en sa petite chaumière
Les âmes égarées d’affreuses sorcières.
Il paraît que le chat botté, par là, vint à passer …
Les roues de son carrosse, sur ces chemins cabossés,
N’avaient pas résisté à de tels chocs, tracassé,
Il fut heureux de rencontrer le brave Insensé.
C’était le nom que lui donnaient les bûcherons,
Ces abatteurs, amateurs de bûches et de troncs.
Insensé disparut le jour du Grand Mystère,
Fête organisée par une troupe de phacochères.
Désertée, abandonnée, la maison forestière
Perdit sa gaieté et les visites animalières.
Des villageois, curieux de bruits répandus,
Viennent parfois vérifier les rumeurs entendues.
Jusque dans la vallée toutes sortes de cris éperdus,
Tandis que volets et fenêtres claquent, tendus,
Sortent de cette maison vide, déboussolée,
Triste d’avoir perdu cet hôte qui savait consoler,
Accueillir, chasser les austérités de la forêt des Bolets.
Inconsolable, dans la tourmente, elle hurle son chagrin
Espérant qu’Insensé reviendra avec les bouquetins
Bloqués sur les parois des montagnes rocheuses enneigées.
Tous attendent pour son retour, le cri d’alerte du geai.

24 Mars 2017 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie, Photographe Gil STREC |on 25 mars, 2017 |Commentaires fermés

Raconte moi une belle histoire

16179399_1358969680816400_7529868796300067439_o

à Gil Strec
 
Raconte moi une belle histoire
Des livres entassés, pêle-mêle,
Souffrent de ces contes illusoires
Ecrits, édités, pour de futures poubelles.

Une histoire de contes de fées ?
Raconter embellit parfois l’image.
Toi qui sans cesse sur des clichés voyage
J’attends toujours celui de tes trophées.

Raconter une belle histoire d’amour ?
Il est trop tard en ces vieux jours.
Le rideau rouge n’est plus d’humeur
À contenter la fosse des spectateurs.

Une histoire morbide comme la mort ?
Colportée par les frasques d’un croque-mort
Dont la chair, friande de frissons macabres,
Aime bien la lueur dansante des candélabres.

Raconter une belle histoire, je voudrais tant,
Il est trop tôt encore pour cet obscur néant.
Des histoires à dormir debout, sans fin,
Entre un masque, un livre et une main.

Peut-être qu’en tes mystérieux chemins
Entendras-tu une belle histoire, enfin !
Mais te conviendra t-elle, tant de pages
Ont effeuillé tes vagabondages !

Pour une histoire sans nuages,
Raconte moi une belle histoire !

24 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec sur Facebook

12345

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus