Archive pour la catégorie 'Photographe Gil STREC'

Encore un peu de poésie

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Juste un petit poème,
Le temps de dire « Je t’aime ! »
Écrit dans l’espace
Le coeur plein d’audace.

Invisibles, cachées, elles planent,
Discrètes, jamais ne se fanent
Ces lettres d’un amour éternel
Écrites avec l’encre de l’irrationnel.

Il y aura bien pour les lire
Quelqu’un, dans ce grand Empire,
Qui accueillera leur sourire
Échappé d’un monde de vampires.

Désormais comme une aura, secrètement,
Elles couronnent d’un continuel printemps
Ces mots rabâchés tant et tant
Par les langues des Continents.

Il suffit que je caresse de ma main
L’espace qui me répondra, c’est certain,
M’aimera jusqu’au bout du chemin
Et d’un « je t’aime ! » scellera ma fin.

Mais voilà, c’est déjà la bousculade !
Il y a trop de monde sur l’esplanade !
Des esprits jaloux de cette faveur
Cherchent à gommer les mots de mon coeur.

Encore un peu de poésie
Sur la beauté cramoisie.
La musique de Count Basie
M’apporte un peu de fantaisie.

 

20 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

 

Décrépitude

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Décrépitude …
Cette salle d’études
Désertée par le jeunisme
N’attire pas le voyeurisme …

Décrépitude …
Son mal d’altitude
D’une chair de poule
A besoin d’ampoules !!

Le temps cet ennemi,
Ce croulant bon ami,
A craquelé son vernis.
Ô  jeunesse ternie.

  Ce puzzle effrité
De lambeaux irrités
N’a pas célébrité
Chez Botox & diversités.

Jusqu’à la mort repoussée,
Les cendres ont détroussé
Cette décrépitude innommable,
Ce scandale intolérable.

De plâtras rafistolée,
De cataplasmes bariolée,
Artificiellement violée,
La décrépitude s’est envolée …

Pour un monde d’extases
Sur des visages en phases
D’une beauté pourchassée
En ces temps de fuites enchâssées.

Des rides étrangères
Victorieuses de guerres
Nous arrivent de naguère
Sur de curieuses galères …

 

19 Mars 2018 – Jeannine Castel
photo : Gil Strec sur Facebook

PAFFF ! …

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Vieillir, la belle affaire …
Constater que tout reste à faire
D’une vie qui s’est écoulée,
Traînée par d’infortunés boulets
Qui ont tiré à hue et à dia
Leurs traites complots de vils parias.
Ils ont forgé dur comme le fer
Ma vie où m’attendait l’enfer.
Et je constate que l’Univers,
Lui aussi, a subi quelques revers.
M’ont-ils sauvée ? Croyant tuer …
Ma vie qui dans les nuées
Sagement patientait pour mener à bien,
Déjouer la haine de ces «  Combien « .
Certes la survie ne fut pas facile …
Au milieu d’importants et gentils imbéciles
Qui m’ont accompagnée toutefois, jusque là,
Pour vieillir et vivre d’au-delà.
De tristesses et de sourires, je pleure encore
Non pas sur mon sort, ni ma mort indolore,
Mais sur tout ce que j’avais de moi enfoui,
Détruit bien souvent par de simples oui.
Je ne sais qui guide ma main à cet instant,
Ce monde  incontrôlable est si original.
Vieillir, la belle affaire, sans se retourner,
Sans savoir de demain les nouvelles tournées.
Mardi-gras et ses cendres sur d’anciennes foulées
Ont gratiné ma vie jusqu’ici écoulée.
Un mur de solitude clôture le présent
Tagué de rides, tatoué par les ans.
De quel cratère cette lave corrosive, brutale,
A jailli des ruines de vies en cavale ?
Quel spectre se sert de ma plume complice
Pour étaler une vie parfumée d’artifices ?
Vieillir, la belle affaire, paf .. tout s’écroule !
Une âme libérée vient de quitter la foule.
Je me retrouve relisant ces mots,
Seule, avec les provisions de mon sac à dos.

 

12 février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

 

La servante

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La lumière sur son jupon blanc
Trahit l’ardeur de son attente …
Mais un radiateur à côté de ses flancs
Réchauffe le coeur de cette amante.

Dénudée par les fantasmes et les perversités,
Cachés sour l’armure des chevaliers,
Elle retrouve un semblant de virginité,
Soumise à la venue d’un éventuel cavalier.

Prête, détachée, son corps maltraité
Est mort à la vie qui la retient encore,
Tentant le diable sans toutefois l’allaiter.
Ce halo de blancheur la rachète et l’honore.

Elle médite, tourne le dos à son passé,
Réconfortée par cette douce lumière
Qui vient à ses pieds la traverser,
La délivrer par cette dernière prière.

Servante d’un Seigneur, bonne à tout faire,
Lasse des assauts aux coeurs de pierre,
Aveuglée face à l’opacité du vitrail
Elle attend, le coeur fervent, sa montée au sérail.

 

3 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook

 

De bric et de broc

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De bric et de broc
Une chapelle couverte de cloques
Transpercée de tiges de fer
Saignées des brûlures de l’enfer
Qui en ce lieu a chassé la présence
Du Saint Sacrement, salutaire délivrance.
Autel vidé de Saints ressuscités
Joseph et l’enfant Jésus pour la postérité
Sont restés.

Désolation et consolation
D’une Terre Promise en démolitions,
La voute a résisté aux éboulis,
L’ivraie sur l’autel a fait son lit.
Des furies ont effacé les fresques.
Un sultan a pris place ou presque
Sur un tapis volant de breloques et franges
Il n’a rien de la beauté d’un ange.
Quel monde étrange.

Prières et encensement d’un passé oublié,
Moisis et crachats sur un culte.
Lys fleuri d’une sainteté spoliée,
Terre Sainte habitée de tumultes.
Un Christ fidèle pour infidèles exigeants,
Les églises sont en ruine faute d’argent.
Les marchands occupent la nef d’antan.
 Nos grands Saints sont devenus combattants
Pour un Christ triomphant.

Réveil brutal sur la foi qui erre
Sur un itinéraire aux nombreux cratères.
Agneaux d’un troupeau au berger itinérant,
Ma foi de charbonnier englobe ce néant.
Chapelle ardente d’un monde décadent,
Luxure d’un linceul immaculé aux bans
Affichés sur des écrits aux portes des églises
D’une Mère sans tache, éminence grise
Manipulée, Adorée.

 

14 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

L’homme noir

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L’homme noir qui tambourinait à ma porte
Parfois un chiffonnier lui faisait escorte.
Il est toujours là, caché dans le noir
Où s’engouffre la peur quand vient le soir.

Son ombre collée à la mienne me poursuit.
J’ai beau presser le pas, cherchant un appui.
Quant au ramoneur tout noir de suif …
Tirons les rideaux, minuit va sonner … puis …

L’homme noir caché sous le lit,
Dans un cauchemar à hurler de peur,
Hantait de jour et de nuit la panoplie
Que ma mère dépliait à mes frayeurs.

Il est toujours là caché dans l’ombre.
La nuit, sa complice, d’un long manteau
Camoufle en ses recoins, ses cachettes sombres,
Cet homme noir à la canne et au chapeau.

Il va sur les pavés humides des rues
Chercher les enfants qui ne sont pas sages.
C’est un inquiétant et redouté intrus
Qui calmait les caprices et crises de rage.

 

6 Décembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

Maman, maux mots

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Il fait nuit tout à coup.
Des questions tètent encore
Suspendues après ce rendez-vous
D’un impossible savoir en tête.

Ces manques de l’enfance,
Désormais perdus à jamais,
Comblés parfois d’une résilience,
De maux en mots se sont transformés.

Le cerveau et ses labyrinthes …
J’ai beau chercher ses fondements.
Un jour à Paris, un jour à Corinthe,
Mais que faisiez-vous maman ?

Mes souvenirs sont des mirages
Sur des lignes d’horizons infinis.
Je n’étais pas cette enfant sage.
J’ai appris dans votre mépris.

La rue a comblé mes manques.
La vie s’est chargée de mon éducation.
Après cette idyllique calanque,
Qu’ai-je fait pour mériter sa dévotion ?

Il fait nuit et c’est l’écriture
Encore une fois qui surgit soudain.
Quelle porte, quelle fenêtre obscure
S’ouvrira pour me conduire à demain ?

5 Décembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook

Rêveries

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Ces marches de Palais
Qui font rêver les filles
Ces marches de Palais
De voiles et de mantilles.

Ces marches étrennées
De tant de séguedilles,
De danses éffrénées
Sous les jupons des filles.

Ces marches escaladées
À votre bras escortée,
De cordes en cordées
De violons accordés.

Aux marches de ce Palais
Plus aucun rendez-vous.
Les sorcières de leurs balais
Ont chassé nos désirs fous.

Ces marches de Palais
Me font pourtant rêver.
D’amours jamais comblés
Il n’en reste que l’ivraie.

 

22 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook

 

Noces de brume

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Noces brumeuses pour le Ciel et la Terre.
Les berges s’inquiètent, s’interrogent sur les austères
Représailles de l’accouplement de ces deux frivoles amants
Enlacés dans un brouillard sans firmament.
L’étang, envahi d’une brumaille envoutante,
Frissonne de quelques rides légères, dansantes,
Émerge de ces tumultueux débordements,
Suffoque sous la couette de cet enfer blanc.
Ciel et Terre, nus comme un simple vermisseau,
Ont pris du plaisir dans les ténèbres de ce berceau.
Derrière ce rideau ils ont joui quelques instants,
Heureux d’oublier tous leurs vilains tourments.
Une éclaircie blafarde après leurs ébats,
Teintée de tendresse au rose délicat,
Dévoile peu à peu le bleu ensommeillé
Qui rêve encore sur un coin d’oreiller.
Une grande paresse s’est soudain abattue
Retardant un retour aux sentiers battus,
Chassant tout le noir d’une nacre de perle
Dérobée, envolée avec le dernier merle.
Confuses, les muses à tâtons recherchent,
En cette obscure splendeur cachée aux perches,
Quelque esprit maussade et grisailleux
Qui s’attarderait sur ces coloris camaïeux.
La mélancolie a regagné les nuages,
Les nébuleuses vers la voie lactée voyagent,
Sur les ombres l’incertitude plane
Les gouttelettes de buée sont des aéroplanes.
Viens, mon coeur, dans cette brumasse,
Vite, vite, que je t’embrasse.

 

1 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

à mon ombre

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Je mis tout mon coeur et toute ma flamme
Afin que d’amour vive son âme
Mais l’ampleur infinie de cette fortunée
Voulait toujours au loin s’installer.
Elle quitta, pour une vie précaire, les brumes brunes
D’horizons ennuyeux où l’Autre fit fortune.
Elle trouva sous d’autres aménagements
La vie qui l’ennuyait tant.
Au bout de l’espoir sans fin, elle s’aperçut,
A bout de souffle, que rien ne l’habillait plus.
Découragée, son âme rencontra l’amour
Qui lui offrit un voyage retour.
Elle avait dépassé de quelques langueurs
Le fond sonore du pauvre pécheur.
En ce nouveau mystère, elle ne chercha plus
Son pauvre martyre qui lui tapait dessus.
La sagesse mesura ce courageux geste,
La raison devint plus modeste.
Le rêve s’appesantit d’une purification.
Toi qui m’assiste, devient mon intention
Toi qui insiste soit mon interrogation
Toi qui voyage dans les ténèbres invisibles
Devient mon prévisible.

 

28 Octobre 1992 - Jeannine Castel

Photo : Gil Strec sur Facebook

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