Archive pour la catégorie 'Photographe Gil STREC'

La servante

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La lumière sur son jupon blanc
Trahit l’ardeur de son attente …
Mais un radiateur à côté de ses flancs
Réchauffe le coeur de cette amante.

Dénudée par les fantasmes et les perversités,
Cachés sour l’armure des chevaliers,
Elle retrouve un semblant de virginité,
Soumise à la venue d’un éventuel cavalier.

Prête, détachée, son corps maltraité
Est mort à la vie qui la retient encore,
Tentant le diable sans toutefois l’allaiter.
Ce halo de blancheur la rachète et l’honore.

Elle médite, tourne le dos à son passé,
Réconfortée par cette douce lumière
Qui vient à ses pieds la traverser,
La délivrer par cette dernière prière.

Servante d’un Seigneur, bonne à tout faire,
Lasse des assauts aux coeurs de pierre,
Aveuglée face à l’opacité du vitrail
Elle attend, le coeur fervent, sa montée au sérail.

 

3 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook

 

De bric et de broc

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De bric et de broc
Une chapelle couverte de cloques
Transpercée de tiges de fer
Saignées des brûlures de l’enfer
Qui en ce lieu a chassé la présence
Du Saint Sacrement, salutaire délivrance.
Autel vidé de Saints ressuscités
Joseph et l’enfant Jésus pour la postérité
Sont restés.

Désolation et consolation
D’une Terre Promise en démolitions,
La voute a résisté aux éboulis,
L’ivraie sur l’autel a fait son lit.
Des furies ont effacé les fresques.
Un sultan a pris place ou presque
Sur un tapis volant de breloques et franges
Il n’a rien de la beauté d’un ange.
Quel monde étrange.

Prières et encensement d’un passé oublié,
Moisis et crachats sur un culte.
Lys fleuri d’une sainteté spoliée,
Terre Sainte habitée de tumultes.
Un Christ fidèle pour infidèles exigeants,
Les églises sont en ruine faute d’argent.
Les marchands occupent la nef d’antan.
 Nos grands Saints sont devenus combattants
Pour un Christ triomphant.

Réveil brutal sur la foi qui erre
Sur un itinéraire aux nombreux cratères.
Agneaux d’un troupeau au berger itinérant,
Ma foi de charbonnier englobe ce néant.
Chapelle ardente d’un monde décadent,
Luxure d’un linceul immaculé aux bans
Affichés sur des écrits aux portes des églises
D’une Mère sans tache, éminence grise
Manipulée, Adorée.

 

14 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

L’homme noir

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L’homme noir qui tambourinait à ma porte
Parfois un chiffonnier lui faisait escorte.
Il est toujours là, caché dans le noir
Où s’engouffre la peur quand vient le soir.

Son ombre collée à la mienne me poursuit.
J’ai beau presser le pas, cherchant un appui.
Quant au ramoneur tout noir de suif …
Tirons les rideaux, minuit va sonner … puis …

L’homme noir caché sous le lit,
Dans un cauchemar à hurler de peur,
Hantait de jour et de nuit la panoplie
Que ma mère dépliait à mes frayeurs.

Il est toujours là caché dans l’ombre.
La nuit, sa complice, d’un long manteau
Camoufle en ses recoins, ses cachettes sombres,
Cet homme noir à la canne et au chapeau.

Il va sur les pavés humides des rues
Chercher les enfants qui ne sont pas sages.
C’est un inquiétant et redouté intrus
Qui calmait les caprices et crises de rage.

 

6 Décembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

Maman, maux mots

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Il fait nuit tout à coup.
Des questions tètent encore
Suspendues après ce rendez-vous
D’un impossible savoir en tête.

Ces manques de l’enfance,
Désormais perdus à jamais,
Comblés parfois d’une résilience,
De maux en mots se sont transformés.

Le cerveau et ses labyrinthes …
J’ai beau chercher ses fondements.
Un jour à Paris, un jour à Corinthe,
Mais que faisiez-vous maman ?

Mes souvenirs sont des mirages
Sur des lignes d’horizons infinis.
Je n’étais pas cette enfant sage.
J’ai appris dans votre mépris.

La rue a comblé mes manques.
La vie s’est chargée de mon éducation.
Après cette idyllique calanque,
Qu’ai-je fait pour mériter sa dévotion ?

Il fait nuit et c’est l’écriture
Encore une fois qui surgit soudain.
Quelle porte, quelle fenêtre obscure
S’ouvrira pour me conduire à demain ?

5 Décembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook

Majestueusement

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Construit sur un piton rocheux
Il a résisté à la violence
Ce château médiéval moyenâgeux
Partagé, divisé à outrance.
Entouré d’une forêt de châtaigniers
Il épouse la forme du rocher,
Il se berce du murmure à ses pieds
De l’Eltz, rivière encaissée pour ricochets.
Tourelles et logis foisonnent,
Coiffes de belles dames disparues.
Un porche vouté encore résonne
Des pas de chevaux aux lourdes charrues.
En ces collines, la vallée de la Moselle
D’une stratégie s’embellit de ce château-fort
À l’allure sévère, d’encorbellements, d’une chapelle,
De Princes électeurs héritiers de ce trésor.
Cette forteresse n’attend plus que les visiteurs …
Flâne encore le parfum de Dame Catherine.
Une lignée de grands Seigneurs, gouverneurs,
Ont bâti et rebâti jusqu’à cette divine
Photographie de Gil, majestueux chevalier,
Qui nous offre pour ce nouvel an
Une merveille d’un nid d’amour cachotier
Coiffé de chapeaux de fées d’antan.

1 Janvier 2017 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

Horoscopes

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Vers l’inconnu
D’une voie solitaire
Pour n’avoir connu
Qu’une vérité éphémère.

Vers l’inconnu,
Branché ou pas,
Quel inconnu
M’attend là-bas ?

On voudrait l’impossible
De cet inconnu possible,
D’une généalogie prévisible
Que nous enseigne la Bible.

Vers l’inconnu, chaque seconde
Creuse, démantèle le sens du monde.
L’esprit serait-il les ondes
Qui dans nos rencontres abondent ?

La lumière nous devance.
Avec nous elle joue et danse,
Nous conduit vers l’échéance
Jusqu’à cet inconnu de l’absence.

Comme la droiture d’une route,
La vérité rétrécirait le doute.
Nous rapprocherait de cet inconnu
D’un concept de bienvenue.

L’as-tu vu, l’as-tu vu,
Dis-moi bel inconnu ?
Et si j’avais vécu
Qu’avec de l’inconnu ?

29 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

Vers l’inconnu

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Vers l’inconnu, cette lumière
Qui éclairera mon lendemain,
Demeure au bout du chemin un mystère,
Mystère effacé d’automnes certains.

Monde inconnu peuplé et dépeuplé,
Nul n’est revenu depuis les temps anciens.
Qu’il nous plaise ou nous déplait,
Sans les croyances, on n’en sait rien.

Inconnu d’un quotidien qui déroule
Son parchemin de beaux temps, de tempêtes,
La bible de sa vie les jours de houle,
Son tapis de victoires et de défaites.

Cet inconnu inquiète, intrigue, paralyse …
Je suis seule face à lui.
La lumière m’encourage, la bise
Refroidit, gèle ma confiance en lui.

Vers lui je vais, conquérante d’un monde nouveau,
D’un long sommeil inviolable, sans mots.
Armée invisible d’une énigme impossible à élucider
Même Sherlock n’en aurait pas idée.

Vers l’inconnu, palais mental d’un disque dur,
Il est exclu d’affronter ce miroitant azur,
L’effroyable suspens où Castle, en ce monde vivant,
Dans l’inconnu doit attendre et pour longtemps …

 

27 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook 

Le monde d’Angéla

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à Jérôme Di Scala, souvenir …


Ce matin ma tête est encombrée
De rêves, de cauchemars exposés,
De fantasmes en délire délivrés
Sur des toiles visitées en Musée.

De Miro à Dali en passant par Picasso
Ce n’était pas le domaine de la photo.
Ce que l’oeil voit la tête prend diapo
Pour un inconscient amateur d’ex-voto.

Tous ces visiteurs inconnus qui hantent
Mes nuits jusqu’à d’intimes jouissances,
D’où viennent-ils, de quelles chambres ardentes ?
Sans passeport ils profitent de mon silence.

Des histoires à ne pas tenir debout,
Des illusions restées au fond du trou,
Des prémonitions pour des rendez-vous
Qui éclairent ou angoissent mes lendemains flous.

Des idylles resteraient bien endormies,
Des réveils oubliant déjà la nuit …
Un monde vivant sur tant de cris
Qui errent dans les décombres de mon esprit.

Château abandonné de mon enfance,
Manoir habité par les joies des vacances.
D’un hiver qui succède à l’automne,
Vite, vite, je rêve avant qu’il ne tonne.

 

16 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

Lumineusement

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Et toujours le bois de la croix
Seigneur quand je m’éloigne de toi.
Une croix glorieuse du ressuscité
Qui ranime toutes mes prières récitées.
Ce n’est qu’un reflet me direz-vous …
Mais il est toujours là au rendez-vous
Dans mes doutes, en cette Eglise si divisée,
Dans toutes ces vérités et contre vérités avisées.
Vérai-je ce Christ qui n’est plus en croix ?
La Résurrection resterait la seule voie
De tout cet enseignement qui trouble ma foi.
Cet ostensoir lumineusement m’est parvenu,
Le Saint Sacrement est resté aux nues …
Ta présence fidèle est toujours là 
Dans ce combat que je mène ici-bas.
Hosties d’un corps dont les membres
Communient dans cette antichambre,
Jetons ou boutons de tant de fornications…
Lumineux chemin à ma Rédemption.
Et toujours le bois de la croix
Quand s’égare ma foi …
Seigneur j’ai si froid … 
Merci pour cette lumineuse croix.
Oui, je sais … pas facile de partager sa foi.
Ce n’est qu’un effet de lumière …
Mais moi j’espère
En l’amour d’un Père.

 

11 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

Qu’est-ce qu’on mange ?

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Qu’allons nous manger de bon
Dans cette cuisine en dépression ?
Surement des clopinettes
Pour les jours de grande fête
Ou alors des ortolans
Bougonne le four pas content.
Moi, je vous propose des cafards
Entrebaillent d’invisibles placards
Avec une gousse d’ail rose
Pimente le carrelage sous overdose.
Des souris rôties sur canapé
S’échauffe la cuisinière à cette idée,
Et des toiles d’araignées 
En guise de succulents beignets …
Mais qui frappe aux cloisons ?
Ce sont les gais lurons cotillons …
Mais qui frappe au portillon ?
Ce sont quelques vieux croutons
Accompagnés de fantômes en haillons.
Allumons un beau feu de joies !
Pétille la cheminée sans bois.
Brûlons chaises, paille, tables, 
Pendons la crémaillère de cette étable
Dont la cuisine renommée
Va attirer plein de gourmets.
Gil a laissé quelques provisions …
Marmitons venez avec la boisson …
Gil s’occupe des réservations,
Fantômes et croutons
Vous souhaitent un inoubliable réveillon !

Fromages en supplément
Souriant sur les murs … 

5 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

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