Archive pour la catégorie 'Photographe Gil STREC'

N’oublie pas

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En ce 6 février …

N’oublie pas que j’étais belle demoiselle
Jusqu’à cette décevante passerelle
Où d’un grand coup d’ailes naïves
Je me suis retrouvée abandonnée sur la rive.

Remplacée par une renommée cochonne
Qui m’a déchue d’un trône dont la couronne,
Au milieu des gravats et de la ruine,
Avait pour moi meilleure combine.

En cette journée de cuisants souvenirs
D’un intérieur tout à rebâtir …
De ce passé douloureux, cramoisi,
J’ai rencontré la surprenante poésie
Aussi rêveuse et bohème que moi,
Envahissante par temps de froid,
Passant du rire aux larmes explosives
Aux caresses si douces et si vives.

En attendant la porte de sortie,
Elle me distrait des horribles orties
Dont la routine n’oublie pas
Que j’ai été cette demoiselle là.

Démolir pour reconstruire afin que ce phœnix,
Passionné sans doute du petit monde d’Astérix,
Ravive les braises incandescentes de mon enfance
Restée dans les oubliettes de leurs fragrances.

 

6 Février 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur facebook

La Maison des maudits

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Des meubles qui se déplacent
Dans des odeurs de puanteur tenace.
Des lampes qui vacillent en cligotant
Projètent sur les murs leurs noirs tourments.
Des cadavres tués à coup de hache
Ont disparu sans la moindre tache.
Des escaliers marqués d’esprits frappeurs
Rotent avec des hurlements d’horreur.
Des vitres explosent, des objets se brisent.
Des cauchemars dans une farandole de valises
Déhambulent dans un fluide verdâtre gélatineux.
Une roue briseur de rêves fixe de ses yeux globuleux
Une boule de cristal d’où s’échappe une dame blanche
Dans sa robe de mariée au voile rouge fleuri de pervenches
En cette nuit d’orage aux éclairs d’acier.
Des dragons cravachés tirent un énorme bénitier.
Ils font jaillir sur leur passage des ossements
Qui jonchent le parquet gravé de serments.
Dans un médaillon aux dents en chicots d’or,
Dans un râle à faire ressusciter les morts,
Le spectre gigantesque d’un pirate borgne
De sa jambe de bois assomme une cigogne.
Un bataillon de frelons me perce les oreilles.
Suffocant sous la douleur, en sursaut, je m’éveille
Les lunettes sur le nez, » La Maison des maudits » à terre.
Ce cauchemar s’achève dans un grand coup de tonnerre.
Il pleut comme vache qui pisse, à pas mettre un pied dehors.
Un chat blotti contre moi ronronne fort …
Rien ne presse … je me rendors.

 

26 Janvier 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur facebook

 

La sortie

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Des personnes que l’on a aimées,
Fauchées par la mort à jamais,
Qu’un souvenir ravive pafois
De l’oubli, ce sentiment si froid.

La nostalgie envahit le cœur…
Tristesse soudain pour un rocker
Dont la vie au sein de bikers
Est ressuscitée … idolâtrie du bonheur.

Le grain de sable d’un retard
Bloque la grande roue de ces motards,
Allume le feu de ma cocotte
Où de vieux souvenirs mijotent.

Une indéfinissable bouffée de manque,
Comme celui de mes jeunes restanques,
D’un temps où je vivais sur une planète
Où j’aime encore reposer ma tête.

Seul luxe non taxé, de ma vieillesse
Ce tennessee la pluie n’a de cesse
De pensées, de regrets, de remords,
D’un paradis hanté par la mort.

Tatouages … l’âme cette enjoleuse,
Cette amie intime et voyageuse,
D’un Univers m’entaîne en ses rouages
Vers ces étoiles qui n’ont plus d’âge.

 

24 Novembre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

Promenons-nous dans les bois

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Promenons-nous dans les bois
Bras dessus, bras dessous,
Les arbres redoutent le froid
Ils envient la chaleur de vos dessous.

Les splendeurs de l’automne
Me font oublier les cyclones.
Ce lundi de Novembre, une amazone
Recherche la trace du Grand Maulnes.

D’un amour absolu, loin du monde,
Le cuivre et l’or abondent.
Dans tes yeux je quitte le monde
Vers ce possible aux idées vagabondes.

Promenons-nous dans les bois.
Un froid subit m’envahit.
Je marche seule dans ce bois,
J’ai peur du loup si haï.

Senteurs humides de mes larmes
Tombées sur ce tapis de braises.
Loin du vacarme et de ses armes
Libre, j’oublie la fournaise.

Promenons-nous dans les bois
La biche est aux abois.
J’ai peur du vilain chasseur
Qui tue sans vergogne les coeurs.

Promenons-nous dans les bois.
Je suis happée par leur silence.
Le chemin est de plus en plus étroit.
Se consume le feu de joies.

 

11 Novembre 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

à travers le temps

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À travers le temps
Se sont effondrés les printemps
Pour ouvrir à l’automne
Des étés sans personne.

À travers le temps
Rouille et ferraille
Ont décliné emportant
Moissons et semailles.

Le temps a tressé
Les mois et les années
Suspendus au passé
Dorénavant décharné.

Vestiges d’une demeure.
À travers le temps
S’écroulent et meurent
Ses passagers battants.

Seul le pont levis
D’un palais décrépi
Sans espoirs, sans vies,
Conduit au répit.

À travers le temps
D’un matin pluvieux
J’ai remonté le temps
De soleils radieux.

 

9 Novembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

L’oubli

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L’oubli que l’on voudrait
Voir disparaître à jamais
Dès qu’il disparaît
Revient faute d’aimer.

L’oubli comme une graine
Jeté au fond d’un puits
Se noie et s’enchaîne
Dans d’obscures nuits.

L’oubli distraitement égaré
Dans des souvenirs fanés
D’un tilt joliment paré
Rejaillit, illuminé.

L’oubli trop occupé
Par la vie qui s’oublie
Pour avoir la paix
Lui-même s’oublie.

L’oubli agité de rappels,
De signes invités
Restés sans appel,
Cherche à être évité.

L’oubli trouve le repos
Dans de muettes paroles.
Entre l’espace des mots
Il se blottit et se colle.

L’oubli, tout un attelage
Qui galope avec l’âge,
Caracole et voyage
Vers d’autres rivages.

L’oubli, tout un cimetière
Fleuri à la Toussaint
L’Esprit se désaltère
Ravivé par les Saints.

 

21 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec

L’inconnu

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L’inconnu
D’un passé révolu
N’a laissé que menus
Souvenirs dévolus.

Caché d’un paravent
L’inconnu a cependant
Vécu son inconnu
Connu d’un confident.

L’inconnu a pénétré
Son inévitable dessein
Sur ce fauteuil éventré
Consolé par un coussin.

L’inconnu d’une avance,
Décrépitude du temps,
Mène la danse
De ce qui nous attend.

Au-delà de la mort
L’inconnu se révèlera
Inviolable coffre-fort
De nos trous à rats.

 

23 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec

Écris-moi des mots

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Écris-moi des mots
Tout un vocabulaire
Ne suffirait aux maux
De ton coeur solitaire.

Écris-moi des mots
Tout un abécédaire
De vénus sans échos
En milliers d’exemplaires.

 Écris-moi des mots 
D’un alphabet idolâtre
Mots gravés sur des émaux
Fragiles comme le plâtre.

Écris-moi des mots
Brûlants de fièvre
Sous le feu d’un chalumeau
Ne cours-tu pas le lièvre ?

Écris-moi des mots
Quand vide est ta couche
Jonchée de grumeaux
D’amères senteurs de bouches.

Écris-moi des mots
Que tu veux bien entendre
Du fond de ton hameau
Des mots tendres en promo !

Écris-moi des mots
De risques est la vie
D’anges et de chameaux
Des mots à se passer l’envie.

Écris-moi des mots
C’est chose faite
J’ai chargé ta dynamo
Pour de nouvelles têtes !

 

 

2 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

Simplement

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En réponse à Gil STREC

Sous un ciel à l’eau de rose
Comment dire les choses simplement
Sur cette sombre nuit morose
Sans gâcher ce soleil couchant.
La vie est si éphémère, unique,
Chaque être va, vient, communique,
Pense tout haut, tout bas, reste muet …
La franchise de sa voix enrouée
A provoqué quelques noeuds au rouet
Pour avoir mis du désordre dans sa quenouille
Obligée de démêler ses fils de l’embrouille.
S’exprimer à la demande quand il le faut, 
Trop d’obscurité recouvre cette photo !
Pour avoir ou n’avoir pas dit ses pensées
Qui ont fait du fleuve une piste glacée, 
Trop de mauve ou de violet mettent en deuil
Ce dire dans le non-dit des cercueils.
Vider ses tripes pour soulager son coeur …
Les trois singes me font un bras d’honneur !
Qu’à Dieu ne plaise vous m’en direz tant …
Rien ne me fera retrouver mes vingt ans !
Sous un ciel à l’eau de rose, je préfère rêver.
Qu’importe si la rose a préféré le navet.
Le grain de sel a salé trop d’additions …
Respect et délicatesse m’ont appris l’adaptation.
Je ne peux qu’en sincère amitié profonde
Débouchonner mon cru de sa bonde …
Bien que dans mes écrits pétillants de bulles
Le non-dit ne coince pas souvent la bulle !
Ce qui m’a valu ce jour d’être couronnée …
Demain aussi vite détrônée ! …

 

22 Août 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

Juste la lumière

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Juste la lumière
Et le bruit de l’eau.
Mon âme se désaltère
En ce frais cours d’eau.

Juste toi et moi
Loin de ces tempêtes
Qui mettent aux abois
Notre tête à tête.

Juste un clapotis
D’un temps de répit.
Nos âmes ont la pépie,
Nos corps sont assoupis.

Juste un peu de rêve
Troublé par la clarté.
Nos noces furent brèves
D’intenses opportunités.

Juste un souvenir
D’un lieu de plaisir,
D’un lien dont l’avenir
M’a fait cruellement souffrir.

Juste une nostalgie
D’un volage contemplateur.
Un être habité de magie
Aux vagabondes humeurs.

Juste la lumière
Sans regrets ni remords
Mon âme se désaltère
Libérée de la mort …

Juste la lumière
Et le bruit de l’eau.
J’étais cette étrangère
Tu étais ce héros.

Ce héros inconnu
Apparu dans la lumière
Aussitôt disparu
Noyé dans cette eau claire.

 
28 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

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