Archive pour la catégorie 'Photographe Eric Dussaux'

Le girl power

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Notre RISETTE est de retour !
Elle traîne sa peine, le coeur lourd.
Son ROUDOUDOU, ce bourreau des cœurs
Vers d’autres amours est reparti vainqueur.
« Après quelques jeux sympas préliminaires,
Son assaut fut un coup de tonnerre !
Foudroyant par surprise ma virginité
Ce fut un rapport de pure nécessité !
La bête dans tous ses états chevauchant
Cet acte périlleux en plein champ !
Entre pseudo-pénis nous avons glandé
En position ventrale par moi commandée.
Une copulation hard pour mon ROUDOUDOU
Qui pendant l’intromission de ses mots doux
Déclamait à qui veut l’entendre, incertain
Que d’un revirement je lui botte le train.
Je n’ai pas eu le temps de former mon clan …
Son érection bouleverse, précipite mes plans.
Ce trajet tortueux, est-ce une réussite ?
Ce girl power en tout cas l’a mis en fuite.
Il me reste ses paroles d’un air d’introduction
En souvenir de ma première copulation :
Q’importe les frissons
Pourvu qu’on ait l’ivresse
Ce n’est pas un glaçon
Qui va m’empêcher, diablesse,
De satisfaire mes désirs.
T’écouter gémir de plaisir,
Pour quelques frissons ma poule,
Sans cesse je foule et refoule.
Je guette le moment sublime,
En accord avec ma rime,
Où frissonner en douce
Sur un beau tapis de mousse
Dans un anonymat de bête
Je vais te faire ta fête !
Frissonner contre une proie
À se demander pourquoi
Celle-là et pas une autre
Cette idylle fut la notre.»

Pauvre petit flamand fidèle
RISETTE s’est vengée de cet amour infidèle …

 

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24 Novembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Marie Helene Lallouette Eric Dussaux
Jean Luc Reunival Danielle Liska Yvon Delbecque sur Facebook

photos visibles sur ma page Les poèmes de Chatnine

Le manneken-pis

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Le pensionnat « les Hyénides » est entièrement détruit.
Les quelques pensionnaires, choqués, n’ont plus d’abri.
Regroupés autour de KUKUPANPAN ils attendent avec inquiétude
La décision de la Direction au sujet de leurs études.
Elles semblent bien compromises pour les jours suivants…
À moins d’un miracle, d’un providentiel et inoccupé couvent
Éloigné des pistes pour éviter d’être surpris sans préavis
Par des troupeaux, des hordes de migrants malappris.
Dans toutes ces échauffourées on ne sait plus
Qui était présent ce week-end là au bahut.
C’est le marasme total au sein de l’encadrement
Après ces représailles de rixes, d’antagonisme dément.
RISETTE, loin de tout ce baroud spectaculaire
Rencontre deux camarades perchées sur un lopin de terre,
Tristes, malheureuses, l’air égaré, curieuses de la voir :
«Que faites-vous toutes deux sur cet isoloir ? »
«Nous nous sommes échappées pendant la fuite !»
Et nos deux pensionnaires de raconter la suite …
«Dites donc je constate que le vol de ma couronne
A déchaîné tout le mal du diable en personne !»
«Si encore nous l’avions trouvée … mais non …
Partie, parait-il dans la gueule d’une guenon !»
«Une guenon ? … c’est YO le lionceau qui l’a dérobée !»
Les deux initiées, stupéfaites, en restent bouche bê.
«Mais alors qu’est-elle devenue ? … saperlipopette !
Aussi, si tu l’avais gardée sur ta tête … »
«Avec tes si, tu m’embêtes ! Tenez, je vais à la plage !»
«Nous venons avec toi … à trois on effraie davantage.»
Profitant de la distraction de ses deux colles
RISETTE s’esquive en pensant « Bye, bye fini l’école ! »
Il fait très chaud, le soleil à cette heure est brûlant.
RISETTE aperçoit des arbres, s’en approche à pas lents …
Stoppe … des éclats de rire la font sursauter …
«Ma parole ! On ne dirait pas les rires de ma communauté.»
Curieuse, le cou tendu, elle avance avec hésitation …
À quelques mètres, elle aperçoit un lion
Qui arrose généreusement un tam-tam à roulettes
Tandis que mouches et moucherons en goguette
Bourdonnent aux oreilles des clac-clac en rafale :
«Pipi du matin, le lion a la fringale !
Pipi du midi, c’est son salut colonial !
Pipi du soir annonce un lit nuptial.»
Ce sont les heures où notre Manneken-pis honore
D’un jet d’urine les visiteurs et les décore.
Une curiosité ignorée de bien des safaristes
Trop occupés à photographier les jeux de pistes.
On dit que c’est une grande faveur de voir
Ce Manneken-pis aux nombreux urinoirs.»
«L’insolent ! Quelle indécente gaillardise hardie,
Pour amuser, distraire ces Laurel & Hardy !
Mais trève de plaisanterie, j’ai mieux à faire
Que voir pisser un lion devenu légendaire !
J’ai une faim de loup, allons voir par là
Si je ne trouve pas un beau cuissot d’impala.»
Mais en guise de cuissot ce fut tout autre chose
Qui affligea RISETTE et la rendit morose …

 

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26 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Photo :

Fin de l’enquête pour RISETTE

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Poursuivie par le bataillon des « Aspirants », RISETTE
Dans une course folle, en vain, cherche une cachette.
Soudain arrive à la charge dans un nuage poussiéreux
Un troupeau d’éléphants pressés, envoyés par les cieux
Ou poursuivant leur marche … qui pourrait le dire …
En tout cas ils ont freiné sec ses poursuivants en délire.
Ce qui a permis à RISETTE de prendre de la distance.
C’est peut-être SHOW, le bienfaiteur de cette chance.
SHOW ! Vous l’avez oublié … lui surement pas les amis !
Lors de ses adieux d’une dernière traversée il avait promis
Au fur et à mesure que pousseraient ses défenses, qu’il espérait
Nous revoir ainsi que MUSE sa jolie cousine préférée.
Mais RISETTE ignore les antécédents de sa naissance.
À part CACAHUETE la tortue … pfff quelle importance ?
« L’essentiel est de sauver ma peau et regagner les « Hyénides ».
« C’est pas demain la veille !» lui becque un Jabiru d’un ton moqueur.
«Tu vois ce que je vois ?» «Oui tu n’as pas de pitié pour ce bébé-nageur»
« Tend le cou … regarde au loin … Que vois-tu ? Hein gamine ?
Les gnous ont envahi, encerclé les « Hyénides »… c’est la famine !
Impossible de rentrer ou de sortir de la Pension assiégée !
De te savoir en dehors de ce siège, tu dois être soulagée !?
En plus « Quenottes » et « Aspirants » sont partis aux trousses
De cette mignonnette disparue sans espoir dans la brousse.»
«Sans espoir ?» «Les grandes échasses ont tout vu …»
«Merci Jabiru ! Je vais leur demander un compte rendu …»
Méfiantes et hautaines à l’approche de la reine RISETTE
Aussitôt ces cinq girafes s’apprêtent à lui tenir tête …
RISETTE impressionnée par la hauteur de leurs talons-aiguilles
Avance avec suspicion vers ces camélopards, se tortille …
Discrètes et impassibles leurs ondes sont inaudibles.
C’est finalement un girafon plus loquace et sensible
Qui veut répèter ce qu’il a entendu dire par ses grandes soeurs.
Mais à ce souvenir si cruel, bafouille, pleure, agité par la peur.
« Décidément pas moyen de clôturer mon enquête !»
« C’est CROCUTA ! C’est CROCUTA la méchante, vilaine bête !»
RISETTE voit surgir d’une souche de bois mort une mangouste naine.
Des yeux pétillants, un bout de nez rose la snifant avec aubaine …
« La sale bête féroce ! Je l’ai vue du haut de mon domaine !
C’est CROCUTA, CROCUTA la méchante bête vilaine !»
« Ma parole, le microsillon est enrayé ! … Crocuta c’est moi !»
Prise de panique la mangouste se réfugie sous son toit.
«Non ! Tu mens ! c’es le lion ainsi surnommé par nous !
Il se régale et tue les nourrissons de chez vous.
Dès qu’il y en a un qui s’égare de vos clans
Hop ! … il lui fait à sa façon cucul panpan  !
Il n’a fait qu’une bouchée de ta petite protégée.
Si j’étais toi je traînerais pas ici, tu cours un grand danger.
Les lieux sont comme un terrain miné, infesté de lionnes.»
Sans dire merci ni au revoir RISETTE s’enfuit, se confectionne
Une tannière car le soleil ne va pas tarder à se coucher.
RISETTE après cette dure journée est suffisamment douchée.
Un peu de feuillage sec pour adoucir sa couche …
« Miam miam ce Swarft Mongoose ! J’en ai l’eau à la bouche …

 

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15 Octobre 2018 – Jeannine Castel

Pour visionner davantage de photos merci de se rendre sur ma page de poésie :

 Les poèmes de Chatnine

  photos : Peter Chebon Eric Dussaux 

L’enquête de RISETTE (2)

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L’oeil vif, les oreilles en stéréo, figée comme une statuette,
Sous un soleil de plomb que fait notre RISETTE ?
Assise parmi les herbes sèches qui la chatouillent,
Elle observe un groupe de hyènes du clan « Les Pistrouilles ».
Pendant que trois d’entre eux font le guet, angoissés,
Deux autres finissent de désosser une carcasse délaissée.
Ils ont flairé une présence au loin sur la prairie …
« C’est qui là-bas ? … tu la connais cette souris ?
On dirait une des nôtres ? Encore une pique-assiette !»
«Dépêchons-nous avant que n’arrive les gendarmettes !
Faut pas moisir ici, « Les Quenottes » font des rondes
Et l’odeur de cette eau mêlée au sang va attirer du monde.»
Il faut savoir que « Les Pistrouilles » sont des loubards,
Des pillards, souillards d’arrières-cuisines, des fêtards
D’une lâcheté extrême, recherchés pour escroqueries.
Leurs têtes sont souvent à l’affiche pour mise à prix.
Les rencontrer, même une fois, fait de vous un être en péril.
Mieux vaut les éviter et remercier le ciel d’un « ainsi soit-il ».
« Allons, tirons-nous d’ici ! Vous avez assez bâfré !
Je n’ai pas envie de finir cette journée au frais.»
Sitôt partis, RISETTE, tenaillée d’une grande faim,
Part promptement chaparder un morceau de leur butin.
« Un vrai régal chaussé encore de son sabot !»
Le repas avalé en vitesse, RISETTE trouve une baignoire sabot …
Cachée dans les herbes, juste à sa taille, sa tête à ras du sol …
La voilà à Venise voguant sur une gondole ! D’un bémol
Elle oublie « Les Hyénides » qu’il faudra bien regagner …
Ses règles, son cachot, sa disciplie, ses toiles d’araignées …
Sur le chemin du retour alors qu’elle longe la rivière,
Un monstre piqué de mauvais poils éclairé de petits luminaires
Jaillit brutalement de la flotte dans des mugissements saccadés,
Hénissant comme un cheval, espiègle comme un farfadet.
« On dirait un rhino déguisé pour une soirée folklorique ?»
RISETTE se tord de rires en échos à une barrique.
Vexé cet esprit follet sorti des eaux de la Mara
Invoque les feux follets nichés dans les trous à rats.
Sauvée par une invasion d’autos-tamponneuses, RISETTE
Fait ainsi connaissance avec les tam-tams à roulettes.
Repérée, poursuivie par le bataillon des « Aspirants », inquiète,
RISETTE peste contre ces intrus qui l’ont distraite.
Va-t-elle échapper, troubler leur piste ? …
Il lui revient en mémoire l’image de l’exhibitionniste …

 

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10 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Virginie Liardat
Jean-Louis Godard Eric Dussaux Helene Jacques
 

 

 

Le Paillasson du bonheur

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«LIPSTICK
N’aime pas les moustiques
Quand il pique-nique.
Ça lui donne des tics ! »
Commentent ces deux commères
Réputées pour leurs plumes légères.
Elles sont enchantées d’être invitées
À la table de ce donateur agité.
Ces deux vieilles filles, coincées, pipelettes,
Amères de ne pas avoir eu de conquêtes,
Ont crée une association de donateurs
Afin de partager quelques instants de bonheur
Par tous les animaux de bonne volonté
Qui veulent offrir un peu de leurs bontés.
« Très chère, vous avez vu cette dégaine ?
Pas étonnant qu’il ne garde pas de reine !
Et tous ces tics pour des moustiques …
Mais que lui trouvent-ils tous ces loustics ? »
« Il parait qu’il descend d’une vieille noblesse … 
En tout cas on ne l’a jamais vu à confesse !
Il possèderait un grand domaine dit-on … »
« Oui mais squatté par ces diables de lycaons ! »
« Que font-elles ces deux follasses emplumées ?!
Elles sont en retard … je suis enrhumé …
J’ai pas la forme pour tenir le crachoir
À ces deux antidotes de la fièvre du samedi soir !
Ah ! les voilà qui s’amènent ! Quelles bedaines ! »
Après quelques formules de politesse, de bienvenue,
LIPSTICK vient au fait de leur venue …
« Laquelle de vous deux veut être la marraine 
De mon tout dernier rejeton, ce polisson ? »
« C’est Philo … voici un cadeau… un paillasson …
Où est ce petit chenapan ? »
« Il est en ballade avec sa maman »
« Vous pratiquez la garde alternée ? »
« Elle l’éduque pour la chasse, à berner,
Truander d’innocentes proies …
Faut bien vivre, on a pas le choix.
Vous le verrez donc pour le baptême ! »
« Hihihi ! ça rime avec Philomène … »
« Deux tartes à la crème ces deux rombières !
Tiens je vais étrenner ce paillasson de première ! »
Sur ce tapis de plumetis LYPSTICK s’endormit.
Réveillé, chatouillé par des bataillons de fourmis
Tandis que tout autour fusaient les rires … 
« Non mais c’est quoi ce grand délire ?
Ne suis-je pas votre Roi ? votre Sire ? »
De voir tous ces animaux ensemble lui sourire
Il fut heureux de ce moment de paix partagé.
Il proposa à chacun de venir s’y asseoir.
Une diète tomba comme un assommoir !
Mais dura ce que dure le bonheur…
Si vous l’apercevez, offrez lui des fleurs, 
Et sur ce paillasson partagez votre bonheur.
En noir et blanc, en couleurs, qu’importe
Sur ce tapis volant voyagez de la sorte.

 

17 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photos : Eric Dussaux et Jean Paul Acquaviva sur Facebook

 

 

 

 

Déjà les regrets

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Déjà les regrets
Avant que ne se posent
Les ailes d’un papillon,
Avant que ne vous agrée
La joie de cette pause
Sur ce bouquet vermillon
Déjà fané par ces regrets.

Le papillon volage
De regrets n’a point voulu
Avant de votre coeur avoir
Enflammé de ses mirages
Des baisers à vos lèvres goulues.
Effrayé par tout ce noir
Il n’a pas ouvert la cage.

Les regrets sont restés
Cachés au fond du coeur
De cette fleur posée là,
De vos regrets attristée
Des tourments de votre coeur
Tourmenté par l’au-delà
Appelé Terre du Masaï Mara.

 

15 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Eric Dussaux sur Facebook

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