Archive pour la catégorie 'oiseaux'

Pensées secrètes

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Sur un coup de sonnette
Les pensées secrètes
Se font très discrètes
Un trouble fête …

Les pensées secrètes
Comme les allumettes
S’enflamment dans la tête
Au sens d’une girouette.

Elles voyagent solitaires,
Leur condition, se taire …
À part quelque confession intime
D’une cime qui se perd dans l’abîme.

Journal inédit cadenassé,
Méditation de pensées encrassées,
Ecrites elles se sentent menacées.
Les pensées secrètes vivent entassées.

Aux étrangers elles restent muettes,
Attendent pour sortir de leur cachette
Qu’une issue de secours vienne vidanger
Ces ruminantes, encombrantes engagées.

Ces hôtesses attendent la nuit
Pour sortir de leur secret logis
Ces pensées secrètes mourant d’envie
D’émerger de cet insondable puits.

Les pensées secrètes comme cet oiseau
Se cachent derrière les silencieux mots
D’un regard indiscret à travers un hublot …
Pensées secrètes a son plumeau …

3 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Publié dans:oiseaux, Photographe KLIBI Sabri |on 4 décembre, 2016 |Pas de commentaires »

Je me sens observé

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Trois adorables oisillons
Perchés dans des buissons
Surveillent de leur balcon
La venue d’hôtes polissons.

« Je me sens observé » gazouille
À ses frères jumeaux ce suspicieux
À la bavette couleur citrouille
Complice de repas délicieux.

Ces triplés d’un oeuf artificiel,
Admirés comme un arc-en-ciel,
Ont donné le vertige à des gratte-ciel
Entre le singulier et le pluriel.

Trois petits rouges-gorges mignons
N’ont pas besoin de lorgnon
Mais de votre défilé d’admiration
Ils attendent leurs rations …

 
25 Novembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Sébastien Majerowicz Nature Photographer sur Facebook

Le martin des bois

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Le martin des bois
Est tout en émoi …
Il attend sa belle
Pour une ritournelle.

Caché dans les buissons
Le corps tout en frissons,
Après avoir bien pêché,
Il attend ainsi juché.

Mais voilà qu’un étranger
Vient, en curieux, déranger
Ce rendez-vous si attendu,
Gourmandise d’un fruit défendu.

D’un oeil furieux il foudroie
Cet intrus des bois
Qui flashe ce moment intime
Allongé de quelques rimes !

Encore un rendez-vous raté !
Je vais donc démâter,
Rechercher une autre cachette …
Me trouvera t-elle ma martinette ?

 

23 Novembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Sébastien Majerowicz Nature Photographer sur Facebook

Comme un ange

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L’air ombrageux, tout charbonneux,
La mésange, comme un ange malheureux,
Est venue de quelques étamines
Fleurir le souvenir des victimes de la mine,
Ecrire par le biais de mon porte mine
La sombre histoire des hommes de la Mine.
Elle porte encore le deuil
De tous ces mineurs de fond en cercueils.
Tous ces hommes durant des décennies
Ont chauffé pour quelques calories
Ces touristes qui viennent à présent
Visiter les bas-fonds de charbons ardents.
Leurs tranchées étaient des galeries
Certes avec ascenseur, un luxe pour l’embellie …
Leur ennemi, ce gagne pain, d’un grisou
Les laissaient au fond du trou.
Certes ce n’était pas la même guerre,
Les mêmes défenses pour des frigidaires
Qui à l’abri grelottaient de froid …
Oh mes aïeux, quelle sainte foi !
Si encore de nos jours les mines étaient resplendissantes
Combien seraient pour eux mes pensées ferventes.
Je ne peux qu’à titre personnel, en ce jour,
Je ne peux que vous rendre cet amour
Qu’il vous a fallu donner, offrir,
Pour un monde au si triste avenir.
Merci petite mésange charbonnière d’être venue
Comme un ange … merci pour ces chers disparus.

 

11 Novembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Sébastien Majerowicz Nature Photographer sur Facebook

 

 

 

Petit merle noir

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Un merle tout noir
Alerte le parloir
Du haut de son perchoir :
Des tuiles vont pleuvoir !

Un merle qui crie
Sa rage et sa furie
Contre ce monde aigri
Qui se suicide avec lui.

Un merle sans la grive
Dénonce la dérive
Les piqures de vives
L’asphyxie de ses rives.

Un merle tout noir
Repousse l’aigle noir
Qui plane de désespoir
Sur tout cet espace noir.

Petit merle noir
Si j’avais pouvoir
De te donner l’espoir
En ce monde si noir …

Merle, serrons nous la patte
Avant que n’éclatent
Les plombs de ces pirates,
Les bombes sur nos stigmates.

9 Novembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Sébastien Majerowicz Nature Photographer sur Facebook 

L’intrigue

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Dans l’ombre de tes pas
Aucune nostalgie me tourmente
Tel un volcan du Kamtchatka
Cette lave noire ne me hante.
Neige éternelle d’un volcan éteint
Regrets éternels sans ma main.
Sinistres roucoulades d’un matin
Première amorce d’un déclin
Plus de larmes pour ce pantin.

J’ai tissé des liens avec mon corps,
J’ai échappé à ses envies de mort,
Plumée par leur mauvais sort.
Après les steppes parcourues, cher trésor,
Je me retrouve survolant avec Falkor
Des terres inconnues, des châteaux forts,
Franchissant les démences du Veau d’Or
Alors que le monde s’endort …
Le rêve ayant déserté leur corps.

Dans l’ombre de ses pas
Je m’étais égarée.
Dans l’ombre de mes pas
Me voici nouvellement parée.
L’intrigue connue de la mésange
Fut embellie au passage de l’ange.
L’arbre de ma forêt n’était que louange
D’une histoire cruelle, étrange,
De mes vendanges.

L’intrigue a dénoué ses ganses,
Les complots inavoués de la malchance.
L’arbre de la transcendance
A donné à l’intrigue l’abondance
À des plumes de même connivences
Pour qu’un lecteur curieux, en errance,
Intrigué, l’esprit en vacances,  
S’attarde sur un cliché de ressemblance
Sur des plumes d’alliance.

16 Septembre 2016 – Jeannine Castel
Domaine du Buttet – Le Bourget du lac
crédit photo : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie, oiseaux |on 17 septembre, 2016 |2 Commentaires »

L’ascension

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Après le couloir des curiosités,
Les méandres de la morosité,
Sabrina, la mésange à longue queue
A choisi l’ascension vers Dieu.
Solitaire, en ce chemin étroit,
Elle grimpe, accompagnée de sa foi,
A l’écart de nombreux pèlerins moines
Illuminés de la tentation de St Antoine.
Elle entonne le cantique des mésanges
Tchin-tchin trillé qu’un rien dérange.
Elle a quitté les haies et les forêts
Pour ce bois moussu par la croix inspiré.
En cette grimpette à la verticale,
Plumage ébouriffé d’une survie hivernale,
Sabrina veut construire son nid
Sur cette Terre Promise du Paradis.
Elle aurait bien aimé un buisson ardent
Si ce n’était son aversion pour l’éloignement.
Protégée par les tables de la loi de France
Elle est absoute de pénitences.
Elle égraine de son bec court et trapu
Tout un chapelet d’insectes, jamais repue.
Le sol n’est pas son territoire favori.
Acrobate infatigable en suspension elle prie.
Son doux nom est Tupinet pour ses oiselets.
Cette ascension va l’auréoler
Pour regagner la compagnie vibrante
Voletant aux rameaux de branches accueillantes.
Les mangeoires sont ses bénitiers,
Les épineux son autel familier.
Sautillant avec les longues queues de pèlerins
Elle loue ce Dieu trois fois Saint.

14 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Photographie de Sabri KLIBI – Domaine du Buttet – Le Bourget du lac Août 2016

Publié dans:Littérature et Poésie, oiseaux |on 14 septembre, 2016 |2 Commentaires »

Clair de Brume

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à David Gilmour

Une eau stagnante, étrange flotille,
Un héron recherche une anguille.
Il hésite, ébloui par les rais de lumière.
D’une patte il invite une invisible cavalière
Pour une danse sur cette piste aux écumes
Dans un duo au clair de brume.
Un saxophone flirte avec les roseaux
Donne volupté et langueur à l’eau.
Une trompette venue du grand mystère
Envoute cette vision diamantaire
Côté sombre de la lune chagrinée
Par ce héron hésitant vers sa douce aimée.
La nature complice va d’un voile de dentelle
Cacher ce ballet nuptial sous les ailes
D’infortunés amours
D’un clair de brume d’un jour
Dans les marécages argentés
D’un bel été.
Entendez-vous cet appel du marais
Aussi beau qu’étrange, amarré ?
Je danse avec ce bel héron cendré
Oubliant la vase et les moustiques
Je suis bien, c’est magique.
C’était pourtant un clair de brume
Léger, légère, comme une plume …

12 Septembre 2016 –  Jeannine Castel

Photographie de KLIBI Sabri – Domaine du Buttet - Le Bourget du lac  - Août 2016

 

Publié dans:Littérature et Poésie, oiseaux |on 13 septembre, 2016 |2 Commentaires »

Le couloir des curiosités

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Partir à l’aventure
Avec ou sans armure
Découvrir, simple curiosité,
Des espaces inhabités
Comme ce héron cendré intrépide
Pataugeant dans ce marais hostile
Dans cet étroit goulot
Loin de tout écho.
Armé de cendres refroidies
Il avance en catimini
Au milieu des roseaux fragiles
Pas de chêne, ni d’automobiles …
Venu sans escorte apparente,
Après tant de rencontres décevantes,
Redouble son ardeur, pressée,
Dans ces eaux troubles embarrassées.
Une inquiétante solitude l’envahit …
Ce grand silence autour de lui …
Se tromperait-il de chemin ?
Avancer … il réfléchit, incertain.
Mais la vie poursuivie par la mort
Ne lui laisse pas choisir son sort.
Solitaire, il attend, continue,
Dans le bruissement des feuillus
Dans ce couloir de curiosités
Tant de fois emprunté.

10 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Photographie de KLIBI Sabri – Le Bourget du lac (Savoie) Août 2016

Publié dans:Littérature et Poésie, oiseaux |on 11 septembre, 2016 |2 Commentaires »

Frisettes et cancans

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Héllo ! …
Vous m’avez vue sur la photo ?
Sans pattes …
Elles étaient ce jour là, écarlates ! …
Que voulez-vous avec cette pollution …
Des démangeaisons … on espère une solution …
J’envisage de migrer vers le Nil ou en Chine
Quitter l’étang avec d’autres copines…
Vous imaginez mes frisettes sous un chapeau chinois ?
Et des baguettes entre mes doigts ? …
Je descends d’une grande lignée de Pélécanidés …
Je snobe un peu ces vahinées
Qui se trémoussent le croupion en l’air,
J’ai horreur des courants d’air !
Par contre j’aime bien papoter sur l’étang,
J’adore les  cancans !
J’ai dans ma poche tant accumulé
De sornettes, de blagues, de mots acidulés,
Que je pourrais déblatérer, faire éditer,
Depuis les temps d’antiquités.
Lorsque Sabri, le photographe, est passé
J’avais l’angine … kh-kh-kh…  bec cadenassé …
Quelle déception, pas de béguine,
Qu’allais-je raconter aux voisines ? …
Je raffole de la rumeur qui défrise,
Les scandales ébruités par la Tamise,
Les ragots chuchotés au soleil couchant …
De quoi rêver et s’endormir la nuit des temps …
Bon un peu de toilette sur la rive,
Je dois me rendre à une fête de pêche collective …
Histoire d’écumer les cours d’eau …
Faut bien se nourrir… puis y a les photos …
Dites à ces photographes 
Que nous ne donnons pas d’autographes …
C’est déjà bien assez de poser nuit et jour.
Tiens … j’ai pas parlé de mes amours …
Repassez me voir ! … un autre jour.
Je me suis pas présentée ?
Je suis la femelle du Pélican frisé !

wowowo … On dit que j’ai des belles gambettes …

9 Septembre 2016 – Reportage de Jeannine Castel

Photographie de KLIBI Sabri – Villars les Dombes

Publié dans:Littérature et Poésie, oiseaux |on 9 septembre, 2016 |2 Commentaires »
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