Archive pour la catégorie 'oiseaux'

Je te plumerai !

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Je te plumerai !
Dit ce monstre de noirceur.
Je picorerai
Toutes tes vilaines humeurs
Siffle l’alouette.
Ce sera ta fête !
L’ultime défaite
De ta conquête.

Je te plumerai !
Après le loup et l’agneau,
Ton coeur d’ivraie
Déraciné par un roseau,
Sur un chêne je sifflerai
La beauté de mes plumes.
Victorieuse je publierai
Tes désirs qui m’allument.

Je te plumerai !
Ose le dire en vrai,
Photographe de mon coeur,
Avoue que mes belles couleurs
Font tâche sur la laideur
De tes envies de chasseur.
Une gentille alouette 
Posée sur ta mémorable binette !

Je te plumerai !
Tempête de sang.
Fantasmes libérés
De cris en tous sens.
Plateforme d’inspiration
De mots gorgés de sensations.
Trahison d’une certitude,
Trophée gagné d’incertitude.

Petit coeur,
Honorée de tant de convoitise,
Je plumerai ta sottise !
Jusqu’à ce haut le coeur        
Qui sautille sur le bonheur
D’un mystérieux menteur
Engagé dans les pensées
D’une alouette si souvent offensée.

Sur cet esprit criminel,       
Notre belle alouette,
A mis un peu de sel 
Sur ces superstitions obsolètes.
Sauvées par l’âme des poètes,
Ses plumes boostées par la beauté,
Massacrées par de tentantes férocités
En ont fait une chansonnette …

19 Juillet 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Wonderfulworld Acswell Lions Acswell sur Facebook 

 

 

 

 

Les cris des hirondelles

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Les cris des hirondelles
Cette année m’interpellent,
Me renvoient à ma jeunesse
Dans mon humble forteresse.

Baroudant le ciel d’été,
D’été en été infestés,
Elles ont comme moi résisté
Sur tant de vols manifestés.

Qu’ont-elles à me dire
Sur leurs ballets en délire ?
Mon coeur elles déchirent.
J’ai mal, j’ai mal du pire.

Ah ! voler avec elles ce matin !
Les cris des hirondelles enfantins,
Quelque part du lointain,
N’ont pas quitté mon chemin.

Ces vagabondes de mon être
Nichées au-dessus de ma fenêtre
Ne peuvent plus y naître …
Tout est parti avec peut-être.

Encore un été avec vous,
Hirondelles et hibous,
Amis de mes mots, de mes rêves fous,
Passagers de nos rendez-vous.

Les cris des hirondelles
Ce matin de ma nacelle
 M’ont présenté leurs hommages …
À l’an prochain ! … pour de nouveaux bavardages.

 

1 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : KLIBI Sabri Photographies  » Artiste Photographe Compositeur sur Facebook

La Dolce Vita

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La Dolce Vita …
C’était quoi ma Lolita ?
Se demande l’échasse blanche
Ce matin d’un calme dimanche.
En prenant un bain de pattes,
Elle cherche, sur cette eau plate,
En vain quelques souvenirs
Absorbés par le nadir
De cette voûte céleste floue
De nacre rose, entre chien et loup.
Juste un petit filet d’écume
Dissipe les ondes de la brume
D’une vie qui se voulait rose
Quand l’important, cette chose,
Se contentait de trois fois rien
Qui vous colle comme un vaurien.
Faute d’accorder ses violons,
Dans un monde éternellement long,
Secouée de quelques frissons,
Noyée ! dans cette mer de glaçons
La Dolce Vita ! …
Juste un reflet ma Pépita
De ce passé effacé par la morosité
D’un horizon jamais atteint, toujours parasité,
Comme si le bonheur d’une vie douce
N’était que superficielle mousse.
De peur que n’éclabousse son oubli,
L’échasse sans le mondre repli
Délicatement gratte dans les fonds,
Jusqu’au moindre pouce,
Sur les cordes du souvenir profond
Quand se la coulait douce 
La Dolce Vita.

4 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : KLIBI Sabri Photographies  » Artiste Photographe Compositeur «  sur facebook

 

 

La Patronne

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La Patronne, ce grosbec casse-noyaux de choix
En vérité parfois casse les noix
Aux sulbaternes sous ses ordres
Question de mettre un peu de l’ordre
Dans les rouages saisonniers
De quelques employés casse-pieds.

Star redoutée et redoutable
Elle a l’art de désservir la table
D’encombrants noyaux de coquilles.
Entremetteuse d’une grande famille
Qui ne casse pas des briques,
De noyaux a sa marque de fabrique.

Imposante personne sur ses sujets
La Patronne, portrait de ce geai,
Discrètement est venue se poser, rayonnante,
Casse-cou aux idées délirantes,
Sur des vols et envolées de suppositions
Qui couvent et nichent sur des munitions.

Confidences sur un bec dont la puissance
Avec la Patronne a forte ressemblance.
Voler dans les plumes ne lui fait pas peur.
Cette Patronne connait par coeur
Les casse-noix, les casses-couilles
Les casse-bonbons et leur tambouille.

Histoire de casser la graine toute             
Pour ce geai en vadrouille,
Les casse-noisettes et casse-croutes
D’un casse-tête brouillent                             
Le casse-pipe sans aucun doute
De cette Patronne qu’un geai en avant toute !

 

24 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Sébastien Majerowicz sur Facebook

 

Le bateleur

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Dans un vol majestueux, silencieux,
Il survole la vaste plaine africaine
En bateleur des savanes, radieux,
Il vole et court la prétentaine.
Il plane sans effort tout le jour,
Cherche une parodie pour ses amours.
Il danse avec aisance dans les airs,
Tel un voilier voguant sur les mers.
Il plane à une vitesse vertigineuse, folle,
Le vent ébouriffe ses plumes frivoles.
Il est le seigneur des grands espaces,
Le magicien au vol plein d’audace.
Ce Terathodiusecaudatus solitaire
Traverse l’infini et ses mystères.
Véritable acrobate, en hommage à Levaillant
Il lui doit son nom élogieux, si brillant.
Du corail à l’indigo, couleurs du voyage
Aux voiles brodées de noir pour bagages.
Un bateleur, prince des hauteurs,
Au bec fourchu des aigles prédateurs
Qui sont un danger pour ce patrouilleur
Descendu du ciel et de ses splendeurs.

 

19 Mai 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Farid Radjouh sur Facebook

La pluie était au rendez-vous

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La pluie était au rendez-vous
En ce séjour auprès de vous.
Sur les rives inondées de l’étang
Le martin pêcheur attend le printemps.

la pluie ce matin est au rendez-vous
Ni Robin, plus d’étang, sans vous …
Juste la pluie pour me souvenir
De ce séjour pluvieux sans soupirs.

La pluie était au rendez-vous
Sur les prés, dans les bois, avec vous.
Je n’ai pas vu un tel décor
Tant il pleuvait fort dehors.

La pluie était au rendez-vous
Avec ce chocolat chaud bu avec vous.
De nouveau seule, sans vous,
La Dordogne a conservé sa couleur de boue.

La pluie était au rendez-vous.
Solitude que chacun d’entre nous
Noie dans la joie d’un rendez-vous
Que j’ai avec Robin ce jour avec vous.

 

4 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Michel Andrieux sur Facebook

 

 

 

Au sommet

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En habit de deuil,
Un valeureux pic noir
Va de seuil en seuil,
Cherche dans les trous noirs,
Sur cet immense cercueil,
L’histoire de ses ancêtres.

Cramé par les incendies, l’hêtre
Git sur un lit de feuilles mortes.
Il a gardé ce privilège du bien-être,
Même mort, d’abriter des cloportes.
Ce sédentaire aux moeurs diurnes
Tambourine en grimpant, averti.
De ses ongles pointus il ouvre les urnes
D’une généalogique famille décatie.

Par petits sauts, il s’agrippe à l’écorce
Qu’il perfore de son long bec acéré.
Sa langue effilée, visqueuse, avec force
Se projète loin devant sur l’espace arboré.
Sous la calotte rouge d’un soldat du feu,
Dans cette ascension de souches gisantes
Calcinées par les brûlures de ses aïeux,
Vers le sommet de ses griffes puissantes
Il grimpe, s’appuie sur les plumes de sa queue.

Sur ces cendres, seul son bec de couleur vive
Tient la chandelle à ce mortuaire sommet
Percé de toute part, d’un tronc à la dérive
Qu’il martèle de mouvements dignes d’un dessin animé. 
Sans relâche, d’un arbre à l’autre, il passe
De son vol régulier et ondulant, puissant,
Commémorant le souvenir des Black Woodpecker
Dans ce triller pour Jokers.

 

12 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photographie : Klibi Sabri sur Facebook

 

The surfcasters

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The surfcasters,
Bécasseaux intrépides,
Disciples de Water,
De mouvements rapides
Sondent la profondeur.
Un ciel admirateur
Contemple ces noceurs
Se régaler de saveurs.

Ce quatuor de plumes
Soignent le léger rhume,
D’éternuements singuliers
Échoués à leurs pieds,
Par des vagues écumeuses
De la Costa de Lavos neigeuse.
Ces surfcasters inséparables
Ont un appétit redoutable. 

Alignés en rang d’oignon,
Ces surfcasters sont des champions !
Ils se servent de leur croupion
Pour surfer sans affabulation
Tandis que leur bec de munitions
Recharge leur batterie en perdition.
Des surfcasters en pleine action
Sur des flots en hibernation.

 

22 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Sabri Klibi sur Facebook

 

Sur l’étang glacé

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Sur l’étang glacé
Mademoiselle Mouette
Au pas cadencé
Réchauffe ses gambettes.

Un joli feston bourgogne,
Brodé sur ses ailes,
Elle marche sans vergogne,
Légère comme une gazelle.

Sur l’étant gelé,
Déserté par le roitelet,
Solitaire, elle avance
De quelques pas de danse.

Où va-t-elle ainsi ?
On dirait qu’un souci
La préoccupe sérieusement …
De glace est son tourment.

Pas le moindre crustacé,
Ni poisson, ni mollusque,
C’est pas la panacée …
De rire, elle s’offusque
De ce froid intempestif
Qu’elle n’a pas invité
À ce repas festif
Qu’elle avait mijoté.

Elle marche en solitaire,
Contrariée, elle va de ce pas
Vers le ver de terre
Lui donner son trépas.

La glace a nettoyé son labeur.
Elle espère qu’un brave laboureur
Opportuniste comme elle, jettera
Ses ordures à l’abri du verglas.

Triste journée de ravitaillement.
La mouette rieuse sur l’étang glacé
Avance, distance vaillamment,
Les goinfres qui la suivent bruyamment.

 

5 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Martine Eberhardt sur Facebook

 

 

Speed way

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Dix heures sonnent.
Speed way,
Ouais, ouais,
Est en retard
Pour personne …

Il arpente,
De légers sauts,
La grève accueillante
Aux sages flots.

Sanderling, attaché
À un bécasseau pressé,
S’offre un panaché,
Empressé, stressé.

Pris par la vitesse,
Le bec en liesse,
Le jour paresse.
Rien ne presse …

Dix heures ont sonné.
Standerling s’assoupit.
Un bécasseau abandonné
S’offre un répit.

Speed way
Ouais, ouais,
Flâne away
On his way.

 

21 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : KLIBI Sabri sur Facebook

 

 

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