Archive pour la catégorie 'Littérature et Poésie'

Les dents de la Mara

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Les dents de la Mara …
Fait comme un rat !
Ce Colonel après une revue,
Flotte discrètement à la vue
De toutes ces assoiffées troupes
Qui viennent boire en groupe.
Lors de ce défilé silencieux,
Il a repéré les faibles, les vieux,
Les jeunes victimes inexpérimentées.
Il faut bien s’alimenter !
Il profite des rives glissantes,
Des sols boueux en pente
Qui favorisent l’assaut cruel
De ses redoutables mâchoires de Colonel.
De passage, des japonais ont mitraillé
Bavant, dégoulinant de restes débraillés,
Ces dents de la Mara en plein repas,
D’un croquemitaine spécialisé pour le trépas.
Pour aider ce Colonel ambitieux
Son bataillon s’invita à son délicieux
Menu qu’à lui seul il ne pouvait engloutir.
Les sous-fifres, il faut bien les nourrir !

Les dents de la Mara et ses réjouissances
Ne me mettent pas en apétence …
Pas plus que tous les festins
Des chasses d’assassins.
Âmes sensibles s’abstenir …
Comment vai-je jouir ?
L’autruche a du mal à déglutir …

 

19 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Georges Barré sur Facebook

 

 

Tournez manèges !

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à Angèle Hoffmann, ma dédicace et mon amitié,

Montent et descendent les chevaux de bois
Sur une musique de viole d’autrefois.
L’enfant, ébahi, est ce nouveau roi
Tandis qu’à ses pieds la foule festoie.

La grande roue entraîne avec elle
Tous ces rêveurs en de petites nacelles
Qui dominent le monde en un seul tour
Dans le cercle infernal des beaux atours.

À coups de balancier, le bateau ivre
Du stress les gens heureux les délivre.
Volent jupes et mèches folles
Sur les vagues imaginaires d’une métropole.

Enchaînés, enivrés de vitesse, des pantins,
Assis sur des sièges, postillonnent leur baratin,
Virevoltent dans tous les sens, polichinelles
Attachés à un puissant manipulateur de ficelles.

De secousses offertes par la secrète vie,
Des passagers venus carapacés d’envies 
Dont les soucis du bien être se moquent, 
De brusques courtoisies s’entrechoquent.

Le grand huit dont la boucle est bouclée
Vers l’infini divague sur une portée sans clé.
Sur ses rails chauffés par les sensations
Il compte et recompte les criardes émotions.

Fuite endiablée vers des montagnes russes
Dans la poussière et les klaxons d’autobus,
Marche avant, marche arrière, tremplin rebondissant
Tourne, tourne le manège des passants.

La barbe à papa, la chique en sucette,
L’enfant tire le pompon d’un ballon en guinguette.
Quelques tours de manèges l’ont transporté
Dans un tourbillon par la vie escorté.

La planète terre, ce grand manège
N’arrête jamais ces jeux de florilèges.
Sa farandole effrénée nous irrite, nous allège,
De sa permanente fête foraine en grand cortège.

 

20 Janvier 2018 – Jeannine Castel 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 28 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Le Paillasson du bonheur

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«LIPSTICK
N’aime pas les moustiques
Quand il pique-nique.
Ça lui donne des tics ! »
Commentent ces deux commères
Réputées pour leurs plumes légères.
Elles sont enchantées d’être invitées
À la table de ce donateur agité.
Ces deux vieilles filles, coincées, pipelettes,
Amères de ne pas avoir eu de conquêtes,
Ont crée une association de donateurs
Afin de partager quelques instants de bonheur
Par tous les animaux de bonne volonté
Qui veulent offrir un peu de leurs bontés.
« Très chère, vous avez vu cette dégaine ?
Pas étonnant qu’il ne garde pas de reine !
Et tous ces tics pour des moustiques …
Mais que lui trouvent-ils tous ces loustics ? »
« Il parait qu’il descend d’une vieille noblesse … 
En tout cas on ne l’a jamais vu à confesse !
Il possèderait un grand domaine dit-on … »
« Oui mais squatté par ces diables de lycaons ! »
« Que font-elles ces deux follasses emplumées ?!
Elles sont en retard … je suis enrhumé …
J’ai pas la forme pour tenir le crachoir
À ces deux antidotes de la fièvre du samedi soir !
Ah ! les voilà qui s’amènent ! Quelles bedaines ! »
Après quelques formules de politesse, de bienvenue,
LIPSTICK vient au fait de leur venue …
« Laquelle de vous deux veut être la marraine 
De mon tout dernier rejeton, ce polisson ? »
« C’est Philo … voici un cadeau… un paillasson …
Où est ce petit chenapan ? »
« Il est en ballade avec sa maman »
« Vous pratiquez la garde alternée ? »
« Elle l’éduque pour la chasse, à berner,
Truander d’innocentes proies …
Faut bien vivre, on a pas le choix.
Vous le verrez donc pour le baptême ! »
« Hihihi ! ça rime avec Philomène … »
« Deux tartes à la crème ces deux rombières !
Tiens je vais étrenner ce paillasson de première ! »
Sur ce tapis de plumetis LYPSTICK s’endormit.
Réveillé, chatouillé par des bataillons de fourmis
Tandis que tout autour fusaient les rires … 
« Non mais c’est quoi ce grand délire ?
Ne suis-je pas votre Roi ? votre Sire ? »
De voir tous ces animaux ensemble lui sourire
Il fut heureux de ce moment de paix partagé.
Il proposa à chacun de venir s’y asseoir.
Une diète tomba comme un assommoir !
Mais dura ce que dure le bonheur…
Si vous l’apercevez, offrez lui des fleurs, 
Et sur ce paillasson partagez votre bonheur.
En noir et blanc, en couleurs, qu’importe
Sur ce tapis volant voyagez de la sorte.

 

17 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photos : Eric Dussaux et Jean Paul Acquaviva sur Facebook

 

 

 

 

SEREIN

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Serein, Isolé et lointain,
Sur la mousse d’un paradis
De plus en plus éteint
De sa lumière il resplendit.

Entouré d’un obscur sous-bois,
Il manifeste sa joie éclatante.
Solitaire parmi les cris aux abois
D’âmes égarées sur les sentes.

Il a poussé comme un champignon
Serein, sans crêpage de chignon,
À l’abri des nombreux gnons
Qui font pleurer les oignons.

La nature, secrète, camoufle
Ses biens les plus précieux.
Sous ce luminaire elle s’emmitoufle
De rais de bonheurs délicieux.

Serein, oubliant le tumulte
En ce bois propice aux culbutes,
Sur sa butte de douce mousse
De sa fraîcheur il m’éclabousse.

Serein, serein, petit mousse.

18 janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Sébastien Majerowicz sur Facebook

 

Un caprice de lionceau

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« Arrête tes caprices,
C’est un vrai supplice
De t’entendre ainsi hurler !
Capricieux ! Soupe au lait !
Arrête s’il te plait ta comédie !
Même pas en rêve … du poisson le vendredi !
Mais d’où il sort celui là ? »
Se demande la mère dans tous ses états.
« Va rejoindre tes frères et plus vite que ça !»
« Tu es vilaine, je vais le dire à Papa ! »
« Ah ! elle est bien bonne celle-là ! »
S’exclame le père d’entendre cela.
« Fiston, inutile de me passer la brosse,
Le poisson c’est pas pour les félins féroces.
Mais d’où vient ce gosse ?
Chez nous on ne pêche pas, on chasse ! »
Le père céda de guerre lasse.
« Cette nuit, à l’abri des regards, tu viendras
Nous irons pêcher dans les eaux du Mara. »
« Tu es le meilleur des papas … vrai, on ira ? »
« Mais surtout ne le dis à personne à cause
De toute la Communauté et d’une psychose … »
« Psychose ?… c’est qui Dad cet animal ? »
« T’inquiète fiston, c’est pas un truc génial. »
À la nuit tombée, sous les yeux de quelques hippopos,
Le père et le fils pêchèrent du bord de l’eau
Quelques poissons endormis surpris de voir des crocs
Dans des becs d’aussi féroces oiseaux.
Le lionceau s’amusa du frétillement
De ce poisson gluant, craquant et puant.
La gueule pleine d’écailles et d’arêtes
Il vomit… « Pouah ! c’est dégeu ! arrête !
Vite que je me rince, que je me débarrasse
De ces épines qui me piquent, m’agacent ! »
« Il te faut manger de la viande en boulettes
Pour faire passer ces vilaines arêtes … »
Le père, amusé, ramena son fiston agacé
Qui n’arrivait pas à se débarrasser
De ces maudites arêtes qui l’embarrassaient.
Notre capricieux lionceau de vive allure
Se garda bien de raconter cette aventure.
Pressé de rentrer le voilà qu’il galope
À l’idée d’un bon steak d’antilope.
Quelques bavards hippopos ébruitèrent
Cette partie de pêche peu ordinaire.
Notre lionceau fut baptisé FISHER
Par ces amphibiens moqueurs.

On dit que des safaristes auraient vu un lion
Porter un pendentif avec une grosse arête de poisson …

 

9 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Lucy Johnson sur Facebook

 

 

Déjà les regrets

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Déjà les regrets
Avant que ne se posent
Les ailes d’un papillon,
Avant que ne vous agrée
La joie de cette pause
Sur ce bouquet vermillon
Déjà fané par ces regrets.

Le papillon volage
De regrets n’a point voulu
Avant de votre coeur avoir
Enflammé de ses mirages
Des baisers à vos lèvres goulues.
Effrayé par tout ce noir
Il n’a pas ouvert la cage.

Les regrets sont restés
Cachés au fond du coeur
De cette fleur posée là,
De vos regrets attristée
Des tourments de votre coeur
Tourmenté par l’au-delà
Appelé Terre du Masaï Mara.

 

15 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Eric Dussaux sur Facebook

KILAMBO ABOU MARINGA

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Le jour se prépare à mourir.
La nuit peut enfin venir.
Les rêves illuminent l’horizon
L’obscurité ouvre sa garnison.

Mille oiseaux aux yeux de lumière,
Tels des phares de côtes animalières,
Jouent avec l’ombre qui s’ennuie
Dans l’immense solitude de la nuit.

Profitant de cette clarté bénévole,
Certains chasseurs sans fusil à l’épaule,
Vont ripailler avec des invités surprises
Sans bonnet de nuit ni longue chemise.

Des rugissements répondent aux ricanements
De hyènes dévoreuses de leurs propres enfants.
La terreur se réfugie dans des abris sûrs
Indifférente à la beauté de l’azur.

Le jour réveillera les somnambules.
L’ombre vagabonde sur les vols de libellules.
De lever en coucher toujours émerveillé
Un feu de bois réjouira les veillées.

La nuit se prépare à mourir.
Le jour appelle à son souvenir.
En vol de nuit les nuages voyagent.
Kilambo Abou Maringa, un roi de l’image.

 

20 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Kilambo Abou Maringa sur Facebook

 

The deep pink Lady

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The deep pink Lady
N’aime que le rose.
La blancheur la rend morose
Surtout le samedi.
Au Pont des Tourradons,
En Camargue Gardoise,
Elle enfile ses jupons
Couleur bois de rose.
La nature, complice, d’un décor
De rose tendre se pare,
Laissant ses lumières d’ors
Aux pâles reflets des mares.
Pink Lady a mis ses bas fins
Couleur rose crevette, une jarretière
De dentelles d’un beau rose satin
Assortie à sa bonbonnière.
De gros bouquets de lilas roses,
Noués de rubans rose bonbon,
Feront cortège avec les flamands roses
Sous le Pont des Tourradons
Pour les noces de Lady Rose.

9 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : KLIBI Sabri Photographe compositeur sur Facebook

 

à quoi tu penses ?

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À quoi tu penses
Mon grand silence
Quand la danse
De son absence
Est en partance.

À quoi tu penses
Quand les confidences
N’ont plus confiance,
Sont en errance
Ma chère clémence.

À quoi penses-tu
Quand l’os pointu
Te dit turlututu.
Qu’attends-tu
De cet angle obtu ?

À quoi tu penses
Quand se balancent
Tes rêves immenses
Sous une pluie dense
En permanence.

À quoi tu penses ?

 

8 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Laurent Baheux

Même la rose

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Même la rose
Si belle éclose
Fane et meurt
Sans un coeur
De bouton de rose
Qui s’ouvre et repose
Sur un vieux portrait
Aux jolis attraits.

Deux roses fanées
Sur une matinée
D’idées noires …
Pourtant belle histoire
Ces roses contaient.

Même la rose
Pour d’autres choses
D’une belle pause
A fleuri
De ses pétales flétries
Aux sourires pâlis
Sur les beautés de la vie.

M’aime la rose ?
En ce matin morose
De peur que s’ankylose
Ma plume virtuose.

Même la rose pose
Une éternelle osmose
Pour que vivent les roses.
Même la rose …

Merci la rose !
C’est peu de chose.
Pour toi j’ai osé
Sur tes joues nécrosées
Mes tendres baisers poser.

 

10 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Amo Passicos sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 17 janvier, 2018 |2 Commentaires »
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