Archive pour la catégorie 'Littérature et Poésie'

Voici le temps

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Voici le temps des papouilles, des mamours,
Des cabrioles, des bisous d’amour,
Où l’on oublie les envieux vautours
Qui louchent, vous pendraient haut et court.

Voici le temps des jeux, enfance heureuse
Cajolée par la tendresse chérie, savoureuse,
D’une mère qui connaît les nébuleuses
Cachées par une vie stupide, monstrueuse.

Voici le temps du lâcher prise,
Des chatouilles sous les bises
Où plus rien n’a d’emprise,
Loin des humeurs, des mines grises.

Voici le temps des liens, des préférences,
Des bienaimés qui ont eu la chance
De connaître ces souvenirs d’enfance
D’une mère débordant d’amours immenses.

Voici le temps de l’abandon maternel,
Des corps enlacés, de plaisirs charnels,
D’étreintes vouées à l’Éternel,
Ce temps des premiers baisers du ciel.

 

12 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

The surfcasters

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The surfcasters,
Bécasseaux intrépides,
Disciples de Water,
De mouvements rapides
Sondent la profondeur.
Un ciel admirateur
Contemple ces noceurs
Se régaler de saveurs.

Ce quatuor de plumes
Soignent le léger rhume,
D’éternuements singuliers
Échoués à leurs pieds,
Par des vagues écumeuses
De la Costa de Lavos neigeuse.
Ces surfcasters inséparables
Ont un appétit redoutable. 

Alignés en rang d’oignon,
Ces surfcasters sont des champions !
Ils se servent de leur croupion
Pour surfer sans affabulation
Tandis que leur bec de munitions
Recharge leur batterie en perdition.
Des surfcasters en pleine action
Sur des flots en hibernation.

 

22 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Sabri Klibi sur Facebook

 

Sur l’étang glacé

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Sur l’étang glacé
Mademoiselle Mouette
Au pas cadencé
Réchauffe ses gambettes.

Un joli feston bourgogne,
Brodé sur ses ailes,
Elle marche sans vergogne,
Légère comme une gazelle.

Sur l’étant gelé,
Déserté par le roitelet,
Solitaire, elle avance
De quelques pas de danse.

Où va-t-elle ainsi ?
On dirait qu’un souci
La préoccupe sérieusement …
De glace est son tourment.

Pas le moindre crustacé,
Ni poisson, ni mollusque,
C’est pas la panacée …
De rire, elle s’offusque
De ce froid intempestif
Qu’elle n’a pas invité
À ce repas festif
Qu’elle avait mijoté.

Elle marche en solitaire,
Contrariée, elle va de ce pas
Vers le ver de terre
Lui donner son trépas.

La glace a nettoyé son labeur.
Elle espère qu’un brave laboureur
Opportuniste comme elle, jettera
Ses ordures à l’abri du verglas.

Triste journée de ravitaillement.
La mouette rieuse sur l’étang glacé
Avance, distance vaillamment,
Les goinfres qui la suivent bruyamment.

 

5 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Martine Eberhardt sur Facebook

 

 

Showman

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Invité à la Cour des Banquises,
Vêtu de sa plus belle chemise,
Showman, manchot royal, s’entraîne
Au salut qu’il fera pour sa Reine
Tralala, Princesse de la Glacière,
De sang royal comme lui, héritière
Installée sur le royaume des Terres de feu.
Un bal, en présence de nombreux amoureux,
Est organisé pour lui trouver un mâle
Avec qui jaboter une liaison sociale …
Car la Cour, d’une nombreuse suite,
Ne peut accepter la moindre conduite
En solitaire, de couvées, plongées et remontées,
Qu’une tortue, de sa chaleur, viendra réconforter.
Showman se prépare à cette longue traversée,
Le coeur fougueux d’un jeune fiancé.
Il aura la lourde et difficile tâche de gouverner
Aux côtés de sa Reine, élever leurs oisillons nés.
Pour l’instant, d’une répétitive parade extatique
Il ameute, excité, aux alentours, toute la clique,
Se dandine et défile devant la colonie
Qui l’imite pour une future, éventuelle compagnie.
Dernière révérence avant le grand départ
Pour cette Princesse Tralala, digne d’un tsar.
Il s’apprête à quitter son île subantarctique
Pour une Terre de feu chilienne empirique.
Encore une révérence, c’est dans la poche !
Beau comme un sou neuf, il s’accroche.
Les kilomètres ne lui font pas peur
Pas plus qu’à ses nombreux garçons d’honneur …

 

6 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Joël Delmas sur Facebook

 

Le metteur en scène

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De gros nuages lourds
Sanglotent sur des amours
Alors que le printemps attristé
Du ciel n’est pas assisté.

Toute la flore grelotte,
Ses couleurs sont pâlottes.
Le printemps chevrote,
Le ciel a faussé sa cote.

Le vent profite de ce caprice
Du ciel pour fêter, complice,
Ce printemps dont l’évènement
Doit se contenter d’un noir et blanc.

Le gris, le ciel ce coloris a choisi
Pour annoncer de joies moisies
La venue de cet hôte fleuri
Par des frissons aux bourgeons aguerris.

Le printemps, ce metteur en scène,
Manipulé par un ciel en prétentaine,
De mousses et de lumières triomphales
Déride le ciel de ses froideurs conjugales.

Ne cédons pas à sa noirceur,
Chassons de ce ciel ses humeurs,
Acclamons ce Printemps si noceur.
L’hiver tout doucement se meurt.

 

20 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Sébastien Majerowicz sur Facebook

 

 

 

Les seins de glace

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Mamelons et crevasses
Tressés envers, endroit,
Vierges de toutes traces
Bleuis par le froid.

Plis d’un lainage chaleureux
Au toucher velouté.
L’hiver paresseux
Se réchauffe sans goutter.

Chemins enchevêtrés,
Courbes enlacées,
Difficiles à pénétrer
En de glacés lacets.

Ce n’est que le silence
Qui m’a raconté
Pourquoi ces belles ganses
Sont de couleur bleutée.

Les bottes de sept lieues
Du féroce Barbe-bleue
Ont coloré la face 
De ces seins de glace.

Juste pour le rêve
Une neige bleue
Domaine sans Eve
Où se cache le merlebleu.

Tout est enfoui
Dans ce conte inouï.
Seul le merlebleu
Demeure en ce lieu.

Je n’ai pas vu le merlebleu
Ni les bottes de sept lieues …
Juste la sublime beauté
De ces belles étêtées.

Mamelons et crevasses
De tresses refroidies
Dormant sous la glace
D’un démon de midi.

 

6 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Joël Delmas sur Facebook

 

 

 

Dans tes yeux

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Dans tes yeux mon âme voyage
Dans l’autre monde sans ombrages,
Libérée des grilles de la cage
De tes yeux sans nuages.

Dans les champs de blé, posée
Comme un oiseau sur la branche,
Elle peut, enfin libre, flâner,
Rêver sur de célestes ailes blanches.

Fini les pleurs, lointain souvenir,
De moustaches qui m’ont séduite.
De tendres baisers désormais l’avenir
Sur leur amour vont me conduire.

Mon âme dans tes yeux voyage
Dans un autre monde où tu ne vis.
Tu te souviens, cher oiseau volage,
De cette âme que tu lui a ravie.

Dans les folles herbes de tes voyages,
Mon âme dans tes yeux est restée
Accrochée à tes nombreux mirages,
Sur ce fluide évaporé d’une image.

Tendres ébats vers un autre monde
Où mon âme dans tes yeux vagabonde,
Dépose sur tes yeux ce vaporeux voilage
D’un monde sans âge.

Mon âme dans tes yeux
En ce beau et dernier voyage
A clos tes beaux yeux amoureux.

 

5 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Henrion sur Facebook

Coco bel oeil

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Coco bel oeil
Le roux écureuil,
Deux plumets en tête
Prêtés par une aigrette,
Ses couleurs d’automne
Sur l’hiver fanfaronnent.
L’hermine pour l’aventure,
Lui a prêté un plastron
Qu’il retient sans ceinturon
Sur son manteau de fourrure.

Le ventre creux,
Par ce matin frileux,
Il cherche parmi les trous,
Ces trous qui le rendent fou,
Ces cachettes garde-manger
Qu’il oublie sitôt engrangées.
Pour l’heure, ni gland, ni trou,
Pour ce mignon écureuil roux.
Il a bien du tracas
Avec ses petits encas.

Il réfléchit, assis.
Mes amis quels soucis
D’avoir une tête de linotte
Et autant de petites grottes.
Mais là, j’ai un creux
Confie-t-il aux macareux
Perchés à des lieux de là.
Dans quel embarras te voilà
Cher Coco bel oeil
Mon joli petit écureuil.

 

4 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Francis Cauet sur Facebook

 

Sans rien, ni sujet

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Quatre brins d’herbe
Sans aucun verbe,
Sur un fond flou
Sans chien ni loup,
Cherchent en vain
Un truc, un machin.
L’attrape nigaud,
D’un sujet badaud,
Fait défaut
À l’abstraite photo.

Un bokeh envahissant,
D’un petit rien jaillissant,
Sur les algues d’un océan
A englouti son néant.
Le petit truc manquant
A séché son clinquant
Sur des cerveaux vides
Sans imagination vive.

Quatre flambeaux d’une poubelle
Prêts à se faire la belle,
De leurs maigres étincelles
Ont fait vibrer sans la bagatelle.
Un bokeh sans bouquet
À vous donner le hoquet
De ses petits bosquets
Ont attiré maint perroquets.

Je ne sais trop quoi,
Sans pour qui ni pourquoi,
Ce talus d’herbes aux abois
A atterri chez moi.
D’un loupé reconnu,
D’un quelque chose inconnu,
Des flammes mises à nue
M’ont souhaité la bienvenue !

3 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Jérôme Champagnat sur Facebook

Un dinosaure dans la ville !

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Un rhino blanc chargé d’alibis,
Devant les fortifications de Nairobi,
Profite de la douce lumière de la nuit
Dans un décors réaliste, cause d’ennuis,
Pour plaider, bien qu’il soit déjà bien tard,
De leur avenir par de dangereux vantards
Qui croient, tels des dieux, posséder,
Dominer le monde avec leurs dés.
Cette faune urbaine, ambitieuse, dévoreuse,
De game drive, encore en barboteuse,
A du dinosaure la force du pouvoir
Qui nous plonge dans cet avenir noir.
Des lumières, pourtant évocatrices,
Aveuglent, boudent, les anciennes cicatrices.
Ce rhino blanc, blanchi à l’argent,
Aux cornes d’abondances pour indigents,
N’est autre que notre portrait, braves gens,
D’une débâcle d’un peuple désobligeant,
Vieillissant, entraînant avec lui, avec eux,
De pauvres innocents, braves et courageux
Qui luttent contre cette marée merdique
Parfumée d’illusions féériques.
Il faudra bien qu’un jour le monde,
Dans ce marasme d’idées immondes,
S’éteigne pour d’autres civilisations fécondes.
À ces sourdingues aux vies nauséabondes
Un rhino blanc devant les remparts
Médite … mais ce n’est qu’un canular !!!
Les dinosaures n’existent plus !
À ce train là, nous aussi, nous n’existerons plus.

 

3 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gonnet sur Facebook

 

 

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