Archive pour la catégorie 'Littérature et Poésie'

Le chat rêveur

IMG_2913

Un chat bleu et vert
Rêveur,
La bouche en coeur,
Sous les rires moqueurs
De poissons farceurs,
A tué le poisson rouge.
Plus rien ne bouge …
Aucun intérêt alors
Pour ce cher trésor.

Un chat vert et bleu
Qui cherche avec sa queue
À pêcher à la ligne
Deux poissons indignes
D’être encore vivants,
Alors qu’une fringale
Attise son humeur joviale.
Cuits en papillote …
Quel délice pour ses quenottes.

Un chat bleu et vert
Aux yeux triangulaires,
Aux moustaches de vair,
Une queue erre,
Rêve de poissons
Sans fil à l’hameçon
Qui lui tomberaient tout crus.
Deux belles recrues
Pour ce chat … l’eus-tu cru ?

 

27 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Toile de l’artiste peintre-écrivain Anne-Marie Torrisi

 

 

Galets

27164017_10156087951177838_4921502872433425554_o

De gros galets entassés
Des morses déversés
Congelés par la banquise
Pierres tombales grises.

De gros galets moussus
D’algues vertes déçues
Rejetées par l’océan
De flots mécontents.

De gros galets de pierre
Frappés par la colère.
La rage blanche des eaux
Un chaos du bord de l’eau.

Un silencieux troupeau
De roches mises en entrepôt
Exposées par tous les temps.
Des bosses sur un tapis glissant.

 

27 janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : KLIBI Sabri sur Facebook  (vers Basonas)

 

 

Cauchemar lunaire

15002429_354736478212854_2405989874673710733_o

La lune prisonnière d’une toile d’araignée,
Impuissante, voit son amie la Terre saigner,
Privée de son astre lunaire. Elle meurt
Des feux permanents, fervents de chaleur,
D’un soleil qui ne tourne plus rond
Depuis que sa moitié est en prison, 
Enfermée par cette gigantesque dévoreuse d’espace
Qui tisse des liens pour son appétit vorace.
La lune rêve d’un petit coin de ciel bleu
Face à cet arachnide, ce monstre hideux.
Le ciel atteint d’une diarrhée terrestre
Est brouillé par les trimestres et semestres,
Les nuits ne comblant plus les jours,
Minutes et secondes n’ont plus aucun secours.
Entre nuages et branches, ce corps chocolat-marron
Sorti d’une grotte, d’un exosquelette, ce démon
Erre à l’aide de gros crochets poilus
Fixés à ses longues pattes, son corps velu
Trouvant la lune plus belle que la couleur
De son abdomen d’un jaune de triste pâleur.
Cette araignée jalouse de sa cousine, l’araignée-banane,
Voulait montrer ses pouvoirs qu’enseignaient des ânes
Qui volent à Gonfaron, près de Toulon,
Et qui lui donnèrent envie d’engloutir ce filon,
Ce jaune lumineux pour embellir sa bedaine, 
Et pourquoi pas, devenir du monde la Reine.
Alertés par le soleil, des scientifiques mexicains
Se mirent illico à la poursuite de ce venin
Gluant, bavant, piquant de ses morsures
Un espace qui s’asphyxiait sous les moisissures.
Tirant des hypothèses nocturnes de ce spécimen,
Ils arrivèrent, décidés, à lui crever l’abdomen.
C’est ainsi que la lune dans ce café-marron
Émergea, rassurée, par ce gai et chaleureux luron,
Son ami de toujours, l’astre solaire, qui n’avait nulle envie
De perdre à jamais la belle compagne de sa vie.
Il fallut encore quelques jours pour oublier
Cette fiction d’un conte fou à lier.

 

28 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Loulou Moreau sur Facebook

 

 

Parchemin

IMG_2907

Une chute de reins
À faire pâmer d’amour divin
Les voyageurs sur son chemin
Admirateurs de ce parchemin
Déroulé pour l’écrivain.

Une pause étudiée
Par ce léopard initié.
Un top-model animalier
D’une splendeur à scier.
L’envie de le supplier …

Le supplier de demeurer encore
Du coucher du soleil à l’aurore.
Respirer à travers tous ses pores
Cette sauvage beauté qui s’ignore.
Ô combien, je vous adore !

De dos, de face, de profil,
Vous êtes mon roi de la wifi,
Mes livres d’enfant en ce rififi.
Élégance, grâce, purifient
La laideur de la cacographie.

Pelisse sans guêpière
Spots de lumières
Amourachées de cette héritière,
Sauvageonne des clairières
En croisière.

 

26 janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Jean-Louis Godard sur Facebook

 

Photo internationale

21731611_1181657401966560_5365609612306058584_o

Trois grues royales
D’une beauté impériale
Posent pour la finale
D’une photo internationale
D’un défilé de mode.
Sur un plancher peu commode,
Pour leurs fines et longues pattes,
Elles posent dans cette boue scélérate.
Chaque tête arbore un cimier
De plumes jaune paille associé
Que l’une d’entre elles ne partage pas,
Trop frileuse, elle a remis ses bas,
Sa cape noire sur son chemisier polaire,
Fatiguée de planter pour ces tortionnaires.
Les deux autres, une pour chaque oeil,
Dans leur sac gulaire rempli d’orgueil,
Se tirent la bourre en s’ignorant,
Montrent leur joue d’un blanc dévorant
Cette tache rouge de passions. D’une oeillade,
Elles allument le jury, assis devant, en parade.
De leur bec long et pointu, charbonneux,
Elles s’épient, fières de de leur décolleté généreux,
D’un cou à rendre fou ces gros manitous,
Ces créateurs de mode tatoués, un peu zazous.
Finalement, éliminée par la taille
De son embonpoint marqué de ripailles,
De plumes grasses d’un gris dépressif,
D’échasses aux déhanchement excessif …
C’est la belle intrigue number one
Qui remporta le premier prix de la Faune.
Sous les applaudissements des invités d’honneur,
Cette grégaire migra pas son bonheur
Amplifié de danses, de saluts, de sauts,
Elle ne finit pas sa vie dans le ruisseau.
Quant aux deux autres, la petite histoire dit
Que sur le Masaï Mara du lundi au samedi
On les voit se nourrir de graines sauvages,
De tendres herbes au bord des rivages.
Le Dimanche étant réservé à priori
 À décrotter leur toilette des intempéries.
Si vous les rencontrez, surtout ne criez pas :
« Ah ! mais je les reconnais ces nanas »
Vous vexeriez leur étiquette numérotée
Qu’elles ont gardée, mais où l’ont-elles cachée ?

 

28 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gonnet sur Facebook

 

 

 

 

Où cé t’y donc ???

19642415_10212578029219980_8293684074269848504_n

Où cé t’y donc ???
Ding, ding, dong,
Cette belle chapelle
À angle droit
Avec une tourelle
Souffrant du froid ?

Où cé t’y donc ???
Mais qu’as-tu donc,
Loulou, à t’inquiéter
De ce havre de paix
D’une chapelle désertée
Sauf par un parapet ?

Un comte de Bretagne
Qui aimait les lasagnes
Fut enfermé dans cette tour
Le jour de la St Amour.
Le Père Noël le délivra
De ce trou à rats.

Cette chapelle éclairée
Par un phare guilleret
Fleuri de beaux ajoncs,
Cette odeur de far breton
Enviée par un quinaman en veston
Cé té qui donc ???

Cé t’y pas d’un conte
Où l’on attend le Messie
Quand l’étoile monte,
Illumine le parvis-ci
Où cé t’y donc déjà
Que cette crèche là ???

28 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Loulou Moreau sur Facebook

 

 

 

Où cé t’y donc ???

La maison sans âge

IMG_2909

C’est une bicoque sans âge
Qui se déplace et voyage.
Une légendaire maison de bois,
Une pagode héritée d’un chinois.

Ce chinois, follement amoureux, tomba
Sous le charme de la belle blonde Pincoya,
Une dangereuse sirène qui les noya.
Le toit de la pagode sur une maison s’échoua.

Une maison revêtue de cotte de mailles,
En hommage aux victoires de célèbres bataiiles
De preux et valeureux chevaliers en armure
Qui rêvaient d’îles, de lointaines aventures.

Habitait dans ce logement le nain Trauco
Qui violait leurs dames, ce vilain desperado dingo !
Les chevaliers condamnèrent toutes les issues
Ne voulant pas de femmes enceintes à leur insu.

Trauco, furieux, mis le feu à cette maison
Sauvée par miracle par les bataillons.
Mais leurs belles ne survécurent pas
Aux flammes de tous ces sauvages combats.

C’est alors que Caleuche, un bateau fantôme,
Eut pitié de cette demeure à la gomme,
Sans pilotis, ressuscitée des pires infamies.
Il embarqua avec lui cette misérable amie.

Deux serpents de mer venus d’une mythologie
Provoquèrent une tempête, ramenèrent ce logis
Sur une des îles Chiloé, sous l’ordre de la Patagonie.
On peut encore voir un peigne coiffant ces agonies.

On raconte que derrière les carreaux
Ce sont les voiles de cet errant bateau
Qui amènent voyager sur d’autres rivages
Au fil des siècles, cette maison sans âge.

 

28 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Loulou Moreau sur Facebook

 

 

 

 

Le froid s’installe !

24130278_1684634654921603_6154393947312154009_o

L’hiver, le dur, le froid hiver
Habille de blanc les sapins verts,
Papillonne en flocons légers, dissipés,
En des rideaux de neige épais.
Routes et chemins de gel dérapant
Attendent une haie d’honneur pour ce délinquant
Qui surprend la nature immobilisée par force.
La neige pare de scintillants brillants les écorces.

L’hiver, le dur hiver, le vent, la bise,
Tout le pays sous ses rigueurs se paralyse.
Les sans-abri secourus pour quelques nuits
Attendent impatiemment que le froid s’enfuit.
Boissons chaudes et remontants soutiennent
Les corps transis sans les chaudes canadiennes.
L’eau timide de quelques ruisselets téméraires,
D’une douce musique réconforte la terre.

L’hiver, le froid, le dur hiver blanc,
Moufles et bonnets, les skieurs contents
Se réjouissent d’une neige fraîche, poudreuse,
Qui colle à leurs skis sur les pistes dangereuses.
Mouflons et chamois ont quitté les sommets,
Gourmets affamés de maigres et précieux mets.
L’hiver, le dur hiver inaugure sa saison
D’une série gratuite, fidèle à ses trahisons.

 

6 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Thierry Vezon sur Facebook

Si loin et si près

Une-statue-en-hommage-a-Johnny-Hallyday-en-Ardeche

La pluie est revenue
Avec elle la grisaille.
Ce 6 Février, comme convenu,
J’étais en épousailles.

Seul, je reste seul,
Chante Johnny
En ce noir linceul
Du fond de mon lit.

Balayant le jardin,
Je lui demandais …
D’être encore là demain.
Mais désormais …

Ce qu’il fit sans tarder,
Me demanda de le réveiller.
Un enfant à garder
Du temps des yéyé.

Rendez-vous fut pris
A 17h de son midi.
Il m’embrassa, doux paradis
On se quitta en rêveries.

Au milieu d’un parc à moules …
Simone a achevé,
Parmi les clameurs de la foule,
Ce rêve inachevé.

Seul me reste Johnny
Chantant encore cette mélodie.
Je m’interroge …
Sur nos horloges …

 

6 Février 2018 - Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie, Musique |on 6 février, 2018 |Pas de commentaires »

ASANTE SANA !

12888638_10208614051053367_7795996590634330187_o

Asante sana !
Fait un bien fou
Je vous l’avoue
À nos rendez-vous.

Asante sana !
La politesse n’a
Ce coeur partagé
Pressé de voyager.

Asante sana !
Ces mots là survenus
Ont mis à nu, merci,
L’artifice d’un beaucoup assis.

Asante sana !
Tout simplement
Sans falbalas
ASANTE SANA !

 

26 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo de Émilie Tournier sur Facebook

 

12345...108

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus