Archive pour la catégorie 'Littérature et Poésie'

Farniente

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Qu’il est bon de ne rien faire
Juste le temps nécessaire, salutaire,
D’apprécier un instant de répit
Bercée par le souffle de vie.

Qu’il est doux de rêvasser
Ses ennuis enfin cadenassés
Sans se poser de questions
Comme cette vigie en faction …

Se pauser la panse bien pleine,
Admirer la splendeur de ma plaine.
S’imaginer être la reine
De cet immense domaine.

Plus de poursuites, plus de chasse.
Planer sur les grands espaces.
Respirer sans désirs cocaces,
Un œil entrouvert sur la menace.

Prendre le temps de vivre
Embarquée dans ce bateau ivre.
Oui ne rien faire a du bon.
Laisser couler l’eau sous les ponts.

Hélas il y a les bières pression de la glotte.
Le remue ménage des fonds de culotte.
La vie et son contraire se reposent …
Jusqu’à l’ennuyeuse overdose ! …

Qu’il est bon de ne rien faire !
Remettre à plus tard ses affaires.
Paresser sur une banquise imaginaire
Qui dégèle et réchauffe le climat de mes terres.

Qu’il est dur de reprendre conscience,
De rassembler ces moments d’absence.
Qu’il est bon de ne rien faire comme l’autruche … 
Tiens ? … on dirait les Tuche ?! …

9 Mars 2019 –  Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Farid Radjouh sur Facebook

 

 

 

CORVUS et VULPES

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Maître Corbeau, transi de froid,
Affamé, coasse tout son désarroi
À compère Renard qui écoute
D’une oreille attentive et redoute
Que ce comédien de première
Veuille se venger d’une fable familière …

«Bonjour compère Renard !
Que vous voilà bien veinard !
Après mon fromage depuis digéré,
Du fromage de tête ! Vous exagérez !
Une fois je veux bien être honteux
Mais deux fois me rend malheureux.
La flatterie n’est plus de mise
Elle est avec le Phénix dans la mouise.
Mon plumage est toujours aussi noir
Que de picorer votre menu d’un espoir.
La proie est déjà à terre …
Bonheur avant que l’on m’enterre
Qu’un Phénix des hôtes de ces bois
Vienne vous dérober votre proie.
À ces mots compère Renard
Inquiet, cherche du regard
Ce voleur de grand chemin
Capable de lui voler son festin.
Profitant de son manque d’attention
Maître Corbeau se régala d’une portion,
Tout heureux, tout éhonté
De cette revanche sans bonté.
Compère renard amusé de cette duperie
S’écria : « Ah ! toujours les forces de l’Esprit ! »
Et il médita sur cet imbécile d’autrefois
Picorant sur une branche sa bonne foi.

Des mots la sagesse rayonne
Aus dépens de l’Esprit qui fanfaronne.

18 Avril 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

Conciliabule avec Dieu

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En ces tristes circonstances
Au-delà de nos croyances,
De nos appartenances,
Il est réconfortant
Dans mon proche entourage absent …
De constater que des pensées
Viennent se manifester …

Entrevoir des êtres jamais rencontrés
Sur un Facebook fabriqué,
Des êtres étrangers mais présents
Dans la joie et les tourments,
En ce monde de grande solitude,
De peurs, de funestes inquiétudes,
De silences, de pudeur, de courage,
Tous membres pour l’éternel voyage.

Des êtres qui se déchirent des pseudo-avantages
Mais s’unissent face aux grands dommages
Pour retomber bien vite de la voute
Fragilisée par nos âmes en déroute.
Entre la poussière et la cendre
Nos lanternes chercheront en vain à comprendre
Le mystère de cette Trinité
D’une croix aux nombreux invités.

Des âmes viennent me lire, m’offrent des images,
Avec lesquels sans le voir je voyage.
Partir sans se retourner, ne pas s’attacher …
Ce feu destructeur de mes pensées bâchées
Me met en évidence ce chemin à parcourir
Vers ce doigt de Dieu qui blesse mes loisirs.

Je n’ai pas assez l’âme aventurière
Pour m’embarquer dans une croisière
Pour une destination finale inconnue, 
À laquelle j’adhère pourtant sans avoir rien vu.
Mon Dieu qu’il est dur de vivre vraiment sa foi
En ce monde où il fait si froid,
 Où le climat compatissant, pour un peu de chaleur,
Va jusqu’à se dérégler, sortir de la torpeur
Ce monde infesté croulant sous la misère
Vraiment Dieu tu exagères …
Il y a encore du beau sur la Terre
Pourquoi toute cette colère ?

Tu restes pour moi un grand point d’interrogation
En dépit de mon amour et de mes dévotions.
Et si je t’envoyais en confession ?

 

 

17 Avril 2019 – Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 17 avril, 2019 |Pas de commentaires »

En chemin avec le Christ

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«Ce ne sont que des pierres»
Commente un cœur de pierre.
Seigneur rien n’a changé.
Au diable tout ce passé étranger !

Une croix de feu sur Notre Dame
Un patrimoine atteint par les flammes.
Terribles images d’une belle Dame
Enfumée, suffoquant dans ce drame.

Sous le ciel de Paris meurtri,
Un réveil mondial triste et gris
Face à ce cœur de ferraille.
Les âmes de toutes ces ouailles
Qui ont bâti, touché de leurs mains
Ces bois de chênes à jamais éteints
Ne sont plus qu’un épouvantail
Désertant son bercail.

Un incendie sur la maison de Dieu
En cette semaine sainte, mon Dieu !
Plus de toit, plus de flèche, des cendres …
Et ta présence sur ces méandres.

Un trou béant à combler dans la douleur
Après les rameaux et ta haie d’honneurs.
Par cette Résurrection que tu nous a promise,
Notre Dame ressuscitera en cette Sainte Église.

Un patrimoine en souffrances
En notre vieille France
Aux joyaux si visités, admirés,
En ce chœur, aujourd’hui, chaviré.

 

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15 Avril 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Images de drone.

 

Publié dans:Etat, Littérature et Poésie |on 16 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Oh oh oh

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Avec mon sabot dondaine
Dandy qu’à cela ne tienne
Oh oh oh
Avec mon sabot
Je suis le capitaine
Et cloue le bec
À tous ces blancs-becs.

Je fais un carton chaque fois !
Et même pas un sabot en bois !
C’est la fête foraine ! Non mais …
Troubler le calme de cette verte ivraie !
Ce n’est pas en Lorraine, vilaine,
Que vous trouverez cette étrange dégaine
Qui me sied pour me déplacer
Avec mon sabot sans lacets !

Je cherche cette reine
Qui a planté sur la plaine
Des envolées de graines
Pour des bosquets de marjolaine.
Et l’âme en peine, je trace, je traîne,
Pour ces quelques étrennes souveraines.
Quelle angoisse cette attente, vilaine …

Dandy mais non fils de roi
Ce père de la babouche crois moi
Avec son bec en sabot
Miaule, gémit sous sa parure grise
Et d’un tranchant cisaille à sa guise
Ces prises de bec tapageuses
Dans ces eaux marécageuses
Dont je suis le capitaine
Avec mon sabot dondaine
Oh oh oh
Avec mon sabot.

 

7 Mars 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Prisca Pellerin Parti Pris’ photography sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie, oiseaux |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »

TOUTANKICE

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Avec sa bosse,
Son pesant carrosse,
Toutankice trace
Sur la neige, la glace,
Sa voie.

Sa toison alourdie
De glaçons engourdis
Aux stalactites tenaces
De leurs essuie-glaces
L’embarrassent.

Où va ce gros pépère
Vieux garçon solitaire,
Ce gros nounours bossu
Charpenté, cossu,
Juste aperçu.

Juste croisé
En ce décors déboisé.
Juste entrevu
D’une revue
Pour longue-vue.

Juste un regard
Gravé dans le hasard.
Juste une œillade
D’une balade
Sans aubade.

 

11 Avril 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

Le corbeau, le coyote et le bison

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Un noir corbeau
Bison, bison, bison
Perché sur une corne
Bison, bison, bison
Fait le beau
Se prend pour une licorne.

Un timide coyote
Corbeau, corbeau, corps beau
Salive sur l’escalope
Corbeau, corbeau, corbeau
Juchée sur une tête
D’un bison de conquête.

Quelle tête de linotte
Bison, bison, bison
Que celle de l’oiseau
Corbeau, corps beau, corbeau
Car ce malicieux coyote
Convoite double calottes.

Le corbeau pris de court
Bison, bison, bison
Vise plus grande tour
Coyote, coyote, coyote
Laisse la garnison
Et quelques crottes.

D’avoir les yeux plus gros que le ventre
On perd l’équilibre et son centre.
Un tien vaut mieux que deux tu l’auras
Des trois un seul la neige enterra.
Ventre affamé n’a pas d’oreilles
Le bison baye aux corneilles.

 

19 Mars 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

 

 

Mes dunes

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Mes dunes
Couleur prune
Ou sable doré
De lassitude
Je n’aurais.

Mes dunes
Au clair de lune
Je m’enlise
Promise
Sans voile
Sous les étoiles.

Mes dunes
Aux vagues sans lagune
Aux friables récifs
Mon esquif
Dérive captif.

Mes dunes
Sable mouvant
De mes lacunes
De buttes
De chutes
Vallonnant.

 

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7 Avril 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

 

 

Vallée du Lakagigar

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Nulle algue, nul arbre,
Sur ce torrent de marbre
N’a brisé la dure lave
Du Lakagigar et sa bave.

Seule une mousse vert de gris
D’une belle mise en plis
A frisé ses étendues volcaniques
Pour atteindre l’atlantique.

Il ne reste que ces plaques mortuaires
Scellées sur des lopins de terre
D’une vallée en deuil
Recouverte de dangereux écueils.

Un marsouin à tête de veau marin
N’a pu apaiser ses faims
Enseveli par l’érosion mortelle
De ce volcan retenu par des bretelles.

L’unique fleuve vaillant, aventurier,
Creusa son lit en ce parcours meurtrier
Poursuivi, arraché aux griffes de sorcières
De cet impétueux et fusionnel cratère.

 

29 Mars 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine sur Facebook

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie, Nature |on 11 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Direction NYC

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Direction NYC, Pont suspendu de Brooklyn
Sans la belle et sensuelle Marilyn.
Quai des brumes en supervision
Aux scellés sur la mondialisation.

Plongée dans les ténèbres l’East River
Admire ce géant câblé d’acier, de fer,
Dont l’unique liaison avec Manhattan
Fait de ce Pont le joyau du marathon man.

Sur ses rives la cité somnole,
Visitée par ce pont sans amphiboles
Décoré de guirlandes scintillantes
Dégoulinant de perles ruisselantes.

Lumières sur la Skyline et ses spleens
D’une ville endormie sans Chaplin.
Dumbo survole de nombreux quartiers,
Se perd dans la nuit loin de ce pont piétonnier.

 

18 Mars 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Antonio Gaudencio sur Facebook

 

 

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