Archive pour la catégorie 'Littérature et Poésie'

Ricochets

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Tout en marchant, MEDEE s’empresse de raconter à sa mère
 Qui écoute attentivement sans perdre de vue la clairière
L’histoire de cette Reine qui n’a plus de couronne
Suite à un petit voleur qui depuis fanfaronne.
«Il a déclenché la colère des terribles « Quenottes » …»
«Mais qui est donc cette Reine qu’ils chapeautent ?»
«Elle s’appelle RISETTE, fille de STORY et de JADOR»
«Bonté divine ! MEDEE, tu as frôlé la mort !
Une crocuta ! … bien fait pour elle ! ça lui apprendra !
Ces voleuses qui troublent et chapardent nos repas …»
«Mais maman … tais-toi ! Je ne veux plus que tu t’approches,
Echanges, partages, une amitié avec cette bamboche …»
Très en colère son ton est monté si fort, si haut,
Qu’il est arrivé aux oreilles de demoiselles aux talons hauts.
L’une est dure de la feuille. L’autre miss lui marmonne dans les tympans :
«C’est encore un tour de YO, ce mignon et petit chenapan !
Il a dérobé la couronne de RISETTE … tu ne la connais pas.»
«Tout le monde va t’endendre ! Parle-moi plus bas  !
Je ne suis pas sourde … pourquoi veux-tu une risette ?
Tu me chatouilles avec tes poils de nez …raté pour la discrète !»
En effet, à quelques mètres plus bas un solitaire taurotragus
Estomaqué par cet audacieux vol à la tire fait par un minus
Déstresse les tresses de ses cornes qui dénouent
Les nœuds de son plexus bloqué jusqu’aux genoux.
«Tiens, j’ignorais que ces deux perches en sont …
Je les croyais fille et garçon … quel monde polisson !
Après tout ce ne sont pas mes oignons ni ma couronne.
Ça lui servira de leçon … faut faire confiance à personne.»
Ce n’est pas le cas du papa de YO qui rit encore du larcin
De son prometteur rejeton aux allures de petit saint.
Fier, il l’admire en train de raconter à sa soeur HIHAH,
Sérieuse comme un pape et qui n’apprécie pas
Ce que lui dit YO, son frère, ce petit chapardeur
Qui essaie d’amadouer les faveurs de sa sœur …
«Ton histoire n’est pas drôle, tu as pimenté la haine.
À cause de toi tu peux être sur que cette future Reine
N’oubliera pas qu’à cause de nous sa couronne
S’est envolée et avec elle son glorieux trône !
Le seul moyen, peut-être, de rattraper ta bêtise insensée
Serait de lui faire réparer sa couronne offensée ! …»
«Mais comment veux-tu ?» «C’est pas mon problème !»
«Tu crois qu’elle accepterait un nouveau diadème ?»
«Demande à ta copine MEDEE !» «Elle est punie, au cachot !
Sa maman n’a plus qu’elle … elle a eu très chaud  …»
«Que crois-tu ? Ça rigole jaune sur la savane …
En plus un pensionnat a perdu ses bonnets d’ânes !»
«Approchez mes mignons … n’est-elle pas belle ma couronne ?
Admirez comme elle scintille … je vous la donne … »

 

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9 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Nathalie Anciaux  Carine Noushka
Caroline Duca Sylvain Aulenbacher

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L’attirance

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L’attirance
Met en balance
Un cœur en vacances,
Un désir vers l’insouciance.

Des abysses qui s’ouvrent
D’un coup de foudre.
Du grain à moudre
Aux portes du Louvres.

Du mystère sur oreiller
D’espérances ensoleillées.
Un aveuglement ensommeillé
Pour des contes aux veillées.

Une négligence organisée
Sur des soupirs anisés.
Histoire de s’amuser
L’attirance s’est névrosée.

Délire en promotion
Pour d’amnésiques passions.
Hypothétique caution
Du destin en hybernation.

Prête à être dégustée
L’attirance va booster
Les richesses d’une Société
Attirée vers la nouveauté.

 

15 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

 

Médée …

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«Petit ! Petit ! J’en ai le poil tout hérissé !
Voilà qu’un lion avec ses envies de pisser
Cherche à coup sur à me voler la vedette,
À détourner de nous les tam-tams à roulettes !
Petit ! Petit ! À cause de ce Manneken-pis, RISETTE
Depuis qu’elle l’a aperçu s’embrouille les canettes !
La voilà qui fait des entrechats de ballerine,
Euphorique ! après avoir reniflé son urine !
Non mais ! il se prend pour qui cet incontinent
Qui fait pipi à la barbe des ribambelles de passants ?
C’est pas en dansant la java que cette jeune Reine
Va retrouver sa couronne … elle était si sereine …»
«Tais-toi petit ! Tu sais pas de quoi tu causes !
Tes paroles en l’air me troublent et m’indisposent !
Accablée de chagrin, je ne danse pas, je chaloupe !
Car suite à ma découverte je n’ai plus le vent en poupe !
Ce n’est pas un Menneken-pis qui va m’oter mon public !
Et nous n’allons pas émerger du paquebot Titanic !
Il suffit de trouver, d’imaginer une nouvelle attraction
Pour s’attirer des clac-clac, scotchés, ébahis d’admiration.
Tu vois rien que ces pas croisés d’un tango argentin
Les fera rire en dépit de tout mon immense chagrin.»
«Petit ! Petit ! N’ai-je pas hérité de la toison d’or ?
Au fait, on dirait que tes ailes n’ont plus de ressort !?»
«Ouais ! Englouties par le veau d’or lors de funérailles …
Découpées en morceaux par une bande de canailles.
Rien que d’y penser, je m’emmêle les pinceaux …
Nous aurions pu faire un pont d’or sans ces sots …»
«Médée ! Médée !» «C’est quoi cet appel ? Une alerte ?»
«Non, c’est maman qui me cherche ! Petit ! mais sa fille certes.
Moi aussi ma toison est gardée par des hommes armés
Contre tous ces dragons qui veulent nous décimer.»
«Tu as raison, petite… ma couronne en a fait les frais !
Ce n’est pas accrochée à un chêne ou à un cyprès
Que je l’ai retrouvée … dans quel état ! C’est horrible !
Tout ça pour un cadeau qu’un garnement impossible
Voulut offrir à sa mère, à la barbe des « Quenottes » !
Ma couronne de rubis ! Par Parkinson, j’en ai la tremblote !
Je swingue, twiste, ivre d’un abus de pouvoir …
Oui petite, tu peux chanter noir c’est noir ! …
Le bambin après s’être amusé de ce nouveau gadjget
L’a abandonné, vite lassé … il l’a refilé aux geais !
Ceux-ci n’ont pu de leur bec dégriffer les pierres précieuses,
Ils ont laissé tomber ma couronne dans la terre sableuse.»
«Oh … comment vas-tu faire sans ta couronne alors ?»
«À la danse du balai je confie mon triste sort.»
«Médée ! Médée !» «Je dois partir maman s’impatiente.»
«Oui, petite … il faut décoder ce que cachent les fientes.
Prends soin de ta toison d’or ébouriffée par les caprices du vent.
File avant que le Menneken-pis te croque à belles dents.»
Sur le lac de flamants roses, histoire de changer de décor,
RISETTE a bouclé son enquête avec regrets et remords.
«Elle était si belle ! Qui me la remettra en état …
Ma couronne et ses volumineux carats ?» Sur un air de samba
Sorti de nulle part, RISETTE face à son destin
Se surprend de penser à ce pisseur pour bottins.
«Je ferais bien quelques pas de lambada …
Me frotter à ce chacal  qui rigole comme un fada !»
«Et c’est reparti ! … emboitons le pas à RISETTE !
Dommage… elle ne joue pas des castagnettes
Observe YO … Ici, tout se répète …!
La preuve ? c’est moi qui referme son enquête …

 

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27 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos :  Kilambo Abou Maringa Lise Perreault

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À l’école de la vie …

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Ce matin RISETTE est de mauvaise humeur.
« J’ai passé une nuit blanche avec ces lionnes de malheur !
Leur va et vient continuel, leur repas frugal près de ma tannière,
Je vous l’avoue plaquée contre les parois, j’étais pas fière !
J’avais peur que ces lionnes dressent la table sur ma cachette.
La prairie a fêté « La nuit de la chasse et des conquêtes. »
Les gnous inquiets et impatients de franchir la rivière
Ont fait un vacarme tonitruant auréolé de poussière.
Zèbres, buffles, gnous, sont un tableau de chasse pour les félins
Qui apprécient ce garde-manger à porter de leur faim.
Dur d’entendre ces carnassiers se goinfrer de leurs proies
Alors que moi, affamée, j’étouffais dans ce tunnel étroit.
Enfin cet abri de fortune m’a sauvée et j’espère
Qu’au petit matin les ventres pleins, mes adversaires
M’auront laissé la part du pauvre pour mon petit déjeuner.
Un geste attentionné ou indigeste pour ne pas jeûner.»
En attendant l’heure, dans son insomnie, RISETTE réfléchit …
« Ma situation est si précaire, mon acte est irréfléchi …
Des ailes ! Voilà ce qu’il me faudrait pour survoler,
Voir de là-haut où je pourrais paisiblement somnoler,
Batifoler, me baigner, sans avoir cette menace tenace
Au visage de mort si apprécié quand je le mords.»
Se secouant de la poussière accumulée dans ce trou sableux
RISETTE, depuis la veille, a comme un petit creux !
C’est la bouche tapissée de sang frais qu’elle réapparaît,
Satisfaite des bons steaks laissés par les convives sur le pré.
Est-ce un bien, est-ce un mal d’avoir quitté sa cachette,
Les « Aspirants » après de fausses pistes, de labyrinthes,
Ont retrouvé sa couche marquée de ses empreintes.
Pendant ce ce temps, RISETTE dans un bain moussant
Se délecte, se détend de ce stress si envahissant.
Propre comme un sou neuf, ravissante, elle repart
Songeuse, sans savoir ce que lui réserve le hasard.
Si l’inaccès aux « Hyénides » doit durer quelque temps
C’est l’asphyxie et le démantèlement de l’Etablissement.
«  À l’école du Masaï Mara » elle devra s’instruire.
Pour cette éprise de liberté ce n’est pas pour lui nuire.
« Pas si seule en cette compagnie, seule face à ma vie,
Je suis libre … au présent, de quoi donc ai-je envie ? …»

 

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17 Octobre 2018 – Jeannine Castel 

Les poèmes de Chatnine
Contes de la prairie

 Photos : Danielle Liska - Jacques Montanari sur Facebook

 

Traversées

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Poussée par les ailes du vent
S’en sont allés au fil des courants
Mes espoirs, mes amours, mes soucis,
Feuilles mortes d’automnes roussis.

Escortée par des gestes de générosité
J’ai appris tout ce bonheur à revisiter
De déceptions, d’échecs, de larmes,
Qui tambourinent et me désarment.

Aimée sans trop savoir pourquoi
Puisque l’abandon de ces quiquandquoi
D’interludes, de festins, de sentiers,
Me laissent un maigre sentiment d’amitié.

Bercée par les remous des tempêtes,
Ma tête, ma misérable petite tête
S’enflamme, émotive petite allumette
Aussitôt éteinte d’étreintes malhonnêtes.

Poussée, escortée, aimée, bercée,
Je me laisse guider sereine
Sur ces aventureuses traversées.
La vie d’envies me draine …

 

25 Octobre 2018 – Jeannine Castel
photo  : Death valley – Californie

Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

 

Le manneken-pis

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Le pensionnat « les Hyénides » est entièrement détruit.
Les quelques pensionnaires, choqués, n’ont plus d’abri.
Regroupés autour de KUKUPANPAN ils attendent avec inquiétude
La décision de la Direction au sujet de leurs études.
Elles semblent bien compromises pour les jours suivants…
À moins d’un miracle, d’un providentiel et inoccupé couvent
Éloigné des pistes pour éviter d’être surpris sans préavis
Par des troupeaux, des hordes de migrants malappris.
Dans toutes ces échauffourées on ne sait plus
Qui était présent ce week-end là au bahut.
C’est le marasme total au sein de l’encadrement
Après ces représailles de rixes, d’antagonisme dément.
RISETTE, loin de tout ce baroud spectaculaire
Rencontre deux camarades perchées sur un lopin de terre,
Tristes, malheureuses, l’air égaré, curieuses de la voir :
«Que faites-vous toutes deux sur cet isoloir ? »
«Nous nous sommes échappées pendant la fuite !»
Et nos deux pensionnaires de raconter la suite …
«Dites donc je constate que le vol de ma couronne
A déchaîné tout le mal du diable en personne !»
«Si encore nous l’avions trouvée … mais non …
Partie, parait-il dans la gueule d’une guenon !»
«Une guenon ? … c’est YO le lionceau qui l’a dérobée !»
Les deux initiées, stupéfaites, en restent bouche bê.
«Mais alors qu’est-elle devenue ? … saperlipopette !
Aussi, si tu l’avais gardée sur ta tête … »
«Avec tes si, tu m’embêtes ! Tenez, je vais à la plage !»
«Nous venons avec toi … à trois on effraie davantage.»
Profitant de la distraction de ses deux colles
RISETTE s’esquive en pensant « Bye, bye fini l’école ! »
Il fait très chaud, le soleil à cette heure est brûlant.
RISETTE aperçoit des arbres, s’en approche à pas lents …
Stoppe … des éclats de rire la font sursauter …
«Ma parole ! On ne dirait pas les rires de ma communauté.»
Curieuse, le cou tendu, elle avance avec hésitation …
À quelques mètres, elle aperçoit un lion
Qui arrose généreusement un tam-tam à roulettes
Tandis que mouches et moucherons en goguette
Bourdonnent aux oreilles des clac-clac en rafale :
«Pipi du matin, le lion a la fringale !
Pipi du midi, c’est son salut colonial !
Pipi du soir annonce un lit nuptial.»
Ce sont les heures où notre Manneken-pis honore
D’un jet d’urine les visiteurs et les décore.
Une curiosité ignorée de bien des safaristes
Trop occupés à photographier les jeux de pistes.
On dit que c’est une grande faveur de voir
Ce Manneken-pis aux nombreux urinoirs.»
«L’insolent ! Quelle indécente gaillardise hardie,
Pour amuser, distraire ces Laurel & Hardy !
Mais trève de plaisanterie, j’ai mieux à faire
Que voir pisser un lion devenu légendaire !
J’ai une faim de loup, allons voir par là
Si je ne trouve pas un beau cuissot d’impala.»
Mais en guise de cuissot ce fut tout autre chose
Qui affligea RISETTE et la rendit morose …

 

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26 Octobre 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Kenneth Lawson Jo Begood  Eric Dussaux sur Facebook

 

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L’inconnu

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L’inconnu
D’un passé révolu
N’a laissé que menus
Souvenirs dévolus.

Caché d’un paravent
L’inconnu a cependant
Vécu son inconnu
Connu d’un confident.

L’inconnu a pénétré
Son inévitable dessein
Sur ce fauteuil éventré
Consolé par un coussin.

L’inconnu d’une avance,
Décrépitude du temps,
Mène la danse
De ce qui nous attend.

Au-delà de la mort
L’inconnu se révèlera
Inviolable coffre-fort
De nos trous à rats.

 

23 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec

KARIBU, le lion

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Afrique sauvage et lointaine
Chante, pleure ta peine.
Saigne, saigne ton coeur
De cris et de douleurs.
KARIBU a quitté tes terres.
Parti, passé la frontière
D’horizons plus sereins
Sur d’éternels chemins.
Il foule la savane en deuil
Dans un invisible cercueil.
Ne soyez pas étonnés
De voir le bout de son nez
Se mirer sur l’eau claire
Auprès de KARIFI son frère.
Il est là, sa patte guérie,
Dans les herbes jaunies
Il secoue sa belle crinière brune,
Choyé par son amie la lune.
Impatient, il attend, il guette
Vos bons souvenirs à sa quête.
Afrique sauvage et lointaine
Pleure, chante la rengaine
Du lion KARIBU du Masaï Mara
Parti pour de plus beaux apparats.

 

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23 Octobre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photos : Bri Lions Delphine Meriaux Photographe sur Facebook

 

Représailles

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Comme l’avait prévu la maman de YO le lionceau,
JADOR appela à la rescousse FURAX et ses jouvenceaux.
Laisser passer ce vol sous silence, sans réagir,
Donnerait aux lions un encouragement pour l’avenir.
Ainsi victorieux, ils tireraient tous les avantages
Face à la lâcheté de leurs ennemies fortes en bavardages,
Ridiculisées par ce vol sans poursuite faute de courage.
Ce fut un combat sans merci entre prédateurs et proies.
Le bataillon de FURAX s’offrit la part du Roi.
Les troupes de JADOR massives et puissantes,
Dans leurs mises à mort bruyantes et sanglantes,
Attirèrent tous les locataires des lieux environnants
Qui assistèrent aux premières loges à ce déferlement.
Cris d’agonie qui résonnent encore sur la savanne meurtrie
Par les râles, ricanements et rugissements …
Les pertes, hélas, des deux côtés furent de taille,
Réjouirent tous les badauds fans de funérailles.
Manger sans avoir à chasser est fort appréciable !
On a même pu voir le clan des TONNERRE se mettre à table !
À l’écart, histoire de sauver leur royale réputation …
Ils martyrisèrent avec grande cruauté un courageux troufion.
Ces têtes de hydre à mesure que l’affrontement s’intensifiait
Sous le stratégique commandement de JADOR, les défis s’amplifiaient,
Se confondaient dans des mêlées propres aux unités militaires,
Documentées, coopératives, dans un harcèlement salutaire.
Dégoûtés, lions et lionnes ménageant leur carcasse abandonnèrent,
Laissèrent le champ de bataille à ces matrones en colère,
Ces charognards peureux de réputation sur inventaire,
Ces chasseuses, flibustières de la piraterie alimentaire.
Suite au retrait des félins, JADOR rassembla les survivants.
Sans ménagement pour les blessés, il restructura les rangs,
Fier, heureux avec FURAX d’avoir tenu la dragée haute
À ces envieux, paresseux, meurtriers de familiales entrecôtes.

«Jamais de mémoire d’éléphant j’ai assisté de ma vie
À de tels affrontements pour une couronne ravie.»
S’exclame, médusée, d’un cou d’avance, NUAGE
Qui voudrait bien connaître la suite de ce carnage …

 

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23 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Nkorho Bush Lodge Evelyne Fosse sur facebook

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Il tonne !

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L’orage gronde
Le ciel se dévergonde.
Déluge encore une fois
Sur le VAR aux abois.
L’Artuby gorgée d’eau
Gonfle à bloc ses ruisseaux.
La rivière des Amoureux,
Sous ses flots fous furieux,
Craint quelque débordement.
Tonne, tonne, le firmament.
C’est un déluge qui s’abat.
Les riverains sans ébats
Assistent à la montée des eaux
Impuissants, ruinés, au point zéro.
Un chien aboie, les caravanes passent,
C’est la gadoue, l’horrible mélasse
Pour les pauvres gens déshérités
L’heure est à la gravité.
La Nature abusée, profanée,
Se venge des nombreuses années
Où confiante elle a donné
Aux peuples qui l’ont abandonnée
Dans un état de déchéance
Innomable pour des êtres d’intelligence,
Corrompus à tous les niveaux.
La Terre s’offre une remise à niveau.
L’orage gronde, explose,
De toutes ces overdoses.
Mes muses en colère m’éclaboussent.
Ma courte paille a la frousse.
La planète nous tient responsables.
Il est l’heure de passer à table.
Seigneur ! Quel court bouillon !
Sauve moi de ces couillons.
Empêtrée dans ce système
Ma vieillesse en ce baptème
Ne compte plus aucun soutien
Face à ces torrents diluviens.
Et pourtant … 
J’ai oublié le vent
Le vent qui me pousse 
Décoiffe et détrousse
Les jupes de ma jeunesse.
Qu’autrefois mes fesses
Attiraient quelque sifflement
Même si ce n’était que du vent.
Et pourtant …
Octobre s’en va pleurant …

 

31 Octobre 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine

 

 

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 31 octobre, 2018 |Pas de commentaires »
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