Archive pour la catégorie 'Littérature et Poésie'

Mise bas

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Arriver la tête la première
Pour un plongeon en pleine lumière,
C’est déjà la croix et la bannière
Sur ces terres d’amours sanguinaires.

Arriver au monde de cette façon …
Mais qu’avez-vous ma mère ainsi
Fait, de mettre bas sans façons
Dans une ronde aux dents de scies ?!

Retomber sur ses pattes, flasque poche,
Ce sont déjà les cruelles taloches
Qui vous mettent la peur aux trousses.
Que n’avez-vous choisi la douce mousse ?

Juste le temps de respirer la vie,
Cette vie que les autres m’envient,
Sans défense, vais-je survivre, dites-moi,
Pensez-y, ma mère, la prochaine fois.

Arriver la tête la première
En ce monde de bienvenues guerrières,
Même accroupie pour adoucir mes misères
Vous et moi face au danger, solidaires,

Vite, vite, ma précieuse mère
Vite, vite, sauvons nos arrières !

 

16 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Philippe Passet sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 19 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

La belle Romi aux yeux lune de miel

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La belle Romi, belle comme une andalouse,
A préféré ce vieux tronc à la pelouse.
Au repos sur ce vieux tronc de bois vermoulu,
Après quelques mois d’absence, la voilà revenue 
D’un voyage d’agrément pour fêter les printemps
Passés en compagnie de tant de soupirants,
De paparazzi qui traquent son intimité …
Elle avait besoin de fuir cette oppressante promiscuité.
D’ailleurs, envoûtée encore par ce beau voyage,
Elle vogue toujours à l’ombre de majestueux feuillages
Vers cette île enchanteresse, ce paradis sans soucis
À l’abri de tout danger, mis à part ces coquines souris
Qui lui tiraient sans cesse ses longues moustaches
Jusqu’à ce que menaçante, agacée, elle se fâche.
Le regard dans le vide, sur ce retour au bercail,
Romi barre encore de sa queue le gouvernail,
Vers ces terres inconnues dont elle rêvait tant
Où elle songe à retourner tambour battant !
Sans doute le même engouement que ces planqués,
Ces clic et clac qui viennent, amoureux, la matraquer.
D’ailleurs c’est une des raisons de son retour,
Histoire de revoir tous ces bébés d’amour.
Mais pour l’heure, Romi est inquiète, songeuse,
Jusqu’à quand son âme de grande voyageuse
Pourra sans fil de fer barbelé, ni voie routière,
Courir, chasser, vivre enfin sur ces convoitées clairières ?
De ses beaux yeux couleur lune de miel,
Romi s’agrippe de toutes ses forces à ce coin de ciel.
Deux petits ailerons porteurs d’espérance
Invitent Romi à de nouvelles vacances.
Un dernier regard vers tout ce petit monde familier
De poils et de plumes non encore spoliés.
Et la belle Romi aux yeux couleur de lune
Est repartie, silencieuse, sous la clarté de son amie la lune.

 

16 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Jacques Montanari sur Facebook

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 18 novembre, 2017 |2 Commentaires »

à la vie, à la mort

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Pour un oui, pour un non,
Du je t’aime à l’abandon
Pour un non pour un oui
D’un réchauffé peu réjoui.
À la vie, à la mort,
Un tremplin à ressorts.

Pour un oui, pour un non,
On se quitte sans pardon
Pour un non pour un oui
On largue crouton et lardon.
À la vie, à la mort,
Nouveaux ressorts de literie.

Pour un oui, pour un non,
Marguerite et papillon
Pour un non pour un oui
Ont éffeuillé mes vers enfouis.
À la vie, à la mort,
Pour de mystérieux sponsors.

Pour un oui, pour un non,
Du coup de foudre au froid frisson
Pour un non pour un oui
L’ami s’est enfui
À la mort, à la vie,
Pour d’alléchantes envies.

Pour un oui pour un non
Que la vie a du bon
Pour un non pour un oui
Elle subit ces inouïs
À la vie, à la mort,
D’une évidente mise à mort.

 

14 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Sébastien Majerowicz sur Facebook

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 17 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Mistralade

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Un vent déchaîné
En mal du pays
A soufflé toute la nuit,
Fait trembler ma maisonnée.

Les ombres chinoises se régalent !
Avec lui, elles sont en cavale.
Dans la lumière matinale
Elles suivent sa cadence infernale.

Le Mistral, ce forcené ventilateur
Expire ses passions de cœur …
La brise n’aime pas ce conspirateur
Qui énerve les chats de sauts d’humeurs.

Ses rafales enragées s’engouffrent,
Cherchent le moindre petit gouffre
Pour tourbillonner d’un plongeon vertigineux
Vers ce centre de la Terre mystérieux.

Cliquetis sur des roulements de tambour
De courants d’air il s’habille toujours,
Coiffe ma plume de nouveaux discours
Qui dérangent mes félins d’amour.

De tendresse ne comptez pas sur lui.
Quand il nous quitte souvent la pluie
S’amène avec de gros nuages noirs
Pour éponger la colère de ses couloirs.

Un vent à décorner les bœufs !
Comme si les bœufs à ces aveux
Perdaient à chaque fois leurs cornes
Pour un mal de pays sans bornes.

 

13 Novembre 2017 – Jeannine Castel

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 17 novembre, 2017 |5 Commentaires »

What is this ?

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Dans les eaux opaques de la Mara River
Trois rochers gris, gris comme l’hiver,
Trois tiques à tête de gros hippopotame,
Côte à côte, silencieux comme les âmes,
Font bloc pour rappeler au courageux aventurier
Qu’il risque de déraper en perdant pied.

Trois énormes roches entaillées de cicatrices.
Trois hippopotames soulagent leurs varices.
Varices d’anciens supplices de vaines attaques,
Attaques subies par des crocs qui matraquent.

Trois mastodontes somnolent sur les eaux.
Ces eaux qui portent leurs sacs plein d’os,
Ossuaire marin sans pierres tombales,
Aux dolmens d’écoutilles d’un gué en dédale.

Trois rochers gris édifiés, statiques,
Trois pachydermes imposants, flegmatiques,
Roupillent en flottaison sur la Mara River
Qui fait risette à ces trois troun de l’air.

Trois hippopos font trempette
Trois hippopos dans leur jolie nuisette
Trois hippopos à l’oeil vigilant
Sur la Mara River paressent en ronflant.

13 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Jean Philippe Borg sur Facebook

 

 

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 16 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Les oranges amères

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à mon amie Dominique Lange

 

Ma plume animée de vos ombres et lumières
Dans l’immensité de ces verdoyantes clairières,
De ces déserts aux caravanes solitaires,
De ces scènes attendrissantes, animalières,
Ma plume s’est enrichie dans vos chaumières.
Qu’elles soient bougie ou lampe à led, votre luminosité
A, sur ma tenace corne de callosités sévères,
Gratté cette croûte sur mes pensées parasitées.

Ombres et lumières d’anciens paravents,
De couloirs obscurcis, étroits, de rais aventureux,
Ma plume dans la pénombre des couvents
Cherche encore la lumière de ce Dieu ténébreux.
Toujours mon âme ointe du Saint Esprit,
En ce monde filandreux comme un cèleri,
Revient de ses chasses d’athées besoins
Qui ne sont que coquilles à mon bâton de pèlerin.

Chaleurs de bêtes et froid de canards,
La poupée de chiffons jetée du balcon
Sur des plumes, vers un monde plus peinard,
S’est écrasée comme mes rêves rubiconds.
Ces grands enfants que nous sommes devenus
Du poil à la plume, d’étagères encombrées,
Toujours dans l’ombre, quelque soit la bienvenue,
Avancent comme ils peuvent sans sombrer.

Oranges amères, j’aime votre vin de Marquise
Qui égaie mes sens sous cette froide bise,
Mais Marquise à n’y prendre goût je ne peux,
Je n’oublie pas ces mouches de votre visage farineux.

 

12 Novembre 2017 – Jeannine Castel

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 16 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

La complainte de Mam Malaïka

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Au départ nous étions cinq.
Un pour chaque doigt de la main.
Une tribu de six ou cinq
Aux fragiles lendemains.

Juste le temps de vivre en famille,
Cinq ou six dans un jeu de quilles.
Nous étions garçons et filles
Heureux, innocents, de joyeux drilles.

Mais la vie quelque soit la savane,
De la mort est amicale pavane.
Prédateurs et maladies sournoises
À nos survies cherchent des noises.

La tribu au complet de mam Malaïka,
De sombres requiems de balalaïkas
Ont creusé un peu plus le sillon de ses larmes,
De ces manques à l’appel qui nous désarment.

Être chassés
Avant d’apprendre à chasser.
Placés et mainte fois déplacés
Et toujours menacés …

De portée en portée
Seule ou escortée
Mam Malaïka aux belles pattes élancées
Heureusement, ne manque pas de fiancés.

 

12 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Philippe Passet sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 14 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Les pleurs d’une mère

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Les pleurs d’une Mère,
Quand gronde le tonnerre,
Quand la vie est trop austère,
Pleure, la mère solidaire.

Les pleurs d’une Mère
Cachés, dévoilés à la misère,
Cris étouffés d’une Mère
Face à la vie meurtrière.

Les pleurs d’une Mère
Sur le bonheur éphémère
Rompu par la sournoise guerre
D’esprits rebelles sans frontières.

Les pleurs d’une Mère
Ce jour le Bataclan… quelle autre terre
Abrite ces exterminateurs tortionnaires,
Cafards, terreurs… pleure la Mère, pleure.

Départs pour une vie plus prospère
Pleure, la Mère pleure,
Présage funeste d’un avenir en guerre,
Pleure la Mère Patrie en cette heure,
Les loups sont en route vers ta bergerie….

13 Novembre 2015 - Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 13 novembre, 2017 |2 Commentaires »

Dos d’ânes

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Ciel et terre emmêlés font l’amour.
En ce brouillard, au petit jour,
Seules les berges boueuses et silencieuses
Assistent à cette union brumeuse.
L’eau de l’étang de quelques reflets
Divulgue ces noces d’inédits pamphlets.

Une église pleine d’âmes assoiffées
Qui implorent, en prières, ce Dieu d’Amour,
Tandis que le vent agite les arbres décoiffés,
Affole ces feuilles saoules d’anciens discours.
En attente de ce face à face d’ovations,
Mes pensées tourbillonnent de questions.

C’est dimanche, la ville est au repos.
À travers le grillage, les sanglots je perçois
De ces âmes grisâtres, broutant en troupeaux,
De ces âmes de lumière enveloppées de soie.
Vous reverrai-je dans cet amour infini divin ?
Ne suis-je pas déjà investie de vos parchemins ?

Ciel et Terre emmêlés font l’amour
En ce clair midi d’un jour ensoleillé
Où le partage n’a que ce côté glamour
Pour attirer à soi un vide endeuillé.
De plume ou de poil le jour sur la savane,
Aux déserts envahis d’énigmatiques caravanes,
Attend l’étranger sur de nombreux dos d’ânes,
Silhouette ombrageuse d’où la lumière émane.

 

12 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Philippe Frey sur Facebook – Désert d’Alashan

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 13 novembre, 2017 |1 Commentaire »

Quand le Léo part à la chasse

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Quand le Léo, d’une virgule
Bouscule le crépuscule,
Pour sa faim aucune pilule
Ne calmera ses mandibules.

Quand le Léo part à la chasse
La mort après lui se place.
Il faudrait d’immenses échasses
Pour prévenir les troupeaux en place.

Quand le Léo montre sa bosse,
Fini le temps de la négoce.
Chacun de ses roues de carrosse
Fuit les ardeurs de ce beau gosse.

Quand le Léo aux crocs couleur ivoire,
Ventre rampant, les pompoms tournicotons,
Choisit sa proie sans four crématoire,
Il s’invite et passe à table en glouton.

Quand le Léo va au Supermarket,
La meilleure paire de baskets 
N’évitera pas ce plaquage intégral,
Vif et rapide, furtif et bestial.

Quand le Léo revient de la chasse
Lourde souvent est la carcasse.
À chat perché, ensuite il joue,
Repu, il redoute les babouins jaloux.

 

11 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gonnet sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 12 novembre, 2017 |1 Commentaire »
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