Archive pour la catégorie 'Le voyage de petit Louis'

Petit Louis (fin)

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Petit Louis resta prostré, envahi par son chagrin,
Incapable de réfléchir, de trouver une solution,
Anéanti par cet incident qui mettait fin
À sa carriole, ce moyen de locomotion.
Elle avait cédé aux violentes et nombreuses secousses,
Maltraitée par le mauvais état du parcours,
Que lui avait imposé, le feu aux trousses,
Ce gamin, fugitif, qui vivait au jour le jour.
Petit Louis, d’un dernier espoir, ramassa la roue,
Tout n’était peut-être pas foutu …
L’axe était tordu, ne tenait plus du tout,
En plus les roues arrière … vraiment foutue …
Il s’assit près de sa carriole, après tout
Il aimait bien son petit bruit familier
Qui accompagnait la solitude de ses trajets.
Il perdait une précieuse et utile alliée.
Cet imprévu sérieux contrariait ses projets.
Mais quels projets ? … à part ce désir fou,
Cette soif de liberté, cette envie de voyager.
Mais à onze ans … et tous les garde-fous
Qu’il faudra affronter … si j’étais plus âgé 
Il me serait plus facile de vivre ma vie.
Mais à onze ans … douze en Août prochain.
Il ne pouvait stationner plus longtemps ici.
Il jeta un dernier regard à son engin,
Mit la roue en souvenir dans une valise.
Il lui laissa la cale pour maintenir l’équilibre.
C’était une étape à surmonter, une journée grise.

Une valise dans chaque main, encore libre,
Il continue son voyage de la vie, en route
Vers une gare, un train qui l’amènerait …
Bientôt l’heure du casse-croûte …
Petit Louis se mit à rêver de croissants dorés …
Sur cette image un peu floue, finit là cette série
De l’histoire du voyage de la vie de Petit Louis.
Peut-être le croiserons-nous en chemin
Pour d’autres aventures qui l’attendent demain …

 

26 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 28 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (10)

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Tout en mangeant son sandwich à la sardine,
Petit Louis contemple cette lune câline,
Cet effet de lumière au nuage en forme de coeur
Entouré de minuscules bouches en coeur.
Il lui vient une tendre pensée pour le clodo aux godasses
Qui doit, quelque part, cuver ses gorgées de vinasse.
Comme un voleur il s’était enfui en empruntant
Une boîte de sardines, du pain rassis, du fromage puant.
Lui, il pouvait sans encombres faire la manche …
Il réalisa que demain on serait dimanche …
Il ne pouvait se permettre de faire la quête
Sans intriguer une bonne âme inquiète.
Il réfléchit sur les jours à venir, sur son sort malheureux …
Demain y suffirait … peut-être que St Gueux …
Il fut temps de trouver une bonne couchette,
Soulagé de cette nuit chaude pour la couette.
C’est le froid qui le réveilla … le ciel était bas,
Il enfila des vêtements chauds. Là-bas,
De gros nuages noirs menaçaient, gonflés d’eau .. 
Il se hâta … trouver un abri, car son chapeau
N’y suffirait. Vers midi, enfin une éclaircie
Inonda de soleil l’abri de bus. Petit Louis s’étira …
Et toujours cette faim … ah ! un bon chocolat ! …
Il se souvient avoir mis dans une valise des madeleines
Mises de côté sur d’anciens goûters, à la petite semaine.
Tant pis pour la réserve, il avait trop faim !
Il les savoura … retourner ‹ Aux Romarins › ?
A cette pensée, découragé, il se remit en chemin.
De plus en plus couinaient les roues de sa carriole …
Allaient-elles tenir ces drôles ?
Au cours d’un virage, il vit une roue le dépasser
À toute vitesse, finir sa course folle dans un fossé,
Tandis que sa carriole, bancale, agonisait sur la route
Sur trois pattes, valises renversées … la déroute !
Déconcerté, c’était toute la misère qui s’abattait
Sur petit Louis qui gémissait, après cette roue pestait.
Il regagna le bas côté portant valises et carriole,
Mit une pierre en guise de cale sans gaudriole.
Dépité, il s’assit la tête entre ses mains et versa
D’amères larmes assoiffées d’une liberté échouée là.

23 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 25 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (9)

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L’écho lui renvoya son cri …
Mais la colère resta en lui.
Il donna des coups de pied à sa carriole,
Les valises en tombèrent dans la rigole …
Heureusement à sec, pour ne pas envenimer
Cette scène proche d’un dessin animé.
Calmé, il remis sa ferraille sur ses roues,
Renifla, soupira, se moucha un bon coup.
Et le voilà reparti, le coeur en tourments
Sur cette route qui serpentait de nombreux tournants.
Il était pas loin d’onze heures, quand il perçut
Une voix qui chantait … sans qu’il aperçut
Âme qui vive devant lui … prudent il ralentit …
Le son empirait … sans son chargement, il partit
Voir en se camouflant … Hello petit !
Il sursauta, pas content d’être surpris.
Un homme, un vagabond, genre clochard,
Etait assis au milieu de son bazar.
Près de lui bullait dans une casserole
Un ragoût douteux aux odeurs vinicoles.
Il salua en hochant du menton cet étranger
Susceptible de mettre sa cavale en danger.
Il chercha vite des réponses à d’éventuelles questions
Que lui poserait ce cuistot, par suspicion …
Tu as faim ? à la St Gueux, y en a pour deux ! c’est là …
Bien que ce Saint lui fut inconnu, que lui parut hideux
Ce clodo aux vêtements et sourire douteux,
Il accepta l’invitation inespérée, oubliant sa carriole
Qu’il récupèrerait … ce n’était que babiole
À côté de sa faim digne de Gargantua.
Sitôt servi, sur l’assiette il se rua …
Il raconta qu’il avait raté le car …
Qu’il descendait au bourg voir son oncle Gérard …
Tout ça sur une musique à tue-tête
Qui donnait à ce repas sur l’herbe un air de fête.
Pendant que l’un buvait, l’autre se goinfrait,
Tant et si bien que le plein fut aux frais
De la princesse qui n’en a rien su
Lorsque le clodo, à son réveil, s’aperçut
Que le gamin n’était plus là … déjà parti …
Peut-être que le car était passé … brave petit
Qui n’avait pas refusé de partager un instant
Avec un inconnu, ivrogne, dégoûtant …
Ni car … mais une carriole à tirer encore une fois.
La route avait offert à petit Louis ce moment de joie
Dans cette rencontre. Seul un ange gardien
Avait pu intervenir dans sa vie de chien …
Une nouvelle nuit à la belle étoile
Attendait petit Louis pour l’envelopper de ses voiles.

 

20 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 24 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (8)

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Petit Louis demeura là jusqu’à la tombée du jour.
Cette nuit de Juillet lui parut douce comme du velours.
Il piocha dans le sac de vivres … épuisés …
Il se contenta de restes, chips et biscottes écrasées.
Il souffla dans le sac en papier, par dérision,
Et d’un coup sec l’éventra d’une explosion.
La nuit était claire, la lune légèrement rousse,
Il chercha une chouette planque recouverte de mousse.
Bercé par le murmure lointain de l’eau
Petit Louis s’endormit, son visage abrité sous son chapeau.
Hélas, son réveil ne fut pas des plus joyeux …
Il déchanta vite, quitta son sourire radieux.
Il retrouva la dure réalité de son existence.
Il aurait bien aimé continuer sa somnolence …
Continuer ce rêve inattendu, énigmatique,
Main dans la main, entre un père et une mère idylliques.
Les rêves sont parfois cruels, blessant l’âme.
D’où venaient-ils ces parents étrangers ?…  infâmes …
Combler sa solitude d’espérances tant imaginées ?
Etait-ce l’image de leur abandon ? Il se dit, chagriné …
Abandonné comme une carriole !
La vie, quelle dure école !
Petit Louis se releva douloureusement … quel carcan !
Il fallait redrescendre vers la vallée cependant …
A cette pensée, l’horreur ! …
Pour survivre … cette idée chassa la torpeur
Que ce rêve trouble-tête avait installée.
Tirant sa carriole il se mit à dévaler
La route et toutes ces caillasses, ces trous …
A bout de courage, il hurla comme un fou …

19 février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 23 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (7)

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Petit Louis quitta les turbulences du torrent,
Retrouva ses affaires cachées à d’éventuels passants.
Un coup d’oeil à sa montre, déjà treize heures !
Il prit le dernier sandwich de jambon-beurre.
Pas de toute première fraicheur … il le renifla …
Bof … il avait mangé pire que cela.
Plus de fruit … il ira à la maraude tantôt …
Là où le conduiront ces bruyantes chutes d’eau.
Il fit une petite pause digestive, s’habilla,
Prenant soin que rien ne s’éparpilla.
Il était impossible de suivre le torrent de près,
Valises et carriole se virent quitter le pré.
Un sentier étroit mais plus carrossable
Lui permit d’éviter les petits bancs de sable
Du torrent devenu rivière pour un nouveau lit.
Fatigué, il décida d’y passer la nuit.
Il repéra des ronces chargées de mûres,
Bien noires, exquises, surprises par sa figure
Aux moustaches violettes, à la langue bleue …
Il tira sa langue pour en rire mieux.
De sa canne de fortune, de sauts de cabri,
Assis sur sa carriole, ses affaires à l’abri,
Taquinant d’invisibles et désirés poissons,
Il pêcha un linge blanc au bout de son bâton !
Peut-être un pêcheur avait de son passage
Laissé ce feu de bois éteint sur le rivage ?
C’est ainsi, sans quitter son chapeau,
Que petit Louis sur les bords de l’eau
Passa quelques heures de répit, à la dérive
D’une fin d’après-midi à méditer sur ces eaux vives.

 

17 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 21 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (6)

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Réveillé en sursaut par le bruit d’un moteur
Petit Louis pensa, frémissant de peur,
Qu’on avait retrouvé sa trace …
À cette idée, de glace et de crevasses
Sa liberté redevenait une prison.
Quelle chance d’avoir trouvé ce vieux pont de pierres !
Il avait passé la nuit comme un loup en sa tanière,
Près d’un maigre cours d’eau dont le chant familier
Consola sa peine et ses douleurs de pieds.
Remis de sa frayeur, il fit un brin de toilette
Avec ce soleil aussi doux qu’une serviette.
Il déjeuna de quelques biscuits au chocolat,
Quel bonheur ces gens … Soudain Nicolas
Traversa son esprit … sur qui allait-il défouler
La haine de toutes ses rancoeurs refoulées ?
Mais le cours d’eau troubla ses pensées.
L’eau sur les cailloux se mit à danser,
Miroitant de mille feux et paillettes ; ébloui
Petit Louis entrainé par tout ce charivari
Décida de suivre le cours d’eau
Qui devint vite un torrent puissant et beau.
Il laissa ses affaires sous les pins complices,
Heureux de partager avec ce gamin encore novice
Qui venait, en leur compagnie, rêvasser
Siffler, sa présence l’aurait menacé.
L’eau bouillonnante faisait grand tapage,
Comme lui fugueuse, tumultueuse, sauvage.
Assis sur un gros rocher, l’eau en cascade
D’une écume légère lui offre une sérénade.
Il repère à ses côtés, dans une marmite,
Une eau limpide et au bain l’invite.
Il savoure ce cadeau de la nature
Qui vient, en musique, embellir son aventure.
Pas un instant l’ombre vient ternir
Les obstacles, déjà présents, qu’il devra franchir …

 

16 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 19 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (5)

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Il faisait nuit quand petit Louis arriva
Au sommet du mont St Cilgre, s’y arrêta.
Au cours de la montée, affamé, il cassa la croute.
Il eut une tendre pensée pour ces gens, sans doute
Des touristes, venus pique-niquer en ce lieu
Laissant tous leurs restes pour la part du malheureux.
Il eut droit même à du coca-cola … inouï …
Son repas est assuré pour le lendemain midi.
Assis au bord de la route il contemple en silence,
En cette douce nuit, la vallée de son enfance.
Il savoure les petits bonheurs de cette journée
Soulagé de cette maltraitance depuis qu’il est né.
De son perchoir, il cherche des yeux ‹ les Romarins ›
Parmi les lumières du bourg, demeure de  ses chagrins.
Il songe aux avis de recherche … mais de qui ?
A part le Directeur du foyer Monsieur Tapaky.
Oubliant, inconscient les lois de la société
Il se sent soudainement par la route invité.
Il réfléchit comment échapper à toutes ces lois,
Cette décision qui lui a fait payer ce choix
Qui n’était pas le sien, pauvre victime du sort
Alors que d’autres roulent sur l’or !
Il trouve injuste l’arrivée au monde,
Pourquoi naître d’une bouche immonde et non féconde ?
Que la vie est curieusement faite …
Il leva ses yeux vers le ciel en parure de fête,
Chercha parmi les étoiles sa préférée,
Allait-il toute sa vie errer ?
Comme il voudrait bien en cet instant
Se blottir dans les bras d’une maman …
Le coeur gros, quelques larmes amères
Sur le visage de ses onze ans coulèrent.
En sanglots, il se releva …
Il ne pouvait pas dormir là …

 

14 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 17 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (4)

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Tout en cheminant vers les hauteurs,
Petit Louis revoit avec douleur
Ce cauchemar qui mit au monde
Un nourrisson né d’âmes vagabondes.
De familles d’accueil en foyers, son enfance
Ballotée par les revers de l’existence,
N’a été jusqu’à cette dernière forteresse
Que tristesse, d’amours épris de paresse.
Il attendit l’absence du veilleur de nuit,
Occupé par son tour de ronde de minuit,
Pour prendre la clé accrochée au panneau
Qu’il avait repérée un jour dans son bureau.
De ces transferts deux valises en héritage
Lui permirent d’emporter dans ces bagages
Quelques affaires dont il aurait besoin
Tout cela en catimini, sans le moindre témoin.
Sa confiance, après tant d’abandons,
Avait perdu, au milieu de cette garnison,
Tout espoir d’une aide sans félon.
Le coeur battant, on le voit sous le porche,
S’éclipser sous la lumière des torches
Tirant un vieux landau complice
Déniché tout près de cet édifice.
Les roues, ces traitresses, grinçaient méchamment.
Il épiait, attentif, le moindre mouvement.
Ces quelques pas lui parurent une éternité !
Mais l’ombre rassurante l’apaisa de sa tranquillité.
C’est ainsi que petit Louis quitta ce bagne
Pour voyager, vivre sa vie en rase campagne
Dont les chemins et routes plus isolées
L’épargneraient, peut-être, d’un nouveau mausolée.
Il troqua dans une décharge son landau
Pour cette carriole d’un plus léger fardeau.
Il quitta le Foyer ‹ Les Romarins ›
Bon pied, bon oeil, petit Louis, ce gamin …
La nuit déjà sur le sommet
Offrit à petit Louis le repos d’une nouvelle nuit.

 

13 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : GS – photo sur Facebook

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 15 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (3)

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Après sa première nuit passée à la belle étoile,
Petit Louis déjeune d’un bout de pain rassis.
C’est tout ce qu’il reste de cette piste aux étoiles
Qu’il contemple à ses pieds sur l’herbe, assis.

Egayé par les clins d’oeil d’un soleil dissipé,
Dans une valise il choisit un pantalon tout fripé.
 En ce mois de Juillet il y a la chaleur !
Puis continue sa route préférant les hauteurs.

Torse nu, le voilà assis en contemplation,
Tout en lançant des cailloux dans l’eau
Qui se ride, ondule de soudaines agitations.
Petit Louis d’un plongeon en oublie son chapeau !

Ce bon bain, surprise du chemin, lui donne faim …
Casse tout le charme de ces instants heureux.
Il doit se contenter de maigres grappes de raisin,
De pommes percées de trous suspects, véreux.

Il s’offre, sur le ponton, une sieste d’ange
Bercé par le clapotis de l’eau sur les pieux
De cette passerelle qui vogue vers d’étranges
Rives sombres aux abords mystérieux, hasardeux.

 Le ciel s’assombrit, la fin de ce troisième jour approche …
Il lui faut revêtir son jean qui s’effiloche,
S’habiller plus chaudement pour parer à la nuit
Toujours plus fraîche sur les sommets de la vie.

 

11 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : GS – photo sur Facebook

 

 

 

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 13 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (2)

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Exténué par la route parcourue,
Depuis sa fugue de la veille,
Ce vieux banc vermoulu l’a secouru.
Voilà petit Louis, étendu, qui sommeille.

Couché en chien de fusil, il repose,
La main tendue vers quelque soutien,
Le wagon a subi métamorphose
Pour une carriole au collier sans chien.

Son feutre, de l’humidité de la nuit,
Protège ce jeune vagabond, délinquant.
Les deux valises posées à côté de lui
Sont le seul bien de cette fuite en avant.

Les roues de son carrosse s’inquiètent …
Encore combien de jours de diète
Petit Louis va t-il de quelques miettes
Subsister, résister aux douceurs de l’assiette ?

Pour l’instant, la nuit et son mystère
Confient au jour cet enfant solitaire
À l’esprit d’aventure, rêveur, locataire
D’un chemin de sa vie sur la Terre.

Dans les bras de Morphée, abandonné,
Laissons faire le savoir des fées
Pour ce jeune apprenti, petit pinsonnet,
Aux fragiles ailes, par la vie ébouriffées.

10 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : GS – photo sur Facebook

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 12 février, 2017 |Pas de commentaires »
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