Archive pour la catégorie 'Danse'

Le mur d’Hadrien (fin)

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Un peu longuet l’éjaculation, William Petit !
Quoique le désir extrême s’envie.
Jouissances rapportées au mur par l’issue
D’un contexte aux pieds nus.
Que reste-t-il ? J’ai vu, j’ai regardé…
Orgasmes circulatoires, soupirent mes voisines …
Rappels des sardines !
J’avais oublié le dopage artificiel
Qui me valut un ciel.
Je ne dis rien, parée d’un sourire
J’observe. Sans mal l’odeur de la peau
Ne sait plus rien de ce bruit d’eau
Qui s’endort dans les abois noctambules
D’une agape en agapé funambule.
Tristes rapports aux lumières blafardes
Vieilles guimbardes applaudies… je m’attarde.
Projections sur mes regrets d’avoir donné
Les richesses d’un tel plaisir à ces citronnés.
Inutiles regrets, les représailles jouissent,
Exténuement des échangeurs sans calice.
1h15 d’hystérie animale, les fureurs se déchaînent,
Corps saccagés, sons de synthèse, chair de sirènes.

 

Juillet 1992 – Chateauvallon
Jeannine Castel
William Petit et la Compagnie Rialto dans  » Le mur d’Hadrien »

 

Publié dans:Danse |on 21 décembre, 2015 |Pas de commentaires »

Le Mur d’Hadrien

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Nuit étoilée, écoute invisible,
Une corde lisse avec demoiselle dodue imprévisible.
Des chaises, des mecs en imper marchent …
Statu quo. Les onomatopées de la donzelle déclenchent
Des conversations hystériques sur les tourterelles,
Percussions femelles. La voilà au sol la maquerelle
La corde est tombée.

L’eau chuchote « chéri okay ».
Femmes en sous-vêtements coquets.
L’odeur de la peau, attouchements féminins,
Que fait Hadrien ?
L’envie change de sexe, on peut voir bibine. 
Les perversités de l’ombre. Matelas piétinés, imagine
Les chutes des névrosés.

Un récit tourmenté harcèle la musiques absente.
Couinent les pieds des danseurs sur la charpente.
A cet appel vibre la demoiselle, l’écho est essoufflé,
Les gros calibres, au sol, sont projetés.
Sur le repos du guerrier, les vagues humaines se fracassent
Muets et confondus, homo érectus, s’enlacent
Les roulades mortuaires.

Enfin le son des cloches ricoche,
Mademoiselle Panpancucul soutient la folie de ces fantoches.
Jusqu’à hauteur d’Hadrien, le mur est perturbé,
Halètent les cinglés.
Chaleurs torrides, le rythme devient endiablé,
Percute le son de ces paumés. Membrane secouée,
Les couples Forniquet.

 

 

Juillet 1992 – Chateauvallon
Jeannine Castel

William Petit et la Compagnie Rialto  dans le « Le mur d’Hadrien »

Publié dans:Danse |on 20 décembre, 2015 |Pas de commentaires »

Body Art

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De part et d’autre, face à face, du parterre,
Nous prenons place devant une cage en verre.
Nous contemplons le laveur de carreaux
De cette couveuse où Yvette fait le gros dos.
Couleuvre repliée qui nous admire,
Cette nymphe aux ongles fourchus respire,
Exalte un corps superbe sur l’asphalte,
Crachats sur l’enfermement en cette halte.
Vente aux esclaves, innove cette forme nouvelle,
Camisole sur positions à fantasmes, elle étincelle…
Les voyeurs doivent bander sur le plastique de la bête.
Plaisirs et nudité salés, gronde la nature, tête.
La chrysalide en devanture vient d’éclore
A deux têtes de son sexe, le cul provocateur élabore
Ces belles pauses pour un dessinateur qui s’interroge
Sur ce qu’il adviendrait avec de tels éloges …
Phallus-totem bâti avec de la glaise, elle adore
Ce que contemplent, délaissées, les métaphores.
Rentrée en transes, sauna qui décoiffe l’ange,
Sueurs en partance échauffent son esprit sans frange.
Lampe phallique, gélatine rouge, lui donnent euphorie,
Demeure à sa place un nourrisson gélatineux et cramoisi.
Provocations sous toutes les coutures, elle répond
A l’homme qui l’emmène en sa prison.

 

 

Création « Living Space » avec Yvette Bozsik
Chateauvallon – 19 Juillet 1992
Jeannine Castel

 

Publié dans:Danse |on 2 décembre, 2015 |Pas de commentaires »

Spring and fall

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Chair, blanc, noir silence,
L’ange blond s’élance
Avec fougue, ravit l’immensité,
Franchit l’appel des lieux insondés.
Sous la lumière, la ligne de vie
Se mire dans le vide aux grands cris.
Fluette compagne qui tourbillonne
Autour de la passion qui détone.
Fusions où la caresse désarticule
Cette créature que saccadent les émules.
A cloche-pied la réussite transgresse
Les ébats amoureux de la paresse.

9 Juillet1992 – Le Ballet de Hambourg

Jeannine Castel

 

Publié dans:Danse |on 7 juillet, 2015 |Pas de commentaires »

Les convoitises de l’âme

                                                                                                                                                                                                                        à Gil Roman

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Produire au grand jour un songe enfoui
Balayé par l’ivresse de folles nuits,
Tout homme habille ce divin là,
Brunes mâtines quand sonne le glas.
De blondes sonates le corps aspire.
L’âme déguisée porte masque de cire
Manteau de bure sur des seins convertis
Le moine habille la descente de lit …
Cordon éternel roué de coups,
Chaste demeure bannie des rendez-vous,
Colonne fragile d’un soutien salutaire,
L’âme a revêtu ce déshabillé légendaire.

 

 

Chateauvallon  1996

Jeannine Castel

Publié dans:Danse |on 2 juillet, 2015 |Pas de commentaires »

Sur les gradins

                                                                                                                                                                                                                                                                               à Maurice Béjart

 

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D’un univers où dansent les étoiles,
Il vint, aussi léger qu’un voile,
Sur nos scènes. Là, se mirent les pas
D’un génie que la danse épousa.
Chorégraphe insolite, l’ennui suffoque,
Défile l’escorte de ses époques.
Le corps de toute une compagnie se lie
A la beauté qui est son amie.
Intime regard où chacun s’évade,
Reflet indéfini d’une immortelle parade.
Le temps s’est épris du Présent d’une messe
Et toujours le silence majestueux de vos ivresses.
Quand viendra Vita Nova, la mort ressuscitera ,
Formes suspendues que tu créas .
Assis sur les gradins, l’homme contemplait
La lumière que son ombre cachait.
La mémoire m’offrit cet inaperçu,
Portée poétique de l’imprévu.

 

Chateauvallon  - 6/7 Juillet 1996

Jeannine Castel

Publié dans:Danse |on 30 juin, 2015 |Pas de commentaires »

Adagietto

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A l’adagietto, la lune se montra,
Amoureuse de ce solitaire pas …
Mais très épris de la danse, ce solo
N’eut pas de complaisance à ses bravos.
Accompagnant la cinquième de Gustav Mahler,
Il finit seul, la lune en l’air.
Chaque soir il reproduit le pas
Pour une belle qu’un soleil délaissa.
Une chaise pour seul témoin figure
Sur cet adagietto nocturne.
A l’Oiseau de feu, la Chauve-souris vint,
Profitant d’un temps divin.
Des chorégraphes de renommée
Avaient point songé
Q’une chauve-souris puisse danser.
Elle resta dans l’ombre d’un autre ballet.
L’Oiseau de feu ne s’en consola pas.
La lune de nouveau se camoufla.

Chateauvallon

Jeannine Castel

Publié dans:Danse |on 19 juin, 2015 |Pas de commentaires »

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