Archive pour la catégorie 'animaux'

C’est un caméléon

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C’est un caméléon
Rescapé d’un chaudron
Cuivré par la cuisson
Brûlé d’émotions.

Ses pattes calcinées,
D’huile chaude bassinée,
Sont comme du bois mort
Sur ce tronc en décors.

Une courte appendice
Montre encore le supplice
D’une  curiosité globuleuse
Pour sa plongée en friteuse.

Ratatiné par les hivers froids,
Moisi par les humides sous-bois,
Sec comme un hareng sans huile
Convalescent, il digère cette tuile.

C’est un caméléon
Aux chaudes couleurs marron,
Marqué par les saisons,
Desséché comme un crouton.

D’une préhistoire surmontée
C’est un caméléon entêté
Une étrange bête des sous-bois
Qui survit comme toi et moi.

 

18 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philippe Garguil

 

 

La lionne et les mouches

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Un froid polaire
Paralyse la Terre
D’une planète bleue
Au teint neigeux.
Tandis que des mouches
Autour de ma bouche
Grouillent et dépouillent,
Barbouillent et débarbouillent
Mon museau encore souillé
De victimes dépouillées.
Ces sangsues collantes,
D’une musique bruyante,
Sous la chaleur ardente
M’exaspèrent, agaçantes.
Coquetterie d’autrefois,
Ces mouches par ma foi
Trouvent une table de choix
Sur mon joli minois.
Ces dévergondées parasites
Excitées, visitent
Le moindre poil illicite
Qu’une fringale incite.
À des lieues de là
Froideur et verglas
Font mouche les tracas …

1 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo de Jacques Montanari sur Facebook

 

Les yeux des félins

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Les yeux des félins
Lumière du divin
Aussi mystérieux que lui
Ont cet infini
De cet indéfini
Besoin d’évasion
Recouvert d’érosion.

Leurs limpides eaux,
À travers leurs vitraux,
M’amènent sur des rivages
Dans un silencieux langage
Tendre et câlin,
Doux comme du satin,
Rude comme le lin.

Suspendue, perdue
Dans leurs regards,
J’oublie, éperdue,
Ce froid de canard
Qui m’entoure
Dans cette chasse à courre
De bienvenues.

Les yeux des félins
De paradis lointains,
De légendes et de contes,
Leurs prunelles me racontent
Cet impalpable sentiment
De cet indéfiniment
Bonheur permanent.

Jamais ne me lasse
Même dans leurs yeux de glace,
De ces mirettes cachotières
D’âmes guerrières.
Sous leurs paupières closes
D’un film permanent
Je voudrais ce firmament.

 

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8 Février 2018 – Jeannine Castel
photos : Caracal de Tony Crocetta sur Fb
                  Guépard : Michel Bertrand sur Fb

 

 

 

 

La grande parade

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Les girafes apprennent à défiler
Pour la grande parade animalière.
Pas moyen d’essayer de se défiler …
Deux gardiennes veillent, resserrent,
Les rangs de cette troupe indisciplinée, lassée,
Qui n’en fait qu’à sa tête, préférant
Faire une trempette pour se délasser,
Insouciante des eaux de la Mara, aux dents
Cruelles qui flottent sous de jolis ornements.
La meneuse de revue attend sagement
Que ces turbulents, chahuteurs garnements
Enfin se décident à se mettre en rang.
D’une ligne bien droite et régulière
Elle pourra les amener vers la clairière.
Partis depuis l’aube, la fatigue se ressent,
La concentration a rejoint bon escient.
« Lâchés sur la savane les gardes vont avoir
Un mal fou à rassembler en un seul couloir
Ces longs cous curieux, avides d’espace,
Agités, perchés sur leurs grandes échasses.
Quelle idée saugrenue venant d’un commandant
Qui se contente de jumelles pour ce dément
Projet de nous faire défiler … quel emmerdeur !
La parade animalière et sa folie des grandeurs !
Combien de fois devrons-nous répéter … »
« Taisez-vous ! Garde à vous ! Assez rouspété !
Une fois la file indienne en place,
Vous lèverez en cadence la même patte, bande d’échasses !
Je veux plus entendre de commentaires ! »
« Le commandant derrière ses jumelles est très en colère … 
La troupe va t-elle réussir cet exploit ? …
Attendons le prochain scoop… j’ai les foies … »

 

8 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Polo Chourbois sur facebook

 

 

 

Points et pois

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Deux pintades noiraudes
Partirent à la maraude
Dans un champ de pois
Du fin à l’extra fin choix.
De points et d’embonpoint
De plumes et duvet fin.

Deux pintades grassouillettes
Décorèrent leur toilette
De pois moyens à très fins
Pour un mardi-gras serein
Sur des rochers en chocolat.
Crêtes de dentelles et falbalas.

Une émeraude en percing
Ajoute à leur looking
Ce brin de verdure
Manquant aux pois de leur parure.
Deux jolies pintades
Prêtes pour la parade. 

Ces poules de Numidie ayant picoré les écrits de Rome
En poules d’Inde le Moyen-âge les renomme.
La déesse Artémis voyant sur ce char ces deux pintades
Transformées en pintades du pharaon pour la parade,
Les renvoya vivre à l’état sauvage en Afrique.
Être chassées ou sauvées … Pois ou point ?

 

1 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Véronique Morel

 

SCARFACE

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SCAR ! …
Un roublard
Des grands boulevards.
Le chouchou
Des rendez-vous.
Doudou de loulous
Amoureux fous.

SCARFACE
L’audace …
De volte-face
N’effacent
Sa face,
Ne remplacent
Sa tignasse.

Un Roi des rois
D’un chemin de croix
Dont l’oeil droit
Saigne de froid,
De sournois
Tournois
D’effrois.

SCAR, l’immortel.
L’éternel favori
De safaris.
L’idole
D’une farandole
Entichée
De ses clichés.

SCAR
Ce bel avatar
Est et restera
L’énigmatique,
Fantastique
Lion idyllique
De l’Afrique.

 

1 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Tony Crocetta sur Facebook

 

Parchemin

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Une chute de reins
À faire pâmer d’amour divin
Les voyageurs sur son chemin
Admirateurs de ce parchemin
Déroulé pour l’écrivain.

Une pause étudiée
Par ce léopard initié.
Un top-model animalier
D’une splendeur à scier.
L’envie de le supplier …

Le supplier de demeurer encore
Du coucher du soleil à l’aurore.
Respirer à travers tous ses pores
Cette sauvage beauté qui s’ignore.
Ô combien, je vous adore !

De dos, de face, de profil,
Vous êtes mon roi de la wifi,
Mes livres d’enfant en ce rififi.
Élégance, grâce, purifient
La laideur de la cacographie.

Pelisse sans guêpière
Spots de lumières
Amourachées de cette héritière,
Sauvageonne des clairières
En croisière.

 

26 janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Jean-Louis Godard sur Facebook

 

Les coutumes

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« Qu’est-ce que je suis balloté ! Boudiou !
Épinglé comme un malfrat par la peau du cou !
Tout ça à cause d’un buffle menaçant !
C’est lâche d’attaquer de jeunes enfants.
Maman a dû faire des va-et-vient
Pour nous mettre à l’abri … vilain vaurien !
Vous avez vu comme elle pose sa patte ?
Sur la pointe ! sans chaussons ! ça m’épate !
Evidemment, Papa devait encore roupiller …
Comme il dit : faut apprendre à vous débrouiller !
Puis c’est quoi cette coutume de nos aïeux
De nous porter ainsi comme des vieux ?
Pourquoi ne nous porte-t-elle pas sur son dos ?
Ça lui éviterait ce ballet pour badauds !
Assis sur son dos nous pourrions avec elle
Déguerpir, galoper, bien vite nous enfuir !
Au lieu de ces tours de manège où l’on peut mourir.
Ouais ! sur notre père se serait encore mieux !
On pourrait à sa crinière se cramponner … Dieu
Que ce serait chouette ! Demain je vais essayer !
De nous voir, ils vont tous en bégayer !
Fini la peur au ventre quand on lambine
Ou qu’on reste seul, le temps que s’acheminent
Les allers-retours de notre mère inquiète
Tant que nous n’avons pas atteint notre cachette.
Oui … mais où prendre des cours d’équitation ?
Je ne vois que sur le dos des lions !
Ils savent bien le faire pour tuer leurs grosses proies !
C’est à tester…choisir le meilleur choix.
En attendant franchissons le cours d’eau !
J’en parlerai à maman tantôt …
L’homme nous aiderait-il à révolutionner
Ce mode de transport conditionné ?
Nous vous attendons pour un entrainement ! »
« Mais c’est à toi de grimper sur mon dos mon enfant. »
« Alors tu veux bien ? Je t’aime maman »
« Arrête de pleurnicher …
Allons, viens te percher ! … »

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24 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta et Kilambo Abou

Aubaine et bedaine

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Un crocodile, étalé de tout son long
Sur un bout de plage, s’offre un roupillon.
Gueule ouverte, mâchoires inertes, ce géant,
Le ventre plein, somnole en digérant
Un pantagruélique festin englouti avec tapage,
Arrosé par les eaux de la Mara troublées par la rage
De ce crocodile du Nil, hôte de ses rivages
Où viennent s’abreuver des d’animaux sauvages
Assoiffés par les chasses, la chaleur suffocante
Sous l’étendue d’un ciel de beautés apparentes.
C’est alors que surgit des broussailles,
Une jeune femelle léopard qui de la canaille
N’avait pas encore payé de facture
Des dangers pour le goût de l’aventure.
Méfiante tout de même, flairant de loin
Cette imposante chose en forme de boudin,
Ne bougeant pas d’un moindre iota,
À part un oeil globuleux, un hublot d’apparat,
Qui semblait ne fixer aucun mouvement
De ses approches. « Quel étrange rampant …
Est-il mort ? Est-il vivant ? Empaillé ? »
Tout près de cet ogre menaçant, ensommeillé,
La voilà qui s’accroupit pour mieux flairer
Cette amicale bête difficile à blairer …
Voyant que cette étrange créature sans réaction
N’avait, à son encontre, aucune rebellion,
Elle se contenta de boire quelques gorgées d’eau.
Chanceuse innocente qui présentait de dos
Une queue réjouie, battant la juste mesure,
D’une rencontre insolite, unique, sans armure.
Elle fit une courte sieste à ses côtés, pensive,
À cette étrange monstre allongé sur la rive,
Baillant en souriant sans jamais refermer
Sa gueule …  Elle essaya de le mimer,
S’amusa de ce nouveau jeu appelé la flemme
Puis lassée d’aucune réaction à part ce vitrail blême …
Elle en conclut que ce devait être un épouvantail.
Elle quitta cet îlot rocailleux sans ambages
Et continua en rêvant de cet inconnu du voyage.
Cette rencontre, éventée par la force des vents, 
Fut diffuser par des tours de moulins à vent.
On raconta des contrées des plus lointaines
Cette belle histoire entre une aubaine et une bedaine.

 

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23 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Patrick Kientz sur Facebook

 

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Publié dans:animaux, Photographe Patrick Kientz |on 1 février, 2018 |2 Commentaires »

Les félins

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Les félins
Aiment les câlins
Qu’ils mendient
Selon leurs envies.
Ils ont de grandes moustaches,
      Ces jolis fils d’attaches
Qui oscillent et consultent
Les échos des tumultes.
Ce sont de fieffés comédiens
Qui miment, Ô combien,
Un discours de trois fois rien
Qui en dit long sur l’entretien.
Ils ont des yeux électriques
Aux fenêtres énigmatiques.
Leurs paupières lymphatiques
Veillent, enquêtent d’un oeil sceptique.
D’une pelote invisible, ils tricotent
Un jacquard maternel qui ravigote,
Remaille un fond de culotte
Tachée d’une ancestrale marotte.
Ils ont une horloge intérieure
Qui leur indique les heures
Où la louche, pour leur fine bouche,
Versera les croquettes. Ces farouches
Félins aiment bien les tapis,
Se vautrent sur les descentes de lit.
Ils font parfois pipi dans les petits coins,
En douce, pas vu, pas pris, sans témoin !
Ils ont des radars ouverts en permanence
Jusqu’à provoquer vos grands silences.
Ils n’aiment pas être dérangés,
Il suffit de ces soudains bruits étrangers !
Félins, malins, coquins, ils font des bêtises
Quand leurs journées sont trop grises.
Ils ont des manies routinières, horreur !
Ils m’en font voir de toutes les couleurs !
Il n’y a qu’à contempler ces trois spécimens
Pour conclure d’un AMEN !

 

24 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Toile de l’artiste peintre – écrivain Anne Marie TORRISI sur Facebook

 

Publié dans:animaux, Art, Littérature et Poésie |on 1 février, 2018 |Pas de commentaires »
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