Archive pour la catégorie 'animaux'

Vous m’en direz tant

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Follement gaies, deux grues cendrées,
Sur le pré encore vert, font le pied de grue.
Arrivées on ne sait d’où, de quelle contrée,
Ces deux folasses battant de l’aile ont cru
Pouvoir faire affaire à la saison des crues …

L’une, de son aile, incite à la débauche, harangue
La clientèle discrète se mordant la langue,
Étant peu habituée à ce genre de démonstration
Pour prendre un plaisir comme une attraction.
Vivre avec son temps, certes, mais une telle fraction …

L’autre de ses grandes ailes déploie
Toute la panoplie innocente des filles de joie.
« Que voulez-vous cette perverse déviation
A mis une houppette sur notre réputation.
Alors ne soyez pas choqué de notre évolution. »

Aussitôt quelques clients de première heure,
Amateurs du beurre et de l’argent du beurre,
Après réflexion et conciliabule, s’aventurent,
Hésitant toutefois sur ces cas de figure
D’un choix, deux poids, deux mesures.

Mais, voilà qu’au premier client, ces furies
Se battent, s’arrachent ce précieux épris
Qui se barre de ses folles furieuses en bataille
Chassant ainsi tout espoir de fiançailles …
Sous l’oeil amusé d’un buffle venant de Cornouailles.

Depuis, commérages et ragots vont bon train.
Abou, toujours Abou, ce fidèle témoin,
N’en croit pas ses oreilles et vers l’otocyon,
Qu’il cherche en vain, pour une radio-station …
Ne sait comment arrêter ces rumeurs de plumes en chaleur …

 

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14 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photographies : Abou Kilambo sur Facebook

 

 

GUÉPA

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Maman guépard est en colère
Contre Guépa et son petit frère
Intimidé qui se fait tout petit
Face à sa maman et ses cris.
Son frère Guépa, ce culotté, effronté,
Soutient le regard de maman-bonté.
Il essaie de lui donner un coup de patte
Certes timide, mais sa patience il tâte.
Il n’en fait quà sa tête ce polisson !
Depuis sa naissance de leçons, sans façon,
Malgré les fessées, il n’aime pas recevoir, 
Des ordres … c’est une maman en désespoir …
Il lui tient tête, arrogant, s’est mis debout
Pour être à la hauteur de maman-courroux.
Celle-ci, excédée, grogne,  montre les dents
À son enfant, cet insolent qui se prend pour un grand.
Habitué à ces querelles fréquentes, P’titgué
Attend sagement que s’adoucisse maman-fatiguée
Qu’il bade des yeux, au bord des larmes,
Triste de voir ainsi sa maman-gendarme. 
Il en veut à ce frère rebelle, désobéissant,
Mais qu’il admire. Il se sent impuissant
Pour affronter tout seul les affrontements
De sa vie de guépard … mais pour l’instant,
Il est témoin, observe en silence
Ce que lui promet la sortie de l’enfance.
Il s’appuie contre ce frère bien-aimé
Qu’il espère ne quitter jamais.
Guépa pour calmer le jeu, soudain,
Joue de son charme, mime un chagrin …
D’un geste, il demande une fois de plus
Pardon à cette mère qui lui postillonne dessus.

6 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Iris Braun sur Facebook

D’un

Voici le temps

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Voici le temps des papouilles, des mamours,
Des cabrioles, des bisous d’amour,
Où l’on oublie les envieux vautours
Qui louchent, vous pendraient haut et court.

Voici le temps des jeux, enfance heureuse
Cajolée par la tendresse chérie, savoureuse,
D’une mère qui connaît les nébuleuses
Cachées par une vie stupide, monstrueuse.

Voici le temps du lâcher prise,
Des chatouilles sous les bises
Où plus rien n’a d’emprise,
Loin des humeurs, des mines grises.

Voici le temps des liens, des préférences,
Des bienaimés qui ont eu la chance
De connaître ces souvenirs d’enfance
D’une mère débordant d’amours immenses.

Voici le temps de l’abandon maternel,
Des corps enlacés, de plaisirs charnels,
D’étreintes vouées à l’Éternel,
Ce temps des premiers baisers du ciel.

 

12 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

Showman

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Invité à la Cour des Banquises,
Vêtu de sa plus belle chemise,
Showman, manchot royal, s’entraîne
Au salut qu’il fera pour sa Reine
Tralala, Princesse de la Glacière,
De sang royal comme lui, héritière
Installée sur le royaume des Terres de feu.
Un bal, en présence de nombreux amoureux,
Est organisé pour lui trouver un mâle
Avec qui jaboter une liaison sociale …
Car la Cour, d’une nombreuse suite,
Ne peut accepter la moindre conduite
En solitaire, de couvées, plongées et remontées,
Qu’une tortue, de sa chaleur, viendra réconforter.
Showman se prépare à cette longue traversée,
Le coeur fougueux d’un jeune fiancé.
Il aura la lourde et difficile tâche de gouverner
Aux côtés de sa Reine, élever leurs oisillons nés.
Pour l’instant, d’une répétitive parade extatique
Il ameute, excité, aux alentours, toute la clique,
Se dandine et défile devant la colonie
Qui l’imite pour une future, éventuelle compagnie.
Dernière révérence avant le grand départ
Pour cette Princesse Tralala, digne d’un tsar.
Il s’apprête à quitter son île subantarctique
Pour une Terre de feu chilienne empirique.
Encore une révérence, c’est dans la poche !
Beau comme un sou neuf, il s’accroche.
Les kilomètres ne lui font pas peur
Pas plus qu’à ses nombreux garçons d’honneur …

 

6 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Joël Delmas sur Facebook

 

Coco bel oeil

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Coco bel oeil
Le roux écureuil,
Deux plumets en tête
Prêtés par une aigrette,
Ses couleurs d’automne
Sur l’hiver fanfaronnent.
L’hermine pour l’aventure,
Lui a prêté un plastron
Qu’il retient sans ceinturon
Sur son manteau de fourrure.

Le ventre creux,
Par ce matin frileux,
Il cherche parmi les trous,
Ces trous qui le rendent fou,
Ces cachettes garde-manger
Qu’il oublie sitôt engrangées.
Pour l’heure, ni gland, ni trou,
Pour ce mignon écureuil roux.
Il a bien du tracas
Avec ses petits encas.

Il réfléchit, assis.
Mes amis quels soucis
D’avoir une tête de linotte
Et autant de petites grottes.
Mais là, j’ai un creux
Confie-t-il aux macareux
Perchés à des lieux de là.
Dans quel embarras te voilà
Cher Coco bel oeil
Mon joli petit écureuil.

 

4 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Francis Cauet sur Facebook

 

Une simple épeire diadème …

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Une épeire diadème
Attend qu’on l’aime …
Cette Araneus diadematus
D’un temple du lotus
Ses chakras a ouvert
Pour accueillir mes vers.
Dans une haie de lumières
Elle porte sa croix, altière.
Les épines de son diadème
Sont tous ces « je t’aime »
Accrochés à ses pattes velues
D’une tisseuse de toiles dévolues.
Telle Shiva, de symboles occultes,
Réceptive à tous les différents cultes,
Son gros diamant ventral
Est le tabernacle de l’Agneau Pascal.
Déesse venue de la ville de Chandernagor
Elle tisse ses toiles de fils en multicolor,
Qu’elle soit tortue Ninja ou Bouddha
Sa beauté renversante m’envoûta
Comme une fan pour son idole …
Mais comme tous les symboles
Elle porte sur elle cette ascension
Trouvée dans le silence de l’Adoration.
Une simple épeire diadème,
Messagère en ce temps du Carême,
Qui brode de fils d’argent une spiritualité
En ces temps bien alités.

 

25 Février 2018 – Jeannine Castel
photo : Frédéric Hennion sur Facebook

 

 

Le python vert

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Un python vert
Au crâne plat
Bigle mes vers
Tremblotant de cela.
Sa parure de perles fines
Scintille pour chatnine
Qui voit en ce borgne
Une proie qu’il lorgne.
Ses crochets menaçants
D’un conte persan
Endort ma frayeur
Pour ce joli coeur
Venu pour la St Roméo
Écouter ces quelques mots.
De ses belles émeraudes, pour l’Australie
Il embobine mes rêveries
Arboricoles ou pas, en ce dimanche
Sa queue reste accrochée à la branche.
Cette pâte de guimauve verte enroulée,
Inattendue, a libéré mon boulet
Traîné par d’ancestrales peurs
D’un serpent fautif de nos malheurs.
Comme moi, il aime la nuit.
À cause des oiseaux, déjà les ennuis
Vont nourrir ces rongeurs ennemis
Qui séparent ou rapprochent les amis.
Désormais un python vert, nouvel invité
S’est infiltré dans ma poésie toute excitée …

 

25 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Thomas Chaumontel

 

 

Un rameau de léo

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Splendide quatuor de léopards
Un peu loubards, roublards, testards,
Dans leurs yeux sont des poignards
Fixés sur les innocentes proies du hasard.
Perchés, camouflés dans les feuillages,
Silencieux, sages comme des images,
Une mère et trois Léo dans les branchages
Attendent de la providence ses avantages.
Fautif, leur garde-manger est sans cesse vidé
Face à tous ces appétits aux crocs débridés.
Telles des bombes, ils tombent sans prévenir
Sur les imprudents trop pris par leurs loisirs.
Ces jeunes malabars sont tiraillés sans cesse
Par une faim qui jamais ne paresse …
À la chasse ils s’en vont régulièrement
Sous les ordres et gestes de leur maman.
Les cabanes dans les arbres, pour eux,
Existent depuis que le ciel est bleu.
Ce bleu qui se mire encore dans leurs mirettes,
Des yeux qui vous mettent le coeur en fête.
Heureuse photographe, ce jour, d’avoir aperçu
Ce tableau de famille à leur insu.

 Depuis courent-ils sur la prairie ?
Étaient-ils là, témoins d’une mauvaise plaisanterie ?
Errent-ils sur les terres meurtrières du Mara ?
Sont-ils des âmes guerrières, sous ces apparats,
Digérant leurs fautes dans un parc du Purgatoire ?
Ou simplement se reposent-ils sur cette histoire?
Toujours est-il, perdus dans leur contemplation,
On peut les voir recueillis, en pleine méditation,
Juchés sur l’arbre de la divine connaissance
D’un Eden aux éternelles vacances.

 

22 Février 2018 – Jeannine Castel
photo : Marielou Dhumez sur Facebook

 

 

 

Un des six nomades

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Un des six nomades
Assis pour la parade
Observe l’horizon.
De fenaisons, il colore
La rousseur de l’aurore
Dont la douceur de vivre
À ce souvenir l’enivre.
Il profite de leur balade
Pour offrir une oeillade
À cet instant de répit
Sur ce verdoyant tapis.
« Nomade ! pas plus que vous 
Qui venez si souvent parmi nous !
Je vous connais si bien et si peu …
Si vaste est l’étendue du ciel bleu.
Aujourd’hui, je suis là, que sera demain ?
J’ai borné d’une photo notre chemin.
Pourquoi moi et pas un autre …
Dites moi mes bons apôtres …
Je viendrai ici me reposer après ma mort.
Vous me reconnaîtrez à ma toison d’or.»
Un des six nomades, pensif, sans mascarade,
Attend la fin de la balade
Pour retrouver les siens.

« Tiens, encore vous, magiciens Meltingpotiens ! »

 

6 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Bri Duyols sur Facebook

 

 

 

Dites Ah !!!

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Une jeune hyène rieuse,
Moqueuse, montre joyeuse
Sa dentition de croquemitaine
Pour sa jolie bedaine.
Un nez tout plissé, complice
De cet éclat de rire factice,
Des mâchoires envieuses,
Témoignent une hargne dévoreuse.
On dit qu’elle ricane
De ses nombreuses chicanes.
Là, elle pète de rire
Sur tout ce que l’on peut dire.
Ses oreilles de chauve-souris,
Sourdes à ses proies aigries,
Dressées de cruels défis,
Fol est celui qui s’y fie.
Sous la blonde lumière,
D’un accueillant sourire
Aux fines dents hospitalières,
Cette hyène est en délire …
Furie ou maternelle, dites Ah !!!
Elle s’éclate en tout cas !

 

18 février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Michel Carrel

 

 

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