YO, fils de Yaya

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« À peine le temps de respirer
Qu’il me faut déjà expirer.
Avouez que c’est bien triste sort
Que m’offre la vie en sponsor.
Être dévoré par les siens, l’atrocité !
Pour des chaleurs de banale nécessité.
Triste choix … tant de femelles sur la savane …
Être condamné par un lion qui se pavane …
YO ! fils de Yaya, ta pauvre ficelle
Était trop courte depuis la margelle
D’un puits doté d’aucune profondeur,
Inexistant en ce monde de froideurs.
Juste le temps de savourer quelques tétées.
La vie m’a épargné d’autres difficultés …
Juste le temps de reposer sur l’herbe …
Même pas les honneurs d’une gerbe ! …
Mais joie éternelle en quelques rimes
De demeurer un peu en vos heures de déprime,
De vous caresser de ma chaleureuse patte,
Vous cajoler de bisous rouge écarlate.
Sitôt parti, déjà remplacé … quel safari !
Quelle différence avec vos vies mes chéris ?
Je n’étais qu’un lionceau prêt à découvrir
Trop tôt que nous devions aussi mourir.
Merci à vous tous pour ce beau souvenir
Qui me fera patienter, à vous revoir, sans plus mourir.
Toues les larmes n’y changeront rien …
Par cette photo votre cœur me retient.
Avant d’être aspiré par les mystérieux trous noirs
D’un néant contemplé si souvent d’espoirs.
YO fils de Yaya … j’étais cela …
Une victime parmi tous ceux et celles là.»

 

29 Décembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean-Louis Godard

 

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