Archive pour novembre, 2018

J’ai si peur !!!

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Une troupe d’éléphants
Piétinent, piétinant,
Un pique bœuf piaffant
Sur ces beaux monuments.

Où vont-ils ainsi, mystérieux ?
Toujours vers de nouveaux cieux
Qu’il pleuve, qu’il vente,
Sur les différentes sentes.

Caravane sans désert
L’été comme l’hiver
Ils franchissent les étapes
De leurs puissantes pattes.

En bande organisée
D’espérances brisées
Ils affrontent l’avenir
TENIR, tenir …

De balles et de lances
Sur leur fragile corpulence
Des rêves de mon enfance
Je n’y vois ressemblance.

Sur les pistes de la Terre
Ils errent, ils errent,
Fuyant l’homme ce conquérant
Tueur de leurs géants.

Une troupe d’éléphants
Sans tulipe ni fanfan
Cachés au fond de mon cœur
Pour les sauver du malheur.

J’ai si peur ! 

 

30 Octobre 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo :  Kilambo Abou Maringa sur Facebook

 

 

Neige

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Si RISETTE avec sa couronne a bien du tracas,
STORY de son côté n’est pas sous le signe de la baraka.
RIKAÏ de sa dernière cure thermale a ramené
Un souvenir qui l’oblige à ne point se démener.
Déjà que par nature au boulevard des allongés
Va sa préférence … elle se repose et laisse éponger
À son entourage tout le satané et fastidieux boulot
Quémandé par « Les Mandibules » aux nombreux marmots.
De plus de son dernier séjour aux thermes, ce porte-bonheur,
Dissimulé quelque temps, s’est épanoui de rondeur  …
On peut voir ses mamelons aux tétines déjà avides,
Des petites secousses sismiques qui remuent son bide.
Du coup avec tout le poids de cette nouvelle charge
RIKAÏ se vautre dans les atouts de cet avantage.
«Pas assez qu’elle faisait pas grand chose cette feignasse,
Elle me ramène de futurs orphelins de ses chasses.
Toutes les responsabilités lui passent au-dessus de la tête.
Franchement avoir voté pour cette goulue de coucougnettes,
Une chochotte pas si fragile qui se donne des grands airs,
Une Marie-couche-toi-là qui n’amène que misère.
Se faire engrosser par je ne sais quel curiste d’occasion …
Elle me revient le chariot plein de coûteuses provisions.
Je ne peux à ce rythme là assumer le poids de diriger
Toute seule cet orphelinat… après tout je n’y suis point obligée.
Certes il y a les nourrices aux emplois intermittents …
En plus de cette bouée flottante nous est arrivée au mitan
« TRONCHE DE CAKE » ainsi baptisée par une bienfaitrice célébrissime.
Et ce n’est pas un cadeau ! Un cas jamais vu, rarissime !
Une orpheline qui n’arrête pas sans raison de sourire.
Cette tronche est farcie de fruits défendus en délire.
Elle est grave ! Atteinte de pubères poltergeists, infestée,
Elle voit des fantômes bidons liés à la croissance
D’une sexualité d’adolescente dont l’effervescence
Fait explosion d’appels qui disjonctent régulièrement
Sous des pulsions incontrôlables en mouvements.
De plus en plus agitée même les bains de siège
Ne calment pas cette dulcinée surnommée NEIGE
À cause de l’impact psychologique qui pourrait calmer
Ses montées de chaleur qui nous attirent des malfamés.
Parait-il qu’une reconnaissance stopperait ses phénomènes …
À ce train là « Les Mandibules » vont devenir « Les Electrogènes » !
Toutes ces hormones en folie troublent et dérangent la quiétude
De l’orphelinat face à cette sexualité d’une telle amplitude.
Franchement je n’avais pas besoin de cette hystérique bruyante.
La faire adopter, proposer cette adolescente souriante …
Non je ne peux me résoudre à cette solution envisagée
Si ce n’est la garder en vie … âgée …»
STORY portant tout le poids chimérique de son histoire
Va consulter son miroir qui se ride sous son désespoir.
Accablée soudainement comme la foudre un jour d’orage
STORY, le gosier sec, s’abreuve et noie ses nuages …

 

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1 Novembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : New Animalbook Evelyne Fosse
Nkorho Bush Lodge

 

 

 

L’oubli

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L’oubli que l’on voudrait
Voir disparaître à jamais
Dès qu’il disparaît
Revient faute d’aimer.

L’oubli comme une graine
Jeté au fond d’un puits
Se noie et s’enchaîne
Dans d’obscures nuits.

L’oubli distraitement égaré
Dans des souvenirs fanés
D’un tilt joliment paré
Rejaillit, illuminé.

L’oubli trop occupé
Par la vie qui s’oublie
Pour avoir la paix
Lui-même s’oublie.

L’oubli agité de rappels,
De signes invités
Restés sans appel,
Cherche à être évité.

L’oubli trouve le repos
Dans de muettes paroles.
Entre l’espace des mots
Il se blottit et se colle.

L’oubli, tout un attelage
Qui galope avec l’âge,
Caracole et voyage
Vers d’autres rivages.

L’oubli, tout un cimetière
Fleuri à la Toussaint
L’Esprit se désaltère
Ravivé par les Saints.

 

21 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec

L’offre et la demande

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YO et HIHAH sont fascinés par cette couronne
D’un patchwork reluisant incrusté d’émail…
Épatés par la beauté de cette généreuse gorgone,
Ils sursautent par l’arrivée d’un imprévisible e mail
Venant d’un Grand Duc qui leur signe un arrêt de mort
S’ils acceptent l’offrande de ce vil sorcier retors.
Dégrisés, ils fuient vite, échappent de justesse
À ce monstre déguisé, caché par des eaux traitresses.
Ils remercient au passage ce Grand Duc, fier et satisfait,
Comme s’il détenait avec complicité une baguette de fée.
Et les voilà de nouveau en quête d’une couronne
Sous l’oeil amusé et attentif des lionnes …
Installées sur un tapis de mousse d’un vert gourmand.
Ces dernières trop occupées par leurs petits garnements,
N’ont pas vu ni flairé l’arrivée d’une célèbre espionne
Qui enquête et recherche le voleur de sa couronne.
N’ayant jamais vu de ses yeux le portrait de cet Arsène,
RISETTE se retire discrètement de cette ambiance malsaine.
Mais les deux lascars de loin l’ont aperçue !
«Vite ! Planquons-nous avant qu’elle nous tombe dessus !
Tant que nous n’avons aucun diadème à lui offrir
D’une bonne et sage distance il nous faut tenir.»
Ce qui amuse beaucoup ROSETTE, la belle léoparde,
Maquillée à l’extrême par de moustachus bardes.
«Ils n’ont vraiment rien à faire ces croquants !
Fort heureux ce n’étaient que rubis ! … du clinquant !
MOI la mienne est sertie de belles étoiles dorées …
Rien à voir avec la couronne de cette goret.»
« L’ÉCHO de la savane » ayant dispatché ce fait divers
Tout un peuple cherche dans le moindre courant d’air
Une couronne susceptible de contenter une Reine
Que l’on ne connaît ni du Père Noël ni de ses rennes.
MEDEE tourmentée par la peine, implore sa mère
D’aider cette malchanceuse RISETTE déçue, amère.
«Votre coeur de maman ne peut rester indifférent.
S’il vous plait mère, à la vente aux enchères des Os Errants
Vous pourriez acquérir pour trois fois rien du tout
Une couronne détrônée, volée par ce petit loup.
En échange je vous promets de ne plus approcher
Cette RISETTE au parcours semé de ricochets.»
Cédant à la demande pour avoir la paix, pressée,
Elle ramène une couronne de peau et poils tapissée.
«Bonne mère, que voulez-vous qu’elle fasse de cette relique !
Vraiment votre trouvaille ne casse pas des briques !
Les hyènes ont un dégoût pour le poil ! Non vraiment,
Votre couronne ne lui attirera aucun amant.»
Un délinquant du bataillon « Au Besoin », zélé,
Aperçoit RISETTE, l’interpelle un peu affolé :
«Vite, votre Majesté j’ai la couronne qu’il vous faut !»
RISETTE rapplique, inspecte les petits défauts …
«Encore des rubis ! j’aurais préféré des pierres de lune …»
«Mais votre majesté ! je n’ai pas assez de fortune !
La Lune est bien trop loin ! De jour je ne peux
Savoir où se cache cet astre aux rayons lumineux.
Faute de grive on mange du merle … de Bertrand
Apparamment mon cadeau ne satisfait pas vos ortolans !»
«Bertrand ? Ortolans ? … À quel zigoto, quelle pie-grièche
Avez-vous emprunté cette pièce revêche ?»
Vexé, le délinquant laisse cette reine et son déplaisir.
«Je ne sais si c’est de Bertrand, mais elle a de qui tenir !» …
 

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31 octobre 2018 – Jeannine Castel
D’autres photos sur la page : Les poèmes de Chatnine sur Facebook
Photos : Jo Begood   Bri Lions Jacques Montanari sur Facebook

 

 

 

 

 

Ricochets

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Tout en marchant, MEDEE s’empresse de raconter à sa mère
 Qui écoute attentivement sans perdre de vue la clairière
L’histoire de cette Reine qui n’a plus de couronne
Suite à un petit voleur qui depuis fanfaronne.
«Il a déclenché la colère des terribles « Quenottes » …»
«Mais qui est donc cette Reine qu’ils chapeautent ?»
«Elle s’appelle RISETTE, fille de STORY et de JADOR»
«Bonté divine ! MEDEE, tu as frôlé la mort !
Une crocuta ! … bien fait pour elle ! ça lui apprendra !
Ces voleuses qui troublent et chapardent nos repas …»
«Mais maman … tais-toi ! Je ne veux plus que tu t’approches,
Echanges, partages, une amitié avec cette bamboche …»
Très en colère son ton est monté si fort, si haut,
Qu’il est arrivé aux oreilles de demoiselles aux talons hauts.
L’une est dure de la feuille. L’autre miss lui marmonne dans les tympans :
«C’est encore un tour de YO, ce mignon et petit chenapan !
Il a dérobé la couronne de RISETTE … tu ne la connais pas.»
«Tout le monde va t’endendre ! Parle-moi plus bas  !
Je ne suis pas sourde … pourquoi veux-tu une risette ?
Tu me chatouilles avec tes poils de nez …raté pour la discrète !»
En effet, à quelques mètres plus bas un solitaire taurotragus
Estomaqué par cet audacieux vol à la tire fait par un minus
Déstresse les tresses de ses cornes qui dénouent
Les nœuds de son plexus bloqué jusqu’aux genoux.
«Tiens, j’ignorais que ces deux perches en sont …
Je les croyais fille et garçon … quel monde polisson !
Après tout ce ne sont pas mes oignons ni ma couronne.
Ça lui servira de leçon … faut faire confiance à personne.»
Ce n’est pas le cas du papa de YO qui rit encore du larcin
De son prometteur rejeton aux allures de petit saint.
Fier, il l’admire en train de raconter à sa soeur HIHAH,
Sérieuse comme un pape et qui n’apprécie pas
Ce que lui dit YO, son frère, ce petit chapardeur
Qui essaie d’amadouer les faveurs de sa sœur …
«Ton histoire n’est pas drôle, tu as pimenté la haine.
À cause de toi tu peux être sur que cette future Reine
N’oubliera pas qu’à cause de nous sa couronne
S’est envolée et avec elle son glorieux trône !
Le seul moyen, peut-être, de rattraper ta bêtise insensée
Serait de lui faire réparer sa couronne offensée ! …»
«Mais comment veux-tu ?» «C’est pas mon problème !»
«Tu crois qu’elle accepterait un nouveau diadème ?»
«Demande à ta copine MEDEE !» «Elle est punie, au cachot !
Sa maman n’a plus qu’elle … elle a eu très chaud  …»
«Que crois-tu ? Ça rigole jaune sur la savane …
En plus un pensionnat a perdu ses bonnets d’ânes !»
«Approchez mes mignons … n’est-elle pas belle ma couronne ?
Admirez comme elle scintille … je vous la donne … »

 

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9 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Nathalie Anciaux  Carine Noushka
Caroline Duca Sylvain Aulenbacher

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L’attirance

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L’attirance
Met en balance
Un cœur en vacances,
Un désir vers l’insouciance.

Des abysses qui s’ouvrent
D’un coup de foudre.
Du grain à moudre
Aux portes du Louvres.

Du mystère sur oreiller
D’espérances ensoleillées.
Un aveuglement ensommeillé
Pour des contes aux veillées.

Une négligence organisée
Sur des soupirs anisés.
Histoire de s’amuser
L’attirance s’est névrosée.

Délire en promotion
Pour d’amnésiques passions.
Hypothétique caution
Du destin en hybernation.

Prête à être dégustée
L’attirance va booster
Les richesses d’une Société
Attirée vers la nouveauté.

 

15 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

 

Médée …

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«Petit ! Petit ! J’en ai le poil tout hérissé !
Voilà qu’un lion avec ses envies de pisser
Cherche à coup sur à me voler la vedette,
À détourner de nous les tam-tams à roulettes !
Petit ! Petit ! À cause de ce Manneken-pis, RISETTE
Depuis qu’elle l’a aperçu s’embrouille les canettes !
La voilà qui fait des entrechats de ballerine,
Euphorique ! après avoir reniflé son urine !
Non mais ! il se prend pour qui cet incontinent
Qui fait pipi à la barbe des ribambelles de passants ?
C’est pas en dansant la java que cette jeune Reine
Va retrouver sa couronne … elle était si sereine …»
«Tais-toi petit ! Tu sais pas de quoi tu causes !
Tes paroles en l’air me troublent et m’indisposent !
Accablée de chagrin, je ne danse pas, je chaloupe !
Car suite à ma découverte je n’ai plus le vent en poupe !
Ce n’est pas un Menneken-pis qui va m’oter mon public !
Et nous n’allons pas émerger du paquebot Titanic !
Il suffit de trouver, d’imaginer une nouvelle attraction
Pour s’attirer des clac-clac, scotchés, ébahis d’admiration.
Tu vois rien que ces pas croisés d’un tango argentin
Les fera rire en dépit de tout mon immense chagrin.»
«Petit ! Petit ! N’ai-je pas hérité de la toison d’or ?
Au fait, on dirait que tes ailes n’ont plus de ressort !?»
«Ouais ! Englouties par le veau d’or lors de funérailles …
Découpées en morceaux par une bande de canailles.
Rien que d’y penser, je m’emmêle les pinceaux …
Nous aurions pu faire un pont d’or sans ces sots …»
«Médée ! Médée !» «C’est quoi cet appel ? Une alerte ?»
«Non, c’est maman qui me cherche ! Petit ! mais sa fille certes.
Moi aussi ma toison est gardée par des hommes armés
Contre tous ces dragons qui veulent nous décimer.»
«Tu as raison, petite… ma couronne en a fait les frais !
Ce n’est pas accrochée à un chêne ou à un cyprès
Que je l’ai retrouvée … dans quel état ! C’est horrible !
Tout ça pour un cadeau qu’un garnement impossible
Voulut offrir à sa mère, à la barbe des « Quenottes » !
Ma couronne de rubis ! Par Parkinson, j’en ai la tremblote !
Je swingue, twiste, ivre d’un abus de pouvoir …
Oui petite, tu peux chanter noir c’est noir ! …
Le bambin après s’être amusé de ce nouveau gadjget
L’a abandonné, vite lassé … il l’a refilé aux geais !
Ceux-ci n’ont pu de leur bec dégriffer les pierres précieuses,
Ils ont laissé tomber ma couronne dans la terre sableuse.»
«Oh … comment vas-tu faire sans ta couronne alors ?»
«À la danse du balai je confie mon triste sort.»
«Médée ! Médée !» «Je dois partir maman s’impatiente.»
«Oui, petite … il faut décoder ce que cachent les fientes.
Prends soin de ta toison d’or ébouriffée par les caprices du vent.
File avant que le Menneken-pis te croque à belles dents.»
Sur le lac de flamants roses, histoire de changer de décor,
RISETTE a bouclé son enquête avec regrets et remords.
«Elle était si belle ! Qui me la remettra en état …
Ma couronne et ses volumineux carats ?» Sur un air de samba
Sorti de nulle part, RISETTE face à son destin
Se surprend de penser à ce pisseur pour bottins.
«Je ferais bien quelques pas de lambada …
Me frotter à ce chacal  qui rigole comme un fada !»
«Et c’est reparti ! … emboitons le pas à RISETTE !
Dommage… elle ne joue pas des castagnettes
Observe YO … Ici, tout se répète …!
La preuve ? c’est moi qui referme son enquête …

 

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27 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos :  Kilambo Abou Maringa Lise Perreault

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À l’école de la vie …

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Ce matin RISETTE est de mauvaise humeur.
« J’ai passé une nuit blanche avec ces lionnes de malheur !
Leur va et vient continuel, leur repas frugal près de ma tannière,
Je vous l’avoue plaquée contre les parois, j’étais pas fière !
J’avais peur que ces lionnes dressent la table sur ma cachette.
La prairie a fêté « La nuit de la chasse et des conquêtes. »
Les gnous inquiets et impatients de franchir la rivière
Ont fait un vacarme tonitruant auréolé de poussière.
Zèbres, buffles, gnous, sont un tableau de chasse pour les félins
Qui apprécient ce garde-manger à porter de leur faim.
Dur d’entendre ces carnassiers se goinfrer de leurs proies
Alors que moi, affamée, j’étouffais dans ce tunnel étroit.
Enfin cet abri de fortune m’a sauvée et j’espère
Qu’au petit matin les ventres pleins, mes adversaires
M’auront laissé la part du pauvre pour mon petit déjeuner.
Un geste attentionné ou indigeste pour ne pas jeûner.»
En attendant l’heure, dans son insomnie, RISETTE réfléchit …
« Ma situation est si précaire, mon acte est irréfléchi …
Des ailes ! Voilà ce qu’il me faudrait pour survoler,
Voir de là-haut où je pourrais paisiblement somnoler,
Batifoler, me baigner, sans avoir cette menace tenace
Au visage de mort si apprécié quand je le mords.»
Se secouant de la poussière accumulée dans ce trou sableux
RISETTE, depuis la veille, a comme un petit creux !
C’est la bouche tapissée de sang frais qu’elle réapparaît,
Satisfaite des bons steaks laissés par les convives sur le pré.
Est-ce un bien, est-ce un mal d’avoir quitté sa cachette,
Les « Aspirants » après de fausses pistes, de labyrinthes,
Ont retrouvé sa couche marquée de ses empreintes.
Pendant ce ce temps, RISETTE dans un bain moussant
Se délecte, se détend de ce stress si envahissant.
Propre comme un sou neuf, ravissante, elle repart
Songeuse, sans savoir ce que lui réserve le hasard.
Si l’inaccès aux « Hyénides » doit durer quelque temps
C’est l’asphyxie et le démantèlement de l’Etablissement.
«  À l’école du Masaï Mara » elle devra s’instruire.
Pour cette éprise de liberté ce n’est pas pour lui nuire.
« Pas si seule en cette compagnie, seule face à ma vie,
Je suis libre … au présent, de quoi donc ai-je envie ? …»

 

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17 Octobre 2018 – Jeannine Castel 

Les poèmes de Chatnine
Contes de la prairie

 Photos : Danielle Liska - Jacques Montanari sur Facebook

 

Traversées

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Poussée par les ailes du vent
S’en sont allés au fil des courants
Mes espoirs, mes amours, mes soucis,
Feuilles mortes d’automnes roussis.

Escortée par des gestes de générosité
J’ai appris tout ce bonheur à revisiter
De déceptions, d’échecs, de larmes,
Qui tambourinent et me désarment.

Aimée sans trop savoir pourquoi
Puisque l’abandon de ces quiquandquoi
D’interludes, de festins, de sentiers,
Me laissent un maigre sentiment d’amitié.

Bercée par les remous des tempêtes,
Ma tête, ma misérable petite tête
S’enflamme, émotive petite allumette
Aussitôt éteinte d’étreintes malhonnêtes.

Poussée, escortée, aimée, bercée,
Je me laisse guider sereine
Sur ces aventureuses traversées.
La vie d’envies me draine …

 

25 Octobre 2018 – Jeannine Castel
photo  : Death valley – Californie

Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

 

Le manneken-pis

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Le pensionnat « les Hyénides » est entièrement détruit.
Les quelques pensionnaires, choqués, n’ont plus d’abri.
Regroupés autour de KUKUPANPAN ils attendent avec inquiétude
La décision de la Direction au sujet de leurs études.
Elles semblent bien compromises pour les jours suivants…
À moins d’un miracle, d’un providentiel et inoccupé couvent
Éloigné des pistes pour éviter d’être surpris sans préavis
Par des troupeaux, des hordes de migrants malappris.
Dans toutes ces échauffourées on ne sait plus
Qui était présent ce week-end là au bahut.
C’est le marasme total au sein de l’encadrement
Après ces représailles de rixes, d’antagonisme dément.
RISETTE, loin de tout ce baroud spectaculaire
Rencontre deux camarades perchées sur un lopin de terre,
Tristes, malheureuses, l’air égaré, curieuses de la voir :
«Que faites-vous toutes deux sur cet isoloir ? »
«Nous nous sommes échappées pendant la fuite !»
Et nos deux pensionnaires de raconter la suite …
«Dites donc je constate que le vol de ma couronne
A déchaîné tout le mal du diable en personne !»
«Si encore nous l’avions trouvée … mais non …
Partie, parait-il dans la gueule d’une guenon !»
«Une guenon ? … c’est YO le lionceau qui l’a dérobée !»
Les deux initiées, stupéfaites, en restent bouche bê.
«Mais alors qu’est-elle devenue ? … saperlipopette !
Aussi, si tu l’avais gardée sur ta tête … »
«Avec tes si, tu m’embêtes ! Tenez, je vais à la plage !»
«Nous venons avec toi … à trois on effraie davantage.»
Profitant de la distraction de ses deux colles
RISETTE s’esquive en pensant « Bye, bye fini l’école ! »
Il fait très chaud, le soleil à cette heure est brûlant.
RISETTE aperçoit des arbres, s’en approche à pas lents …
Stoppe … des éclats de rire la font sursauter …
«Ma parole ! On ne dirait pas les rires de ma communauté.»
Curieuse, le cou tendu, elle avance avec hésitation …
À quelques mètres, elle aperçoit un lion
Qui arrose généreusement un tam-tam à roulettes
Tandis que mouches et moucherons en goguette
Bourdonnent aux oreilles des clac-clac en rafale :
«Pipi du matin, le lion a la fringale !
Pipi du midi, c’est son salut colonial !
Pipi du soir annonce un lit nuptial.»
Ce sont les heures où notre Manneken-pis honore
D’un jet d’urine les visiteurs et les décore.
Une curiosité ignorée de bien des safaristes
Trop occupés à photographier les jeux de pistes.
On dit que c’est une grande faveur de voir
Ce Manneken-pis aux nombreux urinoirs.»
«L’insolent ! Quelle indécente gaillardise hardie,
Pour amuser, distraire ces Laurel & Hardy !
Mais trève de plaisanterie, j’ai mieux à faire
Que voir pisser un lion devenu légendaire !
J’ai une faim de loup, allons voir par là
Si je ne trouve pas un beau cuissot d’impala.»
Mais en guise de cuissot ce fut tout autre chose
Qui affligea RISETTE et la rendit morose …

 

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26 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Photo :

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