LES OPPORTUNISTES

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RISETTE attend le retour des pensionnaires.
Elle trouve le temps long, s’ennuie à ne rien faire.
Elle s’est levée si tard, trop tard pour casser la croute
« ici, faut pas sortir des rails … pas de fuite à vau de route !»
Assise sur la terre battue d’un terrier abandonné,
Elle revoit son rêve qu’elle trouve désordonné.
« D’une amulette aux magiques pouvoirs, j’aimerai bien ! …
Au lieu d’un sceptre qui ne transformera rien ! »
Voici qu’un nuage de poussière suppose le retour
De la troupe qui arrive avec la fin du jour.
RISETTE s’empresse de retrouver KILA dans le tumulte
Point de KILA … elle apprend que suite à une chute
D’un élève de la classe des 6ème, KILA est à l’infirmerie …
« Ma parole aujourd’hui rien ne me sourit ! »
L’envie lui passe de partager avec elle son rêve.
« Ce sera une fève semée dans mon jardin, ma sève ! »
Forte de pouvoir dominer un comportement de bambin
RISETTE se relève et décide d’aller prendre un bain.
En chemin elle rencontre Prof KUKUPANPAN toute excitée
De la bonne nouvelle qu’elle détient et d’un ton précipité :
«Ce soir tu dormiras au dortoir du groupe  » LES OPPORTUNISTES »
Elles sont trois soeurs très calmes mais d’humeurs tristes.
Il s’agit d’un dortoir et non pas d’une salle de fêtes !
Tu verras ce sont trois jolies hyènes très coquettes. »
« Justement j’allais de ce pas faire un brin de toilette.
Je vous remercie d’avoir pris au sérieux le sujet de ma requête.»
S’approchant d’une mare GRISETTE aperçoit le trio en question,
Reconnaissables à leur clair manteau et leurs discrètes ablutions.
Elles semblent ignorer sa présence : « Bonjour l’ambiance !
Quelle pâleur ! Des opportunistes sans aisance !
On dirait des triplées … je les collectionne ! …
Après des jumelles … trois autres lionnes !
D’un incivisme … faut dire si je vous dérange ! …
Un bon coup de patte dans le tas … ça me démange …»
Les trois grâces se décident enfin à sortir de l’eau
Sans avoir eu envers GRISETTE  un seul petit mot.
À l’idée de les revoir tantôt au dortoir
Les joues de RISETTE brûlent sous le feu du rasoir.
Dans le grand réfectoire on entend le bruit des mouches
Qui anime et accompagne les mastications d’avides bouches
Qui brisent, broient, mâchent os et chairs sanguinolentes.
Perchés, des vautours salivent et les arrosent de leurs fientes.
Ils espèrent peut-être leur couper l’appétit … en vain ! …
Ce n’est pas l’empathie qui règne au dortoir des OPPORTUNISTES …
Des phacochères ont parasité le sens moral de ces trois autistes …

 

24 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo :  Nathalie Anciaux

 

 

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