Archive pour octobre, 2018

Chassez le naturel …

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La nuit parut interminable aux soeurs de la disparue.
N’était-ce pas atteler les boeufs à une imaginaire charrue ?
« Sœurette crois-tu que nous allons la revoir ? »
« J’ai bien peur que non … j’appréhende de savoir … »
« Je luis avais pourtant dit après la récré de nous suivre …
De ne pas traîner avec les grands dans ce bateau ivre.
Sans surveillance, en ce dimanche, jour de relâche,
On ne pouvait compter sur la protection de ces potaches.»
RISETTE, à l’écart, surveille l’effervescence matinale.
Songeuse, elle pense qu’elle aurait pu dans ses cavales
Disparaître tout de bon… il suffit d’une mauvaise rencontre,
Du temps qui ne veut plus de votre existence à sa montre.
Cet évènement lui fait entrevoir la fragile existence
D’une vie interrompue sans votre avis, sans remontrances.
Elle aperçoit JADOR qui court comme un dératé …
« Est-ce un reste de cette pauvrette ? Complètement déshydratée !»
Elle vit passer le bataillon des jeunes et intrépides « Aspirants » …
«Tiens … c’est qui ce Chef qui ferme les rangs ?
Leurs recherches ça va durer des plombes au moins ! …
Autant chercher une aiguille dans une meule de foin !
Des hectares de prairie ! C’est pas quelques bleus
Qui vont nous faire voir un ciel plus bleu !
Manger des pissenlits par la racine sans le savoir …
Ce que je vois me dit que c’est tout rose ou tout noir !
Certainement, les cours aujourd’hui n’auront pas lieu.
Je vais pas rester à me morfondre dans mon pieu.
Je vais enquêter discrètement, ni vu ni connu je t’embrouille,
Me faufiler tout doucement, mettre au clair cette dépouille.»
Et voilà notre RISETTE gonflée à bloc, de plus belle,
Sous prétexte d’une enquête qui se fait la belle !
Cheminant dans cette haie d’honneur d’herbes caressantes
RISETTE de nouveau vers une geôle … mais pour l’heure buissonnante …

 

 

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4 Octobre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photos : Danielle Liska  Joanne Matson Photography sur Facebook 

Pour plus de photos merci de vous rendre sur ma page Facebook.

 

 

Commérages sur le bush …

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Il a suffi d’une hyène 
Hideuse comme la haine
Pour rassembler une foule.
Ça roule ma poule !

D’une RISETTE il a suffi
Pour démystifier d’un défi
Ces gueules aux langues roses
À vous donner la sinistrose.

Il a suffi de quelques mots
Ensanglantés comme leurs maux
Qu’une réputation légendaire
A étiquetté au col de nos chimères.

Il a suffi d’une prise de remords
D’une plume, de coffres forts,
Pour tendre aux hyènes des bras
Chargés de souvenirs mis au débarras.

Il leur a suffi d’un sourire pour faire rêver,
Déféquer pour des ennuis plus gais.
Oublier ce monde qui nous fait crever…
Ouais … ces hyènes nous font caguer.

Mine de rien avec leurs fous-rires
Les hyènes leur font oublier le pire,
La laideur du quotidien, ses bravoures,
Dans cette cohue de hyènes qui nous entourent.

Empathie, antipathie … quel pâti !… oui …
Avouez mes amies que c’est inouï
Cette coqueluche pour ces équarrisseuses
Qui nous font courir la gueuse …

 

3 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Danielle Liska sur Facebook

 

 

Écris-moi des mots

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Écris-moi des mots
Tout un vocabulaire
Ne suffirait aux maux
De ton coeur solitaire.

Écris-moi des mots
Tout un abécédaire
De vénus sans échos
En milliers d’exemplaires.

 Écris-moi des mots 
D’un alphabet idolâtre
Mots gravés sur des émaux
Fragiles comme le plâtre.

Écris-moi des mots
Brûlants de fièvre
Sous le feu d’un chalumeau
Ne cours-tu pas le lièvre ?

Écris-moi des mots
Quand vide est ta couche
Jonchée de grumeaux
D’amères senteurs de bouches.

Écris-moi des mots
Que tu veux bien entendre
Du fond de ton hameau
Des mots tendres en promo !

Écris-moi des mots
De risques est la vie
D’anges et de chameaux
Des mots à se passer l’envie.

Écris-moi des mots
C’est chose faite
J’ai chargé ta dynamo
Pour de nouvelles têtes !

 

 

2 Octobre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

JADOR

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Ce samedi d’autome est d’un grand bonheur !
RISETTE a rencontré enfin son géniteur …
Intimidée, face à cet imposant molosse, elle n’ose
Lui manifester ce manque de lien qui l’indispose.
Elle apprend qu’il est venu avec le Quartier Général
Pour diriger les troupes en ce transfert peu banal
D’un orphelinat menacé par des troupes ennemies
Depuis la mort de PIRATE qui était son amie.
Il dirige et commande en tant que Chef d’État major.
Les troupes sous ses ordres l’ont surnommé JADOR.
RISETTE encore plus impressionnée ne souffle mot
À ce père sûrement lié à de nombreux marmots.
Quand il apprend de sa fille qu’elle s’appelle RISETTE
Il éclate d’un fou-rire qui déclenche chez la fillette
Perplexe, un sentiment goguenard d’incompréhension
De la part de ce géant aussi trouble qu’une interrogation.
Elle se moque bien de ce déballage sur des bureaux …
D’unités endoctrinées pour former des héros …
C’est de tendresse que RISETTE aurait besoin,
Si dure est la vie pour marcher vers son destin.
Cachant sa déception, elle laisse cet inconnu JADOR
Tartiner ses rêves engloutis dans un vol de condors.
Polie, elle répond à quelques questions brèves
En souhaitant que cette entrevue vite s’achève.
C’est un sous-chef d’État major qui la libère …
Et le rapport qu’elle entend la sidère …
STORY, en intérim, dirigerait l’orphelinat « Les Mandibules »
Nouvellement renommé après de moult conciliabules.
Parmi les orphelins en âge de rentrer dans les rangs
Une unité de jeunes recrus, de fougueux aspirants,
Serait sur place aux « Hyénides » suite à la disparition
D’une jeune hyène qui manquait après la récréation.
Une des triplées était absente à l’appel du soir …
RISETTE pense tout de suite à ses compagnes de dortoir.
JADOR ne pouvant laisser les aspirants sans instructions
Quitte RISETTE sans le moindre geste d’affection.
Quelle ambiance au dortoir ce soir …
D’un côté une soeur qui pleure une présence évaporée …
De l’autre une RISETTE qui se voit déjà décorée
Pour dépasser ce père qu’inconsciamment elle veut aimer
Mais qu’une pimbêche lui refuse ce droit d’aimer.
Et c’est ainsi, chacune dans sa bulle silencieuse
Qu’elles espèrent, méditent sur cette vie si capricieuse …

 

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2 Octobre 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine

Photos : Farid Radjouh  Nathalie Anciaux sur Facebook

La Division « Au besoin »

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STORY, comme soeur Anne, ne voyant rien venir
Chasse la vision insistante d’un sombre avenir.
Quand elle voit au loin un nourrisson balloté entre les dents …
Son soulagement ne dure qu’un très bref instant.
Ce n’est pas PIRATE mais un de la brigade « Les Quenottes ».
Les espoirs de STORY se nouent pris de tremblote.
«PIRATE a dû rencontrer un sérieux obstacle …»
STORY alerte les nourrices pour se préparer à une débâcle.
« Il faut rassembler tous les orphelins vivement
Pour envisager de déménager l’orphelinat promptement.»
Anéanties par le déchirant récit que leur fait un réserviste
STORY et les nounous se sentent incapables de fuir par les pistes.
L’État Major Hyéniste en raison du maigre effectif des hyènes
Dépèche la Division « Au besoin » formée de redoutables coyottes
Chargés d’escorter le convoi des jeunes nourrissons
Dispersés dans cette débandade jusque dans les buissons.
Jamais le Mara n’a connu un tel déploiement de forces opérationnelles !
Un lion, quelques zèbres et divers témoins jalousement choyés
Assistent à ce grand chambardement de troupes déployées.
Ce transfert peu ordinaire dura juqu’à la nuit engagée
Pour de confortables et secrètes tanières à l’abri de tout danger.
STORY profita de chasser sous haute protection
Afin de ramener des victuailles pour fêter cette commémorable mission,
Remercier ces Serviteurs de la vie au secours d’appels de détresses
Engagés solidaires pour le bien être, la survie de leurs espèces.
“ Faits pour servir ” est le mode de vie pour ces compagnons.
Tous les orphelins furent sains et saufs grâce à leurs interventions.
Sauvé en partie, l’orphelinat sous cette bienfaitrice influence autoritaire
Se trouve avec un poste vacant des suites de cette démission meurtrière.
STORY est soulagée d’apprendre qu’une brigade restera “Aux dents de lait”
Le temps d’organiser, réunir les membres, revoir les statuts à reformuler,
Changer peut-être l’appellation de l’orphelinat en présence
Qui évoque un lieu de faibles occupants, de petits êtres sans défense.
Face à toute cette responsabilité STORY se sent démunie.
À cause de ses faiblesses…n’est-elle pas désunie ? …
D’une RISETTE ici multipliée par dizaines …
Elle se sent incapable de faire grandir ces jeunes hyènes.
«Il nous faut une reine dimensionnée, enrubannée de tendresse,
Au train d’enfer digne de mener tambour battant cette jeunesse.
Une reine qui veuille bien offrir, sacrifier ses loisirs sans tristesse,
Faire de ces tanières une imprenable et redoutée forteresse.»
Devant l’urgence STORY lance un appel à candidature
Avec photo à l’appui pour éviter d’éventuelles ratures.
«Tous ces petits trésors ont besoin de tendresse et d’amour.
Ils ont besoin de retrouver une confiance après leurs mauvais jours.»
STORY est désolée ne n’avoir pu aux “Hyénides” se rendre
En ce dimanche de phœnix ressuscités des cendres …

 

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30 Septembre 2018 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photos : Farid Radjouh Jean François Mény sur Facebook

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La mort de PIRATE

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Tout l’orphelinat  » Les dents de lait » est en deuil …
PIRATE, hélas, n’en franchira plus le seuil …
Alors qu’elle était partie chercher des orphelins,
La mort l’attendait en ce fatal et maudit matin …

PIRATE, trop occupée à retrouver ces bambins,
Son flair et son ouïe ailleurs ne repèrent pas la lionne.
Surprise par cette furie, apeurée, elle en devient aphone.
Attaquée lâchement dans le dos, PIRATE
Se défend courageusement contre cette scélérate.
La lionne de ses griffes de feu lacére son corps …
Horrible corrida avec mise à mort ! 
La lionne la mord sauvagement à plusieurs reprises
Jusqu’à ce que PIRATE, exténuée, lâche prise,
Perdant beaucoup de sang de ses flancs.
Que vont-ils devenir tous ces chers enfants ?
Haletante, elle pense à tout son petit monde
Qu’elle ne reverra plus, qui l’attend… fatalité immonde.
Elle essaie de se mettre debout, pauvre mère,
S’affaisse de nouveau, se traîne, déchirée, amère,
Sur ce linceul tant de fois foulé avec allégresse.
C’est alors que des lions nantis de délicatesse
Attendent comme des pleureurs veillant leur mort,
Respectueux pour cette hyène qui a sauvé tant de trésors.
Pensant jusqu’au bout à ses chéris, PIRATE expira.
Le pacha « Crinière Rousse » fit sonner le glas
Pour annoncer qu’une hyène, leur redoutable ennemie,
Était morte sans qu’il soit en ce fait compromis.
Redoutant la vengeance de la brigade des Quenottes,
Ils abandonnèrent son corps comme une vulgaire crotte.
Quand elle arriva, la brigade ne trouva aucun reste.
Des vautours, charognards, mauvais comme la peste,
Racontèrent avoir vu s’élever un ange céleste …
À l’orphelinat, STORY, inquiète, attend
Le retour de PIRATE, entourée des enfants …

 

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28 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Thomas Vijayan Photography Bri Lions

 

 

La lionne

L’Afrique sinon rien

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à Patrick Kientz et Jackson Naurori

L’Afrique sinon rien
Les amours de magiciens
Ont semé dans mon coeur
De divins bonheurs.

Terre d’hypnoses
D’incroyables poses
De courses effrénées
La vie renaît.

De paix et de violence
Des rêves de l’enfance
L’Afrique est la mère
D’une histoire légendaire.

Ses soleils m’enflamment
Brûlent les ailes de mon âme.
Des cieux à me damner
À ce rien abonnée.

L’impossible voyage
D’un tardif appareillage.
L’Afrique par images
M’offre un généreux partage.

Au milieu de cet Univers
De mon froid hiver
Ses hôtes en silence
Me comblent d’abondances.

L’Afrique sinon rien
Je suis dans ce rien
Qui me retient
En ce va et vient.

 

 

26 Septembre 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine

Photo : Patrick Kientz

 

HURUS

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«Dix-neuf et demi ! Félicitations RISETTE !
Grâce à ta poésie tu es une vedette ! »
KILA est fière du succès de sa protégée
Pour elle qui sait à peine lire, c’est l’apogée.
Lundi, les cours ont repris dans l’euphorie complète.
RISETTE en cours de philo attend HURUS Philosophe Poète.
Il doit professer sur le sujet :  » venir au monde « .
Pour cette raison, il enseignera par les ondes.
Trop de rapprochement pourrait lui être fatal.
Sa confiance en l’amitié entre une hyène et un serval
Est limitée même chez les espèces plus évoluées
L’instinct n’a pas assez dévalué …
RISETTE au premier rang écoute ce Sage
Dont chaque mot lui envoie une image …

« Venir au monde …
De jouissances fécondes
Déjà m’abondent
Pour un nouveau monde.

Naître à la vie !
Arriver sur un parvis
De passions, d’envies,
Brève, trop brève vie.

De la vie à la mort
Marionnettes du sort
La poussière me mord
D’espoirs et de remords.

Nu comme un ver
Je suis ce courant d’air
Au dentier de fer
D’un ciel et d’un enfer.

Âme de poussière
D’allergiques chimères.
Venu sur cette Terre
Pour faire et défaire.

Naître en ce monde
Mourir à chaque seconde.
De l’Univers sa ronde
De ses mystères abonde.

Juste un grain de poussière
Traversé par la lumière
De laideurs et de beautés
Juste un grain de beauté.

Venir au monde …
Échouer sur une nappemonde
Jusqu’à vous dire sur ces ondes
Que la terre gronde …

Venir au monde … »

HURUS s’est tu … place au débat.
Chacun est libre de commenter ou pas.
RISETTE s’est endormie …
Hypnotisée par la voix de ce bel ami …

26 Septembre 2018 – Jeannine Castel

 Les poèmes de Chatnine
Photos : Jean-Louis Godard sur Facebook  

LES OPPORTUNISTES

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RISETTE attend le retour des pensionnaires.
Elle trouve le temps long, s’ennuie à ne rien faire.
Elle s’est levée si tard, trop tard pour casser la croute
« ici, faut pas sortir des rails … pas de fuite à vau de route !»
Assise sur la terre battue d’un terrier abandonné,
Elle revoit son rêve qu’elle trouve désordonné.
« D’une amulette aux magiques pouvoirs, j’aimerai bien ! …
Au lieu d’un sceptre qui ne transformera rien ! »
Voici qu’un nuage de poussière suppose le retour
De la troupe qui arrive avec la fin du jour.
RISETTE s’empresse de retrouver KILA dans le tumulte
Point de KILA … elle apprend que suite à une chute
D’un élève de la classe des 6ème, KILA est à l’infirmerie …
« Ma parole aujourd’hui rien ne me sourit ! »
L’envie lui passe de partager avec elle son rêve.
« Ce sera une fève semée dans mon jardin, ma sève ! »
Forte de pouvoir dominer un comportement de bambin
RISETTE se relève et décide d’aller prendre un bain.
En chemin elle rencontre Prof KUKUPANPAN toute excitée
De la bonne nouvelle qu’elle détient et d’un ton précipité :
«Ce soir tu dormiras au dortoir du groupe  » LES OPPORTUNISTES »
Elles sont trois soeurs très calmes mais d’humeurs tristes.
Il s’agit d’un dortoir et non pas d’une salle de fêtes !
Tu verras ce sont trois jolies hyènes très coquettes. »
« Justement j’allais de ce pas faire un brin de toilette.
Je vous remercie d’avoir pris au sérieux le sujet de ma requête.»
S’approchant d’une mare GRISETTE aperçoit le trio en question,
Reconnaissables à leur clair manteau et leurs discrètes ablutions.
Elles semblent ignorer sa présence : « Bonjour l’ambiance !
Quelle pâleur ! Des opportunistes sans aisance !
On dirait des triplées … je les collectionne ! …
Après des jumelles … trois autres lionnes !
D’un incivisme … faut dire si je vous dérange ! …
Un bon coup de patte dans le tas … ça me démange …»
Les trois grâces se décident enfin à sortir de l’eau
Sans avoir eu envers GRISETTE  un seul petit mot.
À l’idée de les revoir tantôt au dortoir
Les joues de RISETTE brûlent sous le feu du rasoir.
Dans le grand réfectoire on entend le bruit des mouches
Qui anime et accompagne les mastications d’avides bouches
Qui brisent, broient, mâchent os et chairs sanguinolentes.
Perchés, des vautours salivent et les arrosent de leurs fientes.
Ils espèrent peut-être leur couper l’appétit … en vain ! …
Ce n’est pas l’empathie qui règne au dortoir des OPPORTUNISTES …
Des phacochères ont parasité le sens moral de ces trois autistes …

 

24 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo :  Nathalie Anciaux

 

 

PACHYCROCUTA BREVIROSTRIS

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Il est pas loin de midi, RISETTE, dort toujours …
Quand un rire sardonique résonne jusque dans la cour.
Mais à cette heure là, aux Hyénides, il n’y a pas grand monde…
C’est l’heure de la chasse, des plaisirs de l’onde.
Tout le corps enseignant est parti en week-end !
Seule la cuisinière se débat avec des dindes.
Les chasses de nuit sont interdites. En conséquence
Il faut que ces jeunes, ce soir, se remplissent la panse.
RISETTE d’un sommeil très agité se tortille …
La descente de lit, sous elle, s’est mise en vrille.
Transformée par un sorcier en amulette, RISETTE
Est poursuivie par des mangoustes et des civettes.
Elles veulent s’emparer au lasso de ce gri-gri
À l’aide de leurs longues queues rayées de gris.
Au même instant, une mangouste venue de l’Oligocène
Vient à son secours avec ses ancêtres les hyènes.
Mais le sorcier, chevauchant Plioviverrops, sauvagement,
S’empare des pouvoirs magiques du précieux ornement,
La met dans un sachet en poil arraché à Ratapoil, choqué.
Soumise à la volonté du sorcier RISETTE se voit disséquée
Dans un énorme chaudron magique tout en ébullition,
Tandis que des mains hideuses tournent ce bruyant bouillon.
Un aveugle, heureusement, avait suivi à la trace
Ce sorcier monstrueux transformé en bloc de glace,
Car seule la nuit lui accordait les magiques pouvoirs.
C’est à sa truffe, à présent, en tâtonnant, plongé dans le noir
Que ce non-voyant s’en prend. Ne dit-on pas que le museau des hyènes
Guérit la cécité, vous redonne une vue neuve et sereine.
Les pouvoirs de ce joyau le conduiront sur le bon chemin …
Le chemin de la Sagesse et de la connaisssance du divin.
Mais dans sa précipitation l’amulette tombe du sachet …
À la mort, dans ce rendez-vous magique, RISETTE est arrachée !
Soudain, d’une brutale éruption volcanique de l’inférieur Miocène
Des mâchoires armées pour animaux douillets de féroces hyènes
Ne peuvent croquer l’amulette trop dure pour leurs dents.
S’installe un court instant suspendu dans un silence de repentants.
Elles font appel à Adorocuta Eximia elle seule capable de broyer
Les os les plus indigestes mis à part les poils souillés.
Surgit à ce moment du Pléistocène moyen, tel un vampire,
PACHYCROCUTA BREVIROSTRIS dans une huée de fous rires.
RISETTE à cette apparition amplifie ses plaintes et grognements
Jusqu’à ce cri délirant entendu qui la réveille brutalement.
RISETTE est soulagée d’avoir échappé à cette langue gourmande !
Ni une, ni deux, elle l’aurait croquée comme une délicieuse amande !
RISETTE se lève, pressée de retrouver KILA pour lui raconter
Ce rêve étrange venu d’insondables obscurités avares de bontés.
Un rêve fantasque comme des histoires à dormir de bout
Cachées dans la poche gulaire des majestueux marabouts.
Cet oiseau n’aime-t-il pas planer sans de ses ailes battre ?
Emporter avec lui les rêves des jeunes hyènes folâtres ? …

 

23 Septembre 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Cabanel sur Facebook

 

 

 

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