Appel de fonds

à Philippe Frey pour cette belle photo parmi tant d’autres …

 

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C’est l’heure où la prairie
Peut retrouver, entendre ses cris,
Où l’âme peut croire encore
À de nouvelles et belles aurores.

Dans la pénombre du passé
Deux vautours, vestiges cadenassés,
Jusqu’à la prochaine proie,
Trônent sur un arbre calciné par la foi.

C’est l’heure du lever et du coucher,
Les dernières et premières bouchées
Servies, gagnées sur l’étal de bouchers.
La vie à l’état sauvage et ses débouchés.

Une image d’un monde ancien
Ou le paradis d’un monde terrien
L’un et l’autre, après les choux plantés,
Sans un radis en poche ont désertés.

Buffles et zèbres broutent tranquillement
Cette résurrection d’un nouveau firmament
Q’un soleil réchauffe de ses feux ardents
Enfin débarrassé de ces cruelles dents.

Qu’à mon heure dernière, accompagnée,
Je puisse en beauté finir de saigner
Sur tant d’outrages faites à la terre
Qui m’a aimée comme aime une mère.

Est-il possible qu’un Dieu miséricordieux
Puisse pardonner à tous ses bons dieux ?
Que mon âme dégagée de tous leurs sortilèges
Feront avec eux quelques tours de manège ?

Combien de temps, combien de jours
Pour apprendre et connaître l’amour ?
S’il faut être mort pour voir ses atours
Sans huile de palme embaumez mes feux jours !

Pleurer sur un tel monde qui se détruit,
Dans la boue et la merde de mes ennuis,
Qu’emporterai-je dans mon éternelle nuit ?
Mon lobe temporal droit malaxe cette pâte de fruits …

 

7 Juillet 2018 – Jeannine Castel
photo : Les poèmes de Chatnine
photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

 

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