Archive pour avril, 2018

Au jardin d’enfants

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Le tisserin à lunettes est mécontent.
Il peste après ce vent turbulent
Qui agite les tiges des grands épis.
Malgré son mal au coeur, il épie
Le gardien du parc Jabiru au bec tricolore
Qui va et vient, sans cesse picore
Tout en surveillant les jeux des enfants
Venus avec leur nounou ou leurs parents.
Inauguré récemment, ce grand jardin d’enfants
Est fréquenté rarement par les éléphants
Trop fidèles à leurs traditions familiales.
Un puissant Kob, intrigué par cette géniale
Idée, surveille sa femelle de loin.
Son dernier né criait comme un babouin,
Prétextant un manque de copain pour jouer.
En dépit de sa voix fortement enrouée
Il aperçoit Fifi qui les espionne …
« Tu vois … elle est déjà en affut cette lionne
Tandis que son frère allongé de tout son corps
Veut nous faire croire qu’il dort …
Non, ce n’est pas possible mon petit chéri
De rester en ce jardin … Nous y risquons nos vies.
D’ailleurs leur mère les a rejoint …
Non, ça sent trop ici le tocsin.
Filons vite d’ici, papa avait raison.
Ce jardin d’enfants c’est l’antre des lions. »
« Je l’avais bien dit ! » jubile le tisserin
S’accrochant de plus belle à son brin.
Le garde n’ayant pas envie d’une prise de bec,
Reste muet et s’en va aussi sec …
Fifi et Joli coeur attristés par leur départ,
À l’oreille de ce vieux figuier du hasard
Chuchotent et confient leurs petits secrets.
Ils narguent ces collants badauds indiscrets
Qui ne sauront jamais ce qu’ils ont dit
À cette vieille souche du Grand Esprit.
Blottis tendrement dans ce vieux patriarche
Ils s’interrogent en observant ce monde en marche.

 

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8 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Peter Chebon sur Facebook

 

 

OUF !

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Coucou !
Oui, c’est bien nous !
Grand Esprit est dans la gadoue !
Après cette pluie torrentielle de fous !
Nous sommes fiers de notre maman.
Elle n’avait pas envie d’un amant …
Il est reparti voir ailleurs
D’autres lionnes en chaleur … 
Un peu de soleil nous ferait du bien
Pour assécher cette lagune sans Vénitiens.
Très tôt, ce matin, nous avons eu de la visite …
C’est Jackson, un ange, qui bien vite
A découvert notre nouvelle cachette.
Vous auriez vu Tony ! C’était la fête !
Ah ! quel bonheur de les revoir
Même si nous sommes dans un lavoir !
Bon, mais pour l’heure après toutes nos émotions
Nous allons piquer un mérité roupillon
Dans cette nouvelle souche accueillante.
Et Hop ! Youpi ! Maman a été triomphante !
En conquérant je pose et vous remercie !
Nous vous avons donné quelque souci …
Vendredi 13 nous a porté bonheur
Suspicieux, je m’endors sur ce champ d’honneur.
Au prochain rendez-vous !
Promis je vous raconterai tout !
OUF ! 
« Pousse-toi ! gros patapouf !
Tu prends toute la place »
Viens ma Fifi que je t’enlace …

 

 

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14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta sur Facebook
Contes de la prairie

 

Que vais-je faire aujourd’hui ?

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Que vais-je faire aujourd’hui ?
Le ciel n’est pas à la pluie,
Ce n’est pas l’heure d’un bain de minuit,
Ne rôdent autour les démons de midi.

Toucher le ciel avec ma tête 
Sans le secours de mes cornettes ?
Il est trop tôt pour une partie de gambettes
Qui supportent ma svelte silhouette.

Jouer au jeu d’ombres chinoises peut-être 
Sur l’écran orangé de la céleste fenêtre 
Qui ne laisse du jour apparaître 
Mes élégantes maxi-chaussettes.

Que vais-je faire aujourd’hui ?
Qui viendra heurter à mon huis
Pour tenir compagnie à mon ennui ?
Le soleil se complait dans la nuit.

L’horizon déclame ses flammes
La lumière sur mon corps s’enflamme 
Mon emploi du temps parmi ces âmes 
Sur vos coups de cœur se pâme.

Une simple question a suffi 
Pour liker d’amicaux selfies
Sur des visites qui m’ont réjouie,
Après ceci, qu’allez-vous faire aujourd’hui ?

31 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Farid Radjouh sur Facebook

Saute-patates

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Non, maman ne me laisse pas ! …
Ne t’accroche pas comme ça !
Mais maman que vais-je devenir ?!…
Tais-toi veux-tu ! Fais moi plaisir
Au lieu de te lamenter sur ton sort !
Regarde ton frère, ce cher trésor …
Il apprend à courir la prétentaine
Sans déclencher toutes les sirènes !
C’est sûr ne compter que sur soi-même
Ça vous met le courage en carême !
Allez ma fille, arrête tes caprices de léo gâtée !
Ce n’est pas le moment … faut se hâter
Si nous voulons remplir le garde-manger.
Ton comportement nous met en danger.
Alors tu vas pas me quitter maman ?
Non … jusqu’à mon prochain amant.
Bouhhh … vilaine tu ne m’aimeras plus …
Rassure-toi, passer la chose, lui non plus !
Bouhhhh … je veux pas grandir …
Arrête ! tu fais de la prairie notre champ de tir !
Puis tu me fais mal, enlève tes pattes !
Maman, tu veux pas jouer à saute-patates ?
Quoi ? … c’est quoi ce jeu ?
C’est le jeu de mon petit amoureux …
Voyez-vous ça … déjà ! … comédienne !
Saute-patates … quelle couillotte !  pfff à l’ancienne …
Qu’est-ce que tu marmonnes maman ?
Tais-toi ! Avance et serre le rang !

 

21 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook
Contes de la prairie

Trop plein

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Garder le sourire
En attendant le pire
Dans un monde corrompu
Où le fric jamais repu 
Domine jusqu’à l’Univers
Les travers de l’enfer.
La barre de ce grand navire
Est faussée par des vampires
Qui mènent à leurs pertes
D’inutiles et vaines alertes.
Le monde s’éteint à petit feu
À cause de virulents maffieux
Qui ont perdu la raison
Avec leurs pouvoirs d’étalons.
Dirigés par cette maffia d’arrivistes,
Fichés sans rançon sur des listes,
Vivant à côté de la plaque.
Ils assomment à coups de matraque
Ces pauvres naïfs qui croient toujours
Croquer dans une pomme d’amour.
Prendre le taureau par les cornes,
La corrida est sans bornes
Dans cette phase de voleurs de vies.
Aujourd’hui garder le sourire
Mon coup de chapeau est en délire …
Même en rêve je n’y vois que du pire
La folie s’est emparée de ces sbires.

24 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Evelyne Fosse sur Facebook 

Encore un peu de poésie

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Juste un petit poème,
Le temps de dire « Je t’aime ! »
Écrit dans l’espace
Le coeur plein d’audace.

Invisibles, cachées, elles planent,
Discrètes, jamais ne se fanent
Ces lettres d’un amour éternel
Écrites avec l’encre de l’irrationnel.

Il y aura bien pour les lire
Quelqu’un, dans ce grand Empire,
Qui accueillera leur sourire
Échappé d’un monde de vampires.

Désormais comme une aura, secrètement,
Elles couronnent d’un continuel printemps
Ces mots rabâchés tant et tant
Par les langues des Continents.

Il suffit que je caresse de ma main
L’espace qui me répondra, c’est certain,
M’aimera jusqu’au bout du chemin
Et d’un « je t’aime ! » scellera ma fin.

Mais voilà, c’est déjà la bousculade !
Il y a trop de monde sur l’esplanade !
Des esprits jaloux de cette faveur
Cherchent à gommer les mots de mon coeur.

Encore un peu de poésie
Sur la beauté cramoisie.
La musique de Count Basie
M’apporte un peu de fantaisie.

 

20 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

 

Joli Coeur (suite 4 et fin)

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Ils arrivèrent au cirque recouverts de vase
Ce qui divertit la galerie en extase
De les voir revêtus de bas verts dégoulinants
Pour trouver leurs places Ils mirent un certain temps.
Finalement c’est dans la fosse du parterre
Réservée aux personnalités des Pachydermes
Qu’en invités d’honneurs ils s’installèrent.
Les Léo, en famille, durent se séparer,
Impossible de trouver trois places à côté…
Ainsi sans maman, déçus, désemparés,
Le spectacle perdit de son charme et beauté.
La troupe des Impaluche, célèbres acrobates,
Fit une entrée fracassante à l’épate.
Des sauts ! À vous faire oublier vos pattes !
Athlétiques, avec grâce ces chevaliers de l’espace
Franchissant avec agilité les buissons
De sauts en hauteur plein d’audace
Explosèrent le mur du son.
Leurs longues pattes fines et légères 
Timidement frôlaient le sol.
Le 111, la ligne de leurs arrières 
Transporta tout le monde sur leurs envols.
Courant comme des dératés en zigzaguant,
De gauche à droite, ils impressionnèrent 
Fifi qui les trouva très élégants.
Amusé par ce ballet de haute voltige,
Ces vaisseaux spatials explosifs,
Enthousiasmé par ces Vénus ailées callipyges
Qui lui hérissèrent les tifs,
Joli cœur ne put s’empêcher de rire,
Ne sachant plus où donner de la tête.
Les éléphants dans ce grand délire
Essayaient de soulever leurs popotins des banquettes.
Quand vint la parade finale sous les applaudissements 
Chacun se sentit des ailes d’oiseaux.
Au milieu des barrissements et rugissements 
Ils sortirent pêle-mêle en troupeau.
Puis chacun regagna ses pénates,
Souriants, enthousiastes et ravis
Sans penser que de misérables savates
Alourdissaient le poids de leur vie.

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2 Avril 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Kilambo Abou Maringa

Contes de la prairie

Joli Coeur ( suite 4 – 1ère partie)

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La venue du cirque de plein air Les Impaluche
Annoncée la veille aux quatre coins des pôles 
Par un mégaphone à tête d’autruche
Fut entendue dans toutes les écoles.
Les écoliers tout excités par l’annonce 
À la sortie en parlèrent à leurs parents …
Et sans attendre leurs réponses 
Prirent la direction du cirque ambulant.
Il est encore trop tôt dit maman Rembo
Allez jouer en attendant l’heure !
Inutile vous deux de faire le beau,
Finissez sagement votre quatre-heure.
D’abord allez prendre votre bain mes babar
Pas question d’aller au spectacle ainsi !
Dociles les éléphanteaux comme des canards 
Barbotèrent sous la surveillance de Sissi.
Quant aux Léo par peur d’être en retard 
Ils se mirent en route avec leur mère 
Qui pestait après son autre lascar
Parti loin devant dans la clairière.
Arrivés les premiers Fifi et Joli cœur
Prirent place au premier rang.
Rembo préféra s’asseoir en hauteur,
Prête à intervenir au moindre incident.
Lavés, astiqués, reluisants, en ribambelle,
Sissi en tête suivie de ses boute-en-train 
Évitèrent d’emprunter la fragile passerelle,
Ce qui les obligea à traverser un bassin… ( à suivre )

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1 Avril 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Kilambo Abou Maringa
Contes de la prairie

Six, cinq, quatre, deux, un

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« Il est l’heure de partir ? »
«Non … inutile de courir ! 
Prenons un bon petit casse-croûte
Avant de nous mettre en route.
Papa surveille les Olololos boys.
Ils ont détaché deux cow-boys
Qui n’ont pas eu leur part de butin,
Une hyène assassine dévore avec entrain
Ce qui devait être leur festin.»
Rassasiés, quatre Olololos, en spectateurs,
Assistent au jeûne d’un des leurs
Qui manifeste, esseulé, son mécontentement
Du manque de soutien de son clan.
L’autre, à l’écart, du départ s’inquiète
De cette pique-assiette qui le met à la diète.
Repus ou trop occupés malgré leur famine
Ils boudent ce champ de mines
Foulé par cette famille de girafes,
Parfois maladroites comme Gaston Lagaffe.
Sous l’oeil vigilant du Père, ils assistent
Au défilé de ces silencieuses cachotières en piste.
« Un girafon ! » s’exclame Olololo junior enhardi.
Mais déjà folâtrant sur les boutons d’or
Cousin et cousine se chamaillent
Tandis que les parents, craintifs de représailles
Surveillent les alentours trop calmes à leur avis,
Car rare sur le Masaï sont les moments de répit.
Quatre daltons, cinq gangsters, six mercenaires,
Quel guignolo de gigolos ces Olololos ! Quel parterre !

 

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4 Avril 2018 – Jeannine Castel 
Photos : Abou Kilambo sur Facebook
Contes de la prairie

 

 

JOLI COEUR (suite 3)

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Rembo la lionne remercia ces amis
Venus de leurs condoléances témoigner
Leurs amitiés. Après une nuit d’accalmie 
Elle pensa que la meilleure façon de soigner 
Sa grande tristesse, ce vide insistant, cuisant, 
Cette scène d’horreur de cris et de sang
Était de quitter rapidement ce lieu peu reluisant.
Elle devait changer de décor sur le champ
Où tout lui rappelait cette cruelle mort
Qui avait emporté sur un coup du sort 
Son enfant, son cher petit trésor.
La querelle de ses lionceaux lui donna du ressort.
Elle se remémora cette attaque surprise,
Son affolement. Qui sauver dans l’urgence ?
Dans ce malheur elle avait eu la maîtrise,
Malgré ce regrettable manque de vigilance,
De lutter contre ces assaillants furieux 
Sans le moindre secours de curieux 
Ni une aide providentielle des Cieux.
Allons quittons mes chéris ce funeste lieu !
Joli cœur, en tête, tout heureux
De voir sa maman sourire d’un air compatissant
Pataugea dans la boue de ces jours pluvieux.
Il se soulagea d’un besoin pressant …
Il retrouva gambadant avec amusement 
Les chatouilles de cette herbe complice,
Pas assez haute pour d’un déguisement 
Camoufler leur présence aux milices.
Sous maman, rien de plus sûre cachette face aux imprévus …
Ce lion est trop occupé à boire ?!
Chut… Filons en vitesse sans être vus …
Après une séance de manucure notoire, Rembo la lionne
Fit grande toilette à ses petits polissons
Blottis contre elle sur ce vert et frais paillasson.
Joli cœur ronronna sous les caresses gloutonnes 
Prodiguées par maman de tout son coeur.
Il quémanda à sa mère au cœur meurtri 
Toute l’affection pour conjurer la peur 
Qu’en silence, tous les trois sans un cri
Essayaient de surmonter, chagrins.
Marqués à vie dans leur vie commune
Ils profitent de ces inassouvis câlins 
Déposés tendrement sur leur tête brune.
N’osant pas penser à demain, Joli cœur
Avec elles ne fit qu’un seul chœur.
Il se promit de vite devenir fort
Pour protéger ces deux amours de la mort.
Rembo, le regard tourné vers l’avenir 
Lâcha prise sans le moindre soupir.

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30 Mars 2018 – Jeannine CASTEL
Photo : Abou Kilambo sur Facebook
Contes de la prairie
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