Encombrement

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Les pluies, les diluviennes pluies
Ont charrié, déposé tous leurs tracas
Dans les nombreux et sinueux lits
De la rivière Mara, navrée des dégâts
Occasionnés par leurs capricieuses chutes.
Elles avaient décidé d’aider les passagers,
Malgré les sauts pour éviter les culbutes
Dans les dents de la Mara enragées,
De mettre plein de repose-pieds rassurants
Pour les aventuriers des grands espaces.
Cette Mara, secrète, aux imprévisibles courants,
Pour la franchir il faut beaucoup d’audace.
Mais voilà que les hippopotames mécontents
N’apprécient pas cette soudaine invasion
En trompe-oeil pour les crédules du Continent,
Ces illustres migrateurs remplis d’illusions.
Quant à eux, les crocodiles, ces soupe-au-lait,
Devront s’en contenter par prudence,
Car se casser les dents sur d’appétissants galets,
Mieux vaut profiter des rives aux cornes d’abondance.
Les pluies dans leurs averses irréfléchies,
N’avaient pas, dans leur précipitation, assez réfléchi
Sur tous les problèmes de ces panpan-chichis …
Un pont aérien aurait pu pour ces affranchis
Offrir une traversée sans risque, chacun à son aise.
Les pluies diluviennes avaient cru bien faire
Pour ces cours d’eau aux rives de terre glaise.
Dépitées, à court d’idées, elles convoquèrent
Sur le champ, tous les pachydermes en danger.
Ceux-ci protestèrent, ne voulurent pas les lits vidanger
De cet encombrement qu’elles provoquèrent.
Abou, témoin appelé en renfort par ces petits fripons,
Vit certains d’entre-eux franchir au jeu de saute-mouton
Ce lit infesté d’imaginaires et vrais gloutons
D’apparence paisible sans personne à l’horizon.

 

15 février 2018 – Jeannine Castel
photo : Kilambo Abou Maringa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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