Cauchemar lunaire

15002429_354736478212854_2405989874673710733_o

La lune prisonnière d’une toile d’araignée,
Impuissante, voit son amie la Terre saigner,
Privée de son astre lunaire. Elle meurt
Des feux permanents, fervents de chaleur,
D’un soleil qui ne tourne plus rond
Depuis que sa moitié est en prison, 
Enfermée par cette gigantesque dévoreuse d’espace
Qui tisse des liens pour son appétit vorace.
La lune rêve d’un petit coin de ciel bleu
Face à cet arachnide, ce monstre hideux.
Le ciel atteint d’une diarrhée terrestre
Est brouillé par les trimestres et semestres,
Les nuits ne comblant plus les jours,
Minutes et secondes n’ont plus aucun secours.
Entre nuages et branches, ce corps chocolat-marron
Sorti d’une grotte, d’un exosquelette, ce démon
Erre à l’aide de gros crochets poilus
Fixés à ses longues pattes, son corps velu
Trouvant la lune plus belle que la couleur
De son abdomen d’un jaune de triste pâleur.
Cette araignée jalouse de sa cousine, l’araignée-banane,
Voulait montrer ses pouvoirs qu’enseignaient des ânes
Qui volent à Gonfaron, près de Toulon,
Et qui lui donnèrent envie d’engloutir ce filon,
Ce jaune lumineux pour embellir sa bedaine, 
Et pourquoi pas, devenir du monde la Reine.
Alertés par le soleil, des scientifiques mexicains
Se mirent illico à la poursuite de ce venin
Gluant, bavant, piquant de ses morsures
Un espace qui s’asphyxiait sous les moisissures.
Tirant des hypothèses nocturnes de ce spécimen,
Ils arrivèrent, décidés, à lui crever l’abdomen.
C’est ainsi que la lune dans ce café-marron
Émergea, rassurée, par ce gai et chaleureux luron,
Son ami de toujours, l’astre solaire, qui n’avait nulle envie
De perdre à jamais la belle compagne de sa vie.
Il fallut encore quelques jours pour oublier
Cette fiction d’un conte fou à lier.

 

28 Janvier 2018 – Jeannine Castel
Photo : Loulou Moreau sur Facebook

 

 

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus