Archive pour octobre, 2017

L’inquisiteur

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Imaginez un porcelet qu’on égorge …
Vous entendrez ma voix de gorge.
En bon râle d’eau je grogne.
Me confondre avec la marouette me renfrogne.
On me surnomme aux Salins L’inquisiteur,
Le Water rail du train à vapeur !
De nature paisible, j’explore les végétaux aquatiques,
Profiler parfait pour marais hystériques !
Voler avec mes fortes pattes et courtes ailes …
La course réussit mieux à mon zèle.
Je fouine, je baragouine, même je nage
Sans trop m’éloigner du couvert, je rage,
Brise carapaces de crevettes et écrevisses,
J’enquête … un vrai flic de la Police !
J’espionne, la queue agitée sans cesse,
Indiscret, je surprends les caresses
Des couples planqués dans les roseaux …
Hi hi, j’effraie tous les petits oiseaux.
Je perturbe, trop rigolo, les poissons d’eau douce
De mes longs doigts, je les éclabousse !
Fouineur mais trouillard, à la moindre alerte
Je rejoins dare-dare les grandes herbes vertes.
Omnivore, j’ai un faible pour les proies animales !
Des sangsues aux oiseaux… sans pitié est ma fringale !
Si vous passez par les salins d’Hyères,
Cherchez-moi, je rase les roselières !
Je perche aussi pour m’empiffrer de baies…
Venez ! Je viendrai vous voir à grandes enjambées !
Sinon prenez rancard avec Sabri,
On ne connait que lui par ici !
Bon, voyons … que se passe t-il là-bas …
Ah non ! beurk ! … pas les rats !

 

29 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 31 octobre, 2017 |1 Commentaire »

The wave

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De sa crinière brune hérissée,
Gonflé d’une rage blanche,
Un monstre sur la vague, hissé,
Habite mes nuits blanches.

Prête à se fracasser, la vague
D’une férocité tapageuse,
Loin des terrains vagues,
Intrigue mon âme voyageuse.

Aveuglé par la tempête,
Jailli d’un continent,
Il exprime les défaites
De son menton prohéminent.

Face aux falaises, il agonise
Sur des pistes enneigées,
Le corps enflé de vantardise,
Balloté depuis la mer Egée.

Sous les cris stridents des mouettes,
Poussé par la furie du vent,
Ce hérisson préhistorique s’apprête
D’une écume blanche à larguer ses sanglots.

Une hyène est alors apparue
Dans le déchaînement des eaux.
C’est la gardienne d’un monde disparu,
D’un cimetière sous-marin empli d’os.

On voit encore des épaves flotter
D’anciens naufrages échoués là,
Tandis qu’un crapaud d’une royauté
A pris assise sur un inconfortable matelas.

La vague en quelques mouvements
Est restée figée, noyant ses tourments.
Grâce à la prise instantanée d’une photo
The wave a accouché d’un tableau.

 

27 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Flat Spell Tales sur Facebook 

 

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 30 octobre, 2017 |Pas de commentaires »

Les mots doux

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Tous ces mots doux
Désormais si loin de nous.
Qu’étions-nous fous
De ces mots doux.

Ah ! ces mots doux
Chuchotés entre nous
Me manquent … et vous ?
Mais où êtes-vous ?

Tous ces mots doux
Déposés sur mon cou …
Ces tendres bisous
Recouverts de boue.

Ces mots si doux
Inavoués, je l’avoue,
Sont restés dans les bajoues
Des zèbres Cachou et Acajou.

Ces mots si doux
Sont désormais pour moi
À chacun de nos coucous
Quand on s’aperçoit.

 

25 Août 2017 – Jeannine Castel
Photo de Yaron Schmid sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 30 octobre, 2017 |2 Commentaires »

CROCUTA, la hyène

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CROCUTA se délasse dans son bain 
Dans une cuvette privée au milieu de la clairière,
Tandis que vont et viennent les félins
Qui trouvent étrange de voir cette singulière
Hyène trempant son popotin dans l’eau.
En riant d’un grand éclat de rire sardonique,
Elle met en fuite une ribambelle d’os,
De squelettes défiant son regard ironique.

CROCUTA aime bien faire du chichi.
Elle a en horreur cette collante poussière sablonneuse 
Excitée par son arrière-train fléchi
Lorsqu’il lui arrive de poursuivre la gueuse.
Elle profite de ce bain de jouvence
Pour faire ses vocalises en épiant les lions.
D’un son grave et peu puissant elle relance
Son clan éparpillé victime de leurs ambitions.

Mais pour l’heure, CROCUTA fait ses ablutions profanes !
Elle se remet de cet harcelant combat communautaire
Après une course à la charogne à travers la savane.
Et tous ces prétendants qui se disputaient en colère
Ses faveurs avec force bruit, montrant les dents !
Quelle compétition ! Tant de chichi panpan !
Tout ça à cause d’un clitoris érectile dominant !
CROCUTA que de charmeurs vers toi vont rampant !

 

23 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Stéphane Roy sur Facebook.

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 27 octobre, 2017 |Pas de commentaires »

Un été gourmand

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Cet été ne veut pas mourir,
Céder sa place aux jours pluvieux.
Le soleil veut encore jouir,
Il est déjà si vieux !

L’automne à la pluie polissonne
A demandé d’aller flotter ailleurs.
Le vent à cette idée marmonne
La complainte des jours meilleurs.

La cataracte d’écume éclabousse
Ma jeunesse d’un bruyant rideau.
Sur les parois tapissées de mousse
Sont accrochés mes sacs à dos.

Le ciel est d’un bleu serein,
Paresseux comme un dimanche matin,
Alors que quelque part d’un sein
Un nouveau-né tête son destin.

L’été de ses mamelles est demeuré.
L’automne de sa gringale l’a dépouillé
Pour ne laisser, à l’hiver apeuré,
Que gerçures à son mamelon chatouillé.

Le traffic routier trouble le silence.
Il est bientôt midi, quelle importance.
L’automne vient demander une audience :
Cet été gourmand prend trop de vacances !

Au pays des Tswanas, un léopard somnole
Sur les tâches de rousseur de l’automne.
Sur cette visuelle splendeur, je m’abandonne, vole …
L’été, l’automne … il n’y a plus personne.

 

22 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Philippe Passet sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 25 octobre, 2017 |3 Commentaires »

Balade en Provence

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L’automne est discret sur cet arrière-pays de ma Provence,
Terre de Feu, aux couleurs d’abondances.
La verdure renaît de l’été assoiffé,
Le violet pourpre flamboie pour les contes de fées.
Les touffes de lavandin, en rangs serrés, attendent
Les cueillettes parfumées, embaumées de légendes.
Allemagne en Provence, voici le château de mon enfance
Habité désormais de noces et d’alliances.
Folklore d’un accueil provençal, fifres, tambourins,
Réjouissent les cœurs des baladins.
Entre collines et vallons les vignes serpentent
Dépouillées pour des ivresses d’âmes galantes.
Le ciel, amoureux de violettes, se trémousse de plaisirs
Ignorant cet arbre solitaire qui ploie sous leurs soupirs.
L’abeille folâtre, bourdonne, ranime, 
Les pieds de lavandin attirés par l’abîme.
Plateau du Luberon, le lavandin me conduit
Vers les truffières avant la tombée de la nuit.
Une balade en Provence dont la mélancolie,
D’un doux rêve, a teinté mes folies
Apaisées par les senteurs bucoliques
Éclairées de violet électrique.

20 octobre 1991 - Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 24 octobre, 2017 |2 Commentaires »

Des choses et de l’âme

Jamais tu ne trouveras les frontières de l’âme. (Héraclite)

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Qu’à-t-elle à jacasser
Cette pie malicieuse 
Qui voltige de pin en pin ?
La tourterelle rieuse
A déserté ce coin du Cap-Brun
Aux villas éloignées du passant,
Aux rives éclaboussées par les embruns,
Gazouillis de rêve des pauvres manants.
Le ciel aujourd’hui est morose.
Des optimistes, cajolés par la brise marine,
Captivent mon âme et mon corps en osmose.
En cette baie aux lumières d’opaline,
Le Lido dégrisé du tumulte de l’été
Retrouve le va et vient familier, musical,
Des vagues alanguies, parfois tourmentées,
Selon la fantaisie et l’humeur hivernal.
Le soleil, témoin sur ces ondes, rougit de plaisir.
Il est libre de briller avec Dame Météo,
Serein, il peut penser à ses loisirs,
Les iguanes ont regagné leur bungalow.
L’hiver approche, peut enfin la nuit
Flirter avec les ombres plus longtemps
Dans un sanctuaire à l’ampleur infinie,
Selon St Augustin et les objets du connaissant.

 

21 Octobre 2015 - Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 23 octobre, 2017 |Pas de commentaires »

L’école de la vie

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À l’école de la vie
Un tapis de feuilles jaunies
A recouvert les belles envies
Avec les années, ternies.

J’étais cet enfant,
Passant et repassant,
Désertant les bancs
D’une école m’étouffant.

À travers les bois, les clairières,
Les saisons devenues familières
M’ont laissé ce sentiment solitaire
D’être tombée mainte fois à terre.

Aujourd’hui c’est l’automne,
De grisaille l’hiver fusionne
Avec ce printemps monotone
Où mes folles ivresses détonnent.

L’école de la vie
De ses couleurs explosives
M’a les amours ravis
Pour atteindre la rive.

L’école de la vie,
Si courte et longue histoire,
Face à tout un auditoire
De poésie m’a servi.

Arrivée à ce parvis,
Sans préavis,
L’école de la vie
M’a offert ses devis.

Ardoise d’une vie à crédit
Où se trouvait dans le non-dit
Tout ce que je n’ai pas choisi …
Amères odeurs de moisi.

 

17 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 22 octobre, 2017 |4 Commentaires »

Paille et ripaille

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La crinière en bataille,
Camouflé dans les herbes sèches,
SCARFACE ce jour fait ripaille
De succulentes viandes fraîches.

Le vent, cajoleur, balaie sa crinière,
Lui donne ainsi un air de fête,
Une tête de fêtard réputée carnassière,
Le poil hérissé en une fauve houpette.

Ayant eu vent de ma poésie, en cadeau,
Il vient me surprendre sans rendez-vous.
Son oeil de pirate sans son bandeau,
Huppé, il nous épie en pause zazou.

Sa fougue a soulevé tant de poussière,
Dispersé les crins de sa coiffe chevelue,
Qu’il s’étonne de cette touffe aventurière
D’un sacre reçu pour un royaume de farfelus.

Au milieu des broussailles, il digère,
Pense à l’avenir périlleux de ses frères,
Ses idées troublées redressent sa crinière,
Agacent son look d’une frivolité princière.

Pour d’éternelles fiançailles
La crinière en bataille
Heureux de nos retrouvailles
SCARFACE fait ripaille.

18 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Bri Duyols sur Facebook

 

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 21 octobre, 2017 |Pas de commentaires »

La frousse

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J’ai peur de l’orage qui gronde,
De la forêt où s’agitent les ombres,
De la pluie furieuse qui m’inonde,
Du rôdeur caché dans les coins sombres.

,j’ai la frousse, sur ce tapis de mousse,
D’étouffer sous un amas de feuilles rousses,
De la main charmée par ma jolie frimousse,
De la vermine qui pourrira ma courageuse pousse.

J’ai peur des cris étranges, inconnus,
Du bruissement des feuillus, du pas de l’intrus,
De la lame qui tranchera mon corps nu,
Des bêtes féroces me dévorant tout cru.

J’ai la trouille avant d’avoir peur de mon effroi,
J’ai la pétoche, seul dans cet immense bois.
J’ai la phobie de mes frayeurs aux abois.
La moindre alerte m’épouvante, j’ai les foies.

J’ai peur de cette chaleur sur mes rides précoces,
J’ai peur de ces horreurs qui squattent ma bosse.
J’ai peur quand la panique affole ma fosse.
Anxieux, la frousse sur ma poltronnerie se hausse.

J’ai peur qu’un spectre dans mes affres hallucinogènes,
Pris de trac, s’inquiète de ce vertige sporophore
Qui hante les frissons des campinolius des plaines
Afin d’amadouer le cauchemar de ce sémaphore.

 

17 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Olivier NASKA sur Facebook

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 21 octobre, 2017 |Pas de commentaires »
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