Archive pour septembre, 2017

La page blanche

Pages and glowing letters flying out of a book

Lorsque ma page est blanche
Je ne sais si le puits est asséché,
Si c’est relâche pour plusieurs dimanches
Ou une suite de nombreuses nuits blanches.
La gomme efface des mots insipides. Livide
Doit être ma muse de cet instant commun.
D’autres rendez-vous impatients, avides,
Me volent l’inspiration qui rejaillit à jeun.

Lorsque ma page reste blanche,
J’attends que ma muse s’épanche,
Prenne le temps d’offrir des bouquets
De mots envolés, tels de bavards perroquets.
Ainsi dans un même livre, l’inspiration
Renouvelle les feuilles vierges d’émotions.
Dans l’air s’ébruitent, se dispatchent les rimes
Pour d’autres pages blanches atteintes de déprime.

Lorsque ma page est déjà blanche
Entre les mots de liens étanches,
Il ne suffit pas de noircir d’encre le papier
Pour faire oublier la blancheur, même en pieds,
D’une page qui demeure noire d’ennui,
Soporifique pour calmer parfois l’insomnie.
Je ne sais sur quel livre mes muses vont s’alimenter,
Même la tête vide ma page est aimantée …

Lorsque mon papier reste blanc
C’est qu’un joli vol d’oiseaux blancs
De mon livre se sont échappés
Comme ces colombes de la paix
Rappelant au bon souvenir
Les mots qui ne veulent pas mourir
Sur des pages blanches
De livres fermés les dimanches.

 

28 Septembre 2017 – Jeannine Castel

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 29 septembre, 2017 |2 Commentaires »

VIBRATIONS

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Mon coeur qui vibre
Pour un oui, pour un non,
Enivré, esseulé,
Libéré ou en prison.

Mon corps qui vibre aux émotions
Pour un oui, pour un non,
Captivé, kidnappé, en soumission,
Sauvé ou en perdition.

Mon âme, cette hôte imprévisible,
Pour un oui, pour un non,
Contemple ce monde sensible.
Répudier ou accueillir sa raison.

Cet Esprit qui anime mon âme
Pour un oui, pour un non,
Enchantement ou mélodrame.
Je suis cet ange et ce démon.

 

23 Septembre 2017 – Jeannine Castel

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 28 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Of course

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Épuisée de courir dans l’herbe,
C’est ici que notre souris verte
S’est vue délogée par un amoureux du verbe
Déçu de trouver la planque déserte.
Ce conquérant venu du monde des lumières,
Intrigué par cette insolite petite chaumière,
Se rappela, en la voyant, cette cantine enfantine
D’une souris verte aux menus des cantines.
C’est par hasard, au bord de sa route,
Que ce vainqueur de victoires et de déroutes
Dénicha après toutes les notes dispersées
Par des voix et instruments … que Persée
Après avoir tué la méduse pour sauver Andromède,
Vint à son tour à ce Roi porter son aide.
Ils combattirent une queue leu leu d’horribles Messieurs,
Dans des bains d’huile, d’eau, de beignes et de pieux,
Des escargots jouant en ribambelle à la marelle.
Si bien qu’une marraine, élégante et fine sauterelle,
Avertie par une souris râteau de ces querelles,
Informa le parrain de cette fugueuse sans cervelle.
Ce parrain, vadrouilleur de première du dimanche matin,
Adorait gambader à travers les bois de pins.
Prévenu, il ne fit pas grand chose …
À son arrivée, il trouva porte close.
Un lampadaire esseulé ne désespère pas
D’entendre lors d’un footing le bruit familier de ses pas,
Tandis qu’un énorme matou noir espérant son retour
Monte la garde nuit et jour …
En souvenir de ce cheval de Troie, la passerelle
Est le dernier vestige du passage de cette demoiselle
Qui fit chanter plus d’un Maître chanteur
Sans savoir où demeurait ce joli coeur.
La porte est refermée à la nostalgie du passé
Jusqu’à ces macarons, bâtisseurs de ponts.

Mais c’est une autre chanson …

 

24 Septembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Alexandre Melard sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 27 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Les jardins de la vie

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Jardin des lilas
Secrets des alcoves
L’amour se rénove
Des lits las.
Passions motrices
De mes tendres années,
Ma peine est révélatrice
De désirs instantanés.

Nuages langoureux, incertains,
Noces d’un ciel serein.
Divorces d’anciens refrains,
Disgrâce d’un bleu azuréen.
Soleils d’ombrages mitoyens,
Menaces au temps radieux,
Cachettes des amoureux.

Les jardins de la vie
Fleurissent et se fanent.
Les saisons font l’embellie
Des sècheresses courtisanes.
Labyrinthe de rendez-vous,
Jardinage sans garde-fous,
Dans le jardin de ma vie, enivrée,
Un jour, je m’y reposerai.

22 Septembre 2015 - Jeannine Castel.
Photo de Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 26 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Premier jour d’automne

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L’automne et ses douces lumières,
Le temps change de cavalière.
Après les frénésies de l’été
La chaleur s’est déconnectée.
Certes, le soleil fidèle au ciel
Recevra les visites de l’arc-en-ciel.
La nuit sur le jour avancera
Pour inviter la lune à quelques galas.
Bois et forêts deviennent inquiets
Du changement de bains de pieds.
Le vent, pressé, décoiffe les platanes,
Des premiers frissons sur ma peau se pavanent.
L’ombre devient l’ennemie peu charitable,
Les troupeaux vont regagner les étables.
L’âtre va pétiller d’étincelles musicales,
Réchauffer les veillées d’histoires pastorales.
Calfeutrés aux sévices des premiers froids,
Qu’il fera bon vivre au chaud chez soi.
L’automne et ses douces lumières
Nous prépare à l’hiver, à ses journées austères.

 

22 Septembre 2017 - Jeannine Castel
Photo : Les photos de Lo sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 25 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

La cascade du salut

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Pour toi j’aurais laissé une partie de mon âme.
Chemin faisant, se dénouait le drame…
À chaque pas l’amour qui me portait vers toi
Augmentait la puissance de ma foi.
Au premier cours d’eau rencontré se tarit
La source de ce duo que j’avais chérie.
La distance forma un nouveau chemin,
C’est ainsi que naquit le premier chagrin.
Mon coeur déçu battit la retraite.
Pour le nouveau venu, changea la fête.
Lichen foulé, le charme s’effrita.
Être de chair, le souffle m’évita.
Jusqu’à vous qui me tendiez les bras.
La foi toujours fidèle, mûrissait mes pas.
Je découvris au fil de cette survie singulière
La connaissance de Soi qui me porta, altière.
Portant plus loin cette résurrection qui m’apprit,
Ne fût-ce que pour votre plaisir, l’amour en poésie.
Dans cette forêt qui écoute mes naïfs espoirs
Parvenue au sommet, l’eau lave mon désespoir.
Savoir symbolique de forces existentielles, j’ai bu
Tout comme vous à la cascade de mon salut.
La réalité m’a réveillée de cette mort.
Demain, vous aimerai-je encor ?

 

4 Mai 1993 - Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

Les anges de l’Art

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Ils sont partis ces artistes reconnus.
Ces anges de l’Art nous sont revenus.
Ils sont restés vainqueurs pour l’Eternité,
Leurs oeuvres font vivre nos pauvretés.
Ils sont nos modèles, nos évasions,
Ils nous appellent quand nous les oublions.
L’héritage de leur Art a tant d’auteurs, 
Qu’il devient difficile d’être à leur hauteur.
Le succès s’en vient des modes et des goûts,
Opinions surprenantes du rien au tout.
Ils sont partis ces génies créateurs,
Ils ont laissé place à de nouveaux acteurs.
Ces grands Maitres sont nos symphonies,
Palette de couleurs d’un Au-delà jauni,
Mémoire scintillante d’étoiles qui éclairent
La splendeur de l’Art sur la Terre.
Retour d’un festival où je fus comblée
Par le passage d’Anges qui m’ont gâtée …

Bien des années après avoir écrit
Cet hommage en mémoire de l’Art et des artistes
J’ai rencontré Anne Marie Torrisi.
Grâce pour ce Poète sur nos pistes …

Les paroles s’envolent …
De l’Au-delà je n’ai pas le monopole.

 

31 Juillet 1994 – 22 Septembre 2017 – Jeannine Castel
Portrait et toiles d’Anne Marie Torrisi

Publié dans:Littérature et Poésie |on 24 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Where have you been ?

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Une tête de tortue géante,
D’écume fine et transparente,
Avale, avec rage, dans sa bouche béante
Une tête déchiquetée d’un requin blanc.
Balloté par des eaux en furie,
Ce monstre agonise, impuissant.
Sa crinière de couleurs flétries,
Tel un dragon sous une avalanche,
Vient s’échouer sur les vagues.
Troublant la grisaille d’un valeureux dimanche,
Sous un ciel déserté par le pygargue,
Sa collerette impériale de gouttelettes
Se noie avec les regrets des jours de fête.
De sa queue il tambourine sans baguettes
Sur cet océan livré à la tempête.
C’est un Dieu des flots inconnu à ce jour
Qui sort de ses abysses en mal d’amour.
Enfumé par les cendres d’anciens jours,
Il ressuscite dans la pénombre vêtu des atours
D’un bouldogue à l’oreille de lapin,
Son regard tourné vers le ciel en quête de câlins.
« Where have you been ? » en prononçant ces mots,
Il disparaît laissant mon rêve voguer sur les flots.

 

8 Septembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Flat Spell Tales sur Facebook

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 23 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Voici déjà la pluie

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Voici déjà la pluie
Et ce n’est pas l’automne …
La pluie et son ciel gris.
Ses gouttelettes chantonnent
Sur les parapluies réjouis
Si longuement endormis.

Voici déjà une éclaircie
D’un ciel lourd d’orages
Plongeant dans la nuit
Le jour bouleversé de ses ombrages.
Ruisseaux et rigoles s’amusent,
Le rêveur de la pluie apprécie la muse.

Voici déjà la pluie
La pluie chantant l’automne
Versant ses pleurs sur les incendies
Terres brûlées des autochtones.
La pluie désolée de ce géant croque-mort
Vêtu de cendres, de bois mort.

Voici la route assombrie
D’anges et de démons menaçants.
La pluie redoutée des sans-abris
Accompagnée de tonnerres, d’éclairs effrayants.
Grêlons et grêle, rideaux de trombes d’eau
Transforment en fleuve et rivière le maigre ruisseau.

Quand son amant le cyclone se brouille
La pluie cherche une autre conquête.
Elle déchaine ses passions, pauvres gargouilles,
Qui déversent sur les trottoirs ses maux de tête.
L’ouragan, jaloux, amoureux fou, impitoyable,
Tient à l’oeil le cyclone et remplace ce misérable.

Voici déjà la pluie
La route et son horizon
Qui s’estompe avec la nuit
Sous un pluvieux édredon.
La pluie qui tambourine,
Incite à la rêverie, badine.

 

18 Septembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Alexandre Melard sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 23 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

SQUARE SAINT LOUIS

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Plus belle que jamais,
Jolie comme un mois de Mai,
Vanessa Cardui aujourd’hui
Défile Square Saint Louis.

Posée sur un coeur fleuri,
Flous sont ses soucis…
Belle Dame nous sourit,
Salue les badauds venus ici.

Travestie en guerrier apache,
À sa ceinture elle porte une hache.
Coiffée de plumes et de fourrure
Elle porte une unique et superbe parure.

Côté pile, au temps de sa jeunesse,
Côté face, louant sa vieillesse,
Elle tient le même bouclier décoré
De victoires aux trophées dorés.

De sa lance de chef de guerre,
Branchée à une prise de paratonnerre,
Belle Dame, montée sur un Rhopalocère,
Tient les rênes, joyeuse et fière.

Sa barbe blanche
En ce dimanche
D’un patriarche et son enfant
M’ont réjouie sur cet enchantement.

Plus mystérieuse, inattendue,
Belle Dame et son génie fantasque
Me transportent vers l’inconnu
D’un monde qui me colle aux basques.

 

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18 Septembre 2017 – Jeannine Castel
Photos : Luc Durocher sur Facebook

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 22 septembre, 2017 |Pas de commentaires »
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