Archive pour février, 2017

Petit Louis (fin)

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Petit Louis resta prostré, envahi par son chagrin,
Incapable de réfléchir, de trouver une solution,
Anéanti par cet incident qui mettait fin
À sa carriole, ce moyen de locomotion.
Elle avait cédé aux violentes et nombreuses secousses,
Maltraitée par le mauvais état du parcours,
Que lui avait imposé, le feu aux trousses,
Ce gamin, fugitif, qui vivait au jour le jour.
Petit Louis, d’un dernier espoir, ramassa la roue,
Tout n’était peut-être pas foutu …
L’axe était tordu, ne tenait plus du tout,
En plus les roues arrière … vraiment foutue …
Il s’assit près de sa carriole, après tout
Il aimait bien son petit bruit familier
Qui accompagnait la solitude de ses trajets.
Il perdait une précieuse et utile alliée.
Cet imprévu sérieux contrariait ses projets.
Mais quels projets ? … à part ce désir fou,
Cette soif de liberté, cette envie de voyager.
Mais à onze ans … et tous les garde-fous
Qu’il faudra affronter … si j’étais plus âgé 
Il me serait plus facile de vivre ma vie.
Mais à onze ans … douze en Août prochain.
Il ne pouvait stationner plus longtemps ici.
Il jeta un dernier regard à son engin,
Mit la roue en souvenir dans une valise.
Il lui laissa la cale pour maintenir l’équilibre.
C’était une étape à surmonter, une journée grise.

Une valise dans chaque main, encore libre,
Il continue son voyage de la vie, en route
Vers une gare, un train qui l’amènerait …
Bientôt l’heure du casse-croûte …
Petit Louis se mit à rêver de croissants dorés …
Sur cette image un peu floue, finit là cette série
De l’histoire du voyage de la vie de Petit Louis.
Peut-être le croiserons-nous en chemin
Pour d’autres aventures qui l’attendent demain …

 

26 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 28 février, 2017 |Pas de commentaires »

La robe du dimanche

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Photo de mon enfance
En robe du dimanche
Et sandales blanches.
Ce n’était pas l’abondance
Ni les belles vacances.

Eliane, amie de mon enfance,
Perdue de vue, depuis des années.
Nous étions bien enrubannées,
La mode et ses préférences
Fleuries de nos confidences.

À ce moment précis de la pause,
Nous pensions à quelle chose ?
Nos mémoires aux portes closes
Ont gardé, ce parfum de Marie rose,
Distillé sur les nues de ma prose.

Deux rescapées de la guerre,
De l’orphelinat aux blouses noires.
La rue nous était salutaire
Pour comprendre l’absence de nos mères
Trop occupées par leurs histoires.

Des comptes au verso des photos,
Quelques dates griffonnées au crayon,
Comme on coche des cases pour le loto.
Ma mère n’a laissé que des échantillons,
Des lambeaux de mon enfance sur photos.

Peut-être avait-elle raison,
Qui s’en souviendra en ces générations ?
Elle a emporté avec elle ses passions
À l’infini de sa ligne d’horizon.
J’avais neuf, dix ans, je pense, pas de trace de crayon …

 

26 Février 2017 – Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 27 février, 2017 |Pas de commentaires »

Les amis

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S’en vont et s’en viennent
Les amis
Ceux des jours fleuris
Ceux de pluies diluviennes.

S’en vont et reviennent
Leur souvenir
D’heureux plaisirs
De blessures anciennes.

S’en vont et disparaissent
À tout jamais
Partis embaumés
Sur une dernière messe.

S’en vont et me rappellent
À leur souvenir
Pour ne jamais mourir
Dans un feu d’étincelles.

S’en vont et s’en viennent
Les amis
D’un jour gris
Sur des histoires anciennes.

S’en vont et s’en viennent
Ces chers amis.

 

24 Février 2017 – Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 26 février, 2017 |1 Commentaire »

T’écrire des mots

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Après ces quelques jours ensoleillés
La grisaille est revenue.
Les bâtiments silencieux, ensommeillés,
D’une lumière blanchâtre, malvenue,
Ecoutent en sourdine les bruits de la rue.

Mes chats blottis contre moi sommeillent,
Ils miaulent, chacun leur tour, épuisent
Ma patience qui voudrait que merveilles,
Sur les pâles beautés de cette Terre Promise,
Soient à mon goût dans un univers incongru.

T’écrire des mots, le soleil m’apparaît …

 

24 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 25 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (10)

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Tout en mangeant son sandwich à la sardine,
Petit Louis contemple cette lune câline,
Cet effet de lumière au nuage en forme de coeur
Entouré de minuscules bouches en coeur.
Il lui vient une tendre pensée pour le clodo aux godasses
Qui doit, quelque part, cuver ses gorgées de vinasse.
Comme un voleur il s’était enfui en empruntant
Une boîte de sardines, du pain rassis, du fromage puant.
Lui, il pouvait sans encombres faire la manche …
Il réalisa que demain on serait dimanche …
Il ne pouvait se permettre de faire la quête
Sans intriguer une bonne âme inquiète.
Il réfléchit sur les jours à venir, sur son sort malheureux …
Demain y suffirait … peut-être que St Gueux …
Il fut temps de trouver une bonne couchette,
Soulagé de cette nuit chaude pour la couette.
C’est le froid qui le réveilla … le ciel était bas,
Il enfila des vêtements chauds. Là-bas,
De gros nuages noirs menaçaient, gonflés d’eau .. 
Il se hâta … trouver un abri, car son chapeau
N’y suffirait. Vers midi, enfin une éclaircie
Inonda de soleil l’abri de bus. Petit Louis s’étira …
Et toujours cette faim … ah ! un bon chocolat ! …
Il se souvient avoir mis dans une valise des madeleines
Mises de côté sur d’anciens goûters, à la petite semaine.
Tant pis pour la réserve, il avait trop faim !
Il les savoura … retourner ‹ Aux Romarins › ?
A cette pensée, découragé, il se remit en chemin.
De plus en plus couinaient les roues de sa carriole …
Allaient-elles tenir ces drôles ?
Au cours d’un virage, il vit une roue le dépasser
À toute vitesse, finir sa course folle dans un fossé,
Tandis que sa carriole, bancale, agonisait sur la route
Sur trois pattes, valises renversées … la déroute !
Déconcerté, c’était toute la misère qui s’abattait
Sur petit Louis qui gémissait, après cette roue pestait.
Il regagna le bas côté portant valises et carriole,
Mit une pierre en guise de cale sans gaudriole.
Dépité, il s’assit la tête entre ses mains et versa
D’amères larmes assoiffées d’une liberté échouée là.

23 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 25 février, 2017 |Pas de commentaires »

Matin froid

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Matin froid
En ce ruisseau étroit.
Un soleil blafard,
Comme un sournois cafard,
Engourdit le moral
Matin glacial.

Arbres endeuillés
Collines dépouillées
De neige tapissées.
Ruisseau verglacé.
La belle endormie
Attend l’accalmie.

Promenade solitaire
Sur un coin de la Terre.
La faune se terre
En cette froideur austère.
Palanges en hiver
Aux sentiers déserts.

Quelques touches d’automne.
En maigre filet, l’eau chantonne
À la nature qui patiente,
Sait que la chaleur ardente
D’un été reviendra réchauffer
Les gerçures de ces ronces étouffées.

Matin froid
En ce ruisseau étroit.
De givre et de neige,
Janvier sans florilège
A revêtu sa parure
Sans fioritures.

 

29 Janvier 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Passion photo Seb sur Facebook

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 24 février, 2017 |Pas de commentaires »

Il m’avait dit un jour

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Il m’avait dit un jour
C’était quoi déjà ?
Je l’ai revu ce jour,
Mon amour qu’il abrégea.

Il m’avait dit un jour
Tant de mots confus
Pour ce pauvre amour
Qui fit tant de raffut.

Il m’avait dit un jour
S’en souvient-il mon coeur ?
Le coeur a tant de tours
Quand il s’agit d’amour.

Il m’avait dit un jour
Comme si de rien n’était
Des êtres ont vu le jour
Ce n’était qu’un été.

S’il m’avait dit un jour
Qu’il changerait d’amour,
Déjà mon frileux amour
Savait ces rimes en retour.

Il m’avait dit un jour
C’était quoi déjà ?
Je l’ai revu ce jour
Soulagée de le voir partir déjà.

 
12 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Greg Lavaty sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 24 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (9)

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L’écho lui renvoya son cri …
Mais la colère resta en lui.
Il donna des coups de pied à sa carriole,
Les valises en tombèrent dans la rigole …
Heureusement à sec, pour ne pas envenimer
Cette scène proche d’un dessin animé.
Calmé, il remis sa ferraille sur ses roues,
Renifla, soupira, se moucha un bon coup.
Et le voilà reparti, le coeur en tourments
Sur cette route qui serpentait de nombreux tournants.
Il était pas loin d’onze heures, quand il perçut
Une voix qui chantait … sans qu’il aperçut
Âme qui vive devant lui … prudent il ralentit …
Le son empirait … sans son chargement, il partit
Voir en se camouflant … Hello petit !
Il sursauta, pas content d’être surpris.
Un homme, un vagabond, genre clochard,
Etait assis au milieu de son bazar.
Près de lui bullait dans une casserole
Un ragoût douteux aux odeurs vinicoles.
Il salua en hochant du menton cet étranger
Susceptible de mettre sa cavale en danger.
Il chercha vite des réponses à d’éventuelles questions
Que lui poserait ce cuistot, par suspicion …
Tu as faim ? à la St Gueux, y en a pour deux ! c’est là …
Bien que ce Saint lui fut inconnu, que lui parut hideux
Ce clodo aux vêtements et sourire douteux,
Il accepta l’invitation inespérée, oubliant sa carriole
Qu’il récupèrerait … ce n’était que babiole
À côté de sa faim digne de Gargantua.
Sitôt servi, sur l’assiette il se rua …
Il raconta qu’il avait raté le car …
Qu’il descendait au bourg voir son oncle Gérard …
Tout ça sur une musique à tue-tête
Qui donnait à ce repas sur l’herbe un air de fête.
Pendant que l’un buvait, l’autre se goinfrait,
Tant et si bien que le plein fut aux frais
De la princesse qui n’en a rien su
Lorsque le clodo, à son réveil, s’aperçut
Que le gamin n’était plus là … déjà parti …
Peut-être que le car était passé … brave petit
Qui n’avait pas refusé de partager un instant
Avec un inconnu, ivrogne, dégoûtant …
Ni car … mais une carriole à tirer encore une fois.
La route avait offert à petit Louis ce moment de joie
Dans cette rencontre. Seul un ange gardien
Avait pu intervenir dans sa vie de chien …
Une nouvelle nuit à la belle étoile
Attendait petit Louis pour l’envelopper de ses voiles.

 

20 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 24 février, 2017 |Pas de commentaires »

Petit Louis (8)

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Petit Louis demeura là jusqu’à la tombée du jour.
Cette nuit de Juillet lui parut douce comme du velours.
Il piocha dans le sac de vivres … épuisés …
Il se contenta de restes, chips et biscottes écrasées.
Il souffla dans le sac en papier, par dérision,
Et d’un coup sec l’éventra d’une explosion.
La nuit était claire, la lune légèrement rousse,
Il chercha une chouette planque recouverte de mousse.
Bercé par le murmure lointain de l’eau
Petit Louis s’endormit, son visage abrité sous son chapeau.
Hélas, son réveil ne fut pas des plus joyeux …
Il déchanta vite, quitta son sourire radieux.
Il retrouva la dure réalité de son existence.
Il aurait bien aimé continuer sa somnolence …
Continuer ce rêve inattendu, énigmatique,
Main dans la main, entre un père et une mère idylliques.
Les rêves sont parfois cruels, blessant l’âme.
D’où venaient-ils ces parents étrangers ?…  infâmes …
Combler sa solitude d’espérances tant imaginées ?
Etait-ce l’image de leur abandon ? Il se dit, chagriné …
Abandonné comme une carriole !
La vie, quelle dure école !
Petit Louis se releva douloureusement … quel carcan !
Il fallait redrescendre vers la vallée cependant …
A cette pensée, l’horreur ! …
Pour survivre … cette idée chassa la torpeur
Que ce rêve trouble-tête avait installée.
Tirant sa carriole il se mit à dévaler
La route et toutes ces caillasses, ces trous …
A bout de courage, il hurla comme un fou …

19 février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

Publié dans:Le voyage de petit Louis |on 23 février, 2017 |Pas de commentaires »

Le fauteuil à bascule

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Un fauteuil à bascule
Sur une paire de testicules
D’une pellicule
En canicule.

Des parties génitales
D’une tête de sioux ancestrale
A la plume phallique originale
En pierre sentimentale.

Une tête de chameau
Assoupie au creux d’un dos.
Ce n’est pas l’ami Pierrot
Mais la sexualité de la photo !

Je donne ma langue au chat,
Bougonne le lapin aux Incas.
Un aztèque en ébats
Sur des fesses de Shiva.

Un fauteuil à bascule
D’un énigmatique émule
Niché dans le ventricule
D’un noyau noctambule.

Conciliabule
D’un fauteuil à bascule
En préambule
D’une vision sous ma plume.

20 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

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