Archive pour octobre, 2016

La sentinelle

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L’oeil vif et attentif
Sur ce piton chétif
Robin la sentinelle
Sèche ses ailes.

Il vient de vols successifs
D’engloutir des insectes oisifs
Paressant sur les roses salicornes.
Robin ne connaît pas les bornes.

Son bec noir comme une lame
Poignarde ses proies d’un mélodrame.
Il surveille, en bonne sentinelle,
Les futures victimes de ses prunelles.

Coiffé d’une banane mouchetée,
Joli minois tout apprêté,
De l’orange à l’émeraude
Il aime aller à la maraude.

Sur les vieux Salins d’Hyères,
De garde sur cette suite princière,
Il a fait le guet sur ce piquet
Digérant sans le moindre hoquet.

Il reste de cet instant,
Si rapide comme l’enchantement,
Cette sentinelle d’un martin pêcheur
Cadeau de la Nature à la laideur.

L’oeil vif et attentif
Sur un piton chétif
Robin la sentinelle
Attend de vos nouvelles …

30 Octobre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri Photographies sur Facebook

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 31 octobre, 2016 |1 Commentaire »

Le galop

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Tu t’es enfui Cher Boléro sur un galop,
Indifférent aux sanglots de l’eau.
Parti dans un grand déploiement d’ailes
Emportant ma blanche culotte en dentelle.
Juste un regard détourné pour t’assurer
Que j’étais encore à rêvasser, dopée
Par la cadence d’une nuit à galoper.
Un dernier regard de peur que je m’accroche …
Pauvre idiote ! Je n’étais qu’un vide-poche
Qui croyait que ce galop dans les Salins
Ne serait pas le port d’un déserteur marin.
Moi qui rêvais déjà sur tes ailes,
Avec ou sans culotte en dentelle,
Monter tout là-haut, là-haut,
Voir Sir Le Monde … J’espérais trop !
Depuis dans le marais je déambule
Attendant le message d’une libellule
M’apprenant ton retour, la fin de mes pilules.
Je m’étends sur le tapis de salicorne, ferme mes paupières,
Alors que toi, séducteur, dans ta garçonnière,
Tu comptes les culottes de tes avant premières
De ta vie en ricochet sans jarretières.
Tu t’es enfui, superbe, pour la photo
Seul témoignage de ton galop.
Sabri passait par là sans savoir
Que ce galop restera mon désespoir.

 
29 Octobre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 30 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

Le pouvoir

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Le pouvoir
Cet assommoir
Au vouloir
Si noir, si noir.

Le pouvoir
Cet entonnoir
D’un à-valoir
Si noir, si noir.

Le pouvoir
Coriace fermoir
Au désespoir
Si noir, si noir.

Le pouvoir
Cet abattoir
Pour abreuvoir
Si noir, si noir.

Le pouvoir
Ce pressoir
Pour mouchoirs
Si noir, si noir.

Le pouvoir
Cet éteignoir
De nos soirs
Si noirs, si noirs.

22 Octobre 2016 – Jeannine Castel

Publié dans:Littérature et Poésie |on 28 octobre, 2016 |1 Commentaire »

La grimpette

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Ssi ssi ssi ssi ssi
À l’assaut de vieux chênes rabougris
Qu’il est dur de peiner en côte
Pour un sédentaire sans mascotte !
Je fréquente plusieurs lieux d’habitat,
Aux bas des arbres je prends mes repas.
Alors quand il s’agit de faire grimpette
Je deviens un roitelet athlète 
D’une pause courte et passagère !
Je préfère les buissons de bruyères,
Les maquis élevés, les landes arborées …
Que mon cousin huppé va m’adorer !
Zi zi zi zizizit … c’est pas ce que vous pensez,
L’oiseau de Pierre est moins nuancé !
Je n’aime pas les feuillages épais.
Je picore, voltige, trouble la paix
Des pucerons, insectes arthropodes, araignées
Dont la toile mortelle me fait prisonnier.
Je suis un migrateur, quelquefois grimpeur …
Puisque cette photo met en valeur,
Sur les branches d’un chêne du Garlaban
Mon triple bandeau de Roitelet grimpant.
Toujours plus haut ! Des cimes et de leur défit !
À la grimpette ! Le temps d’une photographie
Je vous ai offert un petit joyau ( je suis si beau ) !
Bientôt l’hiver … regroupons nous au chaud …
On se pelote, on se dorlote,
La grimpette et au diable la tremblote !

27 Octobre 2016 – Jeannine Castel

crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 27 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

La grande râleuse

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Bonsoir les rhésus ! .. c’est encore moi … la grande râleuse …
Dites donc, ma cote … pas fameuse …
Vous m’avez pas fait déborder ma lessiveuse !
43 j’aime ! … ne suffisent à une pleurnicheuse …
Allez ! … un petit élan du coeur …
Il en faut des râleurs …
Sinon il est où le bonheur ?
Je vous rappelle les dépressions atmosphériques ?
Certes … quelles coliques ! …
Les discours ennuyeux, les génériques …
Toutes ces ventrues et prétentieuses bourriques !
Certes …Quelles tiques ! …
Mais comment avez-vous su que je râlais ?
C’est KLIBI ? Il m’a ainsi appelée ? …
Ce KLIBI ! … d’un flash il vous tire le portrait !
Après pour s’en dépéguer … de l’ivraie ! …
Y a qu’à voir … 43 … c’est proche du pastis …
Non en réalité je suis discrète comme un ibis …
Une charmeuse … ça vous en bouche un coin ?
Aussi n’écoutez pas tous les coin, coin …
Vous croyez que pour Jeannine c’est encourageant ?
Obligée d’écrire encore pour un détergent
Qui a si bien décapé ma réputation
Qu’elle a repris son bout de crayon
Rien que pour moi … une charmante râleuse …
Une rose épineuse en quelque sorte …
Allez, partagez, partagez, ouvrez les portes !
Faites de moi une veuve joyeuse !
Oui .. entre temps mon compagnon m’a quittée …
La vie n’est-elle pas un tourniquet ? 
Bon j’attends de vous un score explosif !
Pour KLIBI et Jeannine ces gentils récifs …
Allez ! hein ? plus de nif, nif …

Mais qu’est-ce qui t’a pris de me couper les tifs ?!

26 Octobre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 26 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

Follow me

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Un couloir sombre sans oiseau
Follow me, follow me, la voix de Bergeaud
Trouble le silence d’un couloir
Aux portes fermées, issues sans espoir.
Le sol marqueté d’alvéoles et losanges
Regarde passer tout habillé de noir, un ange
Portant un sac et non une valise
Selon la clé des songes de Moïse.
Est-ce la mort cherchant une lumière,
L’énigmatique chevelure de la matière,
Ce corps de femme si laid, si beau,
Semble marcher, léger, sur les eaux.
Seule … est-ce une redimension d’une fiction
Pour suivre, sans le vent, nouvelle direction ?
Est-ce ces éléments de la mémoire
Au parquet marqueté d’images noires ?
Un cauchemar sur une solitude piétinée,
D’un rêve, d’une vie à la silhouette chagrinée ?
Ou simplement une invitation de Julien
Pour suivre et partager de lumineux liens ?
Follow me, follow me, avant que tourne le vent
Que se déchaînent les éléments,
L’esprit avait rendez-vous à mon insu.
Est-ce lui, est-ce vous que j’ai aperçu
Dans l’ombre et la lumière de reflets flous ?
Follow me, avant que vienne un monde fou.
Cauchemar d’un dormeur téméraire
Dont le rêve est rempli de lumières.

26 Octobre 2016 – Jeannine Castel

crédit photos : julienbergeaud.com photographe Iréel

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Publié dans:Littérature et Poésie |on 26 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

Le gardien du temps

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Dans la garrigue de Super Gemenos
Ce Gardien du temps, du peuple karos
Fait l’objet d’une histoire à son sujet
Que m’a rapportée, hier au soir, un geai.
Ce Gardien du temps, exilé de ses terres,
Grand sorcier invocateur du tonnerre,
Originaire de la Vallée de l’Omo,
Opposant d’un barrage géant, de canaux,
S’est vu contraint de quitter l’Ethiopie
Sur la prédiction d’une de ses toupies.
Délesté de ses ruches, de ses réserves céréalières,
De pâturages détruits par la force financière
Parqué avec de rares troupeaux dans un ghetto
Il a quitté la beauté majestueuse de l’Omo.
À cause d’un barrage Gibe III, il se retrouve
Sans les mamelles de ses chères louves.
Aussi chaque année à l’automne
On voit apparaitre avant qu’il tonne,
Ce Gardien du temps, si peu accueillant,
Chantant la nuit tombée ses tourments.
Amoureux de poésie, il nous déclame
Les cuisants souvenirs de son âme.
Fidèle aux traditions et usage
Il se maquille de blanc le visage
En signe d’une hymne à la beauté, en ornement,
Sous des branchages se camouflent ses enfants.
On peut en s’approchant voir les scarifications,
Ces rides profondes, ravines incrustées d’émotions.
Peinture ou cendre blanche évoquent de son passé
Le début et la fin des récoltes que vous ramassez.
Victime d’un sort d’un sorcier d’une tribu ennemie
Il s’est retrouvé sur la mousse d’un tapis d’infamies.
Sur ces infortunes langueurs indigestes
Si vous le cueillez faites le d’un beau geste
Ou passez votre chemin en le saluant de la main.
Pendant ce temps dans la vallée de l’Omo
Des terres sont dépeuplées par des eaux …
Des Gardiens du temps gorgés d’eau …

 

23 Octobre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 26 octobre, 2016 |2 Commentaires »

Effervescence

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Salut la compagnie … Il est là Sabri ?
Nous avions rendez-vous ici … Y a Sylvie ?
Vous avez vu celui-là ? …
Je vais me payer un de ces plat …
Sans plongeoir, pas facile …
De quoi vous retourner la bile !
Vous imaginez l’effort qu’il me faut
Pour voltiger hors de l’eau …
Un coup de gouvernail,
La queue en éventail,
Et hop ! Je respire un bon coup…
Et Plouf !! … il me faut surtout
Bien refermer les écoutilles
Sinon les nageoires vrillent …
C’est épuisant ! Le gala approche,
Je ne peux pas la sauter moche.
Un gala nocturne nautique …
Venez nombreux ce serait sympathique !
Chaque automne notre groupe de gardons
Organise un concours «  À saute poissons « .
Moi ma spécialité c’est saut ventral retourné,
Retombée en planche après deux vols planés …
Un peu mal aux écailles parfois,
Mais le premier prix est de choix :
Une semaine logé sans ligne à l’horizon,
Nourriture à gogo de mouches et moucherons
Dans un coin inaccessible pour le pêcheur :
 » Le séchoir à plumes  » sans bouchons arnaqueurs.
Pas de volaille et leurs fichus becs
Ils se remplument ici … une mise à sec …
Une espèce de cure pour mieux vous dire…
De les voir … Mdrr … j’ai de ces fous rires …
C’est bien beau, mais je dois m’entrainer,
Les autres attendent … faut pas traîner …
Ah ! Sabri tu étais caché par là !
Avec un peu de chance t’as pas raté ça ?!
Eh Sabri ! Tu as vu encore celui là ?
À ton prochain passage affiche là !
Ça va, ça va, bousculez pas …

24 Octobre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 24 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

Les noces de la voie lactée

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La Galaxie a quitté le système solaire
Pour son mariage avec la Terre.
Séparée de la Galaxie d’Andromède,
Fatiguée des bras d’Orion pour remède,
Elle a amassé au bras d’Ecu-Croix
Des milliards d’étoiles dignes d’un roi.
Elle a dû traverser la pollution lumineuse
Grâce à sa spirale laiteuse, farineuse,
Et au sein d’Héra, ce lait divin qui l’allaita.
De ce voile de mariée rattaché à l’Univers
Pour sa lune de miel, de roses hivers,
En chute de poussières d’étoiles,
La voie lactée déplie son grand voile.
Sa traîne de mariée admirée par les planètes
Laisse au soleil la nostalgie d’une conquête.
Elle a choisi un anneau discontinu pour sceller
Cette union avec la terre déjà ensorcelée.
Pour éviter les collisions, personne n’est invité
À la célébration de cette noce en obscurité.
Dans une frénésie de tulle romantique,
Amoureuse, elle atterrit, toute pudique.
Tout l’Univers est en branlebas …
La galaxie partie, qui les éclairera ?
Les vieilles étoiles restées sur les lieux
En appellent à Dieu …
À la Création…
Merci de signer la pétition !

22 Octobre 2016 – Jeannine Castel

crédit photos : julienbergeaud.com photographe Iréel

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 23 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

Les terres noyées

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Dès qu’ils virent un humain seul
Ils pensèrent au linceul
Angoissèrent à cette idée …
Ne pas atteindre l’arrivée.
Sachant leurs petits tracas réels
Qu’ici bas rien n’est éternel
Ayant perdu très souvent la foi
Ils vont à ce je ne sais quoi.
Ils poursuivent comblant l’espace,
Revêtus de clinquantes cuirasses,
Peu ménagés, peu consolés,
Ils continuèrent un semblant affolés.
Alors ne sachant plus faute d’appuis
À qui s’en remettre les jours de pluie
Ils déprimèrent à la dérive
Chutant sur de nombreuses rives.
Déprimés, angoissés, survolant les lacs
Ils connurent la hantise du trac
Ses soufflets, les injustices du sort,
Le désiré et prétendu confort.
Ils savaient déjà bien avant la mort
Que la naissance si prometteuse de l’or
Etait la fin déjà de leur bonheur
Mais combatifs ils y firent honneur.
D’amourettes, de changements de décors,
Au fil des saisons, de nouveaux ports,
Sur ces terres noyées aux ruées vers l’or
La faim les tenaillait encore.
Continuant l’exode d’investiture
Dans les poubelles d’alléchantes aventures
Ils préférèrent souffrir à l’anéantissement
De ce ciel si loin de leurs tourments.

2 Août 1987 – Jeannine Castel

crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Publié dans:Littérature et Poésie |on 22 octobre, 2016 |Pas de commentaires »
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