Le guetteur

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Ce guetteur, roi des planeurs
Guette de curieux randonneurs.
Sur son aire, un piton de pierre,
Il se cramponne de ses serres.
Coiffé d’un mouvant duvet, sa tête
Est bordée d’une légère collerette.
Il attend les courants ascendants
Pour faire un show à ces mendiants.

Ce tireur-fouilleur de chairs molles
A mis ce jour sa plus belle corolle
En plumetis de blanche hermine
Sur sa cape enveloppant sa poitrine.
Discrète, sa langue en forme de gouttière
De quenottes n’est pas fière.
Conquérant, il repère de sa vue perçante
La bonne fortune d’une proie pourrissante.

Ce charognard de mauvaise réputation,
Associé à la mort et ses condamnations,
Gourmand, morbide, pilleur de carcasses,
D’un envol vers l’immensité du ciel part en chasse.
Ce guerrier revêtu de sa cuirasse d’acier
Aux fines dentelles et galons d’officier
À bord de son cuirassé massif et lourd
Épie le moindre appel au secours.

Cet acrobate de haute voltige
Jouisseur, dompteur d’impressionnants vertiges,
A perdu quelques plumes dans ses batailles,
Conquistador de colonies aux victuailles.
Trop occupé à sonder la vallée de l’Eygues,
Ce frère des bois ignore ses autres collègues.
 De ce rocher familier du Caire jusqu’aux Baronnies
Il sillonne ce cirque naturel où ses cris résonnent vers l’infini.

Au petit matin il prendra son essor
Pour remplir sa mission de croque-mort
Semant quelques plumes aux courants d’air
Après une toilette en coquette hôtesse de l’air.
Près des falaises, les ailes déployées, il tournera,
Porté par l’air chaud, de spirales dessinera
Le cap d’un horizon des grands rapaces,
Enthousiaste, amoureux des vertigineux espaces.

 

6 Février 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

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D’un soupir ce pont
A tronqué sa moitié.
De dos, un solitaire gondolier
Contemple la décrépitude des façades
Aux volets clos pour une sérénade.
Sa gondole vide de tout espoir
Loin de lui broie du noir.
Seuls les reflets sur l’eau
Illuminent de leurs flambeaux
Ce coin isolé de Venise
Fréquentée par tant de bises.

Ce soir le touriste est rare.
Loin de San Marco et son tintamarre
Ce Roméo, sous son canotier,
Attend, espère un rentier.
Bras croisés sur sa bedaine
Il siffle une vieille rengaine.
Il est planté là depuis des heures
Pour offrir du bonheur à des leurres
Qu’il balade dans les canaux
De sa Venise regorgée d’eau.

Le carnaval annonce le carême.
Loin de ses folies ce calme il aime.
Il aime sur ce pont d’un siècle oublié
Se retrouver avec ce mystérieux gondolier
Loin du faste et du monde touristique.
Il aime respirer les senteurs bucoliques
Effritées, en lambeaux comme son passé,
Où la laideur sur la beauté a trépassé.
Patient, il sifflote, seul au monde
Sur ce pont aux eaux fécondes.

D’un soupir ce pont
A troqué sa moitié
Pour un canotier 
Au visage sans nom.

 

4 Mars 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Antonio Gaudencio sur Facebook

 

MEA CULPA

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à la jeunesse

 

Enfin la jeunesse se mobilise
Affronte pour leur avenir la bise.
Bise … un faible mot des dégâts
Qui ont échauffé leur climat.

Enfin les jeunes se font entendre
À cette société qui ne veut pas entendre,
Continue pour des besoins superflus
D’assassiner les bambins joufflus.

Pot de terre contre le pot de fer …
La jeunesse ne veut plus de cet enfer
Hérité d’ancêtres bien intentionnés
Pollueurs incorrigibles d’année en année.

Quels drôles d’adultes sommes nous
Pour léguer à nos enfants tant de courroux ?
Les plaindre est bien peu de chose
Face à leur avenir loin d’être rose.

Après moi le déluge pourvu que ça rapporte,
Profiter de l’instant en cette cohorte,
Vivre le présent, demain peu importe …
La jeunesse, inquiète, commence à frapper aux portes.

Faust avait vendu au diable son âme
Juda a trahi pour quelques pièces infâmes
Et nous avons tiré à hue et à dia
Ce monde que l’on nomme les médias.

Heureusement que quelques consciences encore
Luttent, se battent contre ces vils diables au corps
Qui rêvent d’une planète aux mines d’or.
Quels piètres et dangereux sponsors.

Je demande pardon à la jeunesse
Même si de mes meilleures caresses
J’ai protégé leur avenir comme j’ai pu.
Face à la quantité d’abcès remplis de pus.

Mea culpa. 

 

15 Mars 2019 – Jeannine Castel

 

 

 

Un élan de tendresse

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«Mettons nous à l’abri !»
Une mère en silence prie
Afin que ce vilain rôdeur
Épargne ses deux jolis cœurs.

Surpris par un violent orage,
Ses deux petits en bas âge,
Elle a juste eu le temps
De trouver ce toit inquiétant.

Du coin de l’œil elle guette
Car peu sûre est cette cachette.
Elle craint d’indigestes tripettes
Pour ces adorables petites têtes.

À cette intrusion encore floue
De craquements et de remous
Intrigués par cette menace
Courageux ils font face.

«Maman, nous avons peur !
Cet orage de malheur
Dans votre affolement
Nous donne du tourment.»

Ils n’ont pas vu l’énorme serpent
Qui se moque du mauvais temps
Et se régale d’avance
D’enlacer cette chance.

«Mes agneaux, vite fuyons !»
D’un frénétique tourbillon
Les suricates disparaissent
Emportés par un élan de tendresse.

 

28 Février 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Troublante apparition

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«Elle m’est apparue, divine DIOR,
Telle un sphinx au sable d’or.
Foudroyé, scotché sur place,
J’ai perdu toute mon audace
Face à cette beauté songeuse
Qui me fixait, l’âme voyageuse.
Était-ce moi qu’elle attendait ?
Troublé par cette saugrenue idée,
Sans vouloir l’effaroucher, timidement
Je m’approchais, le cœur déjà aimant …
Quand surgit une lionne rugissante
Me menaçant, peu compatissante.
Sans doute, sa maman méfiante
Qui ne trouvait pas ma visite séante.
Je pris mes pattes à mon cou
Et filais comme un petit fou,
Le cœur battant plein d’émotion
Avec la vision de cette sublime apparition.
Je n’avais qu’une idée en tête …revoir DIOR !
Ma première amourette, inaccessible trésor.
La reverrai-je encore demain ?
Si fragile et capricieux est le destin …
Si dure est notre existence …
Aurai-je cette chance ?
Je suis allé tout de go me planquer.
«JULIO, mon frérot, tu m’as manqué !»
Qui était ce nouveau copain de MOUSSE ?
Encore un zombie rescapé de la brousse ? …
«Tu es pourtant en bonne compagnie, MOUSSE …»
«Oui, mais nous avions tous deux la frousse 
De ne plus te revoir … Où étais-tu passé ?»
À ces mots JULIO revoit les crocs le menacer …
Et s’assure qu’il n’a pas été suivi …
Puis d’un soupir, peste le cœur plein d’envies
Tandis que MOUSSE s’accroche désespérément
À ce nouvel ami au calme tempérament …

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3 Mars 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine sur Facebook
Photos : Micheline Bach-Tschill sur Facebook

 

 

 

 

Un coeur brisé

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«JULIO ! Tu es là ! … si tu savais …»
«Mon petit chou … que t’est-il arrivé ?»
«JULIO, mon cœur est brisé à tout jamais !»
«C’est si grave ? … tu as l’air complètement paumée ? …»
«Sniff .. houhou … un vrai fiasco ce FIASKO … »
«Il me court déjà sur le haricot …
Faire autant de chagrin à ma sœur !
Je vais aller tirer les oreilles à ce dragueur.
Tu n’as rien perdu mais tout gagné sœurette …»
«Peut-être … mais me voilà comme une chaussette
Dont la paire n’est plus complète …
Moi, dont le cœur palpitait à l’idée de ce rancard …
Mon chevalier était froid comme le blizzard …
J’ai tout essayé pour le dégeler … snif … houhou …
Il dormait presque debout ! sniff … houhou …»
«Arrête MOUSSE de pleurnicher ! Ça t’apprendra !»
«L’amour m’a mise dans de beaux draps ! …»
«Si le courant ne passe pas entre deux êtres
C’est morte saison pour le printemps à naître.
Panne sèche comme les hôtes des tam-tams à roulettes…»
«Et l’instinct ? …» «OK … c’est comme le jeu de la roulette !
C’est pas toujours le numéro gagnant qui sort …»
«Pour une chatte sur un toit brûlant … c’est mort ! »
«Peut-être une fois à ton tour seras-tu ce FIASKO
Attirée par une belle crinière à bécots
Et s’approchant comme une chatte prête à la consommation
Tu n’auras pour ce bel apollon aucune passion.
Ce n’est qu’un vilain cauchemar sans lendemain.
Allez sœurette … mais où est-elle ? Déjà un autre copain ?!» …

 

 

2 Mars 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine sur Facebook
Photos : Micheline Bach-Tschill sur Facebook

Premier amour

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«MOUSSE s’est éprise de FIASKO !
Un solitaire sans aucun écho …
Je sais pas ce qui l’attire
Dans cette absence de délire !
Le bel indifférent ! …
Ce surnom lui va comme un gant !
Et vas-y que je te frotte ! …
Tout juste s’il ne sanglote !
Elle lui avait donné rancard
Sur un inconfortable plumard
Sans ressors tout comme lui …
Et vas-y que je te colle … l’hallali !
Caché, je les observe prêt à intervenir.
Il ne va pas tarder à s’enfuir …
Déjà il faisait la grimace …
Et MOUSSE qui lui léchouille la face …
Quelle folle de s’amouracher
D’un FIASKO … Quel temps gâché ! …
Et arrive ce qui devait arriver …
FIASKO s’est esquivé ! …
Du coup, hop ! … le plumard
Est devenu un sordide placard.
MOUSSE est effrondée, désemparée !
Elle a l’air complètement égaré !
J’ai bien fait de suivre ma sœur
Si fragile, pauvre petit cœur !
De l’amour et des sentiments
Je vais devoir bien gentiment
La consoler, lui expliquer
Que l’amour n’est pas toujours au taquet.
Allez JULIO ! Quitte ta cachette !
Rejoins vite ta malheureuse sœurette … »

 

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1 Mars 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine sur Facebook
Photos : Micheline Bach-Tschill sur Facebook

JULIO et le guignol africain

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«Dès que j’entends un bruit douteux
Je fais ni une, ni deux,
Tout en la jouant discrète …
Je guette !
Qui en veut à ma toison d’or ?
Gentils ou méchants conquistadors ?
Chic ! C’est un tam-tam à roulettes !
Confiant, je quitte ma petite cachette
Et derrière cette branche de bois mort …
Je sors ! …

Potache talentueux, mes plumes fines
D’une encre marron glacé fulminent …
« JULIO, petit apache
L’ennemi fait tache
Vite cache-toi
Dans ta souche de bois »
Cet air familier me trotte dans la tête
Dès que je sens le danger qui tempête.

Je menace de mes petites griffes
Ces pirates, ces amphigouriques escogriffes,
Aux ombres dégingandées, enfermés,
Qui n’ont que des têtes, bras et mains
Et s’agitent comme de petits lutins.

MOUSSE ! Arrête de te pomponner !
C’est ainsi que vous me voyez cramponné
Au balcon de cette loge théâtrale
Pour partager les scènes estivales
D’un réciproque Guignol Africain
Chacun installé sur son strapontin.

MOUSSE ! Le spectacle va commencer !
Celle-là … Depuis qu’elle a un fiancé … »

 

26 Février 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Patrick Brouir sur Facebook

 

Vive Mardi-Gras !

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Samba, samba,
Branlebas !
Bouquet floral
Pour Carnaval !

Olé ! Olé !
Pour ce défilé
Dans un flamenco
Africano. 

Vive Mardi-Gras
Et ses falbalas !
De passion et de lumière
Mes jupons s’aèrent.

D’ocre rouge et de poussière
Pour pigmenter j’espère
Pouvoir mettre en liesse
Le public dans leur forteresse.

Dansons la carioca
Oublions les tracas
Admirez mes claquettes
COOL ! C’est la fête !

Samba, samba !
C’est la fiesta !
De folie douce
Me voilà rousse ! 

 

2 Mars 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photos : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

De violettes guirlandes

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Senteurs de la lavande
Aux réguliers sillons.
La lumière gourmande
D’une folle ambition
Éblouit l’horizon.

Seul témoin, un arbre,
Réchauffé par ce candélabre,
Explose de toute sa sève
Afin que ne s’achève
Ce lumineux rêve.

Entre l’ombre et la lumière
Le marbre dur de la terre
Attend du ciel sa compassion
Pour ses meurtrières passions
D’une pose éphémère.

C’est alors qu’une câline douceur
Timidement vient sur la noirceur
Éclairer ce champ d’honneurs
Aux sanguinaires odeurs
D’un filtre révélateur.

Senteurs de la lavande
De violettes guirlandes
Fuient ce monde malade
Attirées par l’aubade
De cette œillade.

 

7 Mars 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Grég Delaville sur Facebook

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