Le voyage de Louis (1)

17436242_1424362474277120_3867845005433238458_o

Si le terrain avait été en pente douce
Louis aurait bien fait quelques cabrioles !
Débouler comme un fou sur un tapis de mousse …
Triomphant, Louis, tire à nouveau sa carriole !
Sa chère carriole, sa quatre-roues, réparée ! …
Le coeur en peine, il l’avait laissée agonisant
Sur la route, par cet imprévu, désemparé.
Son carrosse de fortune était là … gisant …
Comme un trophée il avait mis dans une valise
Cette roue cassée, une partie de lui, qui l’abandonnait.
N’avaient-ils pas ensemble affronter la bise
Si froide, ébouriffant la solitude de ce pinsonnet ?
Elle avait rendu l’âme, léguant son fardeau
Qu’il portait à bout de bras, harassé déjà …
Il avait soif, la faim le tiraillait, mal à son dos.
Subitement las, posant ses bagages, Louis se découragea.
Il s’éventa avec son chapeau, s’épongea le visage,
N’était-ce pas une folie ce voyage ?
Il était en train de réfléchir, quand il vit,
Pas très loin, en plein champ, une bâtisse …
Retrouvant force et courage, il se remit
En chemin face à la magie de ce feu d’artifice.
Oubliant sa carriole et son chagrin, incertain,
Épiant tout autour quelque signe de vie,
Il s’approcha de l’édifice, valises en main …
Les cacha derrière un buisson de buis.
Personne aux alentours … Insolite, bienvenue,
Demeure dont il n’eut pas à forcer
La porte de bois grinçante et vermoulue.
Le buste serré par les lacets d’un imaginaire corset,
Il pénétra dans la bâtisse, une vieille remise,
Remplie de vieilles ferrailles, de vieux outils rouillés.
Une malle laissait entrevoir des chemises …
Épaté, devant cet intérieur douillet,
Il dérangea des poules, récupéra ses valises,
Grimpa à l’échelle … de la paille pour édredon !
Surement un abri, vieille grange ou remise,
Une oasis avec des oeufs ! Comme c’est bon ! …
Sans perdre de temps, il partit rechercher dare-dare
Sa carriole et son familier, amical, tintamarre.
Elle était là, fidèle, attendant son sauveur.
Ces retrouvailles furent un pur instant de bonheur.
À l’aide des outils il répara, pour de nouvelles amarres,
Sa chère et dévouée carriole. Une haie d’herbes folles
Rendit les honneurs à ce triomphateur à la carriole
Louis quitte à regret cette auberge miraculeuse.
Mais l’âme, l’âme de Louis, cette voyageuse …

 

22 Mars 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec sur Facebook.

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 23 mars, 2017 |2 Commentaires »

Le printemps

17426277_10212913729827852_919222165216067627_n

Aujourd’hui, c’est le printemps !
Le printemps des sans-dents
Des braves et pauvres gens.
La syrphe s’en vient pollinisant.

Le ciel est bas, grisonnant,
Il a oublié que c’est le printemps,
Le printemps si souriant.
Son réveil a la couleur du temps.

Les champs embaument de fragrances.
Coquelicots, boutons d’or, stellaires blanches.
Le soleil se voile à l’assistance,
De la veille et ses excès de brillance.

Grisaille matinale d’un printemps.
Une blanche stellaire vient réjouir
Cette belle saison d’espoirs naissant
D’un printemps qui veut tout rajeunir.

Déjà de faibles rayons percent
Cette toile épaisse de vieilles averses.
La syrphe inoffensive bourdonne, berce,
Cette star que le printemps bouleverse.

Aujourd’hui, c’est le printemps !
Le printemps des sans-dents
Des braves et pauvres gens.
Stellaire et syrphe en choeur flirtant.

 

20 Mars 2017 – Jeannine Castel
photo de Gil Gautier sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 22 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Avant que l’ombre

17362804_1317632228274087_4135106068047548560_n

Avant que l’ombre
En ses décombres
Dans sa nuit sombre …
Venez en nombre
Chercher dans l’ombre
La silhouette de votre ombre.

Avant que l’ombre
Cède la place
À une lueur fugace,
Sans encombre
Sortez de l’ombre
Beautés de glace.

Avant que l’ombre
Nous encombre,
Allons dans la lumière
De cette suite princière
Nous abriter de la noirceur
De l’ombre et de ses précurseurs.

Avant que l’ombre
Soit absorbée par le jour
Allons dans la pénombre
Nous parler d’amour
Avant que l’ombre
Engloutisse nos ombres.

20 Mars 2017 – Jeannine Castel

 photo de Gil Gautier photographies sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 21 mars, 2017 |2 Commentaires »

Vilaine pluie

17202934_1408782905835077_5754580338384773828_n

Vilain brouillard !
De vilaines larmes
Me désarment.
Couleur cafard.

Le ciel sanglote
Ses eaux ruissellent.
L’oiseau chancelle
Sous la flotte.

Blottie contre toi,
Si j’étais ainsi,
Il ferait bon ici
D’avoir un toit.

Solitude parfois
Lourde, pesante.
De sa chaleur absente
M’engourdit de froid.

Vieillesse idiote
Jeunesses d’esprit
Le corps aigri
D’acides griottes.

Fichue tendresse
Folle jeunesse.
N’est-ce que messe
Pour la vieillesse ?

Vilain brouillard !
Vilaine pluie.
Sur nos chemins de vie
Pourquoi viens-tu si tard ?

 

11 Mars 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 21 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Dix plus un

images

Ils sont onze
Solides comme le bronze.
Onze sauvegardes providentielles
Onze candidats à la présidentielle.

Ils sont onze
Purs comme des bonzes.
Onze héros
Défenseurs du drapeau.

Onze blaireaux
Onze idéaux
Futurs Présidents
Aux longues dents.

Onze beaux parleurs
Marchands de bonheur.
Onze baratineurs
Pour des millions de rêveurs.

Onze espoirs
En solitaire isoloir
Attendent d’un vote
De futures cagnottes.

Ils sont onze
Solides comme le bronze.
Onze futures bielles
Tournant la manivelle.

 

19 Mars 2017 – Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 20 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Vagabondages

images

Une silhouette camouflée dans le brouillard,
Sur le Pont de Brooklyn, déambule,
Déserté par les funambules
D’un petit matin flemmard.

Un volcan aux rides profondes
Coiffé d’une chevelure blonde.
Vallée du grand Rift, Ol Doinyo Lengaï
Terre sacrée vénérée par les Massaïs.

Plateau du Tibet, une femme nomade.
Quelques tentes rustiques pour rudes hivers,
Des paniers vides renversés se baladent
Sur le dégel des jours amers.

Le Grand Prismatique d’un plateau volcanique,
Yellowstone et son bassin thermal
Peuplé d’algues, de bactéries géothermiques,
De fumerolles, geysers, sources d’eau chaude,
Au coloris d’un festival.

Second Parthénon, selon Le Corbusier,
L’église Paraportiani aux cinq chapelles,
A Mykonos, toute de blanc habillée,
A perdu son voile en dentelles
Dans l’ancien château médiéval.

Kyaik Pun, quatre bouddhas impréssionnants
Adossés à un immense pilier central
Ont l’apparence trompeuse d’un site récent.
Des peintres sur des bambous, échafaudages bancals,
Repeignent ces géants régulièrement.

Ici et là mon âme vagabonde 
Sur quelques beautés du monde.

 

7 Février 2016 - Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 20 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Joaillerie fine

17359040_789106591240827_5105825353026599212_o

Goutte, goutte d’eau,
Perle fine d’émeraude
Sur un brin d’herbe rode.
La nature offre un cadeau.

Goutte, goutte d’eau,
Diamant gonflé d’eau.
Un art nouveau
Perle pour l’anneau.

Goutte, goutte d’eau,
Pâquerettes incrustées.
Une sulfure vert d’eau
À mon doigt ajustée.

Goutte, goutte d’eau,
Joaillerie fine
Merci pour ce joyau
Pour le coeur de Jeannine.

17 Mars 2017 – Jeannine Castel
crédit photos : Sébastien Majérowicz sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 19 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Soleil de nuit

17191852_1344203748976524_3427144187326828627_o

La nuit pour un soleil
Une fleur de jonquille
La nuit de ses vermeils
Dort tranquille.

Déprimée de ce noir
Ce soleil de nuit
A fleuri son désespoir
Elle veille sur lui.

Ce soleil de nuit
Sur le noir de la nuit
De sa fleur a réjoui
Son triste ennui.

Pour un soleil de nuit
Une fleur de jonquille
A remplacé la nuit
Par un soleil qui brille.

La nuit, de son fantôme,
Hante ce soleil de nuit
Depuis que l’homme
A éclairé ses nuits.

Un simple soleil de nuit
Et voilà l’éclaircie …

 

17 Mars 2017 – Jeannine Castel
crédit photos : Olivier Naska photographies sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 18 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Il ne manquait que vous

17192055_1119936278128484_5295026458938639644_o

Il ne manquait que vous
Sur cette plage du Costa Rica.
De votre préférence pour le ciel andalou
Le renard, froissé, ombrageux, se vexa.
L’horizon avait sorti pour vous un beau décor
Brûlant qu’il était de ses ors orangés.
 Sur le sable humide il miroitait son précieux trésor
Qu’une vague, de son écume, doucement submergeait.
Il ne manquait que vous sous ce ciel assombri
De fumées volcaniques aux cratères lointains.
Votre absence a mis l’infini en débris.
Il offrit à mon âme ce spectacle divin.
Rendez-vous idyllique entre lui et moi,
Jusqu’à l’aube, sous ce ciel en émoi,
Une étrange créature m’invita sous son toit.
Quelle nuit fantastique ! Pourquoi ce subit effroi ?
Un arbre dérive sur la glace d’une banquise,
Un feu d’artifice dissipe l’obscurité,
Un sanglier, d’un souffle, ranime la brise.
L’Apocalypse, ici, sans vous, s’est abritée.
Sur cette plage du Costa Rica
Il ne manquait que vous.
D’aigres-douces senteurs du paprika
Ont épicé ce sublime et inattendu rendez-vous.

17 Mars 2017 - Jeannine Castel
crédit photos : Nicolas de Montaigut sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 18 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Au fil de l’eau

images

Sur une eau bleutée, aux rides accueillantes,
Une femme aux longs cheveux d’ébène, pensante,
Coiffée d’un nón blanc, les pieds nus,
Sur une rivière du Mékong de source inconnue,
Dérive lentement sur son sampan de bambou
A l’aide d’une longue perche de couleur acajou.
Sa silhouette se reflète, glisse au fil de l’eau,
Ondule sous le léger clapotis sans écho.
Solitaire traversée loin des rizières,
Loin du réseau routier, près des lisières.
Sur l’onde bleutée de lumières reflétées,
Une céleste déesse sur une photo est restée.
Elle est là, figée, sur ma rêverie, étrangère,
Captive d’un cliché volé à la beauté si éphémère.

 

16 Mars 2016 - Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 17 mars, 2017 |Pas de Commentaires »
12345...98

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus