Si léger roseau

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Si léger, si léger roseau
Danse, danse ta joie !
Sur le clapotis des eaux
Abandonne, abandonne toi.

Le ciel, chargé de nuages
De la sècheresse te soulage.
Roseau si frêle et si résistant,
Bientôt reviendra le printemps.

Laisse toi caresser par la brise.
La nuit, soumise et insoumise
Va t’offrir une nuit d’ivresse
Dans un bouquet de tendresse.

Si léger, si léger roseau
Danse, danse ta joie !
J’aimerai être un oiseau
Pour me blottir contre toi.

Si léger, tu effleures ma peau.
Frissonnent, frissonnent tes plumeaux
Qui dansent, me couvrent de frissons
Sur la complainte d’un insomniaque grillon.

Si léger, si léger roseau
Danse, danse ta joie !
Que fais-tu belle Kaboso
Si loin, si loin de moi ? …

 

14 Août 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Luc Durocher: photographe de la biodiversité sur Facebook.

Le dernier pont

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Soeur Joseph, une religieuse dont mes joues ont gardé quelques cuisants souvenirs … m’avait donné cette image pieuse.
Ses quelques mots ont soutenu parfois mon quotidien.
Depuis le tragique évènement survenu à Gènes en Italie ces quelques mots me laissent dubitative quand au sens obscur du chemin de la foi.
Ces malheureuses victimes ont rejoint leur dernière demeure avec l’écroulement d’une partie de ce pont.
Une remise en cause qui dormait dans mon missel et me laisse pensive à bien des éveils.

En hommage aux victimes et à leurs proches.

 

Appelés à mourir ensemble …
Il a suffi d’un pont, d’un vol …
Cruelle mort qui nous rassemble.
Tombe la neige sur ces envols.
Faire d’une pierre plusieurs coups,
La faucheuse bosse en solitaire ?
Les statistiques accrochées à son cou,
Sous sa coupe, ont fort à faire !
Être né quelque part, jusque là,
Pour changer de vie en ce rendez-vous …
Minuit, midi … symboles que tout cela
De ce grand rébus dessiné pour nous.
D’une confiance faite à ces obscurs souterrains
Occupés par des esprits du malin,
Ces ponts traversés, demeures du destin,
Nous enterrent sur un même chemin.
Appelés à mourir sans garde du corps,
En collectivité, dans les flammes mortelles,
Tués en a cappella par cette muette mort
Ses shows cabrent mes sauts de gazelle.
Sensible à ce point commun d’une coopération
Je compatis à la douleur de ces disparitions
Qui plongent le monde dans des vidéos
Organisées, sans poésie, par des bourreaux
Complices de phoenix ressuscités, responsables,
Promus en abattoir, enlisés dans le sable,
Sélectionnés dans le programme d’un sablier.
Seule la mémoire reste victorieuse en ce tas de fumiers.

 

16 Août 2018 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine sur Facebook

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 17 août, 2018 |Pas de Commentaires »

Le chef de file

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« Allez hop ! C’est moi le chef de file aujourd’hui !
Je dois apprendre sans copier sur lui
À marcher en file indienne comme les caravanes !
Ah ! ces ainés enclins à la promenade sans bousculade ! …
Il leur faut un coach, une mascotte et non une chochotte
Pour les déloger de leurs monotones marottes.
Il n’y a qu’un éléphanteau comme bibi … parole !
Pour faire bouger ce troupeau de gentils drôles !
Cela m’amuse, me donne de l’importance, tout fier
De n’être plus ce baby, ce minus assisté d’hier.
Un coup premier, un coup dernier, un défi !
Je mets au pli cette troupe qui se confie
Au plus jeune et dernier nouveau-né en date.
Le problème c’est que souvent ma conduite dérape …
J’ai le chic pour me mettre dans des situations
Dont il m’est impossible de sortir sans leurs interventions !
Je veux toujours faire comme les grands, c’est fou !
Mes extravagances leur redore le titre de Grand Manitou !
Même que parfois je les mets en danger, en mission impossible …
Possible avec l’intervention des humains, ces êtres nuisibles …
Oui … quand parfois leur raison perd la boule …
C’est si traumatisant de voir ses parents qui s’écroulent.
Moi, j’ai la chance de ne pas connaître la nursery.
Rien qu’à cette idée … c’est foutu … je broie du gris …
Plus de chef … Je cherche des yeux les familières gambettes …
Je me faufile, me frotte, caresse ma maminette.
Nous avons faim et soif, il nous faut du repos.
Maminette est fière de son éléphanteau !
 Placée à l’arrière, elle ne m’a pas quitté des yeux !
La prochaine fois j’essaierai de faire mieux …
Ouvrir la marche face à tout cet espace
Sans le moindre popotin qui devant vous trace …
Il me faut acquérir de l’audace …
Mais pour l’heure savourons ce présent …
Qui sait  .. je serai peut-être un jour leur Président ? »

 

 

10 Août 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Noelle Fontaine sur Facebook

 

 

Le chef de file (suite 1)

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Hier, chef de file …
Aujourd’hui, médiateur !
Les adultes c’est pas facile …
Ce sont de sacrés acteurs !
Je sers d’auto-tamponneuse !
Vous remarquerez la distance
Qui sépare ces amoureuses …
Nous revenons de vacances !
Je suis exténué par leurs jérémiades,
Par leurs querelles de femelles
 Pour des pannes sèches de mamelles,
Au cours de ces kilomètres de balade. 
Cette eau me fait un bien fou !
Par chance sont absents ces vicieux filous.
Ils ont préféré les zèbres et les gnous.
Mais je jette un oeil malgré tout …
Nous avons rendu visite à un tonton.
Il vit en ermite, un vieux ronchon …
Il postillonne à tout commentaire !
Mieux vaut se placer sur ses arrières !
Maman dit que c’est un éléphant bi-polaire ?!
Un ours mal léché … pouah ce gros derrière …
Après un temps de pause frugale à ses côtés
Nous ne nous sommes pas attardés.
J’avais hâte de retrouver ma cousine
Qui nous attendait avec deux copines.
Je fus illico sous le charme de ces belles !
Ah ! leurs yeux doux … je ne vis qu’elles !
L’émail pur comme un diamant de leurs défenses
Me fit retomber sur le champ dans mon enfance …
Une envie soudaine de grandir me prit.
Je n’étais qu’un bébé auquel on sourit …
Instant magique rattrapé par la réalité !
Mais c’était mieux que ce tonton qui pétait …

 

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15 Août 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : PhotosJeanlouisgodard Jean-Louis Godard sur Facebook

 

 

Cracs cracs caniculaires

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Voilà ! la canicule d’un déluge soudain
Chambourle le lit des torrents sereins.
Dame Météo, d’excès, détient le gros lot,
La pluie agite ses frénétiques grelots.
Tonnerre, éclairs viennent en renfort
Inonder la terre sous l’été qui s’endort.
Le temps des orages arrive violemment,
Met une fin aux feux estivaux ardents.
L’air a retrouvé un peu de sa fraîcheur,
Août sur Juillet a remis de la froideur
Sur cette caniculaire et jouissive saison
Qui va, vaincue, se replier vers d’autres horizons.
Des perles d’eau montent la garde en sentinelles,
S’accrochent à de désespérées étincelles
Noyées sous les trombes d’eau angéliques
En ce concert joué par des âmes chimériques.
Le thermomètre a chuté de quelques degrés Celsius,
La gaine, libérée, n’oppresse plus le plexus.
L’inspiration écrasée par cette lourde masse
Retrouve l’ardeur, le goût des mots voraces
Victimes de la sècheresse, de suées sans limaces.
Crayons et papiers ne restent plus de glace.
Août a kiffé pour des intempéries en vacances
Gavé de bains de mer, d’un soleil à outrance.
Le ciel gronde, manifeste, embrasse mon attente,
Heureux de partager avec moi sous la tente
Nos retrouvailles brûlées par les passions de l’été.
L’été pleure, chagriné de devoir déjà nous quitter.
Cymbales et tambours roucoulent avec la pluie
Excitée par les éclairs jusque dans son lit …
Quand Dame Météo jouit avec ses courants d’air
Le monde est averti de ses cracs cracs caniculaires.

9 Août 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Olivier Gutfreund sur Facebook                                   

 

Un tigre amoureux

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C’est un tigre royal amoureux, solitaire,
De passage en cette petite station balnéaire.
Il est accro des bains de minuit.
L’eau, pour lui, est de bonne compagnie.
En ce coin stratégique de rencontres,
Il n’a nul besoin d’une montre !
Après la chaleur écrasante du jour
Il vient retrouver sa tigresse d’amour.
Aventureux opportuniste, il ne refuse pas,
Une proie venue arroser un indigeste repas.
Guidé par un parfum odorant, provocant,
Il s’attarde parmi les nénuphars, les reniflant.
Il sait que sa belle est dans les parages …
Ses feulements l’invitent à venir sous les feuillages.
Et c’est avec une fleur en guise de grimace
Qu’il va la lui offrir pour briser la glace,
Lui éviter de vigoureux coups de patte.
Il préfère à cela des caresses de moustaches !
Peut-être qu’une fleur prolongera les attaches
Avec cette femelle qui chasse aussitôt ses amants
Après tout le scénario de l’accouplement..
Les préliminaires de folles poursuites nautiques
Ont donné au point d’eau de grosses coliques !
Ils ont fait fuir les éventuels visiteurs assoiffés
Pour vivre en ce coin idyllique leur conte de fées.
Petit séjour dans un palace privé avec tout le confort
Où ils ne reviendront pas fêter leurs noces d’or …

 

3 Août 2018 – Jeannine Castel
Photos : banque d’images gratuites sur le net

 

Publié dans : animaux, Littérature et Poésie | le 14 août, 2018 |Pas de Commentaires »

Juste la lumière

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Juste la lumière
Et le bruit de l’eau.
Mon âme se désaltère
En ce frais cours d’eau.

Juste toi et moi
Loin de ces tempêtes
Qui mettent aux abois
Notre tête à tête.

Juste un clapotis
D’un temps de répit.
Nos âmes ont la pépie,
Nos corps sont assoupis.

Juste un peu de rêve
Troublé par la clarté.
Nos noces furent brèves
D’intenses opportunités.

Juste un souvenir
D’un lieu de plaisir,
D’un lien dont l’avenir
M’a fait cruellement souffrir.

Juste une nostalgie
D’un volage contemplateur.
Un être habité de magie
Aux vagabondes humeurs.

Juste la lumière
Sans regrets ni remords
Mon âme se désaltère
Libérée de la mort …

Juste la lumière
Et le bruit de l’eau.
J’étais cette étrangère
Tu étais ce héros.

Ce héros inconnu
Apparu dans la lumière
Aussitôt disparu
Noyé dans cette eau claire.

 
28 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

Sans nos mamans

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Dans le brouillard, sans nos mamans,
À découvert, sans aucun paravent
Entourés de tous ces monstres inquiétants,
Dans ce brouillard, notre peur va de l’avant.

Dans le brouillard, sans nos mamans,
Brebis égarées sans chien de garde,
Nos mamans, obligées, s’en vont chassant
Des proies qui nous ressemblent, hagardes.

Dans le brouillard, sans nos mamans,
Victimes esseulées de pères délinquants
Dévorées même par ceux nous ressemblants …
Nous sommes trois mais jusqu’à quand ?

Dans le brouillard, sans nos mamans,
Cette faim qui nous tenaille en permanence,
Ce vide nous effraie en leurs absences,
Nous inquiète, gâche nos jeux de leurs tourments.

Dans le brouillard, sans nos mamans,
Nous attendons sagement, patiamment,
Le retour de nos héroïnes chargées de présents
Rassurées de compter aucun absent.

Dans le brouillard, sans nos mamans
Qui ont préféré rester célibataires,
Leur choix nous laisse bien impuissants
Dans le brouillard sans nos mamans.

Dans le brouillard, sans nos mamans,
La goutte de lait reste en suspens …
Les câlineries, d’un souvenir, ravigotent ces durs moments,
Réconfortent l’attente qui a paralysé nos sens.

Dans le brouillard, sans nos mamans,
Nous languissons après ce temps
Qui s’éternise de doutes sanguinolents
Vite oubliés dans les pattes de nos mamans.

Bientôt nous serons forts et grands.
Nous irons avec elles encore quelque temps.
Puis le brouillard enveloppera nos mamans
D’inconnus sentiments de vos mamans. 

 

28 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Wonderfulworld Acswell Lions Acswell  sur Facebook

 

 

 

MORANI, dit le Rouquin …

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Je m’appelle MORANI dit le Rouquin …
Je suis chargé de défendre la cause
De mon peuple en déclin.
En cette JOURNÉE MONDIALE DU LION 2018, j’ose
Tirer la langue à tous ces sauvages
Qui nous chassent, pour leur art de vivre,
De nos terres naturelles, antichambre de carnages.
Héritier d’un royaume, figure de proue,
JE DENONCE ces machiavéliques gargantuas ivres,
D’exterminer ma race, là devant vous.
JE DENONCE vos abus qui nous forcent à nous adapter
Pour des opinions d’explorateurs inadaptés.
Un temps de restauration est à souhaiter !
JE DENONCE en cette pétaudière 
Ces braconnages corrompus par d’indignes traités.
JE DENONCE vos relations truquées et guerrières.
Je suis à la recherche d’hommes de talents
Qui dirigeront en cette dépression conservatrice,
Relanceront, en compagnie, la fin de nos tourments,
Exténueront ce commerce de présumées brides salvatrices.
Dans cet Etat sauvage, ROC STAR des gains,
Je salive sur la banqueroute de vos destins
VOUS les profanateurs de votre propre tocsin.

 

10 Août 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Yaron Schmid sur Facebook

Lorsque les lionnes

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Lorsque les lionnes sortent du brouillard …
Mud Bull, le buffle, sait qu’il est déjà bien tard.
Les chasseresses accompagnées de leurs rejetons
S’apprêtent à leur offrir un bon gueuleton.

Lorsque les lionnes sortent du brouillard …
Nous, les lions, repus, admirons, peinards,
Ces diablesses, maîtresses de nos faiblesses,
Qui partent en famille semer leurs tendresses.

Lorsque les lionnes sortent du brouillard …
Au coeur de la mêlée, nous attendons, veinards,
Le retour de ces déesses chargées de victuailles,
Éreintées, suivies de toute notre marmaille.

Lorsque les lionnes sortent du brouillard …
Parfois, face à de récalcitrants gueulards,
Nous intervenons, histoire d’adoucir la sérénade
Que nous réservent ces ogresses au retour de la balade.

Lorsque les lionnes sortent du brouillard …
Le baobab sait que ce soleil fêtard
Va revenir de ses frasques nocturnes, vantard,
Lui conter des histoires offertes par le hasard.

Lorsque les lionnes sortent du brouillard …
C’est déjà la nuit pour les malheureux trouillards
Qui voient à regret le jour qui va s’éteindre
Sur ce qu’ils ont de plus cher à étreindre.

Lorsque les lionnes sortent du brouillard …
Les insomnies errent parmi les traquenards
Qu’ils soient geule de lion ou gueule de loup,
Du jour et de la nuit c’est toujours itou.

 

27 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Wonderfulworld Acswell Lions Acswell  sur Facebook

 

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