Les amis

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S’en vont et s’en viennent
Les amis
Ceux des jours fleuris
Ceux de pluies diluviennes.

S’en vont et reviennent
Leur souvenir
D’heureux plaisirs
De blessures anciennes.

S’en vont et disparaissent
À tout jamais
Partis embaumés
Sur une dernière messe.

S’en vont et me rappellent
À leur souvenir
Pour ne jamais mourir
Dans un feu d’étincelles.

S’en vont et s’en viennent
Les amis
D’un jour gris
Sur des histoires anciennes.

S’en vont et s’en viennent
Ces chers amis.

 

24 Février 2017 – Jeannine Castel

Publié dans : Littérature et Poésie | le 26 février, 2017 |Pas de Commentaires »

T’écrire des mots

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Après ces quelques jours ensoleillés
La grisaille est revenue.
Les bâtiments silencieux, ensommeillés,
D’une lumière blanchâtre, malvenue,
Ecoutent en sourdine les bruits de la rue.

Mes chats blottis contre moi sommeillent,
Ils miaulent, chacun leur tour, épuisent
Ma patience qui voudrait que merveilles,
Sur les pâles beautés de cette Terre Promise,
Soient à mon goût dans un univers incongru.

T’écrire des mots, le soleil m’apparaît …

 

24 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec sur Facebook

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 25 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Petit Louis (10)

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Tout en mangeant son sandwich à la sardine,
Petit Louis contemple cette lune câline,
Cet effet de lumière au nuage en forme de coeur
Entouré de minuscules bouches en coeur.
Il lui vient une tendre pensée pour le clodo aux godasses
Qui doit, quelque part, cuver ses gorgées de vinasse.
Comme un voleur il s’était enfui en empruntant
Une boîte de sardines, du pain rassis, du fromage puant.
Lui, il pouvait sans encombres faire la manche …
Il réalisa que demain on serait dimanche …
Il ne pouvait se permettre de faire la quête
Sans intriguer une bonne âme inquiète.
Il réfléchit sur les jours à venir, sur son sort malheureux …
Demain y suffirait … peut-être que St Gueux …
Il fut temps de trouver une bonne couchette,
Soulagé de cette nuit chaude pour la couette.
C’est le froid qui le réveilla … le ciel était bas,
Il enfila des vêtements chauds. Là-bas,
De gros nuages noirs menaçaient, gonflés d’eau .. 
Il se hâta … trouver un abri, car son chapeau
N’y suffirait. Vers midi, enfin une éclaircie
Inonda de soleil l’abri de bus. Petit Louis s’étira …
Et toujours cette faim … ah ! un bon chocolat ! …
Il se souvient avoir mis dans une valise des madeleines
Mises de côté sur d’anciens goûters, à la petite semaine.
Tant pis pour la réserve, il avait trop faim !
Il les savoura … retourner ‹ Aux Romarins › ?
A cette pensée, découragé, il se remit en chemin.
De plus en plus couinaient les roues de sa carriole …
Allaient-elles tenir ces drôles ?
Au cours d’un virage, il vit une roue le dépasser
À toute vitesse, finir sa course folle dans un fossé,
Tandis que sa carriole, bancale, agonisait sur la route
Sur trois pattes, valises renversées … la déroute !
Déconcerté, c’était toute la misère qui s’abattait
Sur petit Louis qui gémissait, après cette roue pestait.
Il regagna le bas côté portant valises et carriole,
Mit une pierre en guise de cale sans gaudriole.
Dépité, il s’assit la tête entre ses mains et versa
D’amères larmes assoiffées d’une liberté échouée là.

23 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 25 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Matin froid

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Matin froid
En ce ruisseau étroit.
Un soleil blafard,
Comme un sournois cafard,
Engourdit le moral
Matin glacial.

Arbres endeuillés
Collines dépouillées
De neige tapissées.
Ruisseau verglacé.
La belle endormie
Attend l’accalmie.

Promenade solitaire
Sur un coin de la Terre.
La faune se terre
En cette froideur austère.
Palanges en hiver
Aux sentiers déserts.

Quelques touches d’automne.
En maigre filet, l’eau chantonne
À la nature qui patiente,
Sait que la chaleur ardente
D’un été reviendra réchauffer
Les gerçures de ces ronces étouffées.

Matin froid
En ce ruisseau étroit.
De givre et de neige,
Janvier sans florilège
A revêtu sa parure
Sans fioritures.

 

29 Janvier 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Passion photo Seb sur Facebook

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 24 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Il m’avait dit un jour

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Il m’avait dit un jour
C’était quoi déjà ?
Je l’ai revu ce jour,
Mon amour qu’il abrégea.

Il m’avait dit un jour
Tant de mots confus
Pour ce pauvre amour
Qui fit tant de raffut.

Il m’avait dit un jour
S’en souvient-il mon coeur ?
Le coeur a tant de tours
Quand il s’agit d’amour.

Il m’avait dit un jour
Comme si de rien n’était
Des êtres ont vu le jour
Ce n’était qu’un été.

S’il m’avait dit un jour
Qu’il changerait d’amour,
Déjà mon frileux amour
Savait ces rimes en retour.

Il m’avait dit un jour
C’était quoi déjà ?
Je l’ai revu ce jour
Soulagée de le voir partir déjà.

 
12 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Greg Lavaty sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 24 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Petit Louis (9)

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L’écho lui renvoya son cri …
Mais la colère resta en lui.
Il donna des coups de pied à sa carriole,
Les valises en tombèrent dans la rigole …
Heureusement à sec, pour ne pas envenimer
Cette scène proche d’un dessin animé.
Calmé, il remis sa ferraille sur ses roues,
Renifla, soupira, se moucha un bon coup.
Et le voilà reparti, le coeur en tourments
Sur cette route qui serpentait de nombreux tournants.
Il était pas loin d’onze heures, quand il perçut
Une voix qui chantait … sans qu’il aperçut
Âme qui vive devant lui … prudent il ralentit …
Le son empirait … sans son chargement, il partit
Voir en se camouflant … Hello petit !
Il sursauta, pas content d’être surpris.
Un homme, un vagabond, genre clochard,
Etait assis au milieu de son bazar.
Près de lui bullait dans une casserole
Un ragoût douteux aux odeurs vinicoles.
Il salua en hochant du menton cet étranger
Susceptible de mettre sa cavale en danger.
Il chercha vite des réponses à d’éventuelles questions
Que lui poserait ce cuistot, par suspicion …
Tu as faim ? à la St Gueux, y en a pour deux ! c’est là …
Bien que ce Saint lui fut inconnu, que lui parut hideux
Ce clodo aux vêtements et sourire douteux,
Il accepta l’invitation inespérée, oubliant sa carriole
Qu’il récupèrerait … ce n’était que babiole
À côté de sa faim digne de Gargantua.
Sitôt servi, sur l’assiette il se rua …
Il raconta qu’il avait raté le car …
Qu’il descendait au bourg voir son oncle Gérard …
Tout ça sur une musique à tue-tête
Qui donnait à ce repas sur l’herbe un air de fête.
Pendant que l’un buvait, l’autre se goinfrait,
Tant et si bien que le plein fut aux frais
De la princesse qui n’en a rien su
Lorsque le clodo, à son réveil, s’aperçut
Que le gamin n’était plus là … déjà parti …
Peut-être que le car était passé … brave petit
Qui n’avait pas refusé de partager un instant
Avec un inconnu, ivrogne, dégoûtant …
Ni car … mais une carriole à tirer encore une fois.
La route avait offert à petit Louis ce moment de joie
Dans cette rencontre. Seul un ange gardien
Avait pu intervenir dans sa vie de chien …
Une nouvelle nuit à la belle étoile
Attendait petit Louis pour l’envelopper de ses voiles.

 

20 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 24 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Petit Louis (8)

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Petit Louis demeura là jusqu’à la tombée du jour.
Cette nuit de Juillet lui parut douce comme du velours.
Il piocha dans le sac de vivres … épuisés …
Il se contenta de restes, chips et biscottes écrasées.
Il souffla dans le sac en papier, par dérision,
Et d’un coup sec l’éventra d’une explosion.
La nuit était claire, la lune légèrement rousse,
Il chercha une chouette planque recouverte de mousse.
Bercé par le murmure lointain de l’eau
Petit Louis s’endormit, son visage abrité sous son chapeau.
Hélas, son réveil ne fut pas des plus joyeux …
Il déchanta vite, quitta son sourire radieux.
Il retrouva la dure réalité de son existence.
Il aurait bien aimé continuer sa somnolence …
Continuer ce rêve inattendu, énigmatique,
Main dans la main, entre un père et une mère idylliques.
Les rêves sont parfois cruels, blessant l’âme.
D’où venaient-ils ces parents étrangers ?…  infâmes …
Combler sa solitude d’espérances tant imaginées ?
Etait-ce l’image de leur abandon ? Il se dit, chagriné …
Abandonné comme une carriole !
La vie, quelle dure école !
Petit Louis se releva douloureusement … quel carcan !
Il fallait redrescendre vers la vallée cependant …
A cette pensée, l’horreur ! …
Pour survivre … cette idée chassa la torpeur
Que ce rêve trouble-tête avait installée.
Tirant sa carriole il se mit à dévaler
La route et toutes ces caillasses, ces trous …
A bout de courage, il hurla comme un fou …

19 février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 23 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Le fauteuil à bascule

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Un fauteuil à bascule
Sur une paire de testicules
D’une pellicule
En canicule.

Des parties génitales
D’une tête de sioux ancestrale
A la plume phallique originale
En pierre sentimentale.

Une tête de chameau
Assoupie au creux d’un dos.
Ce n’est pas l’ami Pierrot
Mais la sexualité de la photo !

Je donne ma langue au chat,
Bougonne le lapin aux Incas.
Un aztèque en ébats
Sur des fesses de Shiva.

Un fauteuil à bascule
D’un énigmatique émule
Niché dans le ventricule
D’un noyau noctambule.

Conciliabule
D’un fauteuil à bascule
En préambule
D’une vision sous ma plume.

20 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 22 février, 2017 |2 Commentaires »

Petit Louis (7)

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Petit Louis quitta les turbulences du torrent,
Retrouva ses affaires cachées à d’éventuels passants.
Un coup d’oeil à sa montre, déjà treize heures !
Il prit le dernier sandwich de jambon-beurre.
Pas de toute première fraicheur … il le renifla …
Bof … il avait mangé pire que cela.
Plus de fruit … il ira à la maraude tantôt …
Là où le conduiront ces bruyantes chutes d’eau.
Il fit une petite pause digestive, s’habilla,
Prenant soin que rien ne s’éparpilla.
Il était impossible de suivre le torrent de près,
Valises et carriole se virent quitter le pré.
Un sentier étroit mais plus carrossable
Lui permit d’éviter les petits bancs de sable
Du torrent devenu rivière pour un nouveau lit.
Fatigué, il décida d’y passer la nuit.
Il repéra des ronces chargées de mûres,
Bien noires, exquises, surprises par sa figure
Aux moustaches violettes, à la langue bleue …
Il tira sa langue pour en rire mieux.
De sa canne de fortune, de sauts de cabri,
Assis sur sa carriole, ses affaires à l’abri,
Taquinant d’invisibles et désirés poissons,
Il pêcha un linge blanc au bout de son bâton !
Peut-être un pêcheur avait de son passage
Laissé ce feu de bois éteint sur le rivage ?
C’est ainsi, sans quitter son chapeau,
Que petit Louis sur les bords de l’eau
Passa quelques heures de répit, à la dérive
D’une fin d’après-midi à méditer sur ces eaux vives.

 

17 Février 2017 – Jeannine Castel
crédit photo : Gil Strec photographies sur Facebook

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 21 février, 2017 |Pas de Commentaires »

L’appel de la mer

 
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Il est parti ce matelot,
Ce fils, ce Marius des flots.
Parti sur cette mer fantasque
Qui agitait tant ses basques.
Sur les souffles du vent,
Il est parti en conquérant,
Laissant père et mère en pleurs
Noyés dans les transes de la peur.
Sur un trois-mâts, hissant les voiles,
Il est parti avec sa bonne étoile
Affronter les tempêtes, leurs naufrages.
Poussé par les démons du voyage,
Il est parti ce marin d’eaux fortes
Suivi de bourrasques en escorte.
Parti sur les remous du vague à l’âme,
Sur un air d’accordéon, laissant femme.
Parti un mardi sur une mer en furie
Libérer les chaînes de sa chienne vie.
Selon le vent, au fil de l’eau,
Il navigue sur les flots
D’une mer en sanglots.

 

le 7 Février 2017 - Jeannine Castel

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 19 février, 2017 |1 Commentaire »
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