Crinière d’Ors

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Appelé tantôt en renfort,
Le lion Crinière d’Ors
Vient de donner la mort
Pour nourrir ses trésors.

C’est un malheureux Topi
Qui n’eut aucun répit,
Affolé, la mort aux trousses,
Par cette impressionnante frimousse.

La lutte fut de taille.
La savane en un champ de bataille
Assista aux brèves funérailles
De cette victime de la faim-canaille.

Crotté, sa crinière dégoulinante
De boue, de suées sanguinolentes, ardentes,
Témoigne de son âme vaillante
Habitée de carcasses croustillantes.

Crinière d’Ors, fier, encore une fois
D’avoir remporté ce beau tournoi
Contemple, admiratif, en joie,
Sa tribu dévorant goulûment sa proie.

Splendide et triomphant il règne.
Il attend un aimable coup de peigne
D’un soleil qui fait la musaraigne,
Face à cet Empereur pour qui tout baigne.

Mais ce Chevalier servant se moque
De ces critiques griffées, loufoques,
Le comparant à un gros phoque …
Il est le héros triomphant de son époque.

 

23 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Dom Haution sur Facebook

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 23 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Mandoline

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Aux mâtines,
L’éléphante Mandoline
D’un chant sonore
Annonce l’aurore,
Trouble les reflets d’or
D‘une lune qui rêve encor,
S’attarde sur les eaux
D’une nuit de repos.

Mandoline est matinale.
Solitaire, initiée de la kabbale,
Elle dirige une chorale
Qui a fait scandale
Sur une suite Impériale
Du compositeur Cymbale,
Éléphant aux oreilles musicales
De renommée monumentale.

Mandoline, sans ses copines,
Ce matin, à l’heure divine,
D’une salutation au soleil
Entonne ses vocalises, éveil
De ce coin du Massaï ensommeillé
Qui connait les pannes d’oreiller.
La rivière frissonne de plaisir
Que cette polissonne fait frémir.

 Grand prix des Oreilles d’Or,
Mandoline, sur ces reflets d’ors,
Accompagnée du murmure des eaux,
Veut créer un choeur d’éléphanteaux.
Elle imagine déjà ce concert
Face à toutes ces trompes en l’air
Dissipées, jouant de la trompette.
Mandoline sourit sur ces idées en goguette.

 

19 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo  de Philippe Passet sur Facebook

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 21 novembre, 2017 |1 Commentaire »

Vers Samburu …

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Au Kenya, sur les rives de la rivière Ng’iro 
Il existe une station balnéaire pour troupeaux.
Une station thermale favorite des éléphants
Qui viennent en famille soulager leurs poids des ans.
Sous la surveillance de nounous attentionnées,
Une crèche accueille les éléphanteaux jeunets
Qui font bêtise sur bêtise à longueur de journée.
À peine nés, ces éléphanteaux s’ennuient …
Les fesses à l’air, sans couche-culottes, même la nuit,
Ils pataugent, leur trompe tantôt pisteur, tantôt aspirateur.
Il aiment les mêlées, deviennent footballeur,
Shootant sur un imaginaire ballon rond,
Sur trois pattes, ils se dandinent en jouant du mirliton.
Certains collent aux basques des nourrices qui essaient
De divertir ces pensionnaires qui se sentent délaissés.
Pendant ce temps, les parents font leur cure thermale …
Vers Samburu, pour soulager leurs douleurs rhumatismales.
Aqua douches, bains de boue, massages sensoriels,
Piscine … dans les eaux des glaciers providentiels.
En file indienne, de majestueux acacias assistent
À tous ces va et vient d’imposants curistes
Qui viennent en nombre à Samburu-les-Thermes
Réputée pour accueillir et soigner les gros pachydermes.

 

17 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : René Hoff sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 20 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Mise bas

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Arriver la tête la première
Pour un plongeon en pleine lumière,
C’est déjà la croix et la bannière
Sur ces terres d’amours sanguinaires.

Arriver au monde de cette façon …
Mais qu’avez-vous ma mère ainsi
Fait, de mettre bas sans façons
Dans une ronde aux dents de scies ?!

Retomber sur ses pattes, flasque poche,
Ce sont déjà les cruelles taloches
Qui vous mettent la peur aux trousses.
Que n’avez-vous choisi la douce mousse ?

Juste le temps de respirer la vie,
Cette vie que les autres m’envient,
Sans défense, vais-je survivre, dites-moi,
Pensez-y, ma mère, la prochaine fois.

Arriver la tête la première
En ce monde de bienvenues guerrières,
Même accroupie pour adoucir mes misères
Vous et moi face au danger, solidaires,

Vite, vite, ma précieuse mère
Vite, vite, sauvons nos arrières !

 

16 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Philippe Passet sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 19 novembre, 2017 |2 Commentaires »

La belle Romi aux yeux lune de miel

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La belle Romi, belle comme une andalouse,
A préféré ce vieux tronc à la pelouse.
Au repos sur ce vieux tronc de bois vermoulu,
Après quelques mois d’absence, la voilà revenue 
D’un voyage d’agrément pour fêter les printemps
Passés en compagnie de tant de soupirants,
De paparazzi qui traquent son intimité …
Elle avait besoin de fuir cette oppressante promiscuité.
D’ailleurs, envoûtée encore par ce beau voyage,
Elle vogue toujours à l’ombre de majestueux feuillages
Vers cette île enchanteresse, ce paradis sans soucis
À l’abri de tout danger, mis à part ces coquines souris
Qui lui tiraient sans cesse ses longues moustaches
Jusqu’à ce que menaçante, agacée, elle se fâche.
Le regard dans le vide, sur ce retour au bercail,
Romi barre encore de sa queue le gouvernail,
Vers ces terres inconnues dont elle rêvait tant
Où elle songe à retourner tambour battant !
Sans doute le même engouement que ces planqués,
Ces clic et clac qui viennent, amoureux, la matraquer.
D’ailleurs c’est une des raisons de son retour,
Histoire de revoir tous ces bébés d’amour.
Mais pour l’heure, Romi est inquiète, songeuse,
Jusqu’à quand son âme de grande voyageuse
Pourra sans fil de fer barbelé, ni voie routière,
Courir, chasser, vivre enfin sur ces convoitées clairières ?
De ses beaux yeux couleur lune de miel,
Romi s’agrippe de toutes ses forces à ce coin de ciel.
Deux petits ailerons porteurs d’espérance
Invitent Romi à de nouvelles vacances.
Un dernier regard vers tout ce petit monde familier
De poils et de plumes non encore spoliés.
Et la belle Romi aux yeux couleur de lune
Est repartie, silencieuse, sous la clarté de son amie la lune.

 

16 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Jacques Montanari sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 18 novembre, 2017 |2 Commentaires »

à la vie, à la mort

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Pour un oui, pour un non,
Du je t’aime à l’abandon
Pour un non pour un oui
D’un réchauffé peu réjoui.
À la vie, à la mort,
Un tremplin à ressorts.

Pour un oui, pour un non,
On se quitte sans pardon
Pour un non pour un oui
On largue crouton et lardon.
À la vie, à la mort,
Nouveaux ressorts de literie.

Pour un oui, pour un non,
Marguerite et papillon
Pour un non pour un oui
Ont éffeuillé mes vers enfouis.
À la vie, à la mort,
Pour de mystérieux sponsors.

Pour un oui, pour un non,
Du coup de foudre au froid frisson
Pour un non pour un oui
L’ami s’est enfui
À la mort, à la vie,
Pour d’alléchantes envies.

Pour un oui pour un non
Que la vie a du bon
Pour un non pour un oui
Elle subit ces inouïs
À la vie, à la mort,
D’une évidente mise à mort.

 

14 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Sébastien Majerowicz sur Facebook

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 17 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Mistralade

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Un vent déchaîné
En mal du pays
A soufflé toute la nuit,
Fait trembler ma maisonnée.

Les ombres chinoises se régalent !
Avec lui, elles sont en cavale.
Dans la lumière matinale
Elles suivent sa cadence infernale.

Le Mistral, ce forcené ventilateur
Expire ses passions de cœur …
La brise n’aime pas ce conspirateur
Qui énerve les chats de sauts d’humeurs.

Ses rafales enragées s’engouffrent,
Cherchent le moindre petit gouffre
Pour tourbillonner d’un plongeon vertigineux
Vers ce centre de la Terre mystérieux.

Cliquetis sur des roulements de tambour
De courants d’air il s’habille toujours,
Coiffe ma plume de nouveaux discours
Qui dérangent mes félins d’amour.

De tendresse ne comptez pas sur lui.
Quand il nous quitte souvent la pluie
S’amène avec de gros nuages noirs
Pour éponger la colère de ses couloirs.

Un vent à décorner les bœufs !
Comme si les bœufs à ces aveux
Perdaient à chaque fois leurs cornes
Pour un mal de pays sans bornes.

 

13 Novembre 2017 – Jeannine Castel

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 17 novembre, 2017 |5 Commentaires »

What is this ?

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Dans les eaux opaques de la Mara River
Trois rochers gris, gris comme l’hiver,
Trois tiques à tête de gros hippopotame,
Côte à côte, silencieux comme les âmes,
Font bloc pour rappeler au courageux aventurier
Qu’il risque de déraper en perdant pied.

Trois énormes roches entaillées de cicatrices.
Trois hippopotames soulagent leurs varices.
Varices d’anciens supplices de vaines attaques,
Attaques subies par des crocs qui matraquent.

Trois mastodontes somnolent sur les eaux.
Ces eaux qui portent leurs sacs plein d’os,
Ossuaire marin sans pierres tombales,
Aux dolmens d’écoutilles d’un gué en dédale.

Trois rochers gris édifiés, statiques,
Trois pachydermes imposants, flegmatiques,
Roupillent en flottaison sur la Mara River
Qui fait risette à ces trois troun de l’air.

Trois hippopos font trempette
Trois hippopos dans leur jolie nuisette
Trois hippopos à l’oeil vigilant
Sur la Mara River paressent en ronflant.

13 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Jean Philippe Borg sur Facebook

 

 

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 16 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Les oranges amères

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à mon amie Dominique Lange

 

Ma plume animée de vos ombres et lumières
Dans l’immensité de ces verdoyantes clairières,
De ces déserts aux caravanes solitaires,
De ces scènes attendrissantes, animalières,
Ma plume s’est enrichie dans vos chaumières.
Qu’elles soient bougie ou lampe à led, votre luminosité
A, sur ma tenace corne de callosités sévères,
Gratté cette croûte sur mes pensées parasitées.

Ombres et lumières d’anciens paravents,
De couloirs obscurcis, étroits, de rais aventureux,
Ma plume dans la pénombre des couvents
Cherche encore la lumière de ce Dieu ténébreux.
Toujours mon âme ointe du Saint Esprit,
En ce monde filandreux comme un cèleri,
Revient de ses chasses d’athées besoins
Qui ne sont que coquilles à mon bâton de pèlerin.

Chaleurs de bêtes et froid de canards,
La poupée de chiffons jetée du balcon
Sur des plumes, vers un monde plus peinard,
S’est écrasée comme mes rêves rubiconds.
Ces grands enfants que nous sommes devenus
Du poil à la plume, d’étagères encombrées,
Toujours dans l’ombre, quelque soit la bienvenue,
Avancent comme ils peuvent sans sombrer.

Oranges amères, j’aime votre vin de Marquise
Qui égaie mes sens sous cette froide bise,
Mais Marquise à n’y prendre goût je ne peux,
Je n’oublie pas ces mouches de votre visage farineux.

 

12 Novembre 2017 – Jeannine Castel

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 16 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »

La complainte de Mam Malaïka

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Au départ nous étions cinq.
Un pour chaque doigt de la main.
Une tribu de six ou cinq
Aux fragiles lendemains.

Juste le temps de vivre en famille,
Cinq ou six dans un jeu de quilles.
Nous étions garçons et filles
Heureux, innocents, de joyeux drilles.

Mais la vie quelque soit la savane,
De la mort est amicale pavane.
Prédateurs et maladies sournoises
À nos survies cherchent des noises.

La tribu au complet de mam Malaïka,
De sombres requiems de balalaïkas
Ont creusé un peu plus le sillon de ses larmes,
De ces manques à l’appel qui nous désarment.

Être chassés
Avant d’apprendre à chasser.
Placés et mainte fois déplacés
Et toujours menacés …

De portée en portée
Seule ou escortée
Mam Malaïka aux belles pattes élancées
Heureusement, ne manque pas de fiancés.

 

12 Novembre 2017 – Jeannine Castel
Photo de Philippe Passet sur Facebook

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 14 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »
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